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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 10:19

 Cet auteur est publié chez POL et chez d’autres éditeurs.


J’aime beaucoup cet auteur. Je vous invite à consulter son site passionnant et à le lire.


Quant à moi, je vais relire Le discours aux animaux (chez POL).  A moins que je ne relise Vous qui habitez le temps. Les deux peut-être. Je l’aime trop cet écrivain ! Il refuse les mots, mais ne cesse de les écrire pour nous en faire souvenir. Il me donne la force de tenir ouvert mes livres sur la vie et sur paradoxes du langage. Il est splendide et unique !


Je lis, tu lis, il ou elle lit nous lisons vous lisez ils ou elles lisent  Valère Novarina.


MJA ou Jeanne du chant retrouvé (à la manière de V.Novarina : voir article Catégorie Empan).

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 22:00

Maria José de Lancastre

Pessoa

Une photobibliographie

Christian Bourgeois éditeur

1990

 

         Un livre rare, découvert  chez un bouquiniste par hasard. Un grand livre noir et jaune. En couverture, Pessoa, jeune adolescent.

         Sa vie, des photos de sa ville, de ses êtres chers, de ses objets quotidiens.  Ses poésies, sa poésie, sa solitude.

Ses auteurs, ceux à qui il a donné  SA parole, SON talent.

         Un visage. Un regard. Une  écriture. Des poèmes. Un désespoir.

         Une vie d’homme à la recherche de son identité, de ses sensations. De la beauté des mots.

         La vie d’un grand poète.

         Grande est ma chance de posséder ce livre, et certains soirs comme ce soir, fatiguée, de pouvoir m’abandonner à le feuilleter !

         Grande est ma chance de pouvoir passer une soirée en compagnie de Pessoa !

         Grande est ma chance ! MJA

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:05

LA MUSE

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

Alfred de Musset


Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang. MJA

 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:40

  "Il y a du sublime à gaspiller une vie qui pourrait être utile, à ne jamais réaliser une œuvre qui serait forcément belle, à abandonner à mi-chemin la route assurée du succès ! ... Pourquoi l'art est-il beau ? Parce qu'il est inutile. Pourquoi la vie est-elle si laide ? Parce qu'elle est un tissu de buts, de desseins et d'intentions? Tous ses chemins sont tracés pour aller d'un point à un autre. Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d'un lieu d'où personne ne vient, vers un lieu où personne ne va... La beauté des ruines ? Celle de ne plus servir à rien."

Fernando Pessoa


Oui et non, Fernando, mon ami. Il y a de la beauté  et du sublime à réaliser un projet mais l’art est beau d’être inutile. J’aime emprunter des chemins différents, des chemins d’intentions et de buts mais aussi des chemins silencieux et de poésies. J’aime construire le monde et le caresser. J’aime écrire ce qui a un sens, le contenir mais j’aime le laisser s’échapper, ce sens.  J’aime l’école mais j’aime la fugue. Je n’aime pas ce qui fait sentence. J’aime inventer. A chaque jour sa peine de dessein ou de poésie, d’intention ou de brisure. J’aime éclabousser mes pages mais j’aime aussi être sage. J’aime prendre le large mais marcher sur la plage. J’aime les coquillages. J’aime les mots, les brasser, les écrire, les lire, surtout. J’aime les recevoir, les accueillir, les offrir dans le temps d’une larme ou d’un sourire. Dans le temps du savoir.

J’aime vivre le multiple et l’unique. MJA 

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 21:24

Le silence

  

Entends, mon fils, le silence.

C’est un silence ondulé,

un silence

où glissent échos et vallées

et qui fait s’incliner les fronts

vers le sol.

 

Fédérico Garcia Lorca

Poésies. 1921-1927

 

Nicole, tu te bats.

Mon âme partage ton silence

Et retient ton absence

Dont je ne veux pas.

 

Marie-José

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 17:11

Des auteurs pour l’été

Tahar Ben Jelloun, Paul Eluard, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Laurence Durrell, Guy de Maupassant, Albert Cohen Solal, Georges Perec, Malcom Lowry, Charles Bukowski, Allan Sillitoe, Georges Simenon, John Fante, Tenessee Williams, Jean-François Josselin, Freud, Bohumil Hrabal, Dennis Mac Fairland, George Walter , Michaël Dorris, Denis Vasse, Maud Mannoni, Françoise Dolto, Jeanne Champion, Jeanne Warnod, Antoine Blondin, Jean-Louis Foulquier,Léo Ferré, John Healy, Kerouac, JMW Turner, Alfred Leroy, Michaël Buckmul, Marie Laberge, Véronique  Thépot, Eric Hispard, Louis Brunet, Jean Colombo, Odile Daget, L.David, CGirard, M.Holzwart, D.Lestevent, A Guillem, la Compagnie du Hallebardier, les amis de l'Acerma,, les amis de Scribanne, Borges, Platon, Marcel Proust, Italo Calvino, Elie Wiesel, Winnicott, Mélanie Klein, Rémy Puyuelo, Simone de Beauvoir, Jane Austen, Daniel Sallenave,  Peter Bishel, Ajar, Lacan, Gentis, Tosquelles, Racamier, Hochmann, Serge Leclaire, François Villon, Michel Del  Castillo, JMG LeClézio, Gunter Grass, Garcia Marquez, F. Jacob, Claude Francolin,  Louis René Des forêts, Julien Gracq, Antoine Sylvère, Paul Auster, Marguerite Yourcenar, Hélène Piralian, Edgar Morin, Handke, Münch, Mishima, Blanchot, Jorge Semprun, Pascale Froment,  Muriel Benezeraf, Louise Cassagne, Shakespeare, Starobinskky, RFédida, Marc-Alain Ouaknin, Michel Foucault, Tardieu, Pierres Glaudes, Rétif de la Bretonne, C Sylvestre de Sacy, Borel-Maisonny, Amadou Hampâté Ba, Philon, Kafka, Joyce, Derrida, Heidegger, Roger Chartier, Jacques Fijalkow, Michel Picard, Lili Savary, Paul Desjardins, les amis de Pontigny, les amis de Cerisy, Socrate, Montaigne,  Queneau, Roland Barthes, Claude Simon, Michel Butor, Ponge, Ionesco, Maurice de Gandillac,Michhel Tournier, Arlette Boulomié,  Raymond Jean, Jean-Paul Sartre, Nathalie Kuperman, Paul Guichard, Dominique de Gasquet, Maria-Luiza Spaziani, Michel Tournier, Jacques Brun, Marcel Brun, Karl Marx, Kerloc, Bruno Pilorget, Brigitte Kern,  Annie Dupeyrey, Catherine Lion Méric, Jacques London, S.Weil, Rainer Maria Rilke, Boris Vian, André Gide, Marcel Camus, Louis Aragon, Hemingway, Gisèle Halimi, Jacques Lanzmann,, Véronique Fleurquin, Benoit Jacques, Charles Juliet, Henry Miller, Colette, George Sand, Anne Delbee, Jean-Paul Damaggio,  Jean Cauvin, Georges Brassens, Françoise Renard, Michel Cassé, Joyce Ayne, Claire Etcherelli, Claude Nougaro, Valère Novarina, Zweig, Clarissa Pinkola Estès, Alice Miller, Colette Berthès, Michèle Perrot Alberto Manguel, Gérard Pommier, Gisèle Halimi, H.Malot, Steinbeck, Gogol, Assimov,Simenon,R.D Laing et Coopper, Zoé Oldenbourg, M.Duras, Tolstoï, Cholokhov, Tchékhov, Burgess, Anthelme,  Primo Lévi François Villon, Hampaté Bâ, Bober, Pessoa, Perros, L.Carroll, Saint Exupéry, A.Chédid, Issac Bashevis Singer et son frère Israël Joshua, Chabrol, G.Sand, Pirandello, Michel Piquemal, E.Morin, P.Muzard, Beckett, Cervantès, Etty Hillesum et Fatiah, William Camus, P.Auster, J. Mamou, R.Depardon, J.Maisondieu, Leila Sebbar, E.Glissant, Hannah Arendt, Zola, Balzac, Garcia Marquez, Melville, E.Morante, Marek Halter, les soeurs Brontë, Gunter Grass, Gide, Gandhi, Roger Martin du Gard toutes les femmes du XXème siècle réunies dans une encyclopédie préfacée par Elisabeth Badinter.

- Akio MARCEL LETANG un Amour Japonais

- François CHENG L’éternité n’est pas de trop

- Gao XINGJAN   La raison d’être de la Littérature

                            Suivi de Au plus du Réel

- Gao XINGJAN La montagne de l’âme

- Madjiguène CISSE Paroles de Sans- Papiers

- Ali MEGONDI Le Monde d’Ali Albin MICHEL

- Votre voisin est sans papiers ( CIMADE)

- Paroles Clandestines ( CIMADE)

- Patrick CHAMOISEAU Texaco GALLIMARD

- Elisabeth GASKELL Cranford Ma Cousine Phillis

- Mary WESLEY La pelouse de camomille

- Niell WILLIAMS Quatre Lettres d’Amour

- Niell WILLIAMS Comme au ciel

- P. Alison LURIE La vérité sur Lorin JONES

- Kate ATKINSON sous l’aile du bizzare

- Vassili GROSSMAN La route

- David Grossman : tout

- Amos OZ : Tout

- E. BRONTE Les hauts du hurle vent

- N. GOGOL Les âmes mortes

- L. KOSMODEMIANSKAÏA Zoïa et Choura

Tolstoi guerre et Paix et Anna KARENINE

- Moloud MAMMERI L’opium et le Bâton

- Panaït ISTRATI L’arc

-Wolf SOYNKA Les interprètes

- Le monde s’effondre CHINUA ACHEBE

- Ahmadou KOUROUMA Allah n’est pas obligé

- R. DEPARDON  Afrique

- Les livres d’HAMPATE BÂ

- Edouard GLISSANT Traité du tout monde et poétique IV

- Paul MORAND Venises  (le pluriel est voulu)

- Dominique FERNANDEZ  Charles DUPÊCHEZ L’univers des voix

- Contes populaires UKRANIENS

-  Bibliographie imprimée de Béatrice :Livres traduit du YIDDISH

- J. MICHNER Colorado SAGA

- Malcom LOWRY  Sous le volcan

- Marina TSVETAEVA Le Diable et autres Récits

- Alice BELLONY Une soirée avec GIACOMETTI

- La vanille dans la cuisine

- Daniel VEXELAIRE Les chasseurs d’épices ,Chasseur de noir

- Caroline TEREE Délit de fuite

- J.V PAYET Histoire de l’esclavage à l’Ile BOURBON

- Ecrivains sans Papiers MRAP

- Les temps modernes Avril Mai Juin 2004 l’humanitaire

- Le monde. Edition Golf. Cléfs pour une guerre annoncée

- Alain GRESH Dominique VIDAL  1991

 

- Israël Joshua Singer Les frères ASKHENAZI

- Cholème ALEKHEM Le dixième Hommes

- Oser WARSZAWSKI on ne peut pas se plaindre

 

Des femmes

- Arendt  Hannah

- Aurejac Cécile

- Austen Jane

- Beauvoir de Simone

- Berr Hélène

- Beyala Calixthe

- Blixen Karen

- Bona Dominique

- Boukhobza Noria

- Brontë

- Champion Jeanne

- Chatelet Noëlle

- Cixous Hélène

- Colet Marie-José

- Colette

- Chariq Chahla

- Delbo Charlotte

- Djebar Assia

- Dolto Françoise

- Duperey Annie

- Duras Marguerite

- Emquist Anna

- Ernaux Annie

- Fatiah

- Ferney Alice

- Frame Jeannette

- Friedan Betty

- Germain Sylvie

- Germain-Robin Françoise

- Giroud Françoise

- Grimm Ariane

- Halimi Gisèle

- Hirigoyen Marie-France

- Humaydane Younès Imane

- Klein Mélanie

- Leibovici Martine

- Lessing Doris

- Lemsine Aicha

- Luxembourg Rosa

- Mac Cullers Carson

- Mansfield Catherine

- Michel Louise

- Miller Alice

- Montessori Maria

- Morante Elsa

- Mukagasana Yolande

- Mujawayo Esther

- Nasreen Taslima

- Nin Anaïs

- Ozouf Mona

- Perrot Michèle

- Pinkola Estés Clarissa

- Ponet Blandine

- Récamier Madame

- Roudy Yvette

- Sallenave Danièle

- Salomon Paule

- Sand George

- Sarraute Nathalie

- Sebbar Leïla

- Staël Madame de

- Stern Anne-Lise

- Thomas Eva

- Tillon Germaine

- Triolet Elsa

- Vincent Rose

- Wharton Edith

- Wollstonecraft Mary

- Woolf Virginia

- Xinran

- Yourcenar Marguerite

-Zouari Fawzia

+ ceux que j'ai oubliés et que vos amis ont aimés !

 

Bonne lecture et bon été à tous  !!!  MJA

 



 

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 15:53

OEDIPE SUR LA ROUTE

HENRY BAUCHAU

Acte Sud 1990

 

Le sens

 

Nous confrontant

A ses miroirs

A ses espaces

A sa profusion

La Parole

Nous entraîne

Vers nulle part

Vers partout

(Andrée Chédid. Rythmes)

 

Je suis Oedipe, l’aède, la suppliante, l’aveugle. Je raconte ma vie non de femme, mais d’enfant malheureuse. La route me porte et me déploie, m’enroule et me dévoile. Je sais où je vais mais trop souvent je trébuche et je tombe alors Antigone celle qui marche derrière moi me relève, panse mes blessures me guérit de ses caresses symboliques. Ensemble, nous sculptons l’immense vague de mon enfance bafouée et « les bruits de soie » du ciel quand il devient moi. Nul ne peut nous séparer. Nos paroles se nouent dans le temps des instants de silence. Les nôtres. Antigone, ma fille, mon enfant. Nous dansons dans la lourde musique de nos mots. Notre danse est sombre habitée de couleurs, ces couleurs qu’un jour je laisserai.

 

J’ai assassiné l’Interdit et j’ai interdit la lumière à mes yeux et je marche sur la route portant le poids de l’absence et de la mort. Mon destin est mutilé. Je suis paria, rejetée, exclue. J’avance avec mon bâton, mon stylo, mon crayon. Antigone est là, me soutient, m’embrasse de ses yeux de voyante, appose ses mains sur mes blessures quand d’avoir trop soigné je suis à mon tour malade. Je trouve alors la force de repartir sur la route, ma route.

 

De séance en séance, j’affronte le Labyrinthe, je raconte mes récits, je découvre des récifs, j’entends le tumulte de la mer, je marche seule sur la falaise si abrupte de ma vie, je me heurte au temps, celui des autres, j’écris ma solitude, je pleure mes chagrins, je dis mes persévérances, je m’égratigne, je saigne, je hurle, je balbutie. Jamais je ne parle. Toujours j’écris. Mais Antigone est là, elle veille et sur la route, toutes deux nous continuons. La Vie. Ma vie. Avec Alcion, avec Diotmine et Narsès, avec Clios avec tant d’êtres mythiques, ma vie intérieure, mon paysage intérieur se dessinent.

 

Je suis Oedipe, l’aède, la suppliante, l’aveugle. Je chemine sur ma route. C’est ma nécessité, ma solitude, ma force. J’appartiens à mon clan, ceux des « tous seuls ». J’avance avec « ma couronne d’écriture ». Un jour, Ismène près d’Antigone se glisse près de moi et « comme deux colombes posent leurs têtes sur mes épaules ».

Colombes. Paix. Mais la guerre éclatera car Créon, Etéocle, Polynice ont perdu leur enfance. Alors Antigone et moi, nous résisterons, nous dirons NON car la paix est ma nécessité intérieure. Ma liberté, je l’acquiers dans la douceur des larmes mais non dans la violence des armes.

 

Je suis Oedipe, l’aède, la suppliante, l’aveugle. Psychanalyse. « La guérison de surcroît ». Je ne suis plus cette enfant blessée, laissée pour morte sur la plage de sa vie. Quand le ressac de la vague géante et de la falaise abrupte  disait sa détresse d’enfant perdue. Avant la route m’emportait maintenant la route me guide et je peux me placer sur les quatre points cardinaux et clamer :

« Nul ne peut séparer pour toujours l’homme de ses semblables. Je demande à tous de m’accueillir à nouveau comme une suppliante, une aveugle et une femme parmi les autres femmes.  

Je ne suis plus « la toute seule », je suis  «  la toutes ensemble » Antigone n’est plus là mais je sais nos silences, nos paroles, nos empreintes sur les pages de nos séances que j’ai lentement tournées d’années en années.

 

Je suis l’Oedipe, l’aède, la suppliante, l’aveugle. Maintenant, j’avance seule sur ma route, j’ai quitté Antigone. Il me reste à inventer ma persévérance, mes chants, mes danses, à sculpter mon horizon  et ma vague. Quand le temps sera venu je transmettrai à l’enfant qui passera  « ma couronne d’écriture » pour qu’à son tour avec d’autres « tous ensembles » ils disent NON à la guerre fratricide entre Etéocle et Polynice, NON à Créon, ces hommes qui ont tué leur enfance et qui n’ont rien compris à la vie et au monde comme il tourne.

 

Un jour, j’irai en Grèce trouver mon écriture et la limiter dans  « cette maison du temps ». Je me laisserai éblouir par le soleil et le passé et je me roulerai dans mon présent retrouvé et je rirai et je rirai !!! Heureuse.

 

J’ai passionnément aimé ce livre du monde intérieur, époustouflant de beauté, de mythes, de symboles, écrit par un homme à la fois psychanalyste et écrivain. Ce livre qui à tout instant m’a fait penser à ma psychanalyse. Moi l’exclue, la paria, la rejetée, l’aède, la suppliante, l’aveugle, j’ai marché sur cette route foulée il y a bien longtemps par Oedipe et comme lui, j’ai marché avec mon bâton d’écriture, accompagnée d’Antigone, mon psychanalyste.

 

A tous, bonne lecture de ce livre splendide et bien sûr

 

Bonne route ! Ne craignez rien, depuis Freud tant d’Antigones sont là pour accompagner « les tout seul » souffrant du temps de l’enfance... Nous tous... MJA

 

 

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 17:23

Katherine Mansfield : «  Ach, Tchékhov ! pourquoi  êtes-vous mort ? Pourquoi ne puis-je causer avec vous, dans une grande pièce un peu obscure, tard dans la soirée, quand les arbres qui ondulent au-dehors tamisent une lumière verte ? »


Je me suis trompée de siècle.

 

C’est avec vous Katherine et Anton que j’aurai aimé causé, dans une grande pièce un peu obscure, tard dans la soirée, quand les arbres qui ondulent tamisent une lumière verte.

 

Merci Roger Grenier d’avoir presque achevé votre livre si beau, que j’ai tant aimé Regardez la neige qui tombe. Impressions de Tchékhov, par votre chapitre,  Le temps, dans lequel vous nous confiez la douce Katherine après nous avoir confié le si génial Anton, l’homme de « l’attente ».

 

Que serait ma vie sans la littérature ?  MJA

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 15:51

J'ai reçu, en réponse à ma crainte d'effondrement d'hier, un joli poème. J'en remercie cet Inventeur inconnu qui me l'a envoyé. Continuons tous ensemble dans le certain et dans l'incertain, continuons d'inventer l'humain, quand il passe par les livres et la poésie. MJA

Poème de Paul Eluard dont je ne connais pas le titre. Paul Eluard dont j'aime tant l'oeuvre.

Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’œil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:11

Chaussettes en détresse

Lucie Hernandez

Docteure en Psychologie

 

Les groupes de pairs, les adolescents, les parents, les enfants, les personnes âgées… sont autant de populations largement étudiées par les chercheurs en psychologie. Les études sur les chaussettes sont cependant rares, voire inexistantes. Pourtant, leur souffrance est bien réelle : chaussettes maltraitées, mariage forcé, abandon, disparition inquiétante, etc. La violence infligée aux chaussettes est partout et se fait, la plupart du temps, sous nos yeux. Les dernières victimes que j’ai rencontrées vivent avec une personne proche de mon cercle d’amis que nous nommerons Melle Bôd. Lorsque cette dernière a enlevé ses chaussures et que j’ai clairement vu apparaître ses deux gros orteils qui dépassaient, j’ai été alerté par la tristesse qui se dégageait du reste de ses chaussettes, boulochées et grisonnantes. Par ailleurs, si l’on se réfère aux chiffres nationaux, chaque jour, plus de 3675 chaussettes disparaissent de leur foyer sans laisser de traces et laissent, la plupart du temps une chaussette célibataire ou orpheline derrière elles. Comment les chaussettes disparaissent ? s’agit-il de fugues ou d’enlèvements ? Quelles sont les violences infligées aux chaussettes  et y a-t-il des solutions ?

Sur la base de ces différents constats, nous avons décidé de mener une étude auprès de 2000 paires de chaussettes tout-venants. Nous menons cette recherche dans le cadre d’une approche socio-constructiviste (Wallon, Malrieu, Yves). Il s’agit d’une part d’appréhender le vécu subjectif et personnel des chaussettes en leur donnant directement la parole, et d’autre part, de pendre en compte leur rôle actif dans leur développement. Non, les chaussettes ne subissent pas de façon passive le sort qu’il leur est réservé et se battent chaque jour pour s’en sortir.

Pour répondre à nos questions, nous avons fait passé un questionnaire CBCL aux chaussettes (questionnaire contre les Chaussettes Bâillonnées Célibataires et Lacérées). Ce questionnaire appréhende le vécu des chaussettes à l’heure actuelle et plus précisément leur mal-être, les violences infligées et leurs conséquences.

Afin de mieux illustrer les violences insupportables dont des milliers de chaussettes sont victimes chaque jour, nous avons réalisé des profils avec l’incompréhensible logiciel ALCESTE. Nous avons dégagé 5 profils de chaussettes :

Profil 1 : Les maltraitées (35%)

Les maltraitées représentent un pourcentage important de notre échantillon. Elles englobent les chaussettes trouées, délavées, effilochées et boulochées mais également celles que l’on remet plusieurs jours à la suite. Souvent tristes, malodorantes et dans le pire des cas dépressives, ces chaussettes prient chaque jour pour ne pas être choisie par leur propriétaire. Les chaussettes les plus maltraitées sont certainement celles qui vivent avec un  propriétaire ayant un orteil démesurément trop grand (le pouce, autrement appelé dans le jargon  médical  :  le pouce baudinus trop grandus). Tiraillées, elles s’efforcent chaque jour de ne pas être éventrées…

Profil 2 : Les chaussettes victimes de disparition inquiétante (12%)

Ces chaussettes représentent un pourcentage assez conséquent de notre échantillon. Elles font partie des chaussettes qui disparaissent sans laisser de traces. Un jour elles sont là, bien réelles et heureuses de vivre et après une machine, elles ne donnent plus signe de vie. Fugue ? rapt ? magie ?  malheureusement, la plupart des propriétaires ne se rendent compte que bien trop tard de la disparition de leurs chaussettes. Il est alors souvent impossible de relever les preuves qui permettraient d’élucider l’affaire.

Profil 3 : Les orphelines (8%)

L’orphelinat de certaines chaussettes découle largement de la disparition de certaines d’entre elles. Les chaussettes disparaissent parfois par 2 mais bien souvent c’est une seule chaussette qui disparaît et qui laisse derrière elle une chaussette, seule, abandonnée et malheureuse. Sans plus aucune utilité, ces chaussettes célibataires vivent recluses au fond d’un tiroir. Elles ne sont souvent pas jetées car le propriétaire vit dans l’espoir que la chaussette fugueuse ou disparue revienne par miracle pour reformer un magnifique duo avec la chaussette restée seule. Malheureusement, dans 95% des cas, la chaussette orpheline reste orpheline et finie mangée par les mites.

Profil 4 : Les chaussettes victimes de mariage forcé (5%)

Si 95% des chaussettes célibataires finissent seules au fond d’un tiroir ou d’un carton spécial « chaussettes orphelines », 5% sont tout de même victimes d’un mariage forcé. Le propriétaire les force à former avec une autre chaussette célibataire et inconnue, un duo. Bien souvent la paire formée est ridicule et les chaussettes unies ne s’entendent pas. Parmi les 5%, 1% finissent par se plaire car peu différentes (ex : une chaussette unie rose avec une chaussette unie violette). Le reste est souvent inacceptable : les chaussettes n’ont la plupart du temps aucun intérêt commun, ne vont pas ensemble physiquement et n’ont finalement rien à se dire (ex : une chaussette verte homer simpson avec une chaussette rouge avec des petits chatons gris).

Profil 5 : Les heureuses (40%)

Heureusement, mais à mon avis en nombre insuffisant, 40% des chaussettes vivent heureuse et bien portante et surtout en harmonie avec leur propriétaire.

 

En conclusion, 60% des chaussettes souffrent et sont victimes de maltraitance physiques ou morales.

Je vous propose de faire une minute de silence ce soir à 7h07 (7h7 l’heure des saussette) pour toutes les chaussettes qui souffrent dans le monde.

En ces temps tourmentés, solidaires de ta cause, que tu défends, avec tant de talent et d'humour, qui te caractérisent mon amie, nous la ferons cette pause. Promis ! MJA

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