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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:10

Je dédie ce commentaire au Docteur Bernard Joselzon, alors rédacteur en chef de Aujourd’hui l’Alcoologie. Il m’avait demandé d’écrire de toute urgence une note de lecture sur cette biographie. Je réalisai ce souhait là, travailant, lisant, écrivant, une nuit durant. Il la reçut à temps pour le N° de la revue, j’appris par ses proches amis qu’il eût le temps de la lire, avant de mourir d’une crise cardiaque. J’en fus très émue et je le suis encore, à l’évocation de ce souvenir. C'était un homme qui avait consacré sa vie à la réinsertion des personnes alcooliques.

 

EDGAR ALLAN POE

Georges Walter. Grandes Biographies Flammarion.

560 pages

     

J'étais à Baltimore en 19...  Après une orageuse soirée d'automne, je jouissais de la double volupté de la méditation et d'une pipe d'écume  de mer, en compagnie de mon ami Dupin. Cela faisait une heure environ que nous avions gardé le silence. Pour mon compte, je discutais en moi-même certains points qui avaient été dans la première partie de la soirée, l'objet de notre conversation, je veux parler de l'affaire de la lettre volée. J'étais tout à mes rêveries quand la porte de notre appartement s'ouvrit et donna passage à notre vieille connaissance, le journaliste J.B Allan qui nous sembla encore tout ému de ce qu'il venait d'apprendre. Un de ses amis qui exerçait comme docteur dans la ville, venait de découvrir un homme gisant sur le trottoir  d'une rue voisine. L'homme était dans un état d'ivresse avancée et c'est dans le coma qu'il fut transporté à l'hôpital voisin où il mourut seul, après quelques heures de délire et d'agitation. Les circonstances de cette mort parurent obscures à la police qui s'interrogeait déjà sur les causes de ce décès. L'homme trouvé mort, il est vrai était un alcoolique notoire, on le disait poète à ses heures, mais on pouvait se demander si cette beuverie fatale n'avait pas été  provoquée par des malfrats qui saoulaient à mort des âmes errantes, déjà fragiles, pour les traîner ensuite de force au bureau de vote, où ils les faisaient voter en faveur de leur liste. Une fois cette triste forfaiture accomplie, ils abandonnaient leurs victimes dans des rues obscures, mal famées. C'est ainsi qu'on avait trouvé ce malheureux.

 

Dupin fit asseoir notre ami J.B Allan et nous nous insurgions devant l'horreur de tels  procédés. Dupin se souvint alors qu'il possédait un livre qui  un assassinat identique qui avait également eu lieu à Baltimore mais le siècle dernier. Il se leva, se dirigea vers sa bibliothèque d'où il tira l'ouvrage en question et revint s'asseoir vers nous. Nous admirâmes la reliure ancienne et la tranche dorée du livre, sur la première page duquel on lisait

 

G.WALTER

Edgar Allan Poe.

 

L'édition était extrêmement rare puisqu'il s'agissait d'un folio original "Flammarion Grandes Biographies. " Dans la pénombre de la pièce, Dupin  lut les premières phrases du récit :

"Dans la foule dense et déchaînée du 3 octobre 1849, à Baltimore, un homme gisant sur le trottoir n'attirait pas l'attention. Quand Edgar Allan Poe fut découvert par un passant, il était trop tard : on l'emmena mourir à l'hôpital, il avait quarante ans."   Après un silence, Dupin reprit :" "on l'enterra sans bruit par le mauvais temps de saison".

 

Dupin nous dit avoir lu autrefois cette remarquable biographie, bien écrite dans un style aisé et clair. Il y avait même entre les lignes de l'amour et de l'admiration pour le dit E.A Poe. Nous convînmes tous trois que ce qui donnait un charme étrange aux biographies réussies c'était la manière dont le biographe arrachait à la mort l'homme dont il relatait  la vie et l'œuvre. Notre ami J.B ALLAN se montra particulièrement attentif. Ce récit lui donnerait peut-être quelques indices pouvant éclairer le récent assassinat dont la ville avait été le théâtre. . Nous lûmes toutes la nuit, tour à tour cette captivante enquête sur la vie et sur la mort de ce poète. Nous découvrîmes son œuvre. Nous suivîmes  G.Walter dans les bibliothèques de Virginie et d'ailleurs et nous lûmes de nombreuses lettres  qu'il reçût ou envoya à ses amantes, à ses amis, à ses ennemis et surtout à Allan. Nous suivîmes ses déboires de journalistes, ses espoirs d'écrivains, ses déceptions de poète. Avec lui, nous entrâmes dans les salons littéraires, nous fîmes connaissance de son éditeur abominable, nous découvrîmes son ascension et sa chute et sa faille, sa blessure inguérissable, nous apprîmes son enfance dont il ne cicatrisa jamais, une enfance d'où jaillirent durant sa courte vie, sa souffrance et sa folie, son intempérance. Une enfance écrite sur un mur de béton, de deuils et d'abandon. Le jeune Edgar, orphelin de bonne heure (fils d'un couple d'acteurs alcooliques) fut recueilli et choyé par sa tante par sa tante mais rejeté à jamais par celui qui refusa d'être ce père adoptif dont avait tant besoin ce jeune garçon au regard étonnamment insistant et intelligent. Un mur sur lequel sont venues se briser une multitude de bouteilles dans lesquelles se trouvaient des manuscrits d'histoires courtes tellement extraordinaires mais dont les éditeurs ne voulaient pas, selon eux, elles ne correspondaient pas au souhait du lecteur qui, à leur dire aimaient des intrigues bien construites, cohérentes et plus longues.

 

Nous arrêtâmes notre lecture pour deviser sur la réalité de l'édition de nos jours, réalité toujours aussi injustes pour bon nombre de poètes et de romanciers voués à l'échec, au chômage et parfois même à la misère, parce que soi-disant il y aurait un marché à respecter : celui des attentes du lecteur-acheteur... Nous devisâmes encore sur la désespérance de tant de talents méconnus puis nous reprîmes notre lecture, avec passion.

 

Notre ami Dupin nous apprit qu'existaient déjà de nombreuses biographies de ce poète maudit. Chacune d'elles espéraient résoudre l'énigme que fut cet homme : E.A Poe. Cet homme ou son double? Celui de l'ivresse et de la démence ou celui du fantastique ou de la création ?  Celui de la réalité ou celui du rêve qui réinventa l'univers ? Nous lûmes jusqu'au petit jour la vie de ce poète américain. Vie désorganisée  par la souffrance, organisée par l'art de l'écriture, vie imaginaire et vie réelle, vie énigmatique et vie mythique. Vie purifiée, vie tourmentée, vie usée par le manque d'argent et le manque tout court. Le pire. Vie folle et passionnée. Vie d'un enfant malheureux  qui allait devenir un homme obsédé traqué par son double. Vie fantastique d'un poète malmené par lui-même et par les autres. Vie unique dont la seule destination voulait-être ELDORADO... E.A.Poe fut un chercheur d'or, un pionnier de la littérature, celle qu'il faut toujours réinventer. Telle  fut la découverte du biographe G.Walter. ELDORADO. A peine Dupin eut-il prononcé ce nom qu'il s'exclama : "Eurêka"!

 

En effet, Dupin venait par une intuition géniale de trouver la solution à l'énigme qui nous occupait : existait-il un rapport entre les deux assassinats de Baltimore ? Non seulement il existait un rapport entre la mort de ces deux hommes, à cent cinquante d'intervalles ou presque, mais en fait ces deux hommes étaient un seul et même homme ! L'un était le double de l'autre ...

 

Et Dupin expliqua. Le premier homme, celui qu'on avait trouvé mort en 1849 errait pour l'éternité, cherchant vainement à restituer une lettre qu'il croyait avoir volée, alors que le second celui que J.B Allan connaissait errait pour réclamer à la postérité une dette impayée. C'est ainsi  que nous apprîmes de la bouche  même de Dupin que le poète n'avait jamais touché que 300 dollars pour son œuvre... Voilà pourquoi, ces deux hommes ou plutôt l'âme unique de ces deux hommes s'envola de  leurs corps malmenés par la canaille aussi éternelle que le génie hélas ...

 

Nous louâmes, une fois de plus, la délicieuse perspicacité  de notre cher ami Dupin, nous le remerciâmes pour son hospitalité et sa captivante lecture. JB Allan et moi, nous nous séparâmes. Je me retrouvais seule dans les rues de Baltimore. Le jour pointait habillant ciel de mauve et de rose. J'empruntais une sombre route déserte qui semblait hantée d'âmes mystérieuses, compagnes des anges venus d'une étrange et fatidique région qui gît, sublime, hors de l'Espace, hors du Temps. Je marchais dans une terre de rêve, le poète l'aurait appelé "Dreamland". J'étais secouée par une sorte de fièvre appelée "vivre" que je ne pouvais vaincre. Je sentais que ces mots n'étaient pas de moi. D'E.Poe sans doute. Dans ma tête fatiguée se mêlaient  des phrases venues d'ailleurs, celles de Dupin, celles de G.Walter, celles du poète et mes pauvres mots erraient dans ceux des autres. La fraîcheur matinale me rappela où j'étais. Je regardais autour de moi. Baltimore s'éveillait, les réverbères étaient déjà éteints. Un nouveau jour commençait.

 

P.S. L'auteur de cette histoire vraie, bien qu'extraordinaire, tient à préciser qu'elle sait de source sûre que le journaliste G.Walter est toujours vivant. L'homme dont il est question dans l'histoire racontée est probablement un double cherchant à restituer un article. Par ailleurs, l'auteur de cette même histoire a dérobé quelques lettres à E.Poe, dont une en particulier a fait grand bruit à l'époque.

 

Enfin, il a été caché, bien en évidence, des lettres ayant appartenu à G.Walter, à Bachelard, à Balzac, à B.Vian et à G.Perec. L'auteur de ce délit sera-t-elle condamnée à errer éternellement de livre  en livre, dans un suaire de chez Dior ? MJA

   

Cet article a été publié dans Aujourd'hui l'Alcoologie  Avril 1991 sous le titre Double assassinat à Baltimore.

 
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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 15:38

L’enfant assassinée grandissait les pieds en sang
Dans une flaque de glace et de silence
Dans une terrible errance
Sans espoir de lumière

Etreinte de solitude

L’enfant assassinée avançait dans la boue du temps
Enroulée dans son lourd corps meurtri
Ouvert aux quatre vents des mots de chagrin
Forclos par les ténèbres de chacun

Ces mots d’ailleurs

L’enfant assassinée prisonnière
De sa naissance barrée
Taisait chaque seconde
Dans la muette ronde

De ses sanglots

L’enfant assassinée dans le noir
Condamnée à ne plus jamais croire
Ni à l’amour ni aux autres
Gisait pour l’éternité dans un ciel sans étoiles.

Dans cette froide journée d’hiver, je pense à l’enfant assassinée ; je lui demande pardon avec des mots tout rond, couleur chocolat, des mots sucrés, des mots vanille, des mots bleutés, des mots fleuris, des mots d’azur, des mots comme des étoiles, des mots d’amour, des mots tendresse, des mots caresse, des mots sourires, des mots humains.

Je prends la main de l’enfant assassinée et je l’emmène loin, loin, loin de son ciel sans étoiles, loin, loin, loin de son froid, je lui réchauffe l’âme et je lui raconte l’histoire du si beau livre de Davide Cali : « C’est quoi l’amour ? » (Edition Sarbacane 2010). Trop beau !  MJA







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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 07:27

   Mardi 17 janvier à 20h- Rencontre avec Yale Strom 

 

A l'occasion de la sortie de son ouvrage Dave Tarras : The King of Klezmer (Or-Tav Music Publications), unique biographie autorisée de Dave Tarras.
«Benny Goodman du klezmer», Dave Tarras est considéré comme le musicien klezmer le plus influent du XXe siècle. 
Yale Strom, violoniste, compositeur, cinéaste, écrivain, photographe, dramaturge, est l’un des pionniers de la renaissance de la musique klezmer. Il a conduit ses recherches au sein des communautés juive et rom en Europe centrale, Europe de l'Est et dans les Balkans. Cette rencontre avec Yale Strom (en yiddish, anglais et français) sera émaillée d’extraits de films rares et de musiques qu'il interprétera au violon.
La cafétéria proposera des spécialités d’Europe de l’Est à partir de 18h45. 

P.A.F : 15 €. Membres : 12 €.

 

A NOTER EGALEMENT! 

 

  • La rencontre du Jeudi 26 janvier à 20h30 avec Pierre-Emmanuel Dauzat est annulée. L'évènement est reporté à une date ultèrieure, dont nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

 

  • Le prochain récital de chansons françaises et yiddish donné par Betty Reicher aura lieu au théâtre de la Vieille Grille, et non au cercle Bernard Lazare, Samedi 14 Janvier à 18H :     

            Théâtre de la Vieille Grille
            1 rue du Puits de l'Ermite
            75005 PARIS (M°Monge)

            Réservations : 01 47 07 22 11 ou vieillegrille@gmail.com

           P.A.F. : 18 €. Tarif réduit : 13€.

 

J'aimerai tant vivre à Paris pour écouter et participer à tout cela ! Mais à défaut, je m'achèterai  de la belle musique Klezmer et des chansons françaises et Yiddish pour élargir "mes biens".


J'aime tant cette musique !

J'aime tant cette culture !

J'aime tant la transmission de l'impossible !

 

Là ! là ! là !  MJA



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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 12:55

 

Ce livre est un patchwork de solitudes. Les solitudes qu’ils racontent tant à partir d’eux, les auteurs,  et des  autres, leurs patients,  tant à partir de leurs fictions font surgir l'épiphanie de notre  solitude jouant à cache-cache avec Narcisse et Oedipe, entre immobilité, silence et clapotis de l’eau entre  l’escalade du bruit et de la douleur. Un livre que j’ai approché doucement mais aussi violemment, dans le désordre d’une première lecture car ce livre a plusieurs entrées, entrées de solitude mais ensuite dans l’ordre de ses chapitres, car ce livre si intelligent, de savoir de l'autre et du savoir des livres ne peut que se lire à partir d’une solide construction que je vous laisse «re-trouver » en même temps qu’une riche bibliographie, un livre que j’ai tenté en vain d’apprivoiser, un livre qui ne se laisse pas approcher, entre témoignages et fictions, entre confidences et théorie psychanalytique : l’enfant reste unique et tout seul au cœur de son montage narcissique, au cœur de l’écriture menée avec son autre mitoyen, tricotant, côte à côte et disjoints une dramaturgie de la solitude à deux  car la solitude qui est la leur se joue de leur paradoxe d’humain : partager rend seul, être seul invite à partager. Un paradoxe comme une pièce de monnaie : partie pile, partie face.

 

Pile tu gagnes, face je perds !

 

L’enfant unique, selon les auteurs perd toujours, avec sa solitude acquise dans un douloureux manque.

 

C’est peut-être ce dernier point que j’interrogerai, ce parti pris de l’enfant unique entre isolement et solitude, ce parti pris du chagrin sans pitié, ce parti pris de la solitude, le parti pris de ce jeu de cache-cache où jamais l’autre ne le trouve, cet enfant unique qui tout à la fois ne veut pas se dévoiler et se dévoile par son symptôme pouvant le mener à un cache-cache, cette fois-ci,  très risqué, avec la mort. « Vous ne me voyez pas mais je suis là, attention, je vais mourir et vous me verrez alors ! ».

 

Non, je ne suis pas d’accord, avec cette approche si humaine mais aussi partielle de l’enfant unique car elle omet dramatiquement de dire que le manque dont souffre l’enfant unique peut-être aussi source de résilience et de force. Le livre analyse les mécanismes de chagrin que montent les enfant uniques mais se tait sur leur résilience et c’est dommage ! Aucun être humain, fusse-t-il enfant unique ou non ne se réduit à son manque car à ce manque vient s’apposer l’œuvre d’une vie féconde, comme celle construite par elle ou par lui, par Anne-Marie Merle-Béral ou  par Rémy Puyuelo. Des blessures ont surgit les coquelicots de la persévérance et de l’amour.

 

Alors enfants uniques, haut-les cœurs. !!!

Pile je gagne, Face tu perds !!!

Je gagne toujours !!!

 

Je gagne, parce que, comme les deux auteurs de ce très beau livre de solitude, je me reconnais enfin, après cette longue Recherche du temps perdu, dans leurs fragments de miroirs brisés . Comme Anne-Marie Béral, qu'elle me pardonne de la citer, ce qu'elle écrit est si beau :

 

" Dans un grand mouvement de réconciliation avec sa drôle d'histoire, elle peut déormais l'accepter comme le socle identitaire à elle dévolu par la vie, son signe d'appartenance. Ses parents, qu'elle a osé sortir de leur statut d'intouchables, ne sont plus des dieux, alors ils peuvent devenir des ancêtres. Elle a enfin trouvé et reconnu leur "voie sacrée", à eux trois, qu'elle peut s'approprier, protéger, garder et peut-être transmettre."  Transmettre est le dernier mot du livre.

 

Mais, je veux aussi citer, mon ami Rémi, et je le remercie de m'autoriser à le faire, ses mots sont si beaux :

 

"Il écoute, il peut entendre, il peut regarder maintenant que l'espace d'un instant, il s'est reconnu."

 

Dans eux deux, Anne-Marie et Rémi, je me suis reconnue douloureusement dans ma solitude mais aussi dans la paix de mon espoir retrouvé d'exister, alors grâce à eux, grâce à leur don d'écriture, de solitude et de générosité, je peux pardonner à mes parents et continuer avec vous mon chemin de vie de transmission  de fraternité.


  Vous l’aurez compris, chers Inventeurs, je suis comme Rémi et Anne-Marie, une enfant unique, encore que ... j’ai eu trois demies-sœurs !  Mais j’ai poussé comme un coquelicot unique dans chagrin et résilience... Bref, comme Rémy et Anne-Marie, je fais partie de ceux qui jamais ne perdent à pile ou face !!! Mais est-ce si important de gagner ou de perdre ? L'essentiel n'est-il pas de lancer les pièces dans la douceur, la violence et la passion de la vie ? Selon le ciel et la lune, selon les nuages et la pluie, selon les tempêtes et toujours le soleil, selon les nuits et les jours, selon nos coeurs, selon nos heures, selon nos corps enlacés et nos malentendus mais toujours selon nos Toujours ... Pile ou face ! Je perds, je gagne, je joue, je vis, j'existe dans le partage et la solitude, dans la solitude et le partage, seule ou avec toi, toi avec moi, moi avec vous, vous avec moi dans la grande valse des pronoms personnels et des conjugaisons de nos verbes de vie...

 

Faîtes vos jeux... les jeux sont faits et ensemble, enfants uniques ou non, conjuguons, toutes nos pièces de monnaie gagnantes ou perdantes, trébuchantes ou sonnantes, toutes nos pièces confondues, pile ou face :

 

J’existe, tu existes, il ou elle existe, nous existons, vous existez,  ils ou elles existent. Ce n’est pas le manque d’enfance qui va nous empêcher de gagner ou d’exister ! Bien au contraire ! Et donc...

 

Toute est force, toute est vulnérabilité 

entre force et vulnérabilité

Inventons notre don de la vie

Tout est force, tout est fragilité,

entre force et fragilité

Inventons notre générosité

 

Et donc une fois encore,  aux enfants uniques et aux autres, je souhaite un

Bon Noël, tout fraternel avec plein de chocolats et un bon canard à l'orange !!! MJA

 

 

 

 

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 13:57

 

        Ces derniers mois ont été une traversée sombre. Avec mes livres, avec ces livres, j’apprends à continuer dans le temps des couleurs, des saveurs, des fleurs, des arbres de cette île, dans les branches de mes livres. Et donc, j’apprends à vivre.

 

Lambeaux

Charles Juliet

P.O.L 1995

 

    Dans ce livre, tu racontes l’histoire d’une longue nuit. Mais comme toute nuit, elle se termine. Le jour naît. C’est ce que j’ai tant aimé dans ton livre : quand le jour succède à ta nuit.

    Tu as écrit la solitude de ta mère qui a passionnément aimé un homme jeune et beau qui l’aimait aussi. La mort l’a emporté, jeune, très jeune, trop jeune et ta mère l’a pleuré. Tu as écrit un livre Lambeaux pour  les recréer tous deux et ta deuxième mère. Mais pas si vite. Ton livre coule dans la douce lenteur des mots, emprunte les chemins attentifs de ton âme d’enfant, d’adolescent, d’homme. Les chemins de ta blessure.

    Après le deuil de l’aimé, après les larmes, ta mère rencontra Antoine, « le père ». L’histoire est simple, ils eurent quatre enfants. Tu étais le quatrième. Tu racontes la solitude de ta mère, ses grossesses rapprochées, son épuisement physique et moral et enfin la folie. Tu racontes tout cela avec amour, respect, avec lenteur. Tu ne racontes plus, tu dénonces et ton écriture se fait cri. Tu lis, tu transmets une thèse « L’Extermination douce », quand les allemands exterminent, en les affamant les malades mentaux.    Ton livre, tes lambeaux, ta blessure, celle de ta mère : une agonie terrible, injuste pour une femme dont la seule faute fut sa solitude. Tu fus recueilli par une mère adoptive, si parfaitement bonne pour toi. Tu l’aimas comme une mère, ses cinq filles devinrent tes sœurs et tous t’élevèrent, te choyèrent. Lambeaux c’est aussi ta seconde mère racontée quand la terrible peur de ton enfance céda, celle qui a ravagé tes jeunes années. La peur cède avec l’amour de la mère adoptive. Il est en toi, elle est avec toi et accompagne ta vie d’adolescent dans ses tourments et tressaillements, Lambeaux, c’est aussi une troisième femme : ta compagne qui partage tes jours et te laisse vivre l’aventure de l’écriture, que tu as choisis après celle de la médecine. Tu étais fais pour les deux mais c’est l’écriture qui l’a emporté. Tu nous livres là une longue histoire d’amour et de jouissance. Lambeaux, une longue nuit intérieure que traversent un femme, un enfant jusqu’à l’homme, un homme qui emporte avec lui l’enfance, un homme orphelin qui aurait pu à force de souffrances et de nuit devenir fou, délinquant, perdu... Tu racontes alors ta chance d’être sorti indemne de la forêt, de ta nuit, de vivre avec ta compagne et de créer, d’inventer dans la lumière de l’écriture. De te recréer. Ton livre est un chant d’espoir et de résilience. Je pense à celui de Boris Cyrulnik « Un merveilleux malheur ». Ta mère adoptive par la force de son amour t’a mené vers l’orée de la forêt et moi lectrice de ton livre, je respire à plein poumons cet oxygène dont tu me fais don.

 

    J’en suis là dans l’immense paix des tropiques.

 

FLEURS ET PLANTES DE LA REUNION ET DE L’ILE MAURICE

 Les éditions du Pacifique 1986

 

    Tourner les pages de ce livre c’est respirer la couleur, feuilleter la paix, caresser la sérénité. Et puis, on peut aussi épeler les noms étonnamment sonores dont les sonorités sont rares et les syllabes sensuelles. Pour le plaisir de jouir des mots, j’écris, je recopie, je recrée, je fixe, je glisse sur les noms suivants. J’imagine les couleurs et les parfums des fleurs du Tropique.

 

ARBRES

 

-        Syzygium cymosum

-        Foetidia Mauritania

-        Gaertneria vaginata

-        Latania loddigesil

-        Mimusops maxima

-        Mastus Borbonicus

-        Psyloxylon mauritanium

-        Rousséa simplex

 

FLEURS

 

-        Bulbophyllum variégatum

-        Calanthe sylvatica

-        Enlophia scripta

-        Jumelléafragrans

-        Erigéron karwinskyanus

 

Il y a en tout 140 noms, 140 couleurs. Les feuilles en papier glacé se laissent tourner, les noms savants accueillent notre ignorance et nous transportent en pleine nature tropicale.

        Quelle chance cet été à la Réunion !

 

LA VANILLE DANS LA CUISINE

Editions Gilbert Valli

Recettes de :

Michel giacomino

Rémi Girès

Jean-Max Grondin

Alain Moillet

 

J’ai acheté ce livre dans une coopérative de vanille à Brapanon à une vingtaine de kilomètres de Saint-Denis. J’aime la couverture en blanc et vieux rose avec un dessin amusant d’un chef qui tourne sa sauce dans la casserole.

   

    Une célébrité de la vanille : le capitaine de vaisseau Philibert et le botaniste qui l’accompagnait à Cayenne : Perrotet. Ils découvrirent la « vanilla Tahitensis »

    Il est aussi question d’un esclave, Edmond Albius, esclave de Monsieur Ferreol Bellier-Beaumont qui découvrit un procédé de pollinisation artificielle. Il fut ainsi affranchi « et fit faire un grand pas à la culture de la vanille. »

    Puis vient le temps de la table des matières

   

Que des bonnes choses salées et sucrées. Dans la douceur des saisons, je cuisinerai... mais en attendant pour le plaisir du projet, je recopie la recette du canard à la vanille, elle fera un régal de Noël :

 

Il y aussi de bon desserts...  Je suis si gourmande !!!

 

                           Le jardinier de l’Eden

Conte de sagesse à propos de ce qui ne peut mourir

Clarissa Pinkola Estes

                          Grasset 1995 Livre de poche 15114

 

J’ai aimé ce livre parce qu’il dit le cycle vie-mort-vie.

C’est l’histoire d’un sapin qui rêve d’être arbre de noël. Il connaît tous les temps de l’aventure de sa forêt à la cheminée mais quelque soit les épreuves de sa vie de sapin, il espère car à chaque fois il découvre son utilité pour les autres. Etre utile c’est son seul espoir. A la toute fin du conte quand il n’est plus que cendre, on le transporte dans un sac et on le disperse sur un champ ; de sa cendre renaîtra le champ. C’est un livre d’espoir. Je le rapproche de Lambeaux.

    Cette histoire est l’histoire du terrain en friche qui attend la semence, elle est l’histoire du toujours possible, elle dit que de ce qui brûle, la vie peut renaître. Toujours.

            Dans cette période triste de ma vie où je vous pleure Cathy et Béatrice ce conte m’apaise. Je l’ai emmené dans mes bagages pour le relire au tropique. Ce que j’ai fait sous un bananier. Sur mon cœur brûlé par vos disparitions intolérablement douloureuses, je sens poindre l’espoir de nouveaux germes. Ecrire et continuer dans le temps des livres et du Tropique du Capricorne.

 

                                          Léopold Sédar Shengor

Textes présentés par

Roger Mercier

                                            M et S Battestini

                      Classiques du monde. Fernand Nathan

                                      Littérature africaine

 

Ce serait tout d’abord un aperçu biographique.

Léopold Sédar Shengor, né à Joal, en pays Sérère, le 9 octobre 1906.  Inscrit à l’école libre, il obtient en 1928 le baccalauréat. Il va à la Sorbonne et obtient l’agrégation. En 1935, il est le premier agrégé de l’Afrique noir. (1935)

Puis il devient professeur et mûrit son désir d’être poète. Il participe avec 18 autres auteurs à un ouvrage des éditions Plon, consacré à l’homme de couleur. Puis la guerre arrive, il est mobilisé et il est fait prisonnier le 20 juin 1940. Période douloureuse. Au stalag 230 il écrit au Guélowar. Vinrent ensuite ses premiers poèmes « Chants d’ombre » puis « Kosties noires ». Poèmes de guerre. A la libération, il est nommé professeur de langues et civilisation africaines, à l’école de la France d’outre mer. La poésie pour Shengor est un chant d’où ses titres de recueil.

      - En 1948, paraît chez Seghers une plaquette de vers : « Chants pour Naët » qu’il reprendra ensuite sous le titre de « chants pour signare » «et « Elégies » dans le célèbre « Nocturnes ».

- Activités littéraires mais aussi activités politiques. Engagement dans le mouvement pour la négritude. Il voyage sans cesse entre la France et l’Afrique, assurant la liaison des deux continents. Premier congrès des écrivains et artistes noirs, patronnés par la Présence Africaine.

- En 1959, il est ministre  conseiller à la Présidence de la Communauté. Il préside     le deuxième congrès des écrivains et artistes noirs.

- En 1960, il est élu Président de l’association fédérale du Mali puis président de la République du Sénégal.

- Nombreuses autres manifestations encore entre France et Afrique. Ouvert à tous les « souffles du monde » il reste un homme œcuménique, voie ouverte pour un avenir meilleur.

 

Présentation de l’œuvre poétique

 

Naissance et destin de la négritude : La négritude comme profession de foi dans le destin de l’Afrique .L’important est de penser et d’écrire de manière africaine en affirmant les valeurs africaines.

 

A vous, Cathy et Béatrice, je pense en lisant et en recopiant de nombreux poèmes ; copier freine ma douleur qui roule, qui roule comme une boule de larmes.

 

                                     Madame Della Seta aussi est juive

Rivage poche/ Bibliothèque étrangère

 

Dans ce livre il est question d’un petite fille qui un jour deviendra écrivain, des juifs pendant la guerre, des italiens pendant la guerre, des papes Pie XI et Pie XII et de leurs obscures positions auprès des juifs et d’Hitler. De la deuxième guerre mondiale. C’est un livre très triste

 

Les chasseurs d’épices

                                              Daniel Vaxelaire

Petite bibliothèque Payot

 

Un long voyage aux îles Mascareignes Bourbon (La Réunion),  l’île de France (Maurice),  et Rodrigues. A bord du navire, un valeureux capitaine au nom prédestiné de Pierre Poivre.

 

Ce dont il est question : d’une saga parfumée d’épices !

 

                                             V.S Nairpaul

10/18 Domaine étranger

 

Il raconte son long engagement dans l’écriture constitué de l’alliage précieux de travail et de talent. Son écriture comme un immense don. Je dérive sur mon impossible écriture.

J’ai tant de choses en moi, tant de vérités multiples, de sentiments obscurs, de secrets lunaires. J’aurai tant aimé avoir du talent, de la chance, j’aurai tant voulu me mettre au travail et devenir écrivain. Ma vie s’envole, ma vie passe. Un jour peut-être...

    Je suis une héroïne de Tchékhov. J’aime tant les héros de Tchékhov ! Ils passent leur vie à attendre...

    Un jour peut-être les trois sœurs iront à Moscou, un jour peut-être  deviendrais-je écrivain.

 

    Marie-José Colet

Montauban le  7 février 2003

Texte inédit

 

PS. J’ai emporté dans ma valise, sans le lire Le Journal d’Eugène Delacroix éditions Mille et une nuits. Pardon Eugène. Un jour, je te lirai. Promis !

   

A Saint Denis, j’ai acheté mais n’ai pas encore lu :

    - Chasseurs de noirs de Daniel Vaxelaire. Editions Orphie

    - Histoire de l’esclavage à l’île Bourbon Edition l’Harmattan

 

Mon Dieu si vous existez, faîtes de moi un écrivain ! J’aime tant lire et écrire ...

 

Mélancolique, devant ma vie qui s’envole, je relis ces pages, écrites en janvier 2003, je me heurte une fois encore au temps, ce géant qui m'engloutit et que je déglutis... Basta !

 

Toussaint 2011

Je me souviens, tu te souviens, il ou elle se souvient, nous nous souvenons, vous vous souvenez, ils ou elles se souviennent. MJA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 17:45

La saison retournée

 

Si j’allais sur une île déserte

et je vais sur une île presque déserte,

là-bas sous les tropiques

au bout du monde

mes livres font la ronde...

 

J’emporte, les plus petits, les plus menus

chaque jour dans mon sac à dos, léger, léger

j’en glisserai un et dans la chaleur de l’été réunionnais je lirai

sans lire, c’est dit,  je ne peux vivre

 

-         Lambeaux : Charles Juliet POL parce que je l’aime

-       Sonietcka, : Ludmila Oulitskaïa Gallimard Folio 3071 parce que j’ai  la nostalgie du temps où je me croyais russe et ça a l’air bien. Ce livre était à Cathy

-   Journal : Eugène Delacroix Collection mille et une nuit. J’aime ce qui fait journal et j’ai acheté ce livre dans un musée de Lille. Nous étions tous les six. Il pleuvait. J’étais heureuse

-  Le Jardinier de L’Eden de Clarissa Pinkola Estès Livre de poche N°15114.  Elle dit que tout revit, tout recommence...

-         L’élégance des veuves d’Alice Ferney Actes Sud. J’ai lu 5740 J’ai aimé ce roman court et délicat. Une histoire de femmes et de vie. Je l’ai suffisamment oublié pour le relire

-         Comment je suis devenu écrivain de V.S Nairpaul  10.18 N°3467  J’aurai tellement voulu devenir écrivain ! C’est Garth qui me l’a offert. De Garth à Béatrice, il n’y a que l’espace d’un baiser...:

-         Madame Della Seta aussi est juive de Rosetta Loy Rivage Poche Bibliothèque étrangère. Je lisais ce livre quand je te soignais à Paris. Comme je lisais près de toi, à ce moment là ! Je te disais  « Vis ! », « Lis » « découvre ! ». Mais, j’ai échoué, terriblement échoué. Je me souviens de ton appartement, de toi couchée, de Paris et de ta maladie. Je relirais ce livre sœurette... Un livre qui dira mon amour infini...

-         Léopold Sédar Senghor. Classiques du monde. Fernand Nathan. Parce que à la lumière de l’écriture d’un article pour Empan, je l’ai redécouvert. Lire le monde entier. Lire les hommes de bonnes volonté. Insister et continuer... La lutte... Lire la poésie. Lire... Lire... Lire.  A Saint Denis, j’irais en librairie. Je découvrirai  d’autres frères et sœurs réunionnais, je découvrirai encore une autre littérature. Toujours découvrir... Passionnément découvrir...

-   Et puis voyager. Magellan. Stéfan Zweig. Les Cahiers rouges Grasset. L’emporter pour le finir. J’en suis à la page 153. Il est têtu comme un âne, Magellan. Il se tue à dire que la terre est ronde. Il a des ennuis avec le roi, avec le pouvoir. Je m’identifie. Moi, je dis que la lecture ce n’est pas qu’une histoire de sens. C’est aussi une histoire de jouissance. Nous sommes tous égaux devant le désir de lire. Momentanément, j’arrête. Je pars en vacances... J’aime Stefan Zweig, le pacifiste...

-  Puis un petit carnet que j’avais acheté à Prague qui attendait son tour. En couverture, Marcel Proust que j’aime tant dans son histoire temps perdu, puis retrouvé. Il aurait tant écrit sur cet hiver retourné en été, cet hiver que je vais vivre là-bas en été. Inversion de la saison, gagner du temps sur cette tristesse qui me dévore en noir et marron. Retrouver les couleurs, les saveurs, les fleurs. Ne pas vous oublier ma sœur, mon amie, mes douceurs, ne pas vous oublier mais rendre supportable l’intolérable de vos disparitions.

 

Mardi 10 décembre je pars à La Réunion. Je lirai,. Je marcherai beaucoup. Je me baignerai. Beaucoup. Je découvrirai de nouvelles saveurs. Beaucoup. Une île m’attend. J’attends une île. Une île qui dira La Réunion. Soir et matin, entre deux instants de vie, sur mon carnet, avec en couverture Marcel Proust, j’écrirai l’étonnante aventure du temps qu’il m’est donné de vivre, entre hiver et été, dans la mince épaisseur d’une nuit.  J’écrirai « la saison retournée », je penserai à vous tous et à mon retour je vous en ferai cadeau... Ce sera 2003.

Intensément vôtre, puisque l’île de La Réunion est ainsi qualifiée « L’île intense ».

 

La saison retournée. Texte inédit (Montauban décembre 2002)

 

 

          Toussaint 2011

 

Dans le temps des chrysanthèmes, je me souviens, tu te souviens, il ou elle se souvient, nous nous souvenons, vous vous souvenez, ils ou elles se souviennent. MJA                                                          

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 21:53


Été : être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d'autres roses absentes.

 

Rainer Maria Rilke : Les roses

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 23:32


 

Dis-moi, dis, souriante enfant,

Qu’est-ce, pour toi que le passé ?

« Un soir d’automne, doux et clément,

où le vent soupire, endeuillé. »

 

Qu’est-ce, pour toi, que le présent ?

« un rameau vert chargé de fleurs

Où l’oiselet bande ses forces

pour s’envoler dans les hauteurs »

 

Et l’avenir, enfant bénie ?

« La mer sous un soleil sans voiles,

La mer éblouissante

Qui, là-bas, rejoint l’infini »

Juillet 1836

Emily Jane Brontë

 Poèmes Poésie / Gallimard

           

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 20:18

Ecrire la douceur du possible

Et continuer dans l’été retrouvé

MJA

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 19:01

 

Lire en silence

Votre absence

Dans l’absence

De votre voix

 

Votre voix

Dans les nuages

Envolée si loin

De mes pages

 

Je lis à perte de voix

J’ai perdu vos voix

Pour cause de départ

Vous ne parlez plus

 

Alors je lis

Ma voix se pose

Sur mes pages roses

J’invente votre voix

 

Envolée dans les nuages de mes pages.

 

MJA

 

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