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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 18:13

 

Avec le récit est née la nouvelle science qu’est  la Narratologie   dont les grands noms sont Vladimir Propp (linguiste russe, 1895-1970) dans sa Morphologie du conte (1928) analyse 31 fonctions du conte de fées ; parmi elles la transgression, la médiation, la reconnaissance, la punition, il analyse aussi les rôles des personnages dans des sphères d’action qui se répètent dans la variation qu’est l’histoire, Mikhaïl  Bakhtine (critique littéraire 1895-1975) qui a plus particulièrement étudié la temporalité, Algirdas-Julien Greimas (sémioticien français 1917-1992), Tzvetan Todorov (linguiste et essayiste né en 1939, en Bulgarie) qui s’est attaché à étudier la grammaire universelle du récit, Gérard Genette, qui s’est attaché à la rigueur du texte et enfin Ricoeur, phénoménologue contemporain qui a écrit sur l’herméneutique du récit. Tous se sont attachés, par leurs travaux, à ouvrir les multiples portes du temps  de l’objet « récit ».

 

Lire ouvre le temps d’un ordre ou d’un désordre, d’une fréquence, d’une vitesse, d’une expérience fictive ou non, d’un long discours subjectif sur le monde.

 

Le temps du livre est le temps de la « coopération  interprétative » dont parlent Umberto Eco et en d’autres termes, Ouaknin, plus récemment Texier et tant d’autres. La liste serait longue. Un livre n’existe pas seul. Il a besoin de son lecteur qui le lit, générant ainsi le temps vivant du récit qui sans lui resterait lettre morte. Le temps du récit est vivant du regard, des affects, de l’histoire des hommes qui l’effeuillent, page à page. Le temps du récit est un temps construit par le lecteur et par nos publics. Le temps du récit est le temps des possibles. Notre travail de professionnel est d’être attentif à cette construction qui toujours varie, d’être attentif aux possibles générés par chaque lecteur à partir de ses lectures pour pouvoir lui répondre et accorder pleinement au livre son étonnant pouvoir de médiation avec nous, avec le récit, avec la culture dans lequel il s’intègre.

 

Le temps du récit, temps qui dit le temps des possibles de tous, écrivains et lecteurs est pour moi le temps pluriel du meilleur de l’humain parce que le temps des pensées à cueillir malgré le froid, parfois, de la solitude.  MJA

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:30

Lieu de la Formation :

 

Ressources et Territoires :

9 rue Alex Coutet

BP 97333 31023 Toulouse Cedex

05.62.11.38.34

 

Dates : 6 mars, 27 mars, 24 avril, 15 mai  salle 62

 

 

Présentation

Lors de notre quotidien professionnel, nous utilisons des livres, sur des modes différents selon nos pratiques.

Ces demi-journées se proposent de donner sens à nos livres en les questionnant : des livres pour faire quoi ? Des livres pour dire quoi ? Des livres pour être qui ? Des livres pour  lire ? Des livres pour vivre ? Des livres pour travailler ? Des livres à  transmettre. Des livres à se souvenir et à organiser dans un Chemin de livres.

Nous retrouverons ensemble, le chemin qui nous a mené depuis l’enfance à nous en approprier tant. Nous réfléchirons comment nous travaillons avec nos livres, nous lirons, nous parlerons, nous nous souviendrons, nous écrirons « nos éclats de lire » selon l’expression de Marc-Alain Ouaknin dans une production individuelle.

 

Objectifs

·        S’exprimer sur ses pratiques professionnelles avec, pour médiation des livres, apportés et remémorés par tous.

·        Repérer la place de « ses livres », tant professionnels que personnels dans sa  pratique quotidienne et articuler grâce à eux, le sens de cette pratique et son énonciation.

·        Favoriser une aisance dans l’utilisation des livres, principaux outils professionnels

 

 Contenus


Nous nous rencontrerons quatre fois :

Dates : 6 mars, 27 mars, 24 avril, 15 mai  salle 62


1)      Que signifie pour moi un livre ?

2)      Comment je me l’approprie ?

3)      Comment en découle alors l’appropriation de livres par le public ?

4)      Quels sont les possibles générés par les livres dans notre vie et dans nos pratiques ?

 

-          Réflexion sur le maniement de l’outil « livre » dans la pratique professionnelle de chacun dans un espace-temps / convivial

-          Ecriture accompagnée de l’expérience du passage de lectures professionnelles à des lectures personnelles et réciproquement

-          Création d’un temps d’intériorisation par des lectures silencieuses mais aussi de partage autour des pratiques et des livres qui leur sont associés

-   Appropriation de ses propres livres par des jeux d’écriture et de paroles pour mieux  se reconnaître  dans sa pratique professionnelle.

 

Publics

Professionnel-le-s de l’animation culturelle, sociale, de l’insertion, de la formation, bibliothécaires et documentalistes…

 

Intervenante : Marie-José ANNENKOV

Doctorante  à l’Université de Toulouse le Mirail ( CLESCO ;  PDPS)

Auteure de Madame, je veux apprendre à lire ! (Erès 2008), de La femme en retard (La Brochure, 2008), collabore à la revue Empan depuis 20 ans et blogueuse pour les livres et la paix ( MJA )

 

S'inscrire à Ressources et Territoires auprès de Monique Négroni. Pas de frais d'inscription. 12 places disponibles.

S'inscrire avant le 28 février par téléphone : 05.62.11.38.34

 

A bientôt, le plaisir de travailler, d'écrire et de lire ensemble ! MJA


 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 21:00

      Cette carte postale est envoyée aux Inventeurs. Elle fut écrite lors d’un petit séjour à Toulouse, la ville rose. Carte postale qui dit un temps de la formation de Ressources et Territoires, animée par moi, autour de mon ouvrage Madame, je veux apprendre à lire !

 

Carte postale de Isabelle Navarro : mon chemin de lecture

 

 

née dans une famille de père intello et de mère extravertie , plutôt artiste.

le livre m'est apparu dans ma vie que lorsque j'entrais en primaire

le souvenir que j'en ai

la lecture à pris son importance lorsque j'ai saisi le pouvoir des mots, leurs significations.

ils étaient les porteurs de ce qui ne pouvait être dit oralement.

ils renforçaient, affirmaient des pensées, des découvertes. ils matérialisent des sentiments des émotions.

ils fixent des idées, des rebellions, ils étaient aussi dangereux!

pour moi la lecture c'est d'abord le verbe, le mot. ensuite cet assemblage de mots va donner le sens, l'idée et permettre de "lire, comprendre" ce qui désire être transmis.

je n'ai jamais vraiment eu de livre hormis à l'école.

je vénérai celui ci ! je me souviens des "prix "de fin d'année qui étaient des livres !

je m'évadais au travers de ceux ci uniquement parce que j'y voyait un moyen de devenir "libre «et il me semblait qu'ayant la compréhension de ce qu'ils transmettaient, je pouvais mieux appréhender le monde, me défendre de celui ci et surtout me nourrir de ce qui ne m'avait pas été donné.

j'aime lire car cela m'oblige à structurer mon esprit et cela depuis l'âge de 10 ans environ. je rêvais au travers de ceux ci d'une vie meilleure, de moyens d'y parvenir, de beauté. le livre à pris de l'importance au fil des années car il était un objet qui restait entier, sur lequel je pouvais revenir, qui m'a permis de comprendre qu'1 première lecture donne une vision, une seconde lecture une autre vision !

aujourd'hui il est un objet de travail, de référence, de découverte, de réflexion. il est une base pour moi de construction.

il me transporte aussi au travers des images qu'il véhicule. c'est le monde en a5 !  l'odeur du livre, sa texture, le fait qu'il est le vehicule de l'histoire du monde transcrit dans la matière, tout cela lui donne à mes yeux une importance capitale !

anecdote : j'ai tjrs beaucoup bougé dans ma vie, je n'ai pas de meubles, très peu d'objets divers, mais mes malles ont toujours  été remplies de livres de toutes sortes : contes, histoires drôles ou pas, politiques, économiques, sociologiques, psychologiques, BD, photos, l'humain au cœur de ceux ci, la nature et les couleurs de celle ci.

j'ai souvent dit : tout perdre n'est pas grave, mais perdre mes livres et la musique, ça c'est impossible ! car mes livres sont le reflet de ma vie, de ce que j'ai vécu ou de ce que j'ai compris. c'est moi, une représentation dans toutes mes différences et ma complexité !

c'est aussi un moyen de partage et de rencontres ! le livre refuge

,le livre outil de connaissance, référence dans la vie sociale !

 

Isabelle

 

Merci ! Merci ! Merci ! Isabelle. Cela a été pour moi un vrai plaisir de vous rencontrer, de pressentir vos voyages et vos expériences de vie si riches. Merci d’avoir été si présente durant ces deux jours  et donc à un de ces jours dans le hasard des jours, des rencontres et des livres ! MJA

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 16:23

 

      Cette carte postale est envoyée aux Inventeurs. Elle fut écrite lors d’un petit séjour à Toulouse, la ville rose. Carte postale qui dit un temps de la formation de Ressources et Territoires, animée par moi, autour de mon ouvrage Madame, je veux apprendre à lire !

 

Carte postale de Nadine Bruno : mon chemin de lecture

 

Le livre est un cadeau ; en tout cas,  c’est le premier souvenir qui m’en revient quand j’essaie de me rappeler quel fut mon premier livre. Sous le sapin de Noël

(ma mère),  en colonie de vacances (ma marraine), à l’école (ma directrice) pour mon passage en 6ème.

 

La 1ère bibliothèque fréquentée était celle du collège avec les lectures, l’Alice, fantômette. Et puis Le Club des 5, Le Clan des 7 pendant mes vacances chez ma marraine (livres de mon cousin).

 

La 1ère bibliothèque à laquelle je me suis inscrite en tant que lectrice fut Empalot. Lorsque j’obtins mon concours « Employée de bibliothèque », je fus nommée à Empalot Jeunesse. Nous recevions des classes maternelles, les enfants choisissaient un album et nous proposions de « prêter notre voix ».

 

-         Tu veux que je te raconte une histoire ?

 

Assis en tailleur sur la moquette, l’enfant lové contre nous, nous racontions des histoires... A aucun moment, nous n’avions une angoisse ou une appréhension de ne pas mettre l’intonation ; on était simplement dans le plaisir de lire, d’échanger. J’aimais bien quand je disais

 

-         Raconte-moi l’histoire à ton tour.

 

En devenant mère, j’ai beaucoup chanté, lu des histoires à ma fille puis à Valentin. Une lecture dans le lit des parents, les enfants avec moi, c’était super.

 

Je suis aussi devenue une « lectrice  vacante » par manque de temps, par moins de disponibilité dans ma tête. Le meilleur moment, est la lecture du soir quand la famille est endormie. Sentiment de culpabilité quand on s’accorde un moment de lecture en journée quand il y a tant à faire.

 

Je n’ai pas souvenir qu’on m’ait raconté des histoires. Dans mon quotidien professionnel, j’accorde beaucoup d’importance à l’oralité avec la lecture des poèmes. Ne pas raconter des histoires me manque.

 

La lecture est un don de soi et il m’est apparu comme une évidence que je ne pouvais à la fois devenir professionnelle et être disponible pour mes enfants, le soir. J’ai eu besoin de souffler. Le passage à un public adulte m’a apporté d’autres choses et je donne différemment en passant par ma passion des mots, un échange intellectuel. Si je mets en place une activité-lecture, c’est pour moi du plaisir et je suis alors dans une exigence avec moi-même et envers l’équipe, à travers le choix des textes et la prépa à la lecture.

 

La lecture est aussi un vecteur incroyable « réseau social » qui rend passionnant les échanges entre personnes. Moment excitant, palpitant que celui de lire devant un public, devant l’auteur du texte. Moment émouvant que celui d’entendre une personne qui nous offre avec des mots son intimité, sa joie et ses souffrances.

 

Ce mélange d’émotions fait ce que je suis, transportée, passionnée par mon métier.

 

Mon envie, mon impatience : offrir son premier livre à ma filleule Elona, lui raconter sa première histoire.

 

                  Quel livre, quelle histoire ?

                  C’est là mon dilemme

 

                  Un moment d’amour, d’échange, d’amitié

 

Dans la vie, il faut se promener avec deux sacs :

 

         Un sac pour donner

         Un sac pour recevoir

                                               Lao-Tse

 

Nadine Bruno

 

Merci ! merci ! merci ! Nadine pour votre mise au travail si subtile qui nous a permis à toutes d’approfondir nos échanges. Merci de ne vous être pas découragée devant l’intimité de notre propos qui vous a surprise. Oui, la lecture est un engagement dans le social mais aussi dans l’intime. Je vous promets de répondre à votre gentille invitation et de faire passer ma thèse par votre réseau. A bientôt donc ! Marie-José

 

     -

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 19:19

 

      Cette carte postale est envoyée aux Inventeurs. Elle fut écrite lors d’un petit séjour à Toulouse, la ville rose. Carte postale dit un temps de la formation de Ressources et Territoires, animée par moi, autour de mon ouvrage Madame, je veux apprendre à lire !

 

I.   Carte postale de Geneviève Verdel : mon chemin de lecture

 

Je suis née à Donaveschingen, en RFA, un pays qui n’existe plus. J’ai passé là, mes six premiers mois, paraît-il. Mon père parachutiste, là-bas, ma mère a voulu le rejoindre là-bas pour l’accouchement. Je suis donc née dans le Schwarzwald que je ne connais pas. Tout ce dont je me souviens, c’est de mon ours qui s’appelait Boeil. Peut-être est-ce de là que vient mon goût pour les langues, pour les guides de voyages, pour la littérature étrangère et pour l’universel. Oui, la lecture fait accéder à l’universel. Quand je lis, je suis homme, femme, enfant et parfois tout en même temps. Je suis une paysanne de Russie ou de Chine au début du XXe, je suis bâtisseur de cathédrales, en plein Moyen-âge, je suis l’extra-terrestre des chroniques Martiennes etc. Je suis protéiforme et pourtant toujours profondément moi. C’est cela la lecture, la rencontre simultanée de l’autre, de l’étranger avec l’étrange et de l’intime. Le dialogue constant entre l’être et le monde, dans sa chair, dans son sang. Ce dialogue, je l’ai intensément mené de 11 ans à 13 ans. Pour le mener parfaitement, j’ai fermé mes oreilles et ma bouche aux « verbiage » ambiant. J’avais à faire. J’avais à comprendre, à sentir tous les autres êtres que je ne serai jamais. Nous avions rendez-vous ensemble pour qu’il me fasse rentrer au monde. Je les en remercie profondément. Je leur dois d’avoir grandi, d’avoir pu retourner dans le « verbiage » ambiant pour en décrypter le sens, lourdes de toutes ces vies de papier, sages de toutes ces vies de papier.

 

Aujourd’hui j’apprends encore, je grandis encore auprès des livres mais je suis plus patiente, moins assoiffée, je prends mon temps et surtout je partage, j’offre la lecture. Comme un cadeau, une marque d’amour.  Comme un sésame, quand je lis pour ceux qui ne savent pas. Le sésame du lien au monde.

 

Merci ! Merci ! Merci ! Geneviève. J’ai été si heureuse de vous rencontrer, de votre mise au travail et de la mienne par vous !!! Dans les jours prochains vous recevrez d’autres cartes postales de cette formation ponctuées d’échanges « tous azimut » ! C’était super ! MJA

 

 

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 21:40

Madame ;je veux apprendre à lire !

Ou

Comment permettre à chacun  de  réinvestir son statut de lecteur

et de s’approprier l’éthique des ateliers de lectures


Formation animée par


Marie-José Colet, Psychologue clinicienne et formatrice.


"La lecture, c’est l’histoire de notre histoire, collective et individuelle.

Des mots qui sans cesse circulent : des mots pour lire et lire des mots pour dire…"

(In Madame, je veux apprendre à lire  ! / Marie-José COLET.-Erès, 2008)



Dates et lieux :



L’inscription à cette formation implique la présence aux cinq journées


Public :

 

Educateurs, formateurs, psychologues, bibliothèquaires, ensemble des travailleurs sociaux .


Argumentaire :


Marie-José COLET souhaite partager son expérience dans l’ouvrage Madame, je veux apprendre à lire ! paru depuis aux éditions Erès, sous la forme d’un récit et d’un support didactique élaboré en collaboration avec Nicole Rouja et Anne Dubaele-Le Gac. La formation démarre par une invitation des participants à questionner leur propre rapport à la lecture, à le situer, afin de construire leur "chemin de lecture".

Cette activité préalable vise à faire prendre conscience aux professionnels de la nécessité à :

- Prendre en compte le statut de lecteur pour tous,

- Reconnaître les compétences "déjà-là" pour favoriser l'émergence de nouveaux savoirs,

- Restaurer le désir d’apprendre en redonnant du sens à l'acte de lire, d'écrire, d'échanger.


Contenus :


- La lecture quand elle se fait temps identitaire (1re journée).

Nous approfondirons le questionnement relatif de chacun à son propre rapport à la lecture et de témoigner individuellement de la lecture comme aire transitionnelle


- La lecture quand elle se fait temps de citoyenneté (2e journée).

Nous approfondirons le questionnement de chacun relatif à l’inscription de ses lectures dans la cité quand elle fait lien avec le groupe de formation en place.


-Appropriation des séquences de l’atelier de lectures. (3ème journée)

Nous serons en situation écrite et orale des séquences telles qu’elles sont présentées dans l’ouvrage Madame, je veux apprendre à lire ! dans un temps réel


- L’élaboration de son propre chemin de lecture (4ème journée)

Nous approfondirons à partir de nos livres et de nos souvenirs de lecture ce que signifie pour nous notre engagement dans l’acte de lire.


- Mise en place de son atelier de lecture en s’appropriant les repères nécessaires et en adéquation avec sa pratique professionnelle (5e journée).



Objectifs :

- Elaborer son propre chemin de lecture, son propre rapport à la lecture dans le temps de son identité et de sa cité, condition absolument nécessaire pour mettre en place des ateliers de lectures

- Proposer une démarche et un espace de réflexions théoriques et éthiques qui permettent de mettre en place un atelier de lecture adapté à un public différentiel et toujours singulier.

Méthode :

- Articulation entre apports théoriques et expériences, outils, techniques

- Alternance de temps individuels et en groupe : confrontation des itinéraires

- Alternance de temps écrits et oraux

- Prise en compte des pratiques de chacun

- Rencontre autour des livres apportés par les participants ;

- Travail en permanence avec du « vivant » dans lequel s’inscriront, au fil des mots de tous, mes propres repères théoriques

 Je veillerai à tous moments à rester en adéquation avec la pratique professionnelle de tous et l’intérêt voire même la passion de chacun pour ses propres livres et ceux des autres.

Intervenante.

Madame Marie-José Colet

Psychologue Clinicienne

Dess de psychologie clinique en juin 1976

- J’ai animé des ateliers de lectures depuis 25 ans , en hôpital psychiatrique, dans des prisons, dans une association d’insertion pour public en difficultés, dans une maison de retraite, dans une école primaire et dans une association montalbanaise dont j’ai été à l’origine de la création « Le livre ouvert ».

- J’ai animé des formations de formateurs dans le cadre de la BPS  (Toulouse) et de Ressources et Territoires (Toulouse)

- Je collabore à la revue Empan

- Ecrivaine :

J’ai publié deux ouvrages 1) Chez Erès  en 2008 : Madame, je veux apprendre à lire !

                                                2) Editions la Brochure : La femme en Retard (auto fiction)

3) en cours d’écriture : Mon noyau de nuit et de lumière dans lequel j’écris une somme sur la lecture à partir des livres de ma bibliothèque.

Coordonnées

Marie-José Colet

432 avenue de Fonneuve

82000 Montauban

mjcolet@gmail.com

06.86.91.73.11










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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 21:37

Ethique.


J’ai travaillé dur des années durant pour écrire Madame, je veux apprendre à lire ! Puis nous avons travaillé dur Nicole Rouja, Anne Dubaele-Le Gac et moi-même pour rendre transmissible cet ouvrage qui à l’origine fut une vraie forêt vierge intellectuelle Arbres et lianes de partout ! Nous avons défriché dans nos sagesses de femmes à l’ouvrage. Vint le temps de la publication et vint le temps de l’inquiétude.


Comment allait-il être reçu ?


 Une de nos inquiétudes essentielles à toutes trois fut la suivante : Si ce livre venait  là à point nommé pour boucher une case d’angoisse : « je ne sais pas faire », elle, elle sait, je vais faire pareil ?


Le métier de formateur est tellement difficile : toujours là au plus  près des autres qui veulent apprendre à lire, dans le gouffre d’eux-mêmes, gouffre qu’ils transmettent à tous, et surtout au formateur qui est près d’eux. Un gouffre de manque dans lequel il ne faut pas tomber. Facile à dire mais tellement difficile à vivre !  Comment dire cette sourde angoisse qui m’étreignait quand les uns ou les autres me demandaient affolés : « Madame, je veux apprendre à lire ! »  Comment dire ma propre dévalorisation quand au moment des évaluations de fin de 4 mois de formation, je savais que la plupart ne savaient pas encore lire même si je savais qu’ils avaient retrouvé confiance en eux et que, quelque chose de leur image et de leur narcissisme s’étaient restaurés, même si je savais qu’ils occupaient maintenant leur place si précieuse de lecteur. Mais combien le métier de formateur est difficile d’être malmené du manque des autres ! Ma crainte à la sortie de ce livre fut donc qu’il soit un emplâtre sur une jambe de bois. Pour nous trois,  dans notre harmonie de femmes au travail, l’idée nous vint d’une formation pour insister sur l’éthique de l’ouvrage.


Il n’existe pas de savoir sans éthique. Il n’existe pas de savoir sans mots pour lui donner sens.. Alors  nous avons voulu créer un lieu pour que  cette éthique pour permettre l’appropriation de cette étonnante expérience que représente la mise en place et de l’animation d’ateliers de lectures, une formation pour inventer du sens encore et encore, tous ensemble.


Nous avons conçu cette formation en trois temps :


- Un temps commun de découverte du travail tel qu’il fut mené dans l’écriture du livre 

- un temps de silence, d’interruption, d’élaboration au coeur de sa vie et de son quotidien professionnel retrouvé

- un temps d’écriture du chemin de lecture et de mise en place de « son » atelier de lecture  adapté à  « sa » pratique.


Nous avons conçu cette formation dans le temps d’une genèse, nous l’avons voulu occasion de rencontres entre professionnels d’expériences, nous l’avons voulu expression « du déjà-là » de chacun, chacune, du déjà là à mettre en commun pour l’explorer ensemble, pour lui redonner sa vitalité, son efficacité. Venir en formation ce n’est pas venir apprendre

c’est venir découvrir ce qu’on sait déjà, c’est se revitaliser, reconnaître ses sources (et non se ressourcer), c’est habiter à nouveau ce qui fait notre identité professionnelle dont le quotidien trop difficile nous a trop souvent confisqué.


Nous avons souhaité que cette formation soit l’occasion pour chacun de retrouver ses savoir-faire les plus archaïques et les plus élaborés  et ce autour et à partir des livres et de l’acte de lire, dans le respect de l’éthique de Madame, je veux apprendre à lire ! : lire dans le partage, dans l’égalité, dans la fraternité et l’adelphité et surtout dans la liberté.


Merci donc de venir vous découvrir et nous découvrir autours de nos livres à tous, comme ça, cinq jours durant.

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 14:46

Formation Sarrant

19 et 20 janvier 2009

(Le troisième jour n'est jamais l'objet de compte-rendu)


Et donc un grand merci aux diverses secrétaires qui ont permis le compte-rendu presque fidèle de nos deux premières journées de travail.


Participantes :


Cécile

Audrey

Pascale

Brigitte

Florence

Marie

Gisèle

Colombe

Marie-Noëlle



Premier jour


Matin


Tour de table


Colombe :

Coordinatrice du collectif d’associations RIVAGES :

Attente : changement de regard sur le livre


Gisèle :

Présidente de l’association mots par maux

Attente : trouver une autre façon de parler du livre et mise en place d’ateliers de lectures


Marie :

Récemment sur Toulouse

Enseignante de FLE et d’alphabétisation

Pas d’attente particulière


Florence


Assistante sociale

Attente :Postures, positionnement sur la lecture identitaire et professionnel


Brigitte :


Assistante sociale :

Intéressée à double titre :

on essaie de faire des rencontres autour des livres.

(je  n’ai pas noté la seconde attente)


Pascale :


2 activités professionnelles

-responsable d’une bibliothèque dans un village

- lecture à voix haute

Attente : Le livre depuis toujours parle de mon rapport au monde.

Je suis dans un rôle de transmission. Je souhaite mieux transmettre


Audrey :


Tout d’abord secrétaire,j’ai pris un long congé parental puis je me suis tournée vers l’accompagnement des personnes âgées. Actuellement je suis bénévole à la suite de conseils de ses amies, j’ai cherché dans le social. Maintenant je cherche « un vrai travail »

Forcée par mes parents j’ai suivi des études classiques : bac+ fac+ langues. Aujourd’hui, par hasard, retour vers des professions d’aide.

Le soir, j’aime lire  des témoignages sur l’aide, le soin.


En recherche d’emploi. Bénévole à l’association « Les blouses roses » dans la maison de retraite de Beaumont

Attente : difficultés professionnelles : parfois quand je prends un livre ça va mieux pour parler avec les personne âgées. Je veux réfléchir là-dessus


Emergence de l’expression : « Le fil de soi »


Marie-Noëlle :


Assistante sociale :

Attente : plutôt que parler des difficultés, j’aimerai parler du déjà là et asseoir notre action


Cécile :


Institutrice suppléante dans le Gers d’une école à l’autre

Attente : aider et mieux connaître la plupart de mes élèves qui se sentent exclue.

Cécile a trouvé un remplacement le deuxième jour et à son grand regret et au nôtre  n’a pu participer à la seconde journée.



Plongée dans la librairie :


Consigne donnée par Marie-José :


Plongée de 20 minutes environ et choisir un livre et un seul pour les présenter aux autres.

Cette séquence a pour but de sensibiliser au rapport identitaire établi avec un livre de son choix.


Bien noter à chaque fois l’identité du livre. Ceci est important pour nos publics qui ont besoin de repères.

Cette plongée que nous avons fait là correspond à la séquence « Cadeau » dont je parlerai le 3ème jour


Cécile :

Le chemin de Jérusalem Yan GUILLOU Editions Agone Marginal. 1er volume d’une trilogie.

J’ai été attirée par la présence du terme Jérusalem dans le titre et par l’époque : le Moyen-âge dont j’aime les valeurs de tolérance et d’humanisme.

L’auteur est suédois est la Suède est un pays que j’ai toujours voulu visiter comme pays inconnu dont j’ai envie de connaître (lumière, espace, froid, neige...).

Jérusalem représente pour moi une quête spirituelle et religieuse et un questionnement sur mes racines judéo-chrétiennes.


J’aime aussi le côté saga, histoire d’une famille.


A l’origine j’avais une formation d’historienne et d’archéologue.

Intervention de Marie-José portant sur l’étude de Freud de l’histoire des familles et de ses patients souvent à partir de métaphores archéologiques et sur la pulsion de mort telle que Freud la traite dans Malaise de la civilisation : pulsion de mort contrebalancée par culture et création. Seul espoir de l’humanité ???



Marie-Noëlle :


Nur  de Arnaud RYKNER. (auteur toulousain) Edition Babel.

Ce qui m’a attiré c’est « l’objet ». J’ai aimé sa couverture, le titre, l’image, la peinture qui rappelle Ernest Pignon- Ernest. C’est l’histoire d’une rencontre entre un homme et une femme. Huis clos dans une ville d’orient en guerre.

Ecriture épurée. Me rappelle Marguerite Duras. L’histoire d’un amour impossible. Envie de plonger, côté passionnel, dialectique entre l’instant vécu, le réel et le côté impossible. Rapport au temps.

Intervention de Marie-josé : le rapport à la lecture serait peut-être pour vous le rapport au temps.


Audrey :


livre documentaire : « Accompagner le vieillissement » Danielle Thiebaud ; Editions Chroniques sociales 2008.

Je connais déjà l’éditeur. Je pense acheter ce livre écrit par un psychothérapeute qui traite de la gestion des émotions. Je me sens très concernée parce que se rapporte à ma profession et à mon identité.

MJ Pourquoi avez-vous choisi cette profession , ?

A. J’ai toujours voulu aider les autres, depuis l’enfance. Je sais que ce n’est pas par hasard.


Pascale :


.La philosophie de la joie. Alexandre Jollien. Editions Textuel.

J’ai eu une attirance naturelle vers l’auteur et vers le titre. J’ai aimé le format du livre et la couverture rigide.

Jollien est un jeune philosophe dont le précédent livre est « Le métier de philosophe ». A la suite d’un accident, il est devenu handicapé.


Une citation que j’aime :


« Nous menons tous le même combat, s’orienter avec joie et avec plus d’humanité ». Joie et humanité sont deux mots qui me parlent. C’est une réflexion sur le sens de l’existence qui veut donner du sens au monde, aux questions humaines dans un besoin de se repérer.


Le livre m’aide à parcourir un chemin de vie. Tout le monde devrait avoir la chance d’être convié au banquet du livre mais ce festin est réservé aux privilégiés alors qu’il devrait être accessible à tous. Je suis dans la recherche de la transmission parce que je sais que le livre m’a sauvé la vie. Je suis lectrice, bibliothécaire ; ce n’est pas par hasard. Mon ancrage identitaire et mon souhait de transmission ne sont pas le fruit du hasard.


Brigitte :


Paysages humain de Nazim Hikmet. Littérature étrangère .2002 (dernière livre entre les mains au signal de Marie-José.

Difficile de choisir car il faut saisir l’instant. J’ai aimé le titre que j’ai trouvé beau. J’ai entendu parler de l’auteur par une personne d’origine turc.

L’auteur, Nazim Hikmet est un poète turc engagé. La couverture est en noir est blanc avec un côté vieillot sympathique. Livre de poésies


Marie-José :

Vous avez choisi ce livre à partir de l’écoute d’un autre. C’est un livre qui vous a été indiqué en atelier de lectures, qui vient de quelqu’un. Cette personne était heureuse de parler de son pays. Intimité. La lumière de l’autre a débordé

L’ancrage identitaire se signifie là dans la réception à l’autre dans l’ordre du temps. Temps de douceur.


Brigitte :

Ce temps ne me caractérise vraiment pas.


Marie-José :

Je ne sais si cela vous caractérise ou non mais l’instant où vous avez exposé ce livre était plein de douceur. On s’attache vite à un livre. C’est un lien.

Winnicott, disciple de Freud a travaillé sur l’enfance et sur les doudous. Il a montré leur lien avec la séparation de la mère. Les lecteurs vacants ont souvent d’importants problème avec l’ordre de la séparation, nos publics également. Dans le temps du deuil, ultime séparation, définitive séparation, les livres peuvent aider. Référence quant à moi à La femme en retard –le livre écrit-


Florence :


Stig Dagerman. « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 2008. Auteur suédois qui s’est suicidé. Un déchirement existentiel amène le besoin de lire ; ce besoin de sens se confronte à ce que l’on ressent et signe un énorme manque à combler.

Un déchirement existentiel peut provoquer soit une boulimie de lecture, soit, au contraire une absence de lecture, un refus de lire.




Marie :


J’ai fait un certain parcours et je me suis arrêtée sur la littérature étrangère et j’ai vu ce livre.


Hannah Pool : La fille aux deux pères Editions Zoé.

C’est l’histoire d’une femme noire orpheline adoptée par un universitaire anglais. Elle retrouve sa famille 18 ans plus tard avec ce problème de l’adoption.

Cet histoire avec un nom sénégalais fait écho en moi et dans la recherche que j’ai moi-m^me fait de mes « pères ». Dieu (j’ai été élevée par des curés avec Dieu le père !), mon père sénégalais, mon père eurasien. Ce livre fait écho à mon histoires de fractures. J’aimerai écrire mon histoire, écrire un livre ; « ça renforce » (MJ Il aurait été intéressant que je pose la question « qu’est-ce que ça renforce.)

MJ : la lecture permet de symboliser son histoire, ses fractures par l’identification aux personnages. Pour Marie, lire pour trouver le père.

Marie acquiesce  : j’ai toujours eu besoin de lire des écrits d’hommes.

MJ Quand à moi je n’ai lu des livres de femmes qu’à partir de 50 ans et après la mort de ma mère ; maintenant je lis essentiellement des femmes. La lecture et l’écriture auraient-elles un sexe ? Je le pense !


Echange du groupe sur le fait suivant : il semblerait que nous symbolisons mieux notre souffrance ou nos joies, notre intime à partir des livres et l’on associe cela avec l’image de la mère consolante.


Gisèle :


Le Partage de Gérard Privat auto édité. 2002 : les hommes qui ont confiance en l’homme affirment que « l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. » (Jean Jaurès). Ce livre révèle que l’auteur a foi en l’humanité.

Inviter à construire : partager la lecture et l’humain.  Les ateliers sont du partage.

L’auteur n’est ni philosophe, ni économiste, ni théologien, ni physicien, ni historien, ni autres. Il n’est rien de tout cela sinon un voyageur dans les espaces parcourus. L’essentiel est pour lui, l’école de la vie, le seul cursus : la vie.

Réflexion du groupe sur ce thème :

A l’école de la vie : la maternité, la vieillesse, l’amour. Rien n’est acquis pour toujours. La vie c’est la diversité des regards. Autant de regards que de personnes. L’enrichissement vient du partage.



Colombe :


Le chêne,  l’arbre de la vie, le chêne arbre de Gascogne édité par Le vert en l’air. J’ai choisi ce livre par le cycle qu’il représente.

J’aime lire dans un bel endroit, dans un grand espace et avec du temps devant moi.

MJ Le cadre du livre, dans un espace temps particulier pour chacun. Voir le petit livre de Marcel Proust « La lecture ».

Le chêne me renvoie aussi à la notion de racines familiales et culturelles et au sens de la vie et des choses. L’arbre est le symbole de soi. Espace de recueillement, sécurisant, nourricier. Symbolique très forte.



Après-midi


Intervention de Dominique Piveteaud


Dominique Pivetaud est


- auteur du livre comment lisent les enfants du chaperon rouge ?

- Président de Tatoulu

- projet d’un nouveau livre sur le débat.


Dominique Piveteaud étant actuellement aux prises d’un difficile procès, je ne fais pas le compte-rendu de sa passionnante intervention, craignant d’être à mon insu maladroite mais je luis réaffirme toute mon amitié et ma confiance dans son travail passionnant.


 

Conclusion sur la journée :


Question de Marie : orientation maternelle du travail ? pourquoi ?


MJ : j’ai élaboré le travail de mes ateliers à partir de mon regard de femme, de professionnelle, de citoyenne. Le mode opératoire entre  hommes et femmes est certainement différent et complémentaire, deux modes nécessaires à l’humanité


Sexualisation de l’alphabet ? Reste à interroger. Les anges ont-il un sexe ? Et la lecture ?.



La lecture sexuelle, symbolique, politique.


Anecdote du doudou chez les africains.


Nous nous quittons sur ce sourire


Deuxième jour


MATIN


Expérience de Marie-Noëlle et Brigitte : Les mots passants (Auch)


Mettre en place des actions différentes que des actions d’entretiens duels. Mise en place des actions de groupe dans une dynamique citoyenne.

Quand l’assistante sociale passe de l’intime au citoyen : à partir d’une demande d’un groupe changer les représentations de chacun.

Travailler sur le lien social mais aussi sur les représentations de chacun. Les personnes peuvent se poser par la prise de parole. L’estime de soi est parfois dégradée. La notion d’aide pose alors la notion d’une possibilité d’émancipation (voir D.Piveteaud). concept de la restauration de la dignité. On restaure la dignité par de la citoyenneté : rechercher des solutions sur les marges et sur les côtés tout en respectant la réglementation et le cadre. Nos pratiques « sur la marge » est acceptée par nos employeurs. Notre travail est ainsi valorisé.

La question initiale que nous nous sommes posées :


« comment rendre notre lieu accueillant et comment en faire un lieu ressources ? »

La lecture est apparue alors vitale.

Avec une collègue, nous avons laissé un livre voyager « circulation des livres » mais les livres ne sont pas revenus alors nous avons créé un lieu fixe : Les mots passant.


Comment s’est effectué le choix des livres ?

- Avec la BDP : les livres ont été fournis selon enfants, adultes, ados

- Annie a fait le texte d’une affiche

- travail de citoyenneté horizontal


En 2006, notre action voulait réconcilier les personnes fâchées avec l’école. En fait le public est surtout constitué de femmes émigrées avec enfants.


Les objectifs d’une action se définissent par ce qu’on veut faire mais aussi par ce qu’on ne veut pas faire.


Ce qu’on veut faire :

- créer du lien social

- vivre ensemble dans le quartier HLM

- créer un travail d’insertion dans le respect des cultures.


Projet de financement pour que tous vivent ensemble :  Maghrébins, Africains, pays de l’est. Mais cela a été suivi de discours négatifs.


Notre but : échanger à partir de la lecture mais aussi s’engager dans des projets personnels et professionnels et permettre l’accompagnement des enfants.

Le travail citoyen doit permettre la mise à jour des compétences de chacun m^me s’il y a parfois émergences de malaises (bonheur et malaise dans une vie complexe).

Le travail citoyen permet aussi la prise de responsabilité ;


Réception de personnes seules avec des histoires compliquées.


Fin novembre 2007 marque le début du projet et la naissance Des mots passants.


L’expérience évolue avec une amélioration et dans l’inscription du choix de travailler avec les gens, de construire avec eux. Tout le monde joue le jeu et il est laissé une pile de livres pour la consultation. Parmi les livres se trouvent des livres bilingues venus de Des livres et vous (Sarrant).


Cécile témoigne de son expérience péruvienne et associations d’idées du groupe sur les réfugiés qui sont exilés de leur langue et d’eux-mêmes. Il peut-être important lors des exercices écrits des ateliers de lectures de laisser écrire les participants dans leur langue maternelle.


Puis nouvel échange sur les actes citoyens qui permettent d’établir des liens avec des partenaires. (venue d’auteurs, lien avec les bibliothèques, les librairies, les musées)

Instaurer, réparer la dignité du citoyen s’inscrit souvent dans un acte de résistance.


Expérience de Pascale : expérience de lecture à voix haute :


Pascale nous lit dans l’émotion sa profession de foi (ci-dessous)


« Je suis lectrice –animatrice pour transmettre de vive voix, être ensemble et en présence. Oui ! Se parler authentiquement, dialogue dans la proximité et la solidarité.

La lecture à voix haute est un modèle d’expression et d’action.  Un support pédagogique original, un vecteur d’animation et de communication efficace qui touche chacun intimement et respectueusement.


Mon projet est de promouvoir le livre et la lecture, bien sûr, mais pas uniquement ! L’objectif déterminé est de créer et de tisser un lien, pour dynamiser et lutter contre l’isolement et le cloisonnement, qu’il soit social, géographique, culturel, générationnel... Je me définis dans le déplacement, dans le mouvement, l’itinérance : une échappée belle au devant des gens, petits et grands, dans une quête de rencontres. Une démarche qui ouvre des portes pour créer un espace d’échange et de partage, fructueux, chaleureux et convivial.


Public et lieux : enfants, adolescents, adultes et personnes âgées en groupe et individuellement, associations...à domicile ainsi que dans les espaces collectifs et naturels de nos vies. Le terrain de mes animations se veut varié et ouvert. »


Je me définis comme une passeuse de mots, la parole à voix nue. Pour moi, l’engagement citoyen a pris racine dans l’engagement identitaire ; Expérience de la petite fille à l’école dans le plaisir de la lecture à voix haute : « tout se jouait là », c’était mon rapport au monde. La lecture n’est pas un acte mort, c’est un acte de vie... Inventer la lecture


Je travaille dans un cadre associatif ( Les dits de l’Osse). Promotion du livre et de la lecture, lecture, spectacle, stage de lecture à voix haute, dans une zone rurale.

Une rencontre a réveillé une mémoire ancienne du livre. La petite fille et l’adulte se sont retrouvées. Le livre a permis de connaître, de reconnaître, de faire perdurer ma permanence identitaire. Le livre a été élément déterminant dans la construction de « qui je suis ». Rupture, réveil, reprise de contact avec le livre, révélation, verticalité : « la voix c’est ma vie ». Formation intensive de lecture à voix haute, association « le champ de lire ». A partir de là, la lecture à voix haute est comme une mission.

J’ai eu une autre expérience professionnelle fondatrice dans le domaine du tourisme : transmission de la langue et du patrimoine.

« Le livre c’est ma langue maternelle » et cela implique pour moi, la nécessité merveilleuse du bilinguisme.

La parole, la voix c’est le lien social. Travail avec un hôpital, avec association d’aide à domicile, avec personnes en situation de précarité. Construction d’un projet et partenariat. J’ai rencontré difficultés au plus d’échos auprès des associations.

J’ai élaboré mon travail à partir de mon univers personnel. Importance du partage, du partenariat de voix multiples, de lieux multiples : café, animations, lieux de rencontres.

Lecture à voix haute : passer le texte sans le théâtraliser, faire circuler le mouvement. Être dans la transmission avec tout ce qui nous a construit (importance de l’histoire, du passé)

Aspect important de ma pratique : la respiration, respect du public, temps de pause, de déplacements. (idem dans les ateliers de lecture : détente/concentration).


Echange autour de la faible rémunération de Pascale : notes de frais mais pas son talent.


Expériences de Gisèle et Colombes : RIVAGES


1. Expérience de Colombe

Rivages est un collectif d’associations constitué lors de la création  d’un Territoire : Pays du val d’Adour. Composé de 200 communes sur 3 départements. Territoire rural. Les associations inscrites dans le collectif se sont rassemblés autour d’une chartre de développement durable.

Le collectif rassemble une quarantaine d’associations (culturelles, office du Tourismes, centres de loisirs).

Au sein de ce collectif une seule association de lecture : l’inscription d’une lecture citoyenne est à conquérir.

- Le financement de ce collectif est européen.

- Un journal : Le pays info

- Postulat de départ : expériences locales qui s’inscrivent dans un contexte global

- Sensibilité : éducation populaire et initiative citoyenne qui rassemble bénévoles, élus, associations ;

- Entretenir un réseau

- Deux projets forts : 

a) Art et patrimoine : participation des associations ou des personnes aux journées du patrimoine

b) Lier entre les générations un travail de réflexion pour aboutir à des rencontres.


2.Expérience de Gisèle :

Son expérience se nomme « Récupe Livres » et a duré trois années. Il s’agissait d’une boutique associative. Gisèle raconte cette expérience dans le temps de l’émotion et nous rappelle ainsi la dimension affective de nos engagements professionnels.


Public

Enfants souvent en difficultés scolaire


Objectifs :

- permettre l’accès d’un livre à un prix réduit

- Création d’un espace convivial

- animations auprès d’enfants le mercredi


Ces objectifs permettent aux enfants de toucher les livres, d’en emporter à la maison, de créer des moments de partage, de révéler la passion de lire, envie de transmettre, désir de raconter à ses enfants.


La seconde année a eu lieu un travail sur l’imaginaire, avec une conteuse ; écriture et mise en scène d’une histoire, représentation au carnaval, création d’une bande dessinée.

D’autres expériences avec des adultes ont eu lieu au Centre d’hébergement d’urgence ;

- en partenariat avec Rivages, la médiathèque et le lycée agricole travaille sur la dyslexie

- Table ronde avec des parents, des enseignants : réseau + animations auprès des enfants.


L’histoire de la lecture c’est aussi de la pluralité professionnelle.


Problème actuel ; fin de contrat pour Gisèle en 2007. D’où création de « Mots pour maux ».

« Lire, dire, écrire, pour une meilleure intégration. »




Après-midi


Intervention de Catherine libraire avec Didier de : « DES LIVRES ET VOUS »


qui nous accueillent de façon si conviviale. Une fois encore merci car la magie de ce lieu donne une dimension exceptionnelle a notre travail.


Histoire de la librairie : «  Endroit improbable dans un lieu improbable »

Ni l’un ni l’autre ne venons d’un métier du livre. Nous étions accompagnateurs de projets à Toulouse et nous interrogions : « que pourrions nous créer » ?


Moi, je venais de la Mission Locale, formation, emploi.

Didier venait du Conseil régional : aide aux entreprises, accompagnement social, travail avec les collectivités.


Catherine insiste : Nous avons mis en commun DEUX rêves , celui de Didier et de ses passions des livres et le mien qui souhaitais tant créer un lieu de rencontre.

Notre projet est donc un jumelage de nos deux projets.


Passionnante intervention qui raconte la genèse d’un projet autour des livres quand ils se font culture et liens


Marie-José : j’interviens pour dire que nous étions faits pour nous rencontrer et vivre cette formation ensemble car un atelier de lecture se définit comme Rencontre autour du Livre.


Catherine reprend :

Créer un lieu de rencontre autour du livre : écrire le projet pour en créer les fondations sociales car notre ambition était de s’ancrer dans le développement local. Nous voulons créer un outil d’interconnexion social, éducatif, culturel, économique, un lieu social qui permette l’accès à la culture et au livre au plus près de la réalité rurale.


Notre idée forte était la suivante : Créer une offre pour qu’il y ait réponse, créer un lieu de convivialité, un espace pour se poser. Fondamentalement créer du plaisir à travailler ensemble, être toujours au plus près de l’humain aussi bien à partir du choix du vin « Les nourritures terrestres » que du choix des livres : rencontres avec les éditeurs principalement, des auteurs aussi. Le choix des livres est pour nous un acte militant même si la durée du livre dans une librairie est toujours très courte et même si en tant que le libraires on doit être toujours dans la nouveauté.


Notre partenaire privilégié est l’éditeur ;


Un éditeur a une ligne privilégié, un engagement choisi par thématique, par auteur aussi qui plaît.


En tant que libraires on se sent aussi éducateurs : donner des clés à chacun pour choisir et donc nous organisons des rencontres avec les éditeurs qui instaurent des liens forts de connivences, de renforcements de l’aspect humain.


Nous participons aussi à deux salons (Montreuil Jeunesse et Paris) pour rencontrer des éditeurs et créer du lien. L’humain est au coeur de notre travail


- échos des lecteurs : retrouver le goût de lire.

- Notre travail de libraire est bien posé : « on est avant tout des libraires » (ni animateurs, ni lecteurs, ni organisateurs »

- nous sommes aussi des « déclencheurs » : nous avons accueilli un groupe de personnes handicapées « comme les autres » : « quel plaisir de trouver un lieu où se poser... »


- travail de réflexion autour du livre : recherche de terrain sur le Territoire

-Décision de travailler sur le lien et sur le sens. Notre inquiétude est la perte du recherche du sens et la perte de la citoyenneté. Pour nous il est essentiel de poser des valeurs quelque soit notre pratique et de les interroger en permanence.


- Amener le livre dans tous les lieux. Le savoir est à tout le monde et vient de tout le monde.


-Le livre pour continuer la réflexion, pour l’ouvrir et donc nous sommes présents dans les colloques, les rencontres aux différents thèmes. A chaque fois nous apportons nos livres.


ET SURTOUT :


Inscrire une parole libre dans le champ de l’économie sociale et solidaire dans un fonctionnement totalement indépendant (absence de subventions). Parole libre, parole citoyenne.


( Marie-José :Libre. Livre. (Le même mot à une lettre prêt !) et donc LIRE LIBRE !!!


Puis vient le temps de conclure, d’évaluer, de s’embrasser et de se séparer... Momentanément car ensemble du travail nous attend encore. En attendant bonne route à toutes !


Marie-José Colet

Le 12.2.2009


PS Ceci ne se veut pas un compte-rendu fidèle mais souhaite constituer des bribes d’instants, des bribes de souvenirs que chacun organisera du lieu de sa mémoire pour continuer d’élaborer une recherche du côté des livres que nous aimons tant et qui entre nous fait lien si humain.


J’ai été très heureuse de travailler avec vous toutes. Merci.

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 14:14

La place de la bibliothèque dans le parcours de formation des publics faibles lecteurs


(Lieu : Ressources et Territoires et Médiathèque Cabanis. TOULOUSE)


Un souvenir : Bibliothèque de Gennevilliers


J’avais 11 ans « Et aujourd’hui, Marie-José que veux-tu lire ? »


En partant de l’analyse de cette phrase, je vais retrouver avec vous  ce qui constitue mon rapport à toutes les bibliothèques que j’ai connues de ma place d’enfant, de ma place de grande lectrice,  de ma place de citoyenne, de ma place de retraitée, de ma place d’écrivaine enfin. Et c’est de ce noeud là, de toutes ces lectrices que je suis moi en bibliothèque que je vais analyser mon rôle de formatrice quand j’emmène les « faibles lecteurs », « les lecteurs vacants » en bibliothèque avec un objectif professionnel précis : donner à tous par cette sortie le statut de lecteur, créer ce statut, l’instituer de façon durable.


Cette phrase constituait pour l’enfant que j’étais

une  phrase affectueuse, pleine d’amour et c’est vrai que à l’instant même où on se situe dans une demande on se situe dans une relation d’amour.  « J’ai besoin d’un livre » est toujours sous-tendue par  « je désire que vous reconnaissiez que j’existe par mon désir de lire tel ou tel livre. » Et cette relation pose par elle-même le statut du lecteur. C’est donner à l’autre, faible lecteur où non, enfant ou adulte son statut de lecteur. La difficulté avec les faibles lecteurs c’est qu’ils n’ osent pas se situer dans cette relation là, dans cette demande là, ils n’osent pas demander un livre parce qu’ils sont pris dans cette affirmation à leurs yeux et aux yeux des autres : « je ne sais pas lire ». Ils sont jetés dans un paradoxe souvent douloureux qui les infériorise.

Alors moi, je leur disais « Et si on faisait comme si on savait lire ? » « Si on jouait à savoir lire ? » « On dit qu’on sait lire » et on va en bibliothèque. Et toujours, ils aimaient ça.

- D’abord on sort du lieu de formation, du lieu de travail, du lieu où on apprend et où on peine. Être dehors  c’est toujours bien. Aller à la bibliothèque ça aère, ça distrait, ça plonge dans la cité, dans le quartier

ça pour la relation d’amour et pour l’espace.


Ma place de grande lectrice : poser là , l’objet livre . Le livre beau, le livre cher. De milieu modeste, j’ai su très tôt que je ne pourrais lire « tous les livres » dont j’avais envie. La bibliothèque élargissait mon désir de lecture comme un éventail, comme un accordéon. C’était la caverne d’Ali Baba. Et c’est cette caverne d’Ali Baba que je voulais faire découvrir à mes stagiaires, à chaque sortie. Mes stagiaires, au chômage, réfugiés, au RMI étaient toujours en précarité. Donner un statut de lecteur malgré la détresse économique. Voilà ce que représentait l’accès à la bibliothèque.


De ma place de citoyenne. La bibliothèque est un lieu symbolique de la ville dans lequel s’ancre le savoir pluriel de l’humanité ; et pour moi, il ne peut y avoir d’apprentissage des savoirs de base sans la transmission de ce savoir de l’humanité. Pour apprendre à lire et à écrire, il faut se sentir existant comme être de langage et de savoir, il faut retrouver confiance dans les humains qui sont capables d’écrire tant de belles choses, tant de choses savantes, qui sont capable de créer de si belles images et de me raconter de si bonnes recettes. Alors oui, j’ai envie d’être comme eux, d’oublier mon chaos et ma souffrance, j’ai envie de rêver et de lire ; Et ça marchait à 95%. Les sorties en bibliothèques étaient une joie, une demande sans cesse renouvelée : « Marie-José quand retourne –t- on à la bibliothèque ? »


Citoyen encore : quand il faisait beau, on se mettait sur le gazon et on lisait ou on faisait semblant mais en tout cas les gens nous regardaient et tout fière on se disait « qu’est- qu’ils doivent dire ces gens en nous voyant lire ? »  Et on était bien quand nos lectures se mélangeaient à l’herbe et au soleil sous le regard bienveillant des passants


La citoyenneté : faire face aux regard des autres citadins grâce au beau livre qu’on tient dans sa main. La citoyenneté qui nous inscrit lecteur, qui donne le statut de lecteur. L’objet livre devient le Césame ouvre-toi et la caverne s’ouvre et la bibliothèque laisse glisser ses trésors. On va de rayons en rayons, soudain on s’assoit et on feuillette. On pense à ses enfants : tiens, si je peux, je raconterais cette histoire à ma fille. Elle m’en demande tous les soirs. Marie-José, on peut le garder ? Oui, mais il faut t’inscrire. T’inscrire dans la cité. C’est gratuit . Oui ou presque. Carte pour l’année. Je découvre le temps. Une année. Savoir le ramener au bout de quinze jours. J’apprends le temps. Je note tous les livres empruntés et le temps venu, je rappelle qu’il faut le rendre ; Accompagner dans les actes simples du lecteur, si évidents pour nous.


Donner son statut de lecteur au lecteur vacant, par l’apprentissage de l’inscription, du temps, du soin de l’objet, de la découverte de l’objet. Parfois, on met une heure à savoir le livre sur lequel on va s’arrêter mais TOUJOURS, ABSOLUMENT TOUJOURS on trouve, car c’est la loi du désir, de tous les désirs enfouis qu’on a en soi. C’est cet enfouissement du désir qu’il faut éveiller pour permettre à l’autre d’accéder au statut de lecteur et les désirs sont multiples et la bibliothèque joue alors pleinement son rôle d’éveilleurs de désirs.


Ce dont, je suis certaine c’est qu’il n’est pas besoin de savoir lire pour aller en bibliothèque mais ce dont je suis certaine aussi c’est de l’immense timidité humaine au seuil du savoir et qu’il faut savoir prendre par la main ces êtres démunis par la vie pour les amener dans cette grande caverne, pour leur souffler à l’oreille, c’est à toi aussi, ne tremble pas, aie confiance en toi, je suis là. Inscris toi, note la date de retour du livre, emprunte ce livre, rends-le  et dans cet acte de l’emprunt et du retour se joue un échange citoyen à la fois simple et complexe car il dit l’apprentissage du respect du livre qui sera lu par d’autres, l’apprentissage de la date limite car il est attendu par d’autres. Apprendre que le livre est un objet relais entre moi les autres. En toute égalité.


Et voilà le plus beau rôle de la bibliothèque selon moi en tant que formatrice : inscrire mes stagiaires dans une chaîne d’égalité et d’échange. Difficile, très difficile pour ces lecteurs vacants qui nous sont confiés. Ils aimeraient tant occuper leur poste de lecteur ne serait cette peur qui les taraude, cette peur de la différence, d’être celui ou celle qui ne sait pas lire. Les rassurer, les sécuriser, être là. Voilà comment je concevais mon rôle de formatrice. Mais tout cela en partenariat complet avec la bibliothèque mais surtout avec les bibliothécaires de Montauban ;Elles me connaissaient bien, moi et mes groupes. Parfois, venant avec des groupes de 12, j’étais débordée par les demandes, alors, elle venaient vers tous, et m’aidaient dans mon travail d’accompagnement aux livres, dévoilant les rayons, les matières, les Numéros sur les livres ; que de fois, nous avons travaillé ensemble à créer ce citoyen là qui naît du savoir et des livres, des images, des textes, des titres, des noms d’auteurs . Rien que de la pâte de mots, rien que de la pâte humaine. Et peu à peu, les « faibles lecteurs » se laissaient apprivoiser, la peur reculait, on s’enhardissait à prendre un livre et le pari du jour était gagné parce que les livres étaient devenus des objets accessibles grâce à l’accompagnement humain constitué des bibliothécaires et de moi-même.

Mais cela demande de bonnes conditions de travail : des groupes pas trop nombreux, des bibliothécaires pas trop débordés, une politique de la lecture intelligente et humaine. Retrouver Fijalkow : la lecture c’est du politique.


Et là viennent pour presque conclure, les énormes difficultés que j’ai rencontrées pour imposer mes ateliers de lectures et mes sorties en bibliothèque. Certes, on me laisser m’y rendre dans cette caverne là mais quelque part c’ était du loisir, du pas sérieux, ce n’était pas vraiment dans une dynamique d’apprentissage des savoirs de base. Mes collègues n’en faisaient pas le lien et la hiérarchie encore moins. Le français on l’apprend dans le Bled . Point barre et j’ai eu bien du mal à faire reconnaître le sérieux mes compétences professionnelles. D’ailleurs, ayant pris ma retraite, j’ai rencontré un collègue dans la rue, j’ai demandé ce qu’il en était des ateliers de lectures et des sorties en bibliothèque, il m’a répondu avec un grand sourire : « Non, maintenant on en fait plus, les commandes des financeurs, sont claires : il faut faire du français ». Alors, j’ai compris que j’avais perdu et j’ai été très triste. Mais là où j’ai perdu d’autres gagneront. Le savoir est une long mouvement que rien ne peut arrêter. Il faut travailler sans relâche. Aujourd’hui  travailler à réfléchir sur cet épanouissement que j’ai senti chez mes stagiaires quand je les accompagnais en bibliothèque et sur cette mise au travail profonde à l’écrit quand nous en revenions. Je n’oublierai jamais leur silence studieux quand dans la salle de formation ils feuilletaient les livres ramenés de la bibliothèque, le brouhaha qui s’en suivait quand ils les racontaient aux autres, je n’oublierais jamais leur réconciliation profonde avec « le français » qui soudain tenait compte de leur cultures, de leurs désirs, de leurs familles, de leurs enfants.


De ma place de retraitée, de ma place d’écrivaine, de ma place de chercheuse, je dis que les bibliothèques sont un lieu pour moi de vie et d’espoir de transformer le savoir parfois si inaccessible en un savoir d’égalité, de fraternité, d’adelphité et donc en un savoir de la liberté.


Merci, de m’avoir écoutée jusqu’au bout


Marie-José Colet

Le 1er décembre 2008



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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 22:20


RESSOURCES ET TERRITOIRES


Formation des IZARDS


Notes de formation


(le troisième jour n'est jamais objet de compte-rendu)


Un grand merci à tous les secrétaires qui ont permis la retranscription précieuse de ces journées  de travail qui ont eu lieu

Les 13 et 14 novembre  2008

A la bibliothèque des Izards.


J’espère que cette retranscription vous aidera à rédiger votre chemin de lecture et à élaborer votre atelier de lecture pour votre public spécifique à chacun.

Votre travail très riche  approfondira et poursuivra le travail de Madame, je veux apprendre à lire ! que j’ai mené en collaboration avec Anne Dubaele-Le Gac et Nicole Rouja.


Première journée et la question et la question de l’identitaire.


Le groupe à partir de la feuille de présentation de la formation


C.A

Mairie de Toulouse. Service formation. DRH : remise à niveau et soutien scolaire.

Demande exprimée : mieux connaître les professionnels du réseau


N.F

CS BEAUZELLE. Salariée en alphabétisation.

Demande exprimée : comment donner envie de regarder un livre ?


  L.I

ACCEPT :bénévole. ( ?) Travaille avec des adultes.

Demande exprimée : dégager le « déjà-là »


N.S.

ACCEPT : bénévole en alphabétisation

Demande exprimée : développer la dimension identitaire de la lecture.


  D.U 

Médiathèque J.CABANIS : service de l’Action culturelle

Demande exprimée : inscrire la bibliothèque pour de l’alphabétisation


D.S

Bibliothèque des MINIMES

Demande exprimée : accueillir un groupe dans une bibliothèque et mener un atelier de lectures.


R A

Bibliothèque EMPALOT

Lutte contre l’illettrisme avec l’outil informatique, recruté sur sa compétence technique puis comme formateur.

Demande exprimée : développer la « lecture/plaisir »


  R.L:

Chômage.

Demande exprimée :

Cherche à se reconvertir


R.M

ASCAH Toulouse

Economie Sociale et Familiale. Mène une formation pour personnes en situation d’handicap.

Demande exprimée :

comment permettre le maintien des acquis .

comment soutenir la motivation en passant au plaisir de lire


  H.F

Bénévole à la Maison des chômeurs

A travaillé comme infirmière

Demande exprimée : acquérir des outils pragmatiques.

Reconnaître et utiliser les compétences « déjà là »


Le questionnement qui suit est propice à développer le premier temps des ateliers : le temps identitaire et peuvent vous aider à écrire votre chemin de lecture en fonctionnant comme des balises, des bornes. Il a été mené sur toute la première journée


Voyage autour du mot « Lire »

Nourrir, s’enrichir, rêver, partager, voyager, se détendre, s’évader, grandir, découvrir, ouvrir, apprendre, communique, comprendre, sentir, plaisir, ombre, solitude, lien, bâton d’humanité, écoute, lutter contre le totalitarisme, développer son sens critique, se souvenir, consolation, le livre comme objet, le quotidien, l’utilitaire, la séparation, la paix, la lumière (panneau lumineux)


Piste pédagogique à partir de cette séquence : voyage autour d’un mot suivi de la constitution d’un texte (en commun ou individuel)


Et donc ...

Ecrire votre texte individuel à partir de ces mots (ceux qui vous parlent le plus. Il n’y a pas contrainte de se servir de tous les mots.)


Si j’étais un livre

Cette séquence que nous avons effleuré est en fait l’embryon d’un atelier de lectures « tout public ». Chacun apporte un livre et le résume aux autres, il dit aussi pourquoi il l’a choisi, pourquoi il l’a aimé et cette séquence emporte souvent de l’identitaire.

Lors de la présentation de chaque livre demander aussi « l’identité » du livre. Ce travail est particulièrement important pour les publics présentant des difficultés de lecture : bien les familiariser avec l’objet livre.


« Le dictionnaire amoureux du rugby » de Daniel Kerrero (éditions Plon).: le jeu, les règles, les valeurs, les cultures, les aspects sociaux, découvertes géographiques et histoire.


« Le Petit Prince ». Saint-Exupéry. Gallimard. Folio Junior 06 :

Amitié, amour, rapports de force, identité, lien avec l’autre, la mort.


« Chemin faisant » Jacques Lacarrière  Fayard : besoin de lecture, de grand air et de marche.


«La soif » de Guélassimov. Acte Sud. Babel Poche Emouvant, sensible, tout se lit entre les lignes. Leçon d’humanité et de réparation. Dur mais humain et optimiste


« Le canapé rouge » de Michèle Lesbre (Editions Sabine Wespieser)

(Aller, retour) ?


« Le livre des bibliothèques » Editions Thierry Magnier. Splendides illustrations de bibliothèques et de livres. Beaux textes qui disent le plaisir de lire et d’être en bibliothèque.


« Madame, je veux apprendre à lire ! » : le livre de la transmission de ma vie professionnelle et de l’élaboration de mes ateliers de lectures.


Mon premier souvenir de lecture

 Le lecteur ?

Pris au sens de celui qui sait dégager le sens de ce qu’il lit. IL a l’âge de l’enfant à qui on racontait les premières histoires, les premiers contes. Un auteur c’est celui qui raconte des « histoires » à la place des parents. Pâte des mots, pâte sociale. C’est avec cette pâte là que la personne en situation d’illettrisme a des difficultés. La réconcilier avec malgré son chaos qui lui a fait perdre confiance dans la communauté.

Mon premier souvenir de lecture est une séquence qui plonge dans l’enfance et la lecture c’est de l’enfance.

Pour élaborer son chemin de lecture, nécessité de plonger dans son enfance ; Retrouver les racines de l’arbre


Le livre en tant qu’objet intérieur et extérieur.

Winicott, le doudou, le livre. La triangulation père mère enfant et le processus de création  pour survivre à la séparation, pour progresser dans le chemin qui nous relie à la communauté. Ceci est INCONTOURNABLE pour qui veut mettre en place et animer des ateliers de lectures (référence à Madame, je veux apprendre à lire !)


Qu’est-ce que l’échec scolaire ?

Concerne tous ceux qui n’ont pu répondre aux objectifs fixés par ceux « qui savent » et déterminent la norme. Provoque petit à petit l’exclusion du système scolaire.

Facteurs liés à l’exclusion scolaire :

- quand la famille ne possède pas les clefs et les codes de l’apprentissage

- la rigidité de la norme scolaire

- le rythme ;

- l’interdit, la peur qui provoquent les blocages

-troubles de la triangulation (voir Winicott et Fijalkow)

- les subventions, la politique.


A quel moment de ma vie je lis et dans quels temps ?

Chacun ses réponses


La lecture comme copier/coller

Réponse de groupe mais travailler réponse individuelle.

La presse, ASH, dictionnaire, encyclopédie, atlas, manuels scolaires, Empan, carnets de voyage, littérature étrangère, livres de cuisine, guides touristique, romans



Deuxième journée et la question de la citoyenneté


MATIN


Qu’est-ce qu’un citoyen ?

Celui qui habite la cité. Celui de l’espace public (opposé à l’espace privé).

Espace public : espace citoyen

Espace privé : espace identitaire

Mais dialectique, noeud entre les deux. C’est dans ce noeud là que se joue l’acte de lire.

L’espace citoyen est souvent plus aisé à appréhender dans les ateliers avec des participants « exclus ». Etant exclus ils saisissent souvent au vol la possible insertion dans le nouveau groupe que constitue l’atelier.

Lecture citoyennes : la presse par exemple.


Mise en situation de citoyenneté.

Unité de référence : le groupe des participants de la formation. Trois sous-groupes en situation de lire la presse. Un délégué de chaque sous-groupe pour retransmettre aux autres les questionnements de chacun


Groupe 1

Questionnement portant sur le type de presse parcouru par le groupe.

Comment introduire ce type de presse ?

Comment introduire la notion d’indépendance économique ?

Faut-il aborder les pouvoirs économique et politiques qu’impliquent la presse.

Réponse donnée par MJ :  (après débat animé du grand groupe)

De préférence il vaut aborder développer les thèmes abordés par les stagiaires. L’atelier n’est pas un cours magistral mais un partage d’idées déjà là.

Devoir de réserve pour ne pas bloquer la parole mais valeurs humaines à défendre impérativement (valeurs contre le racisme, le nazisme). Difficultés aussi quand des stagiaires amènent  du porno, du crime etc. Problème des limites de la censure et du paradoxe lire mais pas tout lire.

-répondre à l’éthique de l’institution.

- porter le paradoxe et ses difficultés au niveau de l’équipe quand c’est possible.

Groupe 2

Présentation de la revue bimensuelle L’étranger

Inconnu du grand groupe. Le sous groupe le présente aux autres comme un journal à découvrir.

Journal socioculturel indépendant.

Sujet non abordés par des journaux nationaux ;

Important de donner la structure du journal grâce à l’étude du sommaire.

Remarques : un beau journal, bien élaboré, textes bilingue, poésie palestinienne.

Pour l’étranger ? La majuscule E est colligraphiée. Elle est belle.

Est-ce que le côté culturel pour des gens exclus n’est pas trop difficile.

Réponse MJ : ne jamais hésiter à prendre comme support du culturel. L’important est que le formateur soit à l’aise avec le texte support, qu’il y croit. On ne transmet bien que ce à quoi on croit.

Présenter le culturel comme information est un acte citoyen.

Le journal peut-être présenté sous forme d’un seul article, une photo, une carte.

Encore un point : avec un support de presse, s’il y a plusieurs journaux, les jeter en vrac.

MJ : idem pour les livres. Les poser en désordre. Le trop bien ranger intimide parfois.


Groupe 3

Lire la Dépêche. Etude de la photo centrale puis des titres des articles en périphérie.

Article sur la psychiatrie : sujet citoyen à débattre. Laisser le ressenti apparaître pour amener à la réflexion et à la citoyenneté.

(note : le formateur doit pouvoir répondre sur les deux registres souvent noués : identitaires et citoyenneté, mais parfois  à l’un seul ou à l’autre seul). Bien intérioriser le discours pour y répondre)

on peut aborder aussi le journal sous sa forme régionale.

Plusieurs entrées pour commenter un journal, c’est ce qui fait la richesse de ce support.


Liste des activités citoyennes possibles : du je au nous

- la presse,

- Primo Lévi : « Si j’étais un homme » (dimension de reconstruction possible, notion de solidarité). On travailler à partir de passages photocopiées ou de lectures.

Mais ce qui fait citoyenneté c’est l’inscription de l’activité du groupe dans la cité :

Partenariat divers : BM, musée de la résistance, libraires, le CLAP : pieds à l’encrier, inviter des représentants associatifs,  aller en maison de retraite, liens avec Compagnies de théâtre  etc.

INVENTER à chaque fois la citoyenneté et l’inscription dans la cité. Avoir ses propres idées et être à l’écoute des participants ; Chaque groupe a sa propre dynamique de création. Donc, CHERCHER...


La gageur des ateliers de lectures c’est « faire du français », « de la remise à niveau » dans le mouvement de la motivation retrouvée à partir de l’élaboration des séquences que nous verrons le troisième jour.


La citoyenneté : repères théoriques proposés par MJ : Hannah Arendt, Frédéric poché, Claire Hubert-Suffrin ; Chercher ses propres repères.


Idée directrice : aider chacun à retrouver « du poids psychique »  par ses lectures, par ses livres, « coussins relationnels ». Livres comme médiateur relationnel pour acquérir du savoir.


Questionnement :  pourquoi est-il important de donner du poids aux personnes en situation d’illettrisme ? Ce poids  leur donne un pouvoir de paroles et les inscrit dans la dynamique : liberté, égalité, fraternité, sororité, adelphité.... Ce dernier mot un peu savant et précieux tout le monde l’aime !


Après-midi


Pour attendre les retardataires nous faisons une séance

Cadeau

Sylvie présente un texte du poète Palestinien Mohamed Darwitch Journal l’Etranger . N°10, sept/octobre 2008

Pour info un hommage lui est rendu à Montauban le samedi 6 décembre 2008.

Véronique  lit un texte de Philippe Delerm extrait de Paris l’instant

Christophe nous parle du dictionnaire amoureux du Rugby.

(MJ remercie tout à tour ceux qui offre. Il est très important de remercier ceux qui font du cadeau : instaure convivialité et civilité dans le groupe)

Tout le monde est là on commence le travail


Mise en place de trois sous-groupe différents de ceux du matin.

Cette fois-ci les sous-groupe sont constitués par profession pour déjà introduire au travail du 3ème jour : élaboration d’ateliers individuels, selon les publics

Chaque sous- groupe choisit son identité

1) Alphabétisation : Véronique, Monique, Corinne, Caroline

2) Municipaux : Lina, Odile, Rachid, Christophe

3) Bénévoles polyvalentes : Sylvie, Christiane et Christine


consignes de travail

- Définir l’identité professionnelle selon ses propres critères et relations avec le public

- Analyse qualitative et quantitative de la place identitaire et citoyenne dans chaque profession représentée

- Place du politique et de l’économique dans chaque profession

- Place du livre dans le quotidien

-  Problématiques diverses

Sous-groupe « alphabétisation »

- Fonction professionnelle : transmission des savoirs de base

- Relations au public : faire des liens avec l’extérieur et des personnes, répondre aux demandes diverses, apporter des outils pour devenir autonome.

- Faire le relais entre les personnes et l’extérieur.

- Place égale de l’identitaire et de la citoyenneté

- Politique et économie : pas assez de sous mais les bénévoles ont un sentiment de liberté par rapport aux professionnels.

- La politique est indissociable du travail social.

- Place du livre est prépondérante : beaucoup de supports écrits très variés.


Sous-groupe « les municipaux »

- assurer un service public donc ouvert à tous, individuellement et collectivement (écoles, assos, institutions)

- travail essentiellement sur la citoyenneté. On ne pose pas de questions aux personnes sur leur vie.

MJ Peut-on poser des questions aux personnes sur leur goût de lecture pour les orienter vers les rayons selon leur demande (si oui, léger ancrage identitaire). A revoir le 3ème jour.

- citoyenneté encore : les abonnés sont des électeurs.

- La place du livre est prépondérante mais actuellement il existe de nombreux autres

supports qui peuvent ramener au livre .


Formatrices polyvalentes

-A mi-chemin entre l’animateur et l’enseignant

- Dans le faire et savoir-faire

- Relation de confiance à créer avec le public sinon l’info ne passe pas (moins à l’écoute)

- autant dans l’identitaire que dans la citoyenneté

- Place immense de la politique : les formations n’existent que s’il y a le budget.

L’action dépend des directives, des commandes. Importance des comptes-rendus aux financeurs

- On peut plutôt parler de supports écrits plus que de livres. La place du livre n’est pas aussi importante qu’elle devrait être dans les associations. Envisager un partenariat avec les bibliothèques.


MJ : importance de l’égalité dans la relation citoyenne.


La fin du groupe est un peu chaotique liée à la grande fatigue de tous. Je confonds conclusion de ce deux jours et évaluation, du coup on fait ni l’une ni l’autre !

Si vous avez le courage, élaborez vous m^me ce qu’aurait pu être la conclusion de ces deux journées de travail.


Pour ma part, j’ai la nette impression que nous avons bien jonglé avec les notions si importantes d’identitaire et de citoyenneté. Pour clore le travail, nous avons relu les deux questionnements (séries de questions du matin et de l’après midi) et nous avons été tous sensiblement à leur enchaînement logique.


Je vous souhaite donc, à tous, à partir de ces notes et des vôtres, à partir de vos associations d’idées qui en découleront dans le temps de repos, d’élaborer votre chemin de lecture qui est si impératif pour élaborer « votre atelier de lecture » adapté à « votre public ».


Pour le troisième jour, n’oubliez pas d’apporter :

- votre chemin de lecture rédigé par écrit

- des crayons de couleurs. Nous retrouverons notre enfance !


Bon travail !

Amitiés à tous

Marie-José Colet


PS N’hésitez pas à me poser des questions si nécessaire par mail  










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