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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:43

Le serpent qui danse

Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur !

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:35

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 20:58

Les visites

Du bon usage des fenêtres

José Morel Cinq-Mars

Ce texte fait partie d’un ouvrage

Psy de banlieue (ères 2010)

 

Fragment

 

La revue du Grape

La lettre de l’enfance et de l’adolescence N°79

Dossier

Ces fictions nécessaires

érès 2010

 

 

Un beau texte, dans une écriture incisive sans complaisance. Elle est psychanalyste. Je l’ai lue et comme d’une fenêtre ouverte sur ma vie, j’ai retrouvé l’air frais de ce qui fut mon métier de psychologue clinicienne. Elle est psychanalyste.


                            Chère José Morel Cinq-Mars,

 

Mon prénom, Marie-José a un point d’accroche avec vous et même un peu plus : ma mère, mes amis de jeunesse m’appelaient José et soudain, un embrun de nostalgie bruine sur ma terre de femme. Votre texte a éveillé en moi une nostalgie du temps où j’existais avec mes projets inscrits dans ma vie de professionnelle dont l’engagement envers l’autre fut sans faille.

Comme vous, j’ai connu des réunions, où je ne pouvais m’exprimer, où l’autre avec une simple citation de Lacan me fermait la bouche,  me faisant taire là où il aurait fallu parler, oui comme vous, j’ai été souvent taiseuse devant des étranges phrases comme celle que vous citez « il faut qu’elle touche le fond pour s’en sortir », oui comme vous, j’ai été émue par des femmes sans papiers, en pleine détresse, et je me souviens de L’ANPE qui me talonnait : « Alors, qu’avez-vous fait pour cette femme, quelle stratégie de recherche d’emploi avez-vous ébauché ? » ; la femme était là devant moi, avec son boubou aux couleurs de sa douleur, alors comme vous, je pleurais "de l'intérieur" oui, je me souviens de mes colères rentrées et de mes chagrins mal exprimés, oui, je suis en symbiose avec vos si belles pages qui racontent trois rencontres, avec tendresse, avec douceur, avec professionnalisme. Oui, j’ai connu ce beau métier de faire avec les retailles de la vie des autres quelque chose qui leur tienne, quelque chose d’une vie qui s’assemble comme un puzzle qui dirait leur vie probable malgré la  pièce manquante, oui j’ai connu ces voyages au cœur d’eux-mêmes qui m’interpellaient sur mon propre voyage au cœur de moi-même, oui, comme vous José, j’ai été une exploratrice du langage et des larmes,  oui comme vous, tout ce dont je viens de parler, tailles, retailles, assemblages et puzzles,  je les devais à mes lectures de toujours : mes lectures d’enfant, mes lectures d’adolescentes, mes lectures de femme, mes lectures  de celle, qui à l’orée de la vieillesse continue d’explorer les cartes de tous ainsi que sa pauvre mappemonde fripée par les années. Ces mots « livres dévorés » ont inventé ma ferveur envers la littérature, tous ces mots là sont pour moi le plus grand voyage au centre de la terre, au centre de moi-même et des autres., dans mes tropiques et sur tant de fuseaux horaires. Ils sont mon unique voyage, mes paysages, mes vallées et mes montagnes, mes rivières et mes fleuves, mes océans que j'ai tant vidés à la petite cuillère, étonnamment obstinée, mes déserts aussi, trop souvent sans oasis.

 

Je me suis reconnue en votre texte, jusqu’aux larmes, parce qu’il dit de moi  mon passé professionnel révolu, que j’aimais tant, définitivement passé, parce qu’il dit de moi la fin d’un chemin, et l’emprunt d’un autre, de solitude et de retrait. N’est-ce pas cela qu’emporte le mot « retraite » ? Oui, je sais, on dit...Bla...bla...bla...

 

Merci, chère amie inconnue pour vos pages si belles qui m’ont fait faire un petit tour, à petit pas, sur ma mappemonde.

 

 Merci et bonne continuation, vous avez un grand talent de clinicienne et d’écrivaine. Je ne vous souhaite que du bonheur dans le flot de vos heures. MJA

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:58

Je souhaite aux inventeurs de lectures,

UN BON AUTOMNE !!!

MJA

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 19:18

Voici les jardins…


Voici les jardins en lesquels j’ai foi

lorsque dans les massifs les fleurs pâlissent

et que dans le gravier, où le feuillage boit,

coule un silence que les tilleuls filtrent.


Dans les reflets des cercles sur l’étang,

d’un bord à l’autre nage un cygne.

Il porte sur ses ailes, miroitant,

la prime douceur de la lune,

vers où, déjà, la rive s’embruine.


Rainer Maria Rilke

Chants de l’aube

(1898-1901)

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 11:27

Jean de LA FONTAINE   (1621-1695)

Le Chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.


J’aime à penser que je suis un roseau. Mon arbre de vie, sans racines, est si fragile ! MJC

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 14:23

Conférence d’AMOS OZ à Montpellier, samedi 21 février 2004,

couplée avec des notes de lecture de son roman :


Une histoire d’amour et de ténèbres

Editions Gallimard (février 2004). 544 P



La quatrième de couverture présente Amos OZ :


« Amos Oz, né à Jérusalem en 1939, est sans doute l’écrivain israélien le plus connu à travers le monde. Son oeuvre est traduite en trente-cinq langues. Seule la mer (2002) a été accueilli par une presse enthousiaste et Une histoire d’amour et de ténèbres a valu à l’auteur son plus grand succès en Israël, où le livre est resté dix-huit mois en tête des meilleures ventes.


Cofondateur du mouvement « La paix maintenant », il a participé à l’élaboration des accords de Genève. Il vit à Arad, au bord du désert du Néguev.


Je suis donc allée, un jour de février, bien froid, je me souviens, écouter et découvrir Amos OZ. Je l’ai trouvé un peu austère, vécu sobrement. Je l’ai trouvé bel homme ; j’ai aimé son sourire mais son regard m’a paru parfois un peu éteint. Un homme qui a souffert, disait son visage ;  me semble-t-il.


Il parle lentement dans un anglais facile à comprendre et s’excuse avec charme de ne pas savoir le français. Il est entouré de deux traducteurs , Sylvie Cohen qui a traduit son livre de l’hébreu. et que j’ai trouvé très sympathique et très présente. Il y avait aussi un autre traducteur pour l’anglais, libraire je crois,  plus effacé.


Amos Oz interroge : Histoire d’amour et de ténèbres : Roman ou autobiographie ? C’est un récit non linéaire avec une méthode d’allers et venues. J’ai tenté de restaurer ma mémoire défaillante. Pourquoi un roman et non une autobiographie : parce que l’invention est centrale. Amos OZ parle de la mort de sa grand-mère. Je lis p. 44, 45 et 46. Je vous raconte, comme il a raconté à la conférence:


Dans ces pages, il est longuement question de sa grand-mère décédée « de propreté » dans sa baignoire. Etait-elle hantée par les microbes de Jérusalem ou obsédée par une vie pulsionnelle qu’elle ne pouvait intégrer interroge Amos.


.Mini-commentaire :

J’écoute Amos. Je pense à Freud, je pense à Proust. Je suis heureuse.


Amos Oz continue de parler


Ce roman est un ensemble. Au coeur de cet ensemble, le suicide de ma mère qui fut le Tchernobyl de ma vie. Au coeur ou au choeur car ce roman est polyphonique nous explique Amos. Polyphonie de la mémoire dans un jeu de miroir. Le choeur central est le suicide de la mère.


Mini-commentaire :

Les allers et venues du roman tant dans l’espace que dans le temps donnent une allure émietté au texte, un aspect « explosé ». Je m’interroge et si la forme parcellaire du texte traduisait le Tchernobyl du suicide la mère ? Le suicide de la mère est raconté en mots pudiques et douloureux. Très douloureux. Je lis  P.231-232 : je vous raconte :


Amos se souvient, il avait douze ans :


Il en veut à sa mère d’être partie sans lui dire au revoir, sans même l’avoir embrassé, il est en colère contre son père qui ainsi était abandonné sans un mot, laissé tombé « comme une vieille chaussette ». Oui, il la détestait sa mère. Il n’était qu’asphyxie et douleur ou alors s’il cessait de la haïr il connaissait l’horreur d’être cet enfant qui ne pouvait accueillir la douleur. Il se reprochait de n’avoir pas été attentif aux migraines de sa mère, il se reprochait ses chaussures pleines de boue, sa chemise déchirée quand il avait trop joué. Il se reprochait son trop plein de vie. Peut-être,  s’il avait été un enfant fragile ne l’aurait-elle pas quitté ? Mais elle était partie sans un mot lui signifiant ainsi lui semblait-il qu’elle ne l’avait jamais aimé, qu’elle l’avait trahi. Elle n’était pas une mère comme les autres, celles qui aiment leurs enfants, comme les chattes, comme les chèvres. Ou alors, il n’était pas digne d’être aimé. Il était peut-être répugnant, détestable. Voilà, ce que pensait Amos


Mini-commentaire :

Encore Freud et Proust. J’en pleure, tant c’est beau et douloureux. Je lis et relis ces lignes, je les copie et les recopie comme si j’avais quelque chose à épuiser du côté de moi-même.


J’écoute Amos :


« Le passé imprègne toujours le présent. Amos Oz interroge le titre du roman. Il y a une structure dialogique entre l’amour et les ténèbres. Les ténèbres viennent dans la lumière. La langue hébraïque est un énorme réservoir de référents. C’est très étrange d’utiliser l’hébreu. Il faut être très attentif à l’acoustique du langage. »  Amos Oz se définit comme « patriote de la langue ». Il explique que le mot « ténèbres » est singulier en hébreu. Féminin/singulier. La ténèbre co-substanciel de la lumière et exprime le trou de la mémoire qu’on arrive pas à combler. L’importance de  l’hébreu passe pour lui par son grand- oncle Yosef qu’il admirait tant ; ce grand-oncle qui fut secrétaire « du comité de la langue » avant d’être nommé professeur de littérature hébraïque, ce grand-oncle qui tient une place immense dans son roman et dans sa vie d’enfant.


Puis Amos Oz nous confie que très tôt, plus que de devenir écrivain, il avait voulu s’incarner « en livre. »


 Amos Oz se confie encore. En fait, je vis cette conférence comme une longue confidence. Son livre aussi d’ailleurs. La confidence d’une enfance solitaire malgré les nombreuses figures d’adultes qui l’entouraient et l’aimaient. Mais qui le voyait ? Et lui qui entendait-il ? Qu’entendait-il ? A plusieurs reprises, j’ai pensé au personnage de Momik, enfant solitaire du livre de Grossman Voir ci-dessous amour et surtout à ce dont on ne parlait jamais : La Shoah.  Et donc, à un moment de cette conférence, Amos Oz parle de l’environnement polyglotte qui fut le sien. Je le cite selon ma prise de notes :


 « Je suis né dans un environnement familial polyglotte. En Israël, il y a plus d’écrivains que de citoyens. Mon rapport à la langue et à l’écriture a été très complexe. Dans mon enfance personne ne parlait de la Shoah. mais je sentais instinctivement à quel point, il était facile de tuer son prochain et je me disais que même si on faisait un autodafé, je pourrais survivre comme livre. Après le suicide de ma mère, je me suis révolté contre ce monde du livre. Ma famille était ancrée à droite, je suis devenue socialiste de gauche, j’ai décidé de me taire et de devenir fermier tractoriste et maintenant, voilà, j’écris des livres ! Ce désir de devenir un livre, je le ressens toujours car notre monde est fragile. J’ai une voix intérieure qui me souffle que si je peux exister comme livre, il y a encore de l’espoir »


Puis Amos Oz lit longuement en hébreu


Au coeur de la conférence, dans un souffle de vie, son souffle, les yeux baissés sur son exemplaire en hébreu Amos lit –en hébreu-. C’est beau ! Puis la traductrice lit l’exemplaire en français. Au moment du débat, j’ai eu la présence d’esprit de demander les pages du livre français (p.315-317) mais non les pages du livre en hébreu. Je le regrette. Je ne sais pas pourquoi. Sans doute parce que ces pages sont le coeur hébraïque de l’auteur. Le coeur quand il bat. Je note donc les pages françaises qui ont été choisies par Amos  et chez moi, après la conférence,  je les recopie sur mon cahier de lecture .




Mini-commentaire :

J’aime beaucoup les passages qui disent Jérusalem et l’écriture. J’aime les noms juifs. Peut-être une des rares façon pour moi d’épeler ma judéité.


Amos Oz, parle. Je retranscris mes notes

« Pourquoi ma famille ne voulait-elle pas que j’apprenne les langues européennes qu’elle connaissait déjà  ? Ils parlaient en russe et en polonais quand ils ne voulaient pas que je comprenne, quand ils parlaient de la Shoah, de l’avenir de Jérusalem ou quand ils se disputaient. Ils avaient peur que je sois séduit par l’Europe ou que j’en meurs. On était dans les années 40 et l’Europe signifiait la mort. Ma famille aimait l’Europe mais ils en avaient peur. En 40, seuls les juifs étaient européens. Ils étaient cosmopolitains, intellectuels mais se vivaient « parasites ». A cet époque, être européens, cosmopolitains, intellectuels étaient les pires injures. Leur amour pour l’Europe était un amour frustré, déçu mais si l’Europe ne les avait pas chassé, ils seraient morts... Il n’y a pas à s’étonner que je ne sois plus du tout européen. »


Dernier point de la conférence et non des moindres :


« L’Europe montre du doigt aussi bien les juifs que les arabes mais il n’empêche que si nous méritons les uns comme les autres des critiques, les deux parties ont été victimes de l’Europe : la colonisation pour les arabes et la Shoah pour les juifs. Les juifs et les arabes sont des victimes du même oppresseur. Référence à des poèmes de Brecht. La source du conflit est là. Quand des enfants sont martyrisés, ils se renvoient la même injure : tu ressembles au père. Nous disons aux palestiniens qu’ils reproduisent le génocide et les palestiniens nous renvoient que nous reproduisons la colonisation. Plutôt que de critiquer l’Europe devrait dire « Nous sommes pour la paix entre israéliens et palestiniens ; » Il faudrait montrer aux deux parties une réelle sympathie et non montrer du doigt les uns ou les autres. J’aime Israël même quand je le critique. L’esprit juif est un esprit d’argumentation. »


Question dans le public :


La vraie question n’est-elle pas la question d’une vraie reconnaissance entre les deux partenaires ? 

La vraie catastrophe est la domination israélienne sur les palestiniens. Il y a un vrai divorce. 75 % des israéliens sont convaincus qu’un jour il y aura un état palestinien .


Amos finit sa conférence par cette phrase : « Le patient est prêt mais les chirurgiens sont lâches. »


Mini-commentaire :

1948, année de ma naissance. J’ai l’âge d’Israël. Cela m’a toujours fait rêver. Je ne sais pas pourquoi.


Epilogue : 9 juin 2010.


L’actualité me souffle de relire ce livre d’Amos Oz, fondateur de La paix maintenant, mouvement pacifiste Israélien.


J’ouvre mon livre et déjà captivée par le souffle d’Amos OZ, je lis dans le chagrin d’une actualité qui me déchire :


« Je suis né et j’ai grandi dans un rez-de-chaussée exigu. »


Je sais alors, le coeur serré, une fois de plus, que les livres, leurs auteurs et leurs lecteurs sont mes seuls amis. Je sais que tout le reste n’est que solitude. Tout le reste me souffle « Meurs ! » mais heureusement les livres me soufflent « vis ! »


Notamment  celui d’Amos Oz : « Une histoire d’amour et de ténèbres ». J’ajouterai : « Une histoire de paix ».


Je vous en prie, lisez le ! MJC







            

          

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 18:22

Poésies

François Villon

NRF Poésies

Gallimard 1973

Pages. 167-168



 Je connois bien mouches en lait, 

Je connois à la robe l’homme,

Je connois bien le beau temps du laid,

Je connois au pommier la pomme,

Je connois l’arbre à voir la gomme

Je connois quand tout est de mêmes,

Je connois qui besogne ou chomme,

Je connois tout, fors moi-mêmes.


Je connois pourpoint au collet,

Je connois le moine à la gonne,

Je connois le maître au valet,

Je connois au voile la nonne

Je connois quand pipeur jargonne

Je connois fous nourris de crèmes,

Je connois le vin à la tonne,

je connois tout, fors que moi-même.


Je connois cheval et mulet,

Je connois leur charge et leur somme,

Je connois Biatrice et Belet

Je connois jet qui nombre et somme,

Je connois visions et somme

Je connois la faute des Boèmes

Je connois le pouvoir de Rome,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.


Prince, je connois tout en somme,

Je connois colorés et blêmes,

Je connois mort que tout consomme,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.


Dans ces jours si paisibles, au cœur d’un printemps si attendu, après la si grande froidure de l’hiver, j’aime à lire la sagesse de Françoise Villon, quand il revêt les vieux mots, d’un vieux français, que j’aime tant. Merci François Villon d’avoir tant travaillé la langue et la sagesse à travers tes éclats de ton âme emportée…


Avec toi, dans la traversée du temps, « je prie Dieu que tous nous veuille absoudre ! »


Et maintenant, place au soleil enfin là !!! MJC

 

 


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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:22

Rainer Maria Rilke

 Poésie

 

Traduction de Maurice Betz

Emile Paul

1942


Pourquoi m’arracher à mes heures …

Pourquoi m’arracher à mes heures

pâles et bleues ?

Pourquoi m’entraîner dans le tourbillon

et la confusion scintillante ?

Je ne veux plus voir votre folie.

Je veux, tel un enfant, malade dans sa chambre,

Solitaire, avec un sourire secret,

doucement bâtir des jours, et doucement des songes.


Rainer Maria Rilke


Quant à moi, dans le peu de temps qu’il me reste à vivre – enfin, je ne sais -  je ne souhaite que  de bâtir mes jours et mes songes doucement dans l’espace irisé de ma vie. MJC

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 22:07

Rainer Maria Rilke

Vergers

Nrf Poésies/Gallimard

Page 78


On arrange et on compose

les mots de tant de façons

mais comment arriveront-on

à égaler une rose ?


Si on supporte l’étrange

prétention de ce jeu,

c’est que, parfois, un ange

le dérange un peu.


Rainer Maria Rilke (Vergers, 53)

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