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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 18:13

 

Avec le récit est née la nouvelle science qu’est  la Narratologie   dont les grands noms sont Vladimir Propp (linguiste russe, 1895-1970) dans sa Morphologie du conte (1928) analyse 31 fonctions du conte de fées ; parmi elles la transgression, la médiation, la reconnaissance, la punition, il analyse aussi les rôles des personnages dans des sphères d’action qui se répètent dans la variation qu’est l’histoire, Mikhaïl  Bakhtine (critique littéraire 1895-1975) qui a plus particulièrement étudié la temporalité, Algirdas-Julien Greimas (sémioticien français 1917-1992), Tzvetan Todorov (linguiste et essayiste né en 1939, en Bulgarie) qui s’est attaché à étudier la grammaire universelle du récit, Gérard Genette, qui s’est attaché à la rigueur du texte et enfin Ricoeur, phénoménologue contemporain qui a écrit sur l’herméneutique du récit. Tous se sont attachés, par leurs travaux, à ouvrir les multiples portes du temps  de l’objet « récit ».

 

Lire ouvre le temps d’un ordre ou d’un désordre, d’une fréquence, d’une vitesse, d’une expérience fictive ou non, d’un long discours subjectif sur le monde.

 

Le temps du livre est le temps de la « coopération  interprétative » dont parlent Umberto Eco et en d’autres termes, Ouaknin, plus récemment Texier et tant d’autres. La liste serait longue. Un livre n’existe pas seul. Il a besoin de son lecteur qui le lit, générant ainsi le temps vivant du récit qui sans lui resterait lettre morte. Le temps du récit est vivant du regard, des affects, de l’histoire des hommes qui l’effeuillent, page à page. Le temps du récit est un temps construit par le lecteur et par nos publics. Le temps du récit est le temps des possibles. Notre travail de professionnel est d’être attentif à cette construction qui toujours varie, d’être attentif aux possibles générés par chaque lecteur à partir de ses lectures pour pouvoir lui répondre et accorder pleinement au livre son étonnant pouvoir de médiation avec nous, avec le récit, avec la culture dans lequel il s’intègre.

 

Le temps du récit, temps qui dit le temps des possibles de tous, écrivains et lecteurs est pour moi le temps pluriel du meilleur de l’humain parce que le temps des pensées à cueillir malgré le froid, parfois, de la solitude.  MJA

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