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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 15:36

Donald W.Winnicott

La relation- Parent-nourrisson

Petite bibliothèque Payot

N°791

 

Préface de Gisèle Harrus-Révidi :

Soins et amour maternel

 

Préface p.7-27

 

Gisèle Harrus-Révidi souligne dans sa préface, que j’étudie là, combien on se souvient bien sûr de Winnicott psychanalyste mais combien aussi il était pédiatre, attaché au développement de la bonne santé de l’enfant, ce qu’il nommait aussi « le développement affectif primaire » Contrairement à celle de Freud, écrit-elle, son œuvre est basée exclusivement sur son expérience clinique constituée de quelques soixante milles consultations à l’hôpital de Paddington Green Children Hospital où il fut chef de services pendant 40 ans.

 

-         En 1945, le 28 novembre, devant ses collègues de la Société britannique de psychanalyse, il présenta une conférence : « Le développement affectif primaire »

-         En 1952, seconde conférence : Psychoses et soins maternels

-         En  1961, enfin avec « La théorie de la relation parent-nourrisson », conférence prononcée à Edimbourg qui constitue un dialogue avec Freud, mort depuis 21 ans.

 

Du nourrisson freudien au nourrisson winnicottien :

 

La question qui hante Winnicott est celle issue du nourrisson freudien définit comme un petit être seul, objet de luttes pulsionnelles internes et pulsion de vie, luttes qui constituent sa détresse ; ce que Pierre Marty définira en ces termes : « autoconservation sous gérance parentale » (Pierre Marty. Les mouvements individuels de vie et de morts. Payot 1976. Pierre Marty (1918-1993)). Winnicott, va  questionner le rapport avec la mère, objet sexuel de l’enfant, « objet-source » pulsionnel selon Laplanche. Cette question reste toujours ouverte.

 Pour Winnicott, le nourrisson n’existe pas. Le nourrisson est constitué de son rapport à sa mère puis à son environnement. Le nourrisson n’est jamais à rencontrer seul. Le nourrisson ne se conçoit que dans son rapport au Care, aux soins que lui prodigue la mère, l’adulte, l’environnement. C’est à partir du care, du soin qu’il va pouvoir constituer sa propre permanence et la permanence des objets qui constituent le monde qui l’environne. Certes on associe souvent à Winnicott le concept si fondamental d’objet transitionnel mais  le concept clé de ses travaux est sans doute le « CARE ». L’enfant s’approprie les objets parce qu’on prend soin de lui dans du « good enough », du suffisamment bon.

C’est dans un second temps, dans « l’esprit et ses rapports avec le psyché-soma (1949) qu’il va étudier le rapport entre psyché et soma chez l’enfant.

 Enfin, autre point très important à ne pas oublier pour comprendre Winnicott : Winnicott comme pédiatre s’attache « au corps » de l’enfant

 

 

Tous les bébés sont-ils des fous en puissance ?

 

Ce questionnement de Winnicott est associé à son expérience concernant les enfants de la guerre, en proie à une rupture d’un environnement favorable qui n’assure plus du « suffisamment bon » avec hélas trop souvent une brutale séparation si précoce d’avec la mère. Il va alors étudier les troubles de la mise en place de la relation primaire, troubles qui sont exactement que ceux qu’on retrouve chez des schizophrènes adultes. Ce qui l’intéresse de comprendre pour les réparer, ce sont les dysfonctionnements d’origine de l’être de l’enfant qui alors, pour cause de guerre, ne peut plus se vivre « rassemblé » avec sa mère. L’unité de base pour Winnicott est  « l’enfant rassemblé » avec sa mère, l’enfant étant partie constitutive de son environnement.

 C’est à ce point de ses travaux qu’il se situe dans un espace intermédiaire théorique entre Anna Freud et Mélanie Klein et dans ces rapports avec John Bowlby. Tous ces auteurs sont à étudier et à approfondir dans une constellation signifiante  des « soins infantiles et les expériences instinctuelles aigues » du bébé.

 

Bonne mère ou bon environnement ?

 

Un point important souligne l’auteure de l’article est de noter qu’une lecture minutieuse de l’œuvre de Winnicott révèle une alternance entre les mots « mère » et « environnement ». On retrouve le concept cher à Winnicott : « l’individu-environnement. » Cela est très important, si on tient compte de l’expérience des années de guerre que fut celle traversée par les enfants. Toutefois, il semblerait que les soins sont « simplifiés » quand c’est une seule et même personne qui donne les soins à un bébé. L’enjeu fondamental de ces soins est l’adaptation de l’enfant à son environnement, adaptation progressive qui va de la relation primaire subjective  à la reconnaissance objective d’un monde scientifique traversé par la preuve et la démonstration en passant par l’aire intermédiaire qui confère au monde  un statut ni tout à fait subjectif ni tout à fait objectif. Ce qui peut se dire aussi permettre à l’enfant de passer du magique de sa toute-puissance à créer le monde à la rationalité d’un monde crée par tous en passant par le possible art qui relève de l’artiste et de son spectateur (art comme aire intermédiaire ; cf. aussi le rôle des religions et de l’art chez Freud). Ce qui en jeu  ici, c’est l’appropriation du monde des objets tant physiques que psychiques.

 

Un enfant sans soin, ça n’existe pas

 

L’auteur nous livre le fil rouge des trois articles de ce livre : le soin comme essentiel à l’appropriation du monde des objets et à l’intégration des pulsions c’est-à-dire à leur liaison à des conduites sociales non destructrices et créatrices pour l’enfant et pour son environnement.

            Le soin, le « holding » s’appuie sur trois lieux : le corps, la mère et le temps. C’est l’intrication harmonieuse de ces trois dimensions qui permettront à l’enfant d’être « rassemblé » avec son environnement.

 

Winnicott, précurseur du « care » ?

 

Jolie référence à Levinas : « le care », le « soin », le « holding » permettrait de nous inscrire et d’inscrire l’enfant dans une dans  « une société d’attention  aux autres » et j’ajouterai même, poserait les bases d’une citoyenneté transmise dès l’enfance car to care signifie « être attentif aux autres » en même temps que « prendre soin » et n’est-ce pas ainsi  situer l’autre dans le groupe, la cité ?  Ceci est une interprétation personnelle.

 J’ai aimé ce chapitre, dense et qui articule bien entre elles les notions de holding, de care, de bébé-environnement, d’objet, de santé physique et mentale, d’objet transitionnel de relation primaire enfin et donc de ce fait nous introduit avec clarté aux trois articles à venir. 

 Un beau chapitre, dense et complet qui nous introduit toujours et toujours à Winnicott. Du pur bonheur clinique que nous offre Gisèle Harrus-Révidi.

 

Je vous souhaite une bonne lecture de cette introduction et de l’ouvrage entier La relation-parent nourrisson, ouvrage difficile mais tout autant essentiel que passionnant. MJA

 

 

 

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 20:16

Abraham Ibn EZRA

1089-1164

 

Le premier exégète

 

« Au commencement Elohim créa le ciel et la terre. »

On doit interpréter le mot bara de deux manières :

La plupart des exégètes enseignent que la création consiste à faire surgir l’être du néant... Mais ils oublient le verset « Elohim créa les monstres... » (Genèse1,2) et les trois occurrences du verbe créer dans un seul verset (1,2) : « Elohim créa l’Adam selon son image : selon l’image d’Elohim il le créa, mâle et femelle il les créa. » Il a crée l’obscurité, qui est le contraire de la lumière qui est.

Le second sens du verbe bara s’écrit barah, avec la lettre h finale ( et non Aleph comme le premier : bara)

Par exemple : « David ne prit aucune nourriture (barah) avec eux «  (2 Samuel 12,1) ou encore : « Tout le peuple vint ensuite pour prendre quelque nourriture (barah) à David » (2 Samuel 3,3). Sa signification est celle de couper, de fixer une limite séparatrice.

 

Ce lui qui y réfléchira comprendra.

 

J’ai réfléchi et je suis tombée en plein dans le mil : Winnicott : créer à partir de la coupure, de la séparation avec l’aide du doudou...

J’aime cette histoire de bara et de barah. Je la citerai quand je parlerai de Winnicott en formation auprès des formateurs avides de techniques... MJA

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 12:41

 

 

La lecture comme espace transitionnel :

(semences)

 

 

Le lecteur établit un permanent va-et-vient par sa lecture entre moi et non-moi, entre intérieur et extérieur, entre projection (c’est pas moi, c’est lui le personnage) et introjection (je suis le personnage,je dévore le livre). Je répare ce que j’ai fantasmatiquement abîmé, je sublime, je transforme dans l’aire neutre qu’est le livre. C’est en cela que je peux parler d’aire intermédiaire, que je peux parler d’un espace transitionnel dans lequel je peux élaborer, créer une activité ludique, culturelle, réparatrice et vivre une nouvelle relation d’objet : je ne suis pas l’autre, le personnage ou l’auteur, je suis comme l’autre, le personnage ou l’auteur. C’est peut-être avec ce « comme » que se débat l’illettré. Un « comme »,  qui trace une distance d’avec l’absence, celle qui organise les lettres. Ce « comme » mal maîtrisé peut-être générateur d’angoisse et de chaos. Chaos que traduit tragiquement le chaos des lettres car l’illettrisme est un chaos de lettres métaphore probable d’un chaos archaïque venu de l’enfance et de l’être, un chaos lié à de la séparation mal digéré. Je dirais « Illettrisme ? Chercher la mère ».

L’objet transitionnel est  un objet crée qui est déjà là sur lequel on peut inscrire sa trace.  Ce qui est le cas pour livre. Je tends la main pour le saisir, pour le lire mais aussi pour inscrire ma trace, le feuilleter, marquer la page, le souligner.. Le livre s’use comme un nounours.

Le livre est, comme l’objet transitionnel aux confins du monde intérieur et du monde extérieur, aux confins du processus d’introjection (j’avale, je dévore le livre) et de projection  ( je projette mes affects, mes fantasmes). C’est par ce double jeu d’introjection et de projection que le livre est un viatique pour me construire et construire le monde (comme l’objet transitionnel). C’est cette activité symbolique qui fait identité.

Les deux registres de la lecture : la toute puissance du texte et ma liberté de reconstruire le texte. (exemple de Kassan et du texte tchétchène). marquent aussi la transitionnalité du livre : jeu entre illusion et désillusion

Mettre en place une aire transitionnelle c’est mettre en place une aire de création qui peut se substituer à la mère. (sein créé, retrouvé dans l’absence). Ce qui est le cas dans la lecture qui est une aire de jeu et de reconstruction.

Lire comme créer comme jouer c’est se situer dans l’absence représentée par la création, le jeu, le livre. Dans la lecture tout est absent : L’auteur, la réalité décrite. Tout est substitué par les mots et leur organisation. Le lecteur réorganise le morceau de monde crée, proposé par l’auteur. Cette organisation est re-création, récréation (Voir Picard). Le lecteur produit sa lecture. Picard : « le lecteur passe de l’imaginaire, de la solitude, de la détresse d’une durée répétitive ou morcelée au Symbolique, aux totalités, à la temporalité »....  « C’est bien de lui qu’il est  question. Il ne subit pas sa lecture il la produit » (Picard p.52). C’est cette production qui est un jeu et il joue gros nous dit Picard. Coloration d’une attitude face à une réalité extérieur.

J’aime ce mot de coloriage.
La lecture comme collage, découpage et maintenant coloriage comme autant d’indices de l’enfance. C’est peut-être avec ces indices là que les personnes illettrées ne peuvent jouer. Quelque chose qui les englue à leur enfance.

Les phénomènes transitionnels sont à l’origine de la créativité et de l’expérience culturelle nous dit Winnicott..

Le livre comme décrivant une aire transitionnelle va bien être à l’origine du développement culturel, celui dont Freud dit qu’il me protège contre toutes pulsions de violences et de destruction cette aire culturelle qui dit notre prise sur le monde mais non notre maîtrise du monde. Créer c’est trouver le monde qui est déjà là , qui nous attend avec les livres.

Lire c’est tendre la main vers les livres qui nous attendent pour être dévorés, avalés, transformés, introjectés, projetés. Lire c’est inventer, sublimer, imaginer, bouger. Lire c’est renaître de notre naissance inachevée. Lire c’est splendide et c’est pour cela que je conçois mon métier de formatrice non pas comme « apprendre à lire » mais générer de l’être lisant toujours en mouvement. Accoucher l’autre de ses lettres hésitantes, balbutiantes pour lui permettre d’être enfin lecteur.MJC


Ceci est passage de Madame, je veux apprendre à lire! Marie-José Colet en collaboration avec Anne Dubaele- Le Gac et Nicole Rouja.  Erès 2008

 

 

 

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 17:30

D.W.Winnicott : Jeu et réalité (1)

L’espace potentiel.

D.W.Winnicot 1971

Traduction française 1975

Folio essais


Préface de J.-B Pontalis :

Trouver, accueillir, reconnaître l’absent.


Belle, très belle préface de J.-B Pontalis au livre de Winnicott, Jeu et réalité.

Dans cette préface J.- Pontalis nous introduit en premier lieu aux définitions essentielles du mot « Jeu » En français il n’existe qu’un seul mot, là où en anglais, (langue de Winnicott) il existe deux mots : Play et Game. (Game : jeu avec règles. Plays, jeu sans règles.) Pour le bébé, il semblerait à l’observer quand il joue que nous sommes dans le « play » mais nous disent Winnicott et Pontalis ce n’est pas si évident que cela. Il y a parfois dans le jeu du bébé une règle « cachée » qui échappe à une observation rapide mais à bien y regarder, il y a du « game » parfois dans « le play du bébé ». Déjà, nous sommes au cœur du sujet tel qu’il est traité par Winnicott.


Par ailleurs, nous l’avons déjà vu dans d’autres articles du blog, Winnicott ne décrit pas des « espaces arrêtés »,  des actions « arrêtées » mais des espaces et des actions en devenir, ce qui se traduit par le « ing » anglais (Playing, Beeing etc) et le « ant » français (Jouant, Etant etc.) L’observation winnicottienne s’ouvre sur une action en mouvement.


Ainsi en est-il de l’objet transitionnel dont je vous ai parlé tant de fois. Mais, comme Pénélope à l’ouvrage du savoir, chaque jour je me remets tissant de mes mots notre étonnant noir quand il se fait obscurité de notre savoir.


Bien retenir : ce dont il est question, ce n’est pas d’objet mais d’espace/temps transitionnel. L’objet s’inscrit entre deux temps : entre le moment où l’enfant prend son pouce et le moment où il prend son nounours ou son coin de drap. Ces deux moments inscrivent dans l’espace une aire transitionnelle entre pouce qui appartient à l’enfant (réalité intérieure) et le nounours (réalité extérieure) ; L’objet transitionnel, l’aire intermédiaire sont des histoires entre intérieur et extérieur. Ce sont des histoires qui signent la perte de la mère et ses retrouvailles, son absence et sa présence. C’est ce rapport entre intérieur et extérieur, présence et absence, perte et retrouvailles qui signifie à l’enfant qui deviendra homme (au sens générique du terme) le rapport symbolique à partir duquel s’inscriront les apprentissages scolaires ou non et les expressions créatives, artistiques, religieuses, culturelles. C’est à partir de ce rapport vécu harmonieusement que l’enfant grandira en harmonie avec ses semblables. Et c’est à partir de là que le bébé se structurera après l’effondrement qui se produit lors de l’absence de la mère. Effondrement que Mélanie Klein traduit par une position dépressive de l’objet internalisé (le sein de la mère). Chez Winnicott l’objet n’est pas internalisé. Il est symbolisé. Ce n’est pas pareil. Le lieu de l’effondrement et de la perte première, n’est ni le sein ni le corps du bébé, il est dans un nulle part situé ENTRE le sein et le corps de la mère, il est à construire par l’enfant qui renoncera à l’illusion bienfaisante que le sein est déjà construit par lui (puisque la mère le tient là toujours près à la demande de l’enfant

.

Pontalis a très jolis mots pour décrire cette perte venue de nulle part, cette absence soudaine qui traverse le corps de l’enfant sans s’y loger pour autant. C’est notre premier blanc, notre première perte, notre première douleur et c’est à partir de cela qu’il nous faudra nous inscrire dans un rapport symbolique grâce à la mise en place de l’aire transitionnel, grâce à notre objet transitionnel. Le bébé alors pense l’impensable : l’absence du sein maternel. Il ne se soumettra pas douloureusement à cette absence, Le bébé créera de la présence, ni subjective, ni objective. Il créera un « ENTRE » qui le fera entrer dans le monde symbolique, celui de tous. Pontalis, reprend le terme de Winnicott : « la créativité primaire. »


En fin de préface Pontalis cite l’ouvrage de Henri Michaux : « Entre centre et absence » et dit comment à partir  du « soi » qui se loge dans de l’entre-deux du dedans et du dehors, le bébé accède aux replis de l’être.


J.-B Pontalis met en regard avec talent  et érudition Freud, Mélanie Klein et Winnicott.


Freud décrit la dramaturgie du Père et de la mère dans un théâtre d’ombres  où se jouent dans les fantasmes des représentations, des retournements, des dédoublements, des travestissements. Fantasmes, lieu (ou temps ?) de mouvements et de déguisements.


Mélanie Klein nous emmène dans un réceptacle, dans un « moi-sac », sac dans lequel ont trouve des bons et des mauvais objets que véhiculent des mouvements d’introjections et de projections.


Winnicott, lui nous parle d’un terrain de jeu dont les frontières mouvantes font notre réalité dans laquelle vont se loger notre identité d’adulte et notre certitude d’exister.


J.-B Pontalis conclue poétiquement son texte et nous dit comment lire ce livre de « Jeu et de réalité ».  Nous devons manquer ni a rencontre avec Winnicott ni  le lien qu’il tisse avec nous.


 jJai envie d’ajouter que lire c’est cela : c’est retrouver le lien qui nous unit à un auteur et, précieusement, retenir le meilleur de notre rencontre avec lui.


J’insiste sur ce dernier point, « celui de la rencontre »,  parce que tout au long de ma lecture de Winnicott, j’ai toujours posé la question de l’acte de lire quand il se fait création, certes de l’auteur mais aussi du lecteur.


Nous reviendrons sur ce point essentiel pour moi, dans les jours qui viennent.


Pour le moment, retenons la notion d’aire intermédiaire et de l’objet transitionnel qui lui est associé comme un processus qui appartient autant au bébé qu’à la mère, qui s’inscrit autant dans le dedans que dans le dehors et qui par le mouvement de l’être qu’il implique permet la respiration du bébé en l’absence de sa mère parce qu’il lui permet de recréer symboliquement sa présence. Très beau.


Merci J.B- Pontalis pour cette préface limpide et poétique. MJC






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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:41

 

 

Finalement, la nuit portant conseil, j'ai retiré du titre de mon article d'hier le bout de phrase "Si on bossait moins ?" En effet, je trouvais là qu'il y avait ambiguïté et risque d'interprétation erronée : on créerait beaucoup parce qu'on aurait trop de destructivité ce qui trahit complètement Winnicott, introduisant une cause à effet absurde. Ce que je voulais dire par là c'est que parfois nous créons trop, nous travaillons trop par difficulté à intégrer  notre destructivité. Le mot capital étant intégrer et je trouve que  mon "si on bossait moins" était un raccourci dangereux et démagogique. Donc, toujours exigeante dans mon travail, je l'ai supprimé... et je continue à créer et à écrire... comme une malade ! malade de la vie. Vivre est une maladie mortelle incurable mais si passionnante.

 

Ce qui est important c’est que un intense travail, une création foisonnante ne soient pas là pour dénier la pulsion de mort mais pour la sublimer, l’élaborer et pour cela il ne faut donc pas en avoir  peur ; il faut la pointer et par cette reconnaissance difficile sans peur et sans reproches,  retrouver la douceur de créer, travailler de donner aux autres. L’acte psychanalytique est là pour nous soutenir dans cette quotidienne intégration de notre pulsion de mort ; comme Pénélope, nous devons nous remettre chaque nuit à l’ouvrage. Dans le temps du repos, posons nos morts de chaque pour au petit matin nous retrouver vivants et à nouveau manger le gâteau à pleines dents. C’est dans ce cycle là bien assumé des nuits et des jours, de nos morts successives entrelacés dans nos vies à l’aube et au crépuscule que nous inscrivons notre humanité.

 

J’intègre ma destructivité

Tu intègres ta destructivité

Il ou elle intègre sa destructivité

Nous intégrerons notre destructivité

Vous intégrerez votre destructivité

Ils ou elles intégrerons leur destructivité

 

Sans peur et sans reproche, je crée

Sans peur et sans reproche, tu crées

Sans peur et sans reproche, nous créons

Sans peur et sans reproche, nous créons

Sans peur et sans reproche, vous créez

Sans peur et sans reproche, ils ou elles créent

 

Et demain, il fera jour pour tous !

 

 Bossons autant que nous voulons  non pour nous étouffer ou asphyxier notre destructivité, si humaine, (manger à pleines dents le gâteau de la vie est si bon !) mais parce que  nous croyons de toutes nos forces de vie dans un monde presque meilleur ;  mais prenons  soin de nous !  Ne nous tuons pas à la tâche !

 

Je bosses, tu bosses, il ou elle bosse, nous bossons, vous bossez, ils ou elles

bossent.

 

A TRAVAIL EGAL SALAIRE EGAL POUR LES HOMMES ET POUR LES FEMMES !

 

A tous bon travail et surtout bonne lecture de Winnicott, de son talent clinique, de ses paradoxes, de ses sourires et surtout de sa finesse conceptuelle !

 

Avec Winnicott, j’invente la paix

Avec Winnicott, tu inventes la paix

Avec Winnicott, il ou elle invente la paix

Avec Winnicott, nous inventons la paix

Avec Winnicott, vous inventez la paix

Avec Winnicott, ils ou elles inventent la paix

 

Et par nos rires et par nos pleurs, par nos joies et nos douleurs, par nos souvenirs et notre avenir, par nos présents toujours recrées, par notre humour, de tous les divans du monde, dans le temps de l’espoir, laissons s’envoler à plein ciel toutes les colombes de nos cœurs, parfois si malmenés, d’humains.MJC

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 19:29
Agressivité, culpabilité et réparation Donald W.Winnicott (VII)
Petite Bibliothèque Payot N°491 1984, 1994, 2004. 144 pages

Dans ce chapitre Winnicott traite du sujet passionnant des rapports entre destructivité et créativité et ce du point de vue du développement de l’enfant. J’associe cet article avec celui dont je traite dans mon blog qui s’intitule : « La psychanalyse, un acte de paix » dont le sujet traite du premier chapitre de cet ouvrage Agressivité, culpabilité, réparation. Cet article est un des articles le plus lu de mon blog et je m’en réjouis car sa matière en est essentielle. Winnicott nous dit qu’il est essentiel de repérer et comprendre la culpabilité de l’enfant (enfant qui deviendra grand, emportant avec lui ses processus de développement) en rapport avec sa destructivité et sa créativité. C’est le moment où se constitue la culpabilité de l’enfant, culpabilité qui va engendrer la destructivité mais aussi la créativité qui intéresse Winnicott.
Cela peut se repérer aux alentours de la fin de la première année de l’enfant mais aussi à l’adolescence et dit-il dans un sourire qui est toujours le sien à l’âge adulte : les adultes ont-ils seulement un âge précis interroge-t-il ? Je suis entièrement d’accord avec lui : nous avons ce que Dolto appelle notre âge symbolique, (qui le savons-nous ?) est peut-être un an ! Winnicott, quant à lui dit que nous avons tous les âges ou alors nous n’avons aucun ! Cette interrogation paradoxale sur « l’ÂGE » me plaît bien et me paraît faire partie du cadre analytique et surtout de la situation transférentielle.
Winnicott fait une remarque intéressante concernant la destructivité. Nous la repérons facilement dit-il lorsqu’elle est liée à de la colère, à de la haine, à de la peur. Par contre dit-il, nous avons du mal à l’assumer quand elle est liée à un être qu’on aime. A ce point, il fait intervenir le mot « intégration » et il définit la santé comme une intégration de tous nos sentiments sans avoir recours à un taux élevé de projection. Il fera la suite de son développement en partant du principe que les parents ont été des parents suffisamment bons et que les enfants dont ils parlent ne sont pas dans la pathologie. Il va décrire le triangle destructivité culpabilité créativité dans le processus sain d’une intégration réussie de l’enfant ou de l’enfant devenu adulte.
Winnicott étudie dans ce chapitre le triangle culpabilité, destructivité, créativité à partir de 4 études de cas vraiment significatives. Le premier cas raconte l’histoire d’un homme psychothérapeute qui sort du cadre thérapeutique et va voir son patient sur son lieu de travail. Il s’interroge devant Winnicott qui est le thérapeute de ce thérapeute. Il s’interroge en séance sur le bien fondé de sa démarche et décrit le travail de l’homme comme un travail hautement spécialisé, demandant des gestes rapides et efficaces. Puis le thérapeute (patient de Winnicott et thérapeute du travailleur ingénieux) confie à Winnicott ses propres goûts pour toutes activités manuelles et relevant de la mécanique et bricolage. Il décrit une machine avec des « grandes dents » qu’il regarde chaque fois avant d’aller à sa séance avec Winnicott. Il retrouve ainsi dit ce dernier, son agressivité orale, sa cruauté de l’amour primitif. Winnicott note avec une grande finesse de langage que l’homme vient chez lui pour « une tranche d’analyse », tranche du gâteau qu’il souhaite manger non sans agressivité orale mais peut-on manger le gâteau et le garder interroge Winnicott. Winnicott analyse : de même qu’il avait vu son patient faire son travail donnant ainsi du sens à des mouvements incohérents de la séance (quand l’homme se tournait vers lui pour décrire son activité), de même si Winnicott pouvait le voir lui dans son jardin, il le comprendrait mieux.  Les hommes acceptent mal de repérer leurs intentions destructrices mais peut-être accepteraient-ils mieux si, près d’eux, un homme bienveillant repérait aussi l’intention constructive associée à l’intention destructrice.
J’aime cette possible définition du psychanalyste : accompagner l’autre dans ce qu’il peut avoir de destructeur mais aussi en pointant avec lui la constructivité de son être. C’est peut-être pour cela que toute psychanalyse réussie débouche sur de la créativité : repérer ses pulsions destructrices, les intégrer parce qu’un autre bienveillant, attentif repère aussi notre créativité.

Je vous propose une métaphore
Certes nous mangeons à pleines dents le gâteau, à pleines dents féroces mais avec une petite recette dans la poche (comprenez dans l’âme), un bon moule et bon four « on peut créer, » confectionner un nouveau gâteau et si on laisse tomber la culpabilité d’avoir mangé à pleines dents le premier on ne brûle pas le second et on peut l’offrir à ceux qu’on aime ! Dans les autres cas développés, que je vous invite vivement à lire, Winnicott insiste bien sur le fait suivant : il ne s’agit pas de dire au patient que « créer » signifie qu’il a le désir de détruire, ce serait catastrophique, il s’agit de lui faire sentir par des mots nuancés, et certainement pas de cause à effets, qu’il peut accéder à son désir de détruire, qu’il peut s’y autoriser car, là tout près, il a sa créativité ; J’ai mangé le gâteau certes, mais je peux en refaire un tout aussi bon…Alors la vie est viable !
 Winnicott donne une série de couples qui disent que oui, c’est possible de repérer sa destructivité puisque oui, c’est possible de repérer la créativité associée :
-Annihilation /création
Destruction / recréation
Haine/amour renforcé
 Cruauté/tendresse
Salir / Nettoyer
Abîmer /raccommoder
Et ainsi de suite.
Savoir donner à l’autre la possibilité de réparer… Oui, mais est-ce toujours possible quand la destructivité a été trop loin ? Mais cela est un autre sujet puisque Winnicott nous avertit dès le début du chapitre qu’il étudiait ce triangle destructivité/culpabilité/ créativité dans un cadre non pathologique Et donc, une fois de plus à la lecture de ce chapitre, j’affirme combien la psychanalyse écrit des actes de paix puisqu’elle permet d’intégrer la destructivité dans l’histoire du sujet, elle le permet car elle lui dit aussi sa possible créativité, certes par le prix de la culpabilité mais le jeu en vaut la chandelle !
J’ai aimé cet article qui m’a éclairée sur ma propre destructivité et créativité. J’ai appris en le lisant qu’il n’était pas bon de créer pour créer, comme ça à perte de pages, ou d’actes, au risque de mourir de fatigue, par un déploiement d’énergie psychique trop grand mais qu’il fallait bien repérer son potentiel de destructivité pour la dompter, l’amadouer, la moduler, la reconnaître, l’accepter et enfin l’intégrer grâce à la douceur de la créativité dans le plaisir du don.
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 18:50

 

 

La psychologie de la séparation

Cet article a été écrit à l’intention des travailleurs sociaux en mars 1958

 

Pour mieux comprendre cet article, j’invite les lecteurs à relire l’ouvrage de Freud intitulé Deuil et mélancolie dans lequel il parle de la culpabilité consécutive au sentiment de haine que provoque l’objet perdu et son introjection.

 

Dans ce chapitre, Winnicott étudie une fois de plus les liens certains existants entre séparation, perte de l’objet, déprivation et tendance antisociale

Pour comprendre l’angoisse provoquée par toute séparation, il faut se référer à celle provoquer par le sevrage, le chagrin, le deuil et la dépression. Toutefois, toujours dans  le paradoxe qui le caractérise, Winnicott précise qu’il n’est pas nécessaire de connaître la psychologie du deuil pour écouter et répondre aux difficultés de séparation et de déprivation. En effet le nourrisson comme l’enfant n’a pas la maturité psychique pour faire « le deuil » de l’objet dont il se sépare.  Le deuil est le signe d’une certaine maturité écrit-il.

L’ambivalence à l’égard de l’objet perdu est un signe de bonne santé mais souvent l’enfant ne peut assumer cette ambivalence là et se produit alors la tendance antisociale (voir chapitre précédent) qui vient là comme un espoir de réparer la douleur de la perte et la culpabilité liée à l’ambivalence qui s’attache à l’objet perdu.

Plus l’enfant s’approche d’un possible travail de deuil plus on peut l’aider, plus son espoir est entendu, plus on peut y répondre, et plus le sentiment de sollicitude de l’enfant pour l’adulte peut s’instaurer. (voir le chapitre sur le « sentiment de sollicitude » )

 

Ce chapitre très court est à lire comme une parfaite synthèse des chapitres précédents et comme une introduction à ceux qui suivent. Je pense que cet article est l’article charnière du livre, bref mais essentiel. A lire absolument et à ranger précieusement dans sa boîte à outils « Winnicott ».

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 15:23

Donald W.Winnicott

Agressivité, culpabilité et réparation (V)

Petite bibliothèque Payot N°491

 

La tendance antisociale

 

Dès le début de ce chapitre Winnicott différencie :

 

- Défense antisociale ( délinquance) qui organise des bénéfices secondaires et réactions sociales qui rendent toute investigation difficile.

- Tendance antisociale qui se rattache aux difficultés inhérentes du développement affectif de tout enfant.

C’est cette tendance antisociale que Winnicott étudie dans ce chapitre. Il fait une remarque importante me semble-t-il : en aidant les parents à répondre à leur enfant on les aide eux-m^me à se situer dans leur propre déprivation car l’une fait souvent écho à  l’autre. J’aime cette façon d’articuler  cette dialectique de la déprivation.

 

La nature de la tendance antisociale :

 

W. précise d’emblée que repérer des phénomènes de l’ordre de l’antisocial n’a rien à voir avec poser un diagnostic. On ne peut parler de tendance antisociale comme on parlerait de psychose ou de névrose.

Le comportement antisocial peut apparaître à la maison mais aussi dans une sphère sociale plus étendue et on pourra alors considérer l’enfant comme inadapté socialement et cela peut le mener jusqu’à des foyers éducatifs.

L’hypothèse de Winnicott : la tendance antisociale vient d’une déprivation  de caractères essentiels à la vie familiale, d’une perte de quelque chose de bon mais aussi la tendance antisociale témoigne d’un espoir que l’enfant manifeste, espoir d’une possible réparation. C’est un appel à être pris en main par un management de l’adulte  de tolérance et de compréhension.

 

Il y a toujours deux aspects de la tendance antisociale : le vol et le penchant à détruire. Mais dans les deux cas c’est une perte qui se manifeste : la perte d’un environnement perdu : le corps de la mère, les bras de la mère, la relation parentale, la maison, la famille, l’école, la localité avec ses postes de police et la loi. L’enfant est déprivé de quelque chose qui lui permettait d’élaborer la loi.

 

Le vol :

 

Vol et mensonge sont au centre de la loi antisociale. Il est important de relier ce qui fait vol et mensonge avec ce qui les provoque, de retrouver l’union entre les racines libidinales et les racines destructrices car c’est à partir de cette association que l’on peut comprendre comment la tendance antisociale est une tentative d’auto guérison. Ce qui est important c’est de noter comment l’enfant incommode son entourage et donc de ce fait se signale à lui.

 

Premiers signes de la tendance antisociale :

 

- Gloutonnerie et vols (mouvement centripète)

- Incontinence urinaire

- Vagabondage –mouvement centrifuge)

 

A la gloutonnerie est souvent associée le manque d’appétit, les deux étant la marque d’une déprivation importante. La gloutonnerie n’est pas identique à l’avidité que ressent le nourrisson pour sa maman. La gloutonnerie fait partie du processus qui témoigne comment l’enfant veut se guérir de la mère qui l’a déprivé de l’essentiel. La mère tente de guérir l’enfant par une adaptation thérapeutique mais mentionne Winnicott même si cette « guérison «       a lieu ce n’est pas à confondre avec l’amour maternel initial qui aurait du se mettre en place. La possibilité de thérapie est une seconde chance accordée à la mère.

 

La perte originaire :


Winnicott insiste sur le fait qu’à l’origine de la tendance antisociale se trouve une perte c’est à dire que cela signifie que l’enfant a conscience de ce qui change dans son environnement et que donc il est essentiel d’en parler avec lui

Car dit Winnicott, l’enfant « ameute » ses parents ou son milieu immédiat.


Le traitement :


Le traitement de la tendance antisociale est de permettre à l’enfant de redécouvrir des soins infantiles qu’il pourra mettre à l’épreuve et de lui donner une nouvelle stabilité ainsi que de parler avec lui des changements qui ont eu lieu dans sa vie ou des pertes rencontrées. La psychanalyse dit Winnicott n’est pas nécessaire pour autant mais si l’enfant est déjà en psychanalyse il faut savoir se préparer à une situation d’expression de la tendance antisociale de l’enfant.


J’ai aimé cet article qui, comme toujours, nous montre un Winnicott attentif à l’enfant et qui exprimer avec clarté et exigence sa théorie psychanalytique dans le cadre quotidien de cet étonnant couple de la mère et de son enfant évoluant dans un environnement plus large, qui à chacun des deux procure un cadre de vie pour des affects souvent difficiles. MJC

 

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 19:45


Donald W.Winnicott

Petite Bibliothèque Payot N°491

1984, 1994, 2004.  144 pages

 

Quelques aspects psychologiques

De la délinquance juvénile (4)

 

Cet article a été traduit par Annette Stronch-Robert in L’enfant et le monde extérieur. Le développement des relations, Paris, Payot, 1972

 

Dans ce chapitre Winnicott étudie le lien qui existe entre déprivation de la vie familiale et délinquance.

 

Il aborde d’emblée sa réflexion sur l’inconscient qui se loge certes dans émotions et sentiments mais aussi dans la pensée et ça c’est passionnant ; Et si on lisait aussi avec l’inconscient ?? Bon, on en n’est pas là. Je reprends sagement ma lecture de Winnicott.. L’inconscient dans la pensée donc :

 

-         Comment ignorer l’avidité humaine quand on pense l’économie ?

-         Comment ignorer  la haine refoulée quand on pense la politique ?

-         Comment ignorer l’hypocondrie quand on pense la médecine ?

-         Comment ignorer que parfois on vole autre chose qu’un stylo quand on le vole quand on pense les lois ?

 

Winnicott affirme haut et fort son désir d’étudier l’inconscient dans son rapport au travail d’élaboration des lois.

Il dit aussi ne pas confondre sentimentalité (haine refoulée) et utilisation des méthodes psychologiques dans l’approche de la délinquance. Ne pas confondre une fois encore empirisme sentimental et savoir de l’inconscient. Ne pas confondre non plus magistrature et psychothérapie. Mais permettre une collaboration étroite et intelligente au sein de comités de travail.

 

Délinquance ? Winnicott reprend ses données de base : l’enfant dès son plus jeune âge doit se coltiner à ses pulsions agressives, à sa peur de détruire sa mère en étant trop impitoyable, à ses démêlés entre amour et haine. Pour s’en sortir de tout ça, de cette enfance pas du tout fleur bleue, il lui faut au nourrisson une maman fiable, suffisament bonne, un environnement sécurisant et un papa qui limite ses pulsions agressives dans une atmosphère ferme mais affectueuse. Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille et parfois tout cela est altéré par des évènements douloureux qui déprive l’enfant de l’essentiel. Alors l’enfant fait comme il peut et va chercher une autre limite que le père. Il attend de la société cette nouvelle limite. La délinquance est un SOS : « Donnez-moi une limite » dit l’enfant mais il faut éviter à tout prix que cette limite soit les quatre murs d’une  cellule. La psychothérapie recommandée est parfois trop lente à produire ses effets alors on peut imaginer des centres avec des directeurs qui jouent le rôle du père ferme et affectueux, on peut imaginer des centres dirigés par des comités où collaboreraient magistrats et éducateurs, où cohabiteraient loi sociale et loi symbolique, où la notion de responsabilités des adultes vis-à-vis de ces jeunes en désarroi serait totale.

 

Voilà ce qu’il dit Winnicott sur le lien entre déprivation et délinquance et sur les mesures à prendre. Si on envoyait le bouquin aux amis de Sarkozy ?  Ce serait sympa comme cadeau non ? MJC

 

 

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 11:54

Donald W..Winnicott

Agressivité, culpabilité et réparation

Petite bibliothèque Payot et Rivages (2004)


L’absence de sentiment de culpabilité (3)

 

L’enjeu de ce chapitre est le suivant :

 

Comment l’enfant mature va-t-il se situer dans la communauté : avec une culpabilité qui lui permettra réparation et création ou sans culpabilité qui le fera dériver vers la délinquance ?

 

Winnicott reprend la question qui s’exprime ainsi : le sens moral est-il inné ou acquis. Il rejette l’inné et analyse la nature de l’acquis. Il précise une fois encore comme dans tous ses écrits que chaque enfant est unique, que la maman est sans cesse en évolution, « en vie » et qu’ainsi la relation mère-enfant est unique et en mouvement. C’est de cette unicité et de mouvement que naîtra le rapport de l’enfant à la communauté.

 

Se souvenir toujours que l’enfant grandit grâce à son renoncement à sa toute puissance grâce à une mère « suffisamment bonne » faisant évoluer l’enfant dans un environnement propice à l’instauration d’un sentiment de sécurité.

 

Se souvenir du sentiment de sollicitude de l’enfant pour sa mère lorsqu’il est en proie à la culpabilité d’avoir été trop impitoyable par une ambivalence amour / haine.

 

Ces deux séries d’observations posent en termes clair la notion de culpabilité. Il n’existe pas dit Winnicott des enfants sans culpabilité mais il existe des enfants à qui on n’a pas donné les moyens de bien gérer cette culpabilité et c’est l’échec de cette gestion qui entraîne l’absence apparente de culpabilité et l’asociabilité.

 

Winnicott met en place les repères essentiels pour aborder cette non-culpabilité apparente ou plutôt cet échec à la gérer. Une fois de plus il fait appel à Freud et à Mélanie Klein qui tous deux  mettent l’accent sur la création précoce d’un sur-moi qui signifient l’introjection des figures parentales. De la cohérence des parents va dépendre la mise en place de la gestion de la culpabilité

 et surtout le « BEÏNG » de l’enfant c'est-à-dire l’enfant pourra dire  «  comme je suis méchant ! » et s’arque bouter alors pour réparer et créer. Gérer sa culpabilité pour l’enfant signifie intégrer ses pulsions agressives pour les dépasser. Cela suppose une mère stable et un bon environnement qui permettra une intégration possible qui permettra à l’enfant, de façon très précoce, de se sentir responsable.

Lorsqu’un éducateur ou des parents est en présence d'un comportement asocial il est important qu’il retrouve la racine du dysfonctionnement qui n’a pas permis l’intégration des pulsions agressives.

Winnicott aborde aussi la notion de tricherie et de non-renoncement à l’intégrité du « beïng ." La première tricherie à accepter pour l’enfant c’est « d’accepter qu’il crée l’objet déjà là » et donc de renoncer à sa toute puissance pour accepter cette tricherie là. Winnicott dit que certains comportements délinquants viennent du fait que l’adolescent refuse de renoncer à son intégrité, refuse de « tricher «  avec lui-même et Winnicott finit son article dans un paradoxe souriant dont il a le secret :

 

Si vous voulez avoir une vie tranquille n’ayez pas d’enfants sinon envisagez sereinement de leur « apprendre à tricher !  avec leur toute puissance subjective ! »

 

J’aime cet article qui me fait souvenir de mon adolescence et de mes démêlés avec ma propre tricherie que j’ai tant de mal à accepter, même à 60 ans passés ! MJC

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