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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 19:26

Cahier de notes

Katherine Mansfield

Bibliothèque Cosmopolite

Stock

1944,1986

P.93-94

 

 

« La vie n’est pas gaie 

... Elle eut enfin conscience qu’il fallait faire un choix. Avant l’aube, ces ombres perdraient de leur réalité et feraient place à quelque chose de tout différent. A présent il n’y avait plus d’hésitation. Elle savait qu’elle le désirait près d’elle, qu’il lui représentait l’amour et tous les êtres – que sans lui le monde n’était plus qu’une petite boule ronde sur un ciel noir.

         Le jour pointa long à venir. Allongée dans son lit sur le dos, elle avait passé un bras sous sa tête, sa main reposait sur le couvre-pieds – la fenêtre devint bleue, puis s’inonda de lumière dorée, mais lorsqu’elle consulta sa montre, elle fut épouvantée de voir qu’il n’était que cinq heures et demie. Il y avait des heures à passer, d’une manière ou d’une autre – des heures et des heures – et choses sur lesquelles,  en dernier ressort, on puisse compter, comme s’il était fidèle au juste. En ce moment-ci , il en usait à sa guise – avec d’infinies capacités pour s’allonger, interminable, ainsi que le ruban blanc d’une route sous vos pieds fatigués. Oh, que ce soit fini ! Courir comme une enfant à travers cette étendue blanche, arriver là-bas, être dans ses bras !

         Elle se plaça devant le miroir, retira son bonnet, secoua ses cheveux – et une fois, sous l’adorable impression qu’il la suivait des yeux, elle regarda par dessus son épaule et sourit – elle riait en poudrant son visage, elle se rougit les lèvres et dessina ses sourcils du bout de son doigt. Ce n’était pas Kézia, cette personne avec.. » KM !

 

Douce Katherine Mansfield ! Passionnée Katherine Mansfield !  Te souviens-tu soeurette comme nous l'aimions ! MJA

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:04

Brève vie de

Katherine Mansfield

Pietro Citati

Quai Voltaire (1980)

La petite collection bleue


         Toi aussi Sœurette, tu l’aimais Katherine. Tu m’avais offert ce livre, un soir de douceur, un soir de bonheur. Je l’ai lu et relu, ces pages je les ai tournées, aimées, caressées du regard, le jour comme le soir. Une petit livre bleu, tout doux, qui dit la douceur de Katherine Mansfield, la tendre Katherine de brume et de plume, nimbée de mélancolie, amoureuse, écrivant ses longues lettres près du feu crépitant dans la vaste cheminée, toussant, crachant le sang, mourant, tuberculeuse à 35 ans, laissant derrière elle, vers nous, une œuvre immense de nouvelles délicates, laissant une longue correspondance à son mari John Middleton Murry, qu’elle signait K.M.

        Son histoire, c’est peut-être la mienne qui sait ? une histoire de solitude et d’écriture, sa vie, c’est peut-être la mienne, des heures derrière la fenêtre, contemplant le ciel et les oiseaux qui s’envolent vers des cieux plus chauds. Le rêve de sa vie, c’est peut-être le mien,

 

      « Ecrire ! Oh ! Que j’écrive ! »  K.M, peut-être MJA

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 17:53

1921.

 

« Le Nouvel an

Le dernier jour de l’ancienne année était morne et froid. Toute la journée la lumière avait paru faible, pâle et fumeuse comme celle d’une lampe, lorsque le pétrole est presque épuisé et que la mèche commence à se consumer. Tout prenait un aspect misérable, les arbres eux mêmes – et le ciel avec ses larges plaques grises. Les cloches semblaient ne jamais se taire. Les tramways gémissaient, se traînaient, comme si chaque trajet devait être le dernier, et quand il n’y eut pas d’autre bruit, un petit chien attaché quelque part, se mit à japper à la façon des petits chiens qui ont peur.

Le Nouvel an. Lorsqu’elle entra chez elle, le Nouvel An s’y trouvait déjà, pâle et mystérieux, plein de douceur et de timidité. Il se tenait dans les plis des rideaux, les ombres de l’escalier... Il attendait sur le palier. Elle se déshabilla à la hâte avec le moins de bruit possible, et bien vite tressa ses cheveux. Mais lorsqu’elle ouvrit ses draps, il lui sembla qu’une main – la main du Nouvel An – les ouvrait aussi et lorsqu’elle fut couchée, cette douce main aida à la recouvrir. »

 

Katherine Mansfield Cahier de Notes. Bibliothèque Cosmopolite Stock p.161

 

 

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 16:09

1° Katherine Mansfield

Journal

Editions Stock 1932,1950, 1973

L’oeuvre romanesque de Katherine Mansfield

Librairie Stock

Delamain et Boutelleau

Achevé d’imprimé en 1954


2°Lettres

Katherine Mansfield à

J.Middleton Murry

1913-1918

Stock 1951


3° Katherine Mansfield

Cahier de notes

Bibliothèque cosmopolite

Stock 1944.1986

N°66


4°Claire Tomalin

Une vie secrète

Editions Bernard Coutaz

1987/1990


5° Pietro Citati

Brève vie de Katherine Mansfield

Rizzoli éditor

1980

La petite collection bleue


6° Pietro Citati

Portraits de femmes

Gallimard

L’arpenteur

2001

Reprise de Brève vie de KM

Pages 245-361


Katherine, c’est avant tout de la douceur et de la poésie alors…

 

Douce lecture ! MJC

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:10

Katherine Mansfield

Journal

Editions Stock 1932,1950, 1973 (8)

P.64

11 août 1907

« Dimanche. Bien-aimé, encore que je ne te voie pas sache que je suis tienne -       que chacune de mes pensées, chacun de mes sentiments sont à toi. Ce matin, je me suis réveillée, je t’avais vu en rêve ; tout le jour, tandis que s’écoule ma vie extérieure, régulière, ennuyeuse, monotone, je vis en moi-même, avec toi, une vie bondissante et tumultueuse. Mon amour, me fait connaître toutes les émotions imaginables. Pour moi, tu es l’homme, l’amant, l’artiste, l’époux, l’ami, tu me donnes tout, et je te remets tout. C’est ainsi que ma solitude n’est pas trop terrible, puisqu’en vérité ma vie extérieur est celle d’un phantasme, d’une ombre grise et sans consistance. Ma vraie vie est toute animée, par le soleil, la musique, le bonheur – des vastes fontaines de bonheur sans fond – et par toi. Un jour, nous serons réunis de nouveau, et alors seulement je deviendrai moi-même, je m’épanouirai, parce que je sens, je sais, qu’entre tes mains tu tiens les quelques mesures finales sans lesquelles le chant de ma vie demeure incomplet. Tu m’es nécessaire plus que tout au monde, rien n’a d’importance, rien n’existe tant que tu usurpes ma vie. Oh ! qu’il en soit toujours ainsi. Ne va pas, d’un mouvement brusque, écraser cette fleur, la seule, j’en ai peur – même quand je suis dans la joie. » KM

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 20:18

Katherine Mansfield

Journal

Editions Stock 1932,1950, 1973 (7)

P.128

26 mars 1914

“Je suis misérablement malheureuse au milieu des autres – et le silence” KM


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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 16:40

Katherine Mansfield

Journal

Editions Stock 1932,1950, 1973 (6)

P.57

Mai ( ?)  1907


« Oh ! que j’écrive, que je fasse quelque chose. Trace ton dessin, travaille-le. Ici tout est calme, paix et magnificience : la brousse, les oiseaux. Au loin, j‘entends des ouvriers qui bâtissent une maison, et la lune me rend presque folle. Fais-en un poème. Vas-y. Je brûle je brûle d’accueillir des idées. Tâche d’avoir la main plus ferme ma chère Kathie. Qu’il en soit ainsi et je réussirai. Voici qu’apparaît un soleil capricieux. Je suis contente, l’après-midi va être belle. Mais par pitié, oh !  que j’écrive ! » (K.M)


Du côté de MJC


Oh ! fasse que je t’écrive, ma fille, mon enfant de printemps Shéhérazade ; je te porte en moi, semailles de printemps, semailles d’attente, bourgeon d’écriture... MJC

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 14:06

KatherineMansfield
Journal
Editions Stock 1932, 1950,1973


(5) P.63


Du côté de Katherine


Juin 1907


« Huit heures justes. Quelque part dans le monde, peut-être il est en train de s’éveiller, de s’habiller, ou encore, il joue, il déjeune – et moi,  je suis ici. Bonjour César, bonne journée. Une lettre de moi arrive à Londres aujourd’hui. Extraordinaire de vivre si loin de son autre moi, et pourtant de s’en sentir plus proche chaque jour. Tout ce qui le concerne me paraît plus clair. Je me le représente dans toutes les situations imaginables, et je sens que je ne me trompe pas. Je l’aime ; mais de toute mon âme… Je me le demande. Et ça, c’est le fond du problème – le fil d’oscar »


Du côté d’Aragon


« Que serai-je sans toi ?»


Du côté de MJC


Le temps qui toujours passe


Dans mes cheveux  blancs

Dans mes rides

Dans mon regard flou


Mon corps se voûte

Ma vie s’envole

En plein vol


Mon clavier

Engloutit mon silence

Et mes mots d’absence


De ma vie

L’amour se tait

L’amour disparaît


 La douceur de Katherine

Sa finesse et sa poésie

 Son écriture de dentelle


Je me sens belle

Je porte ma tristesse

Mes chagrins


Comme une richesse


Ma pauvre vieillesse

A portée de main

Se tait


Peut-être

Je ne sais pas

Je ne sais plus


La cascade est rompue

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:27

Katherine Mansfield
Journal
Folio 150
Editions Stock 1932, 1950,1973

 

(4) P.53-54

 

Janvier (?) 1907

 

“Oh ! cette pluie monotone navrante. Ce bruit morne, régulier, sans espoir. J’ai tiré les rideaux pour ne plus voir le visage du monde en larmes, les arbres qui oscillent doucement, de chagrin, et qui laissent tomber des larmes d’argent sur la terre brune, les maisons de bois minables, détrempées, boueuses, incolores, si ce n’est le rouge terne et brutal des toits ; les longues lignes de collines grises, infranchissables, spectrales.

J’ai tiré les rideaux de mes fenêtres, ce qui donne un éclairage fantastique. Ici plane perpétuellement un demi-jour morbide et lourd ; quand je suis là, toute seule, immobile, il est étrange de voir s’animer tous mes objets familiers, le calendrier, lueur blanche sur le mur, les gravures, les livres, mon violoncelle dans son étui, les meubles mêmes. La Vénus de Vélasquez remue imperceptiblement sur son sofa, et sur le visage de Manon, un sourire flotte un instant puis disparaît ; mon fauteuil à bascule est toute résignation et patience, l’étui de mon violoncelle est perdu dans de profondes pensées. A côté de moi, une coupe de réséda répand une odeur suave et pénétrante ; des géraniums rouges, très serrées, aux couleurs brûlantes.

Quelquefois, à travers le bruit régulier de la pluie, on entend le long cri désolé d’une sirène, au large. Alors, il semble que la vie n’est qu’un cri vain, un tâtonnement absurde, désordonné, dans le noir. De temps à autre, à des kilomètres de distance, dirait-on, j’entends une porte s’ouvrir ou se fermer.

Et j’écoute, je réfléchis, je rêve, jusqu’à ce que ma vie me semble plus une  vie mais des millions de vies, mon âme fléchit sous le poids du passé, et entrevoit malaisément les luttes de l’avenir.

Et les pensées grises tombent sur mon âme comme la pluie grise sur la terre ; seulement, je ne puis pas tourner les rideaux et en détourner ma vue. »

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 18:41

Katherine Mansfield
Journal
Folio 150
Editions Stock 1932, 1950,1973
(3) P.39

1er avril 1905

“Ce soir, je suis restée dans mon fauteuil, ma lampe en veilleuse,  à rêver aux années qui ne sont plus. Comme les notes d’un accord mineur, elles ont traversé mon cœur et le souvenir qu’elles me laissent, doux et pénétrant comme celui de mes fleurs, émeut étrangement et réconforte mon âme lasse »

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