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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 14:48

L'identité au risque de l'être


CHERCHER ET TROUVER

 


Je veux écrire le duvet de l’espoir. Tous, nous travaillons tant, si souvent dans le noir de nos valeurs piétinées par ceux qui s’obstinent à ne rien comprendre à la dignité humaine et ceci dans tous les domaines.

J’ai mal à nos luttes qui depuis des années durent dans le fil des jours, écrivant nos toujours sans cesse remis à demain. Prenons-nous par la main et dans le temps de nos rimes brisées inventons un ciel irisé.

Chaque jour, je meurs un peu plus de ne pas y arriver à trouver l’espoir malgré le soleil de l’été, malgré les chemins de randonnées, malgré les montagnes quand elles font cascades, malgré le sable quand il cesse d’être sablier pour dire simplement les corps bronzés.

Chaque jour un peu plus je m’enfonce dans mes incertitudes sur le bonheur. Comment être heureuse cernée par tant de guerres et d’injustices ? On me dit, ne porte pas la misère du monde. Conneries ! Elle me porte, elle, la misère chaque jour un peu plus dans la tombe.


J’ai vu un cercueil pivoter lentement et s’avancer encore plus lentement vers sa crémation.


Se taire et pleurer.


Je veux de mon vivant être au monde.

Je veux de mon vivant vivre une grande ronde

Je veux de mon vivant vivre des engagements

Je veux de mon vivant ouvrir des milliers de livres

Je veux de mon vivant qu’ensemble

 nous marchions sur la route de nos lectures.

Je veux de mon vivant

Comme les amis de Gandhi

 marchant sur la route du sel

Marcher sur la route des livres


Eux c’était  le sel

Nous, ce sera les livres

Nous ne marcherons pas nu-pieds

Nous aurons de beaux atours

Et contre les rides nous lutterons

Hommes et femmes de livres nous serons

Sur la route  nous avancerons



Le savoir est notre seul espoir. Il ne faut pas croire ceux qui disent le contraire, ceux qui veulent faire mourir le monde de misère et de bêtise. Moi, de toutes mes forces je crois au savoir, à l’espoir, à la connaissance. Je crois à la diversité des théories, au pluriel des recherches, à nos regards enchantés, à nos âmes passionnées. Je crois à notre bruit et à notre fureur, je crois à nos colères contre la connerie, je crois à nos manifestations dans les rues et sur nos pages de toujours, je crois à nos actions pensées. Cherchons ! cherchons ! Qu’un sang pur abreuve nos sillons et surtout qu’il ne coule pas. Nulle part. Moi, les guerres, jour après jour ça ronge mes toujours, ça brûle mes songes, ça m’empêche de penser. Je suis là, stupide à n’y rien comprendre. On fait la guerre et après on fait la paix. Quelle connerie la guerre ! il a dit Prévert. Moi, je veux être Barbara, non pas celle qui pleure mais celle qui lit ses livres, vos livres, celle qui raconte dans un temps des mille et une nuit les milles un livres qui font que la vie vaut la peine d’être vécue.

J’écrirai, chaque jour je vous parlerai de quelqu’un de bien, de quelqu’un que vous aimerez, de quelqu’un que peut-être vous connaissez, de quelqu’un qui vous donnera le désir de prendre la route avec moi. La route des livres. Nous irons, notre sac à dos plein, nous ferons des haltes dans les bibliothèques de nos villes, nous irons en librairies et même, pourquoi pas au salon des livres, nous écrirons aux éditeurs, nous organiserons des rassemblements et des forums, des colloques et des rencontres, nous inventerons notre savoir, sans cesse nous mettrons en question nos questions mais nous trouverons des réponses ; les réponses c’est le plus important. Sur notre route nous nous arrêterons et nous dirons heureux : « ça y est j’ai trouvé ! »


J’ai trouvé : je sais que l’autre existe, je sais qu’il a besoin de mes livres pour être reconnu, pour exister dans sa dignité que sans cesse parfois on lui confisque,

J’ai trouvé, je sais que l’histoire existe, qu’elle a un sens et qu’il faut la transmettre pour que le monde continue sa ronde !

J’ai trouvé, je sais qu’il existe avec mes milles et un livres milles et une associations  qui les défendent !

J’ai trouvé, je sais qu’il faut des sous beaucoup de sous pour nos changements, nos inventions, nos constructions, nos formations !

J’ai trouvé, la vie a de la valeur !

J’ai trouvé,  la question n’est pas d’avoir raison ou non mais d’être !

J’ai trouvé, la question n’est pas d’avoir mais d’être !

J’ai trouvé, à partir de l’être on inventera ensemble  nos actions !

J’ai trouvé nos actions naîtrons de nos passions !

J’ai trouvé, nos livres portent nos sentiments bien plus que nos idées !


J’ai trouvé ! J’ai trouvé ! Je continue sur la route des livres dans le temps des saisons et de l’amitié, dans le temps de l’espoir. Et nous éclaterons de rire grâce à nos dires, grâce à nos livres.


Moi, j’y crois à tout ça.

Moi, j’y crois au jour le jour,

Moi, j’y crois aux livres feuilletés, aux livres soulignés, aux livres recopiés, aux livres partagés, aux livres intériorisés, aux livres racontés, aux livres lus.

Moi, j’y crois aux bibliothèques, aux médiathèques

Moi, j’y crois, j’y crois à tout ce monde du livre, à ses acteurs et à ses lecteurs !


Moi, j’y crois à la route des livres. Par exemple dans mon blog, il y a une catégorie « Les inventeurs partagent leurs lectures ». Chaque jour, avec vos mots, avec votre style, avec votre cœur, racontez vos livres et comme ça sur notre route on parlera, vous savez comme en balade, deux à deux ou par trois, ou en file indienne. Parfois même on chantera nos hymnes et nos espérances.

Moi, la sage Marie-José sur mon ordinateur je saisirai, je vous saisirai.  Dans le fil de mon clavier et de mes pensées je ferai notre carte du tendre. Quelle balade de par le monde, mes amis je vous propose là !


Nous tenons la paix et le changement dans nos livres ouverts, dans nos recherches persévérantes, dans notre espoir dans le possible, dans notre humanisme quotidien, dans nos valeurs affirmées, dans nos différences acceptées.


Nous tenons la paix et le changement dans nos yeux grand ouverts sur la misère, sur les injustices, sur les guerres. Savoir les regarder à partir de nos livres, savoir regarder droit dans les yeux le chaos du monde, ne faisons pas l’autruche ; les livres sont « l’anti-autruche ». C’est de ce regard grand ouvert sur le monde

que naîtrons,  non pas un défaitisme passif, des pensées amères et si inutiles mais nos engagements. A être sur terre vivons ! Chacun son espace, chacun son engagement, chacun ses livres, il y a tant à faire ! Chaque voix compte !


Sur la route des livres, engagés dans nos quêtes nous serons, et de  la puissance de nos engagements naîtront la force du changement. Notre engagement écrira notre être au monde et notre être au monde sera notre engagement dans une dialectique splendidement humaine.


Allez, en route !


Cherchons et trouvons ensemble, sur nos lieux de travail, dans nos livres et par nos livres.  Cherchons c’est à dire inventons chaque jour nos pratiques sociales ou autres, inventons dans une résistance au conformisme qui brise l’âme de notre travail quotidien,  inventons dans une refus de tout financement qui primerait sur l’éthique première de nos tâches à accomplir, inventons en cherchant de nouveaux financements cette fois-ci adaptés à ce que nous faisons et comment nous pensons le faire. Inventons, cherchons, trouvons, pensons. Ne renonçons jamais  à la pensée, ne pensons jamais dans notre tour d’ivoire, pensons sur le terrain, avec tous.  . Travaillons à chercher, travaillons à trouver, travaillons à communiquer ce que nous avons trouvé. Chercher sans trouver est stérile, trouver sans transmettre est stérile.


En cherchant, j’ai trouvé dans le temps de mon blog, des inventeurs qui nous donnent l’espoir d’un monde au travail du possible. Alors, j’ai choisi de vous confier trois articles. Je demande pardon, à ceux que je ne cite pas mais que tous sachent qu’ils sont sur mon blog et dans mon cœur . Allez les découvrir, ils vous donneront du cœur à l’ouvrage. Je le sais.


J’ai choisi des articles qui  témoignent de trois tragédies de l’exclusion parmi hélas de nombreuses autres  : les étrangers, les femmes subissant des violences conjugales, les personnes en situation d’illettrisme :





1. Viviane Gross, Présidente régionale du Sud-Ouest, accompagnée du Délégué régional, Pierre Grenier, a eu  la gentillesse de me confier le texte de sa conférence qu’elle a faîte à l’Ancien collège de Montauban. Je la remercie vivement

La Cimade, ce soir là était l’invité du SMERP : Société Montalbanaise d’Etudes et de Recherches sur le Protestantisme.

C’est donc à partir de notes prises le 24 juin dans le fil de ses mots passionnants et à partir du texte écrit de sa conférence, dont je cite de larges passages, que cet article est rédigé

Viviane Gross donne un aperçu détaillé de l'histoire de La Cimade Elle le fait non d’une place d’historienne mais de sa place d’équipière bénévole. J’aime ce dernier terme qui dit la notion d’équipe et de bénévolat à la Cimade, d’amitié et d’engagement.

Une histoire de la Cimade fondée sur des statuts dont Viviane rappelle quelques uns d’essentiels. Je la cite :

« La Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d'assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur position politique ou religieuse. En particulier, elle a pour objet de combattre le racisme.

La Cimade est une forme du service que les Eglises veulent rendre aux hommes au nom de l'Evangile libérateur. Elle travaille en liaison avec le Conseil Œcuménique des Eglises, la Fédération Protestante de France, l'Eglise Orthodoxe en France, et collabore avec divers organismes catholiques et laïques, notamment au service des réfugiés, des travailleurs migrants, des détenus et des peuples des pays en voie de développement.

La Cimade rassemble des personnes d'horizons nationaux, confessionnels, philosophiques et politiques divers, engagées dans ce service.

La Cimade entre ainsi dans un vaste réseau d'actions œcuméniques, nationales et internationales, humanitaires et politiques, pour un monde plus juste. »

Des points forts de l’histoire de la Cimade :  Je cite Viviane :

« Dans les années 30, la pensée protestante, en France comme en Allemagne, n'est pas sans réaction devant la montée du nazisme. Quelques noms qui font référence : Martin Niemöller, Dietrich Bonhoeffer, Karl Barth et son célèbre : « La journée doit commencer avec une bible dans une main et le journal dans l'autre ». Roland de Pury, Marc Boegner, Pierre Maury et Suzanne de Dietrich. Celle ci fut avec Madeleine Barot l'une des premières chevilles ouvrières de la Cimade.

En effet, en 1939, au moment du déclenchement des hostilités, le gouvernement français déplace les populations civiles habitant autour de la ligne Maginot, et les regroupe dans le sud de la France. En Haute-Vienne plus ou moins 60 000 personnes, en Dordogne 70 000, dans le Gers 6 000, les Landes 28 à 30 000 et le Lot et Garonne 12 000, Béarn (Mulhouse), Htes Pyrénées (Colmar).

Suzanne de Dietrich, alors secrétaire générale de la Fédération Universelle des Associations Chrétiennes d'Etudiants (La Fédé), s'adresse au CIM = Comité Inter-Mouvements de jeunesse, qui réunit Eclaireurs et Eclaireuses unionistes, Union Chrétienne de Jeunes Gens et Union Chrétienne de  Jeunes Filles et la Fédé. Elle leur demande de « témoigner de l'amour du Christ » en faveur de ces déplacés, population accueillie souvent de façon précaire. Elle fait au Comité un rapport détaillé sur la situation des évacués. Les dirigeants du CIM décident alors la création du Comité Inter-Mouvement Auprès Des Evacués. La Cimade est née. Madeleine Barot en devient la première secrétaire générale et Marc Boegner le président.

Dans la même période, Madeleine Barot est appelée à visiter le camp de Gurs par le pasteur Jacques Rennes de Sauveterre de Béarn qui se rend régulièrement au camp où il organise des cultes. Ce camp ouvert en avril 1939 accueille tout d'abord les républicains espagnols, et des combattants des brigades internationales dont le retour dans leur pays d'origine était impossible. Ce qui représente environ 20 000 personnes originaires de 52 nations. Les conditions d'accueil sont déplorables. En 1940 la population du camp est largement modifiée par les départs des premiers internés (il reste quand même 1 500  espagnols), et l'arrivée des indésirables du gouvernement de la France, soit  plus de 9 000 femmes, 300 enfants dont 39 nouveaux-nés, 1 300 communistes ou pacifistes français.

Très vite à l'intérieur du camp, l'installation d'une baraque, intitulée « secours protestant », est autorisée. Cette baraque qui a un coin logement pour les équipières et une salle de réunion, devient un lieu privilégié. La Cimade s'occupent autant des questions matérielles (distribution de vêtements, de produits d'hygiène etc.) que des besoins psychologiques, culturels (expositons, concerts, causeries) que spirituels. Ces actions s'adressent à celles et ceux qui le désirent sans distinction. Jeanne Merle d'Aubigné, équipière, disait : « l'activité culturelle et cultuelle surgissait comme une protestation de vie. 

D'autres camps ont vu le jour : Agde, Argelès, Riveslates, Brens, Noé, Nexon. »

Les premiers équipiers bénévoles s’engagent et commencent à travailler à l’accueil. Ils aident à traverser les Frontières et à constituer des papiers. Mise en place d’un réseau de Partenaires et la réflexion continue avec divers théologiens venus d’Europe. En 1942, des textes sont rédigés sur les rapports de l’église et de l’état, sur le respect des libertés individuelles, sur l’antisémitisme.

Puis c’est le temps de la libération. La Cimade aide les personnes déportées, les réfugiés venant des pays satellites de L’URSS et commence les visites dans les prisons. S’active aussi dans les villes reconstruites telles que Caen, Dunkerque et quelques autres sinistrées (notamment, villes de l’Est)

Puis, je cite Viviane encore

La  Cimade  œuvre aussi à la réconciliation. A la demande des Eglises allemandes, dans un souci de réconciliation et une perspective œcuménique, la Cimade accepte d'aller en Allemagne dans la zone française. Elle organise, parallèlement à cette présence, l'accueil des étudiants allemands en France.

« Toujours en 1945 des réfugiés Polonais arrivent en France. Un centre d'accueil est alors créé à Sèvres, puis à Massy par l'Eglise orthodoxe. »

En 1955 la Cimade commence son action au Sénégal avec un envoi de soins ophtalmologiques et crée à Dakar le centre BOPP, centre qui deviendra sénégalais en 1975.

« En 1957, à la demande du Conseil œcuménique des Eglises (Organisation Internationale des Réfugiés – changement en 1950) la Cimade installe une équipe féminine à Alger puis une autre à Médéa. Jusqu'en 1962 elle agira toujours en réseau (Eglise réformée en Algérie, associations locales, le Comité Chrétien de Service en Algérie, le Service d'Entraide protestante de Suisse, la Croix Rouge, le Secours Catholique, etc.). La Cimade organise un soutien, surtout parmi les femmes et les enfants. Elle est autorisée à entrer dans les Centres d'Assignation à Résidence en 1958. 

La Cimade lance différents appels dénonçant la situation catastrophique en Algérie. Elle appelle à la reconstruction, au vivre ensemble.
La Cimade sera aussi présente en 1962 à Marseille à l'arrivée des rapatriés, mais aussi dans les camps d'anciens Harkis dans les Cévennes.

En 1961 diverses actions de solidarité démarrent avec des résistants d'Angola, du Mozambique. La Cimade aidera à la sortie clandestine et mouvementée de tout un convoi d'étudiants angolais du Portugal vers la France. »

 La Cimade agit toujours sur les causes des situations d'exil et d'exclusion, « afin de tenter d'infléchir les politiques, que ce soit ici, en France et en Europe, ou là-bas, dans les pays d'émigration. »

Quelques exemples donnés par Viviane Gross :

- Critique de la loi Bonnet-Stoleru de 1979 sur les conditions de séjour et de travail des étrangers.

- Autorisation pour la Cimade d'être présente, par décret, dans les centres de rétention (1984)

- Campagne pour la défense du droit d'Asile (1990-1991)

- Soutien au mouvement des sans papiers (1995-1996)

- Campagne double peine (2001-2002)

- Critique de la loi Sarkozy. (2006)

Puis publication des « 75 propositions «  qui reprennent 6 principes fondamentaux :

1. Rétablir la libre circulation

2.  Redonner sa force au droit international et aux Droits de l'Homme


 

3. Instaurer un droit stable pour les étrangers

 


4. Réaffirmer que « tous les citoyens naissent libres et égaux en droits »

5. Permettre à chaque personne d'être citoyen du pays dans lequel elle réside,

6. Sortir de la logique d'enfermement et de renvoi forcé des étrangers.


Viviane Gross conclue

« La Cimade c'est d'abord une action de témoignage ancrée dans une réflexion spirituelle préalable à l'engagement.

C'est un témoignage de solidarité envers les plus souffrants.

La Cimade est toujours engagée dans la défense de la personne humaine.

La Cimade est restée un mouvement et pas seulement une structure caritative. Vouloir ainsi combiner l'action et les convictions n'est pas toujours facile à comprendre.

Agir réellement c'est travailler avec les forces politiques, administratives et financières, sans se perdre.

Agir, c'est risquer d'oublier les raisons fondamentales de l'engagement.


Agir pourrait conduire à la satisfaction de la mission accomplie, alors que les inégalités ne cessent de croître, le nombre des exclus de s'agrandir. »

La Cimade est au cœur de la souffrance des exclus, des exilés, des émigrés à qui on a confisqué la parole, créant ainsi une double peine. La Cimade travaille à restaurer leur dignité en les aidant à retrouver leurs droits et leurs papiers

Tout au long de cette conférence, dans le temps appliqué de ma prise de notes, j’ai réfléchi sur mon engagement dans la Cimade.

Je sais que c’est la triple dimension : solidarité pour ceux qui souffrent, œcuménisme, et interculturel qui m’a fait rejoindre la Cimade.

A Montauban, nous avons accueilli cette année, un public composé de 59 nationalités différentes

Trois phrases capitales qui disent la Cimade :

« Solidaires ici et là-bas »

« parce qu’il n’y a pas d’étrangers sur cette terre »

«  parce que l’humanité passe par l’autre. »

 Enfin, je veux préciser que cette conférence passionnante était  accompagnée d’une bibliographie précieuse que je vous invite à consulter.  Il n’y a pas de lutte contre l’injustice sans savoir, il n’y a pas de savoir des hommes sans savoir des livres. C’est mon intime conviction, celle pour laquelle j’ai crée ce blog : les inventeurs de lectures.

Je remercie Viviane Gross pour cette conférence d’une grande richesse et pour sa bibliographie. « La sienne ». L’une comme l’autre ont beaucoup apporté à l’équipière bénévole que je suis.

Viviane, Merci ! Merci ! Merci !

 

Documents consultés

-Madeleine Barot parAndré Jacques. Chez Labor et Fides.1989

-Aux origines de la Cimade. Alain Guillemoles et Arlette Domon. 1990

-Cahiers d'histoire Cimade. N° 1.2. 3 et 4. 1996 et 1997

-Réforme N° 765. Édition spéciale. Novembre 1959.

-Revue  Cimade   septembre   1991. Algérie, résurgence de la mémoire.

-Revue Cimade Causes Communes. Les cèdres de l'espoir, décembre 2004.

-Encyclopédie   du   Protestantisme. Cerf/Labor et Fides.

-Notes de Violette Mouchon dans les archives de la Cimade

-Les thèses de Pomeyrol.

-ÉTHIQUE de Dietrich Bonhoeffer. Labor et Fides.

-Le camp de GURS 1939-1945, un aspect méconnu  de l'histoire du Béarn. De Claude LAHARIE (Infocompo à Pau- 1985)

-Les clandestins de Dieu, Cimade 1939-1945Jeanne Merled'Aubigné. Fayard Paris 1968

-Souvenirs (1921-1950) Jacques Rennes – Archives Cimade

-Doc Alain Brigodiot Texte 2007 – Archives Cimade

-Suzanne de Dietrich (1891-1981) par Antoinette Spindler-Theis – Archives Cimade ou chez l'auteur.

-Cahier Devenir bénévole.



2. Prends garde à toi 

(vidéo)

Un document pédagogique réalisé par Maïté Debats et Carol Prestat

APIAF Décembre 2005

31 rue de l’étoile 31000 Toulouse

mail : apiaf@wanadoo;fr

tél : 33 (0)562737262


Cette vidéo est un document pédagogique crée dans le cadre du COVEF ayant pour but le développement de la formation des acteurs sociaux travaillant auprès des femmes victimes de violences domestiques a auprès d’auteurs de violences.



Un film d’images et de mots.

Images de visages. M..., femme harcelée qui a traversé le cercle de feu et qui nous montre maintenant son visage apaisé, son regard clair, sa voix posée : « ça va les enfants ? » dit-elle au cours de son récit de douleurs. Elle est bien coiffée, bien maquillée. Elle est femme. Femme gagnante. Elle a gagné sur le harcèlement qu’elle a vécu tant d’années ; elle a gagné sur l’horreur. « Elle ne veut plus sentir sa bouche mourir de silence » dirait  Denis Langlois.

Un visage caché aussi, mais une voix décidée, celle d’une autre femme qui se confie.


Visages de professionnels attentifs et chercheurs, visages émouvants de spécialistes au travail d’une lourde tâche : Luis Bonino, psychiatre  et directeur de recherche de Madrid qui a la gorge nouée tant il est remué, Dorothea Hecht de  Berlin, Marya Gencheva et Jivka Marinova de Gert (Sofia), Françoise Cherbit de SOS Femmes (Marseille) et surtout les visages splendides, lumineux d’intelligence de Marike Gueurts et Françoise Debats de l’APIAF. Cela pour les visages admirablement filmés, cela pour les images. Cela pour le solide travail des cinéastes  accomplies que sont Maïté Debats et Carol Prestat qui dirigent avec fermeté leur caméra dans un étonnant chemin de mots, balisé par un plan rigoureux qu’il me paraît nécessaire de reprendre pour ne pas trahir ce travail de réflexion approfondie sur le harcèlement moral, véritable tragédie humaine. Un scénario à la Hitchkok mais cette fois-ci il ne s’agit pas de fiction mais de réalité.


Tout d’abord : le titre : Prends garde à toi . Un titre qui dit la menace qui pèse sur la femme pensive de la couverture de la vidéo. A quoi pense cette femme ? Elle pense au scénario de sa vie qui se fait doutes et   Et c’est déjà le premier mérite de ce film : arracher les femmes harcelées à leur solitude en mettant des mots et un ordre rigoureux sur leur tragédie. Certes, il existe des hommes harcelés, il faut le dire mais c’est principalement des situations vécues par des femmes, c’est pour cela que cette vidéo traite du calvaire des femmes mais par la profonde réflexion engagée on peut, bien sûr, réfléchir aussi sur celui des hommes harcelés. La vidéo parle donc des femmes dont la douleur du harcèlement est spécifique mais dans un coin de l’image, je pense que les hommes harcelés ne sont pas oubliés et peuvent se reconnaître. Mais il est important de noter que si hommes harcelés il y a, c’est sous une forme différente que cela se produit. douleurs. Elle pense à sa solitude. Un titre qui dit aussi l’impératif attentif adressé à une femme : Prend garde à toi.


Le film présenté  fait le choix de donner la parole à des femmes qui ont été victimes de violences conjugales et ont franchi le pas de la séparation.


Cet outil pédagogique se présente comme un livre dont on tourne les pages dans la lenteur de chapitres denses et synthétiques qui donne toute la cohérence de la pensée des auteures. Je me suis appliquée à respecter cette cohérence et à suivre cette pensée dans la chronologie que nous révèle le film même si pour rendre plus aisée la lecture de cette note, je n’ai pas nommé les chapitres.

.

Le film s’ouvre sur un gros plan de M…


 « Je ne sais pas comment j’ai fait pour tenir. « Des preuves, je n’en avais pas, » alors je ne pouvais porter plainte. » M… parle, M… dit « le sourire méchant, les pneus crevés », elle dit l’insaisissable de la relation, de la violence psychique. Elle dit l’intangible qui fait que personne ne la croit, que la justice ne la soutient pas. « C’est traumatisant le harcèlement ». Mot essentiel me semble - t- il : « traumatisant ». Le harcèlement est un traumatisme physique ou psychique, ou les deux. Un coup violent sur le corps ou sur l’âme. Ainsi est souligné avec justesse le déni de l’homme qui harcèle : déni du divorce, déni de la rupture. Ces hommes n’acceptent pas de lâcher. « j’ai essayé tous les moyens possibles pour la retenir, mais ça n’a rien donné donc je vais lui faire peur. » Ainsi s’articule la terrifiante logique du harcèlement. Terrifiante car elle pousse parfois la femme au suicide. Mais ce n’est pas un suicide c’est un meurtre. Les femmes harcelées vivent un véritable film d’horreur parce qu’elles sont enfermées dans un « on ne me croit pas. » parce qu’il existe un mythe très fort autour de l’amour fou, de l’homme « abandonné » dans son mal-être. Marike Gueurts souligne alors la nécessité d’une enquête et la nécessité d’écouter la femme. Pourquoi la femme inventerait- elle une souffrance si intime ? Ecouter et croire la femme.. Entendre, écouter la plainte, la resituer dans le contexte de vie de la femme qui parle est essentiel car il est prouvé que les violences physiques ont toujours été précédées de violences psychologiques ou sexuelles. Les travailleurs sociaux doivent laisser cette idée de preuve à la police et à la justice et doivent bien plus être dans une dynamique d’écoute et de dialogue avec la femme qui vient se plaindre intimement à eux.


Puis nous suivons les auteures dans un chapitre essentiel qui dit combien « il faut en finir avec la désastreuse confusion entre conflit conjugal et violences conjugales »


Une distinction fondamentale est articulée comme repère pour l’accompagnement de ses femmes : la séparation est-elle acceptée ou déniée par le partenaire ? La femme a fait un immense chemin pour arriver à cette rupture, son partenaire lui laissera-t-il passer son chemin ? La femme n’a plus de colère, elle veut simplement passer son chemin et c’est un travail très difficile pour elle, car socialement, elle a le mauvais rôle en laissant cet homme sur le bord de la route. Mais la femme est certaine qu’elle souhaite la séparation et c’est là la différence avec le conflit conjugal . La femme veut « passer son chemin » voilà ce que refuse et dénie l’homme violent. Ainsi la violence sur la femme et sur les enfants s’installe dans l’irrespect de la décision de la femme :


Cet homme, l’auteur des violences  dit « tu n’as pas le droit de me quitter » ou il dit « Tu peux me quitter mais je garde les enfants. » C’est ça le scandale, l’inacceptable. « On n’a pas le droit de dire cela. »C’est instaurer un véritable climat de guerre à partir des enfants. C’est ça la violence


Les femmes savent toutes le chemin qu’elles ont eu à parcourir pour s’extraire de l’inacceptable et on leur a souvent signifié qu’elles ont accepté longtemps l’inacceptable.  « En réduisant le harcèlement à un conflit conjugal, on les empêche de s’extraire de cet inacceptable là, on calme le jeu et on les rend prisonnières de la violence subie. » Le rôle des travailleurs sociaux dans ce contexte là est extrêmement important soulignent les auteures. On en revient toujours là : écouter la femme, l’entendre en ne l’enlisant pas dans ce qui serait un conflit conjugal. Bien repérer quand la femme veut passer son chemin, qu’elle a trop souffert et que c’est maintenant fini, la négociation n’est plus possible : elle veut la paix. Mais la paix ne doit pas être à n’importe quel prix. La nuance est importante. « la femme veut la paix mais ne veut pas faire la paix. » Il ne faut surtout pas les mettre dans la position de faire la paix : ce serait les mettre dans le même déni que leur partenaire qui dénie la séparation. C’est la femme qui paierait le prix fort de cette paix car elle continuerait d’être harcelée. « Le juge serait en paix mais la femme non. » Donc éviter le piège de l’amiable.


C’est alors que le film interroge la question des enfants « exposés » aux violences conjugales

Le piège de l’amiable fonctionne « pour les enfants ». Il faudrait toujours s’en tenir au cadre de la séparation car souvent les enfants sont malheureusement utilisés comme prétexte pour

s’approcher de la mère et la harceler.  L’amiable fonctionne comme une machine infernale pour les femmes qui veulent « passer leur chemin », «  qui veulent la paix. »


C’est à ce point du film qu’il est présenté une excellente différenciation du tiers et du médiateur en regard de cette distinction essentielle entre conflit conjugal et  violences conjugales.


Il faut des tiers mais non pas des médiateurs.

« Médiateurs cela voudrait dire qu’on essaierait de faire négocier deux personnes qui seraient à égalité co-responsables. » Il est impossible de fait ce travail lors de la dénonciation des violences. Il est impossible que deux personnes parlent quand l’une a peur de l’autre. « Par contre les tiers vont aider les deux partenaires à se positionner séparément. » A chaque fois, le travailleur social doit se souvenir de ce que la femme a raconté de sa terrible souffrance. Il n’y a pas commune mesure entre une dispute et « le fait d’annuler l’autre. »


C’est parce que cette distinction entre  conflit conjugal  et harcèlement moral est essentielle qu’il faut mettre en place des grilles d’analyses très fines pour savoir quel type de relation se joue entre mère, enfant, père, mère et ainsi en finir avec « une parentalité chimérique. » Il faut définitivement faire le deuil d’une bonne relation entre le père et la mère puisqu’ils sont divorcés mais il faut aider le père à se repositionner et accepter que ce n’est plus possible de vivre ensemble. « C’est le droit de la mère de se séparer du père » et c’est pour cela donc qu’il faut cesser « l’intolérable droit de surveillance » ; cela est filmé dans le temps d’une confidence d’une femme dont on ne voit pas le visage qui raconte comment, avec l’autorisation de l’éducatrice, le père avait accès à sa propre intimité par le biais des enfants (voir chapitre « Risque de l’amiable »). Ainsi les insultes et le harcèlement continuaient. Sorte de chantage via l’éducatrice. Les travailleurs sociaux doivent être vigilants au cadre et le  faire respecter car s’il y a violence, l’égalité parentale est rompue et le couple parental ne peut plus être pensé de la même façon. Et apparaît à nouveau la notion de tiers qui prend acte de la séparation de part et d’autre et permet de construire un couple parental alternatif. Le tiers c’est celui qui va aider le parent délaissé à cheminer dans le fait qu’il doit accepter cette séparation, accepter un cadre qui imposera les droits et devoirs de chacun dans le respect mutuel des deux partenaires. «  Le socle d’une vraie parentalité  est  le respect de l’autre parent. : responsabilité parentale et alternative. »


Puis est interpellée avec intelligence la notion de présence du père en regard des compétences de la mère. Socialement le père est vécu comme devant être présent et la mère comme devant être compétente et protectrice de ses enfants. Le film avance un étonnant paradoxe à approfondir  dans le fil des mots de Françoise Debats quand elle s’adresse aux mères  : Ne laissez pas croire à vos enfants que vous pouvez les protéger .Ce passage est difficilement soutenable car non évident socialement et il déconstruit un cliché.


Enfin est abordé la notion essentielle « des parents suffisamment bons »Est alors développée  la question pour la mère et pour le père des limites pour que l’enfant puisse se construire dans un cadre où le oui n’existe pas toujours et cela même dans un cadre de parents alternatifs. Se pose là une nouvelle parentalité à interroger et à faire exister quand la mère a décidé de passer le chemin. Décidément j’aime cette expression.


On trouvera aussi dans ce film « un livret noir », livret terrible qui dit la position terrible de la mère qui part et qui est harcelée. Quoiqu’elle fasse, elle a tort. Du côté de Kafka. Témoignage douloureux consécutif à un placement suite au départ de la mère n’en pouvant plus d’être harcelée. Quel est le sens de ce placement ? Comment signifier aux enfants que le père n’accepte pas la séparation. ?


Puis succèdent pour finir des vignettes cliniques très émouvantes, sobrement écrites en noir et blanc. Couleurs deuil et sur un fond de silence et de lenteur. Poignant.


Les auteures insistent sur la nécessité « de donner du sens » aux situations les plus douloureuses et de retrouver avec ces femmes en danger quelle fut leur chemin et les obstacles rencontrés pour dire « j’existe. » afin de sauvegarder par la loi cette existence si chèrement acquise..


Dans  un dans un deuxième film à ne pas manquer, qui suit le générique, on trouvera un bonus intitulé : « La loi en question », où on trouvera une présentation approfondie des lois de quelques pays européens sur les violences domestiques à l’encontre des femmes. Les difficultés de les actualiser et les noeuds sociaux  qui font résistance à ces lois sont traités de façon détaillés et qui ne peuvent que passionner et enrichir les professionnels. A la fois complexe et évident tant le consensus social a tendance à rendre en partie responsable la femme victime de violences.  Quand les préjugés sont là pour dire : « Et si dans les violences conjugales, la femme y était pour quelque chose ? » Dramatique consensus qui rappelle celui des femmes violées qui « l’auraient bien cherché » leur dit-on.. L’horreur !  Le chemin de la libération des femmes est long, bien long, semé d’embûches et de préjugés, de stéréotypes et de constructions fantasmatiques et réelles à toujours déconstruire, de lieux communs honteux qui emprisonnent les femmes dans des scénarios de cauchemars et de traumatismes. Mais une telle vidéo s’engage pleinement, intelligemment, avec émotion aussi dans la lutte contre les violences conjugales. Excellent document pédagogique que chaque travailleur social doit avoir dans sa boîte à outils.


 Une caméra pour des femmes. Une caméra pour des mots de femmes. Une caméra pour les hommes et pour les femmes quand ils se font ensemble chercheurs d’humanité.



PS Tout aussi passionnant, de Carol Prestat et Maïté Débats :

Des Dames comme tout le monde et Cinq femmes et des mariages (Films du Sud)




3. « Milles lectures pour l’alphabétisation »


Résumé d’un article de La Marseillaise : L’Hérault du jour du lundi 20 avril 2009. Rubrique fait de société. Page 2.


J’ai souhaité résumer cet article passionnant écrit par Agnès Massei qui dit des chiffres et des lettres terriblement absentes jusqu’à la perte de la citoyenneté mais qui raconte aussi le travail splendide d’une association montpelliéraine :


 TI HINAN

114 GRAND MAIL

34 080 MONTPELLIER

04.67.72.96.23

COURRIEL : tihinan@club-internet.fr


J’ai aimé cet article qui raconte une pratique dynamique et intelligente, pleine d’humanité, si indispensable à l’approche de la question de l’illettrisme et de son public, qui raconte aussi les difficultés de financement et l’exigence de qualité du travail dans la cité, dans le quartier de La Paillade.


J’ai contacté cette association le temps d’une conversation téléphonique amicale et j’ai été touchée par la qualité de l’accueil. La vie associative digne de ce nom c’est cela : du travail, de la chaleur humaine, de l’enthousiasme. Je suis donc heureuse d’accueillir Ti Hinam et La Marseillaise sur mon blog.


Avant de résumer cet article, je veux dire encore combien la presse locale, engagée dans un monde plus juste, comme l’est La Marseillaise est nécessaire au maintien de la démocratie et combien il est triste de savoir cette presse toujours en péril et en précarité. Soyons vigilant et faisons reculer le risque de la pensée unique (et pauvre)d’une presse plus médiatisée représentée par Le Quotidien de la région celui qu’on achète pour sa nécrologie, ses programmes de télé et sa page sportive !


Bien ! Maintenant voilà l’article.


Rappel du contexte : Du 20 au 26 avril une campagne mondiale pour l’éducation est lancée ; Elle a pour nom « Mille lectures pour l’alphabétisation » et vise à mobiliser l’opinion public et les pouvoirs publics.


C’est dit : L’illettrisme implique la politique des pouvoirs publics. Elle n’est pas histoire de « mauvais élèves », de » jeunes qui ne veulent rien faire » et d’instituteurs incapables !


Titre de l’article, en lettres énormes et en gras : Trois millions d’illettrés en France.


A énorme problème, titre énorme.


Des Chiffres...


Dans le monde : 776 millions d’adultes ne savent ni lire, ni écrire et 75 millions d’enfants ne sont pas scolarisés


En France :  3.100.000 personnes soit 9% de la population âgé de 18 à 65 ans résidant en France métropolitaine sont en situation d’illettrisme , dont 53% ont plus de 45 ans  et 59% sont des hommes. Par groupe d’âge, sur ces 3,1 millions, 4,5% ont entre 18 à 25 ans, 9% ont entre 36 et 45 ans.

L’Hérault du jour mentionne également les statistiques de la région Paca et l’importante détresse dans ce domaine des allocataires RMI. D’ailleurs à ce sujet, je veux souligner la première page de la Marseillaise de ce même jour dont le gros titre est : L’illettrisme mis au ban dans le Sud soulignant le problème aigu dans la région. Quand le régionalisme se fait tragique.  C’est le moment où jamais de sortir sa calculette pour prendre conscience de la réalité de l’illettrisme dans le sud de la France et ailleurs.


Et des luttes ...


Etat des lieux des acteurs et des actions  :


Des acteurs cités par l’article :


- ATD Quart monde repris en France pour distinguer ceux qui ont scolariser (Illettrisme) et ceux qui ne l’ont jamais été (Alphabétisation)


- INSEE et ANLCI mènent une enquête « Information et vie quotidienne » qui révèle la gravité de la situation


- Nombreuses institutions dans les ministères de l’Education nationale, du Travail, de la Culture


- Le Centre des recherches en économie et statistiques,


- L’Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale


- L’Institut national des études démographiques


- Les collectivités territoriales avec leur Plan régional de luttes contre l’Illettrisme, intégré dans le volet Formation


-  Représentants du Préfet et ministériels soutiennent les missions régionales.


- Les acteurs de la campagne mondiale contre l’Illettrisme


Des acteurs qui disent NON ! à la profonde inégalité du savoir qui s’installe en France, qui est le miroir d’une société profondément inégalitaire.



Des chiffres et des luttes, des luttes et des actions...


Des actions si nombreuses, si généreuses, si innovantes. Des actions de partout, courageuses, avec des salariés et des bénévoles, des actions difficiles aux prise avec la précarité du terrain, des publics, des finances. Des actions qui disent l’humanitude des professionnel et de tous. Des actions. Mais aujourd’hui, nous reprendrons simplement le travail de l’association rencontrée ce jour, par la Marseillaise.


Une association nommée Tin Hinan


Le reportage est signé de Marine Desseigne


Martine saisit l’association en plein vol de son action dans la Médiathèque/Ludothèque Jean-Jacques Rousseau de Montpellier. C’est bien, c’est de là qu’il fallait partir. Bravo ! Ils sont là, mamans et enfants, ils apprennent la France dans ce qu’elle a de plus noble : sa culture. Ils sont là avec leur guide, leur formatrice Denise Escolano.


Quand ils ne sont pas là, ils sont à La Paillade, quartier si bien connu des montpelliérains, construit dans les années 60 pour accueillir les rapatriés d’Algérie avant d’héberger des familles immigrées.


L’association Tin Hinan a crée une véritable plateforme dans la société française nous dit Martine Deseigne. Les femmes parlent toute arabe ou berbère mais cela ne facilite pas l’acquisition du français et ralentit l’intégration sociale qui est aussi l’objectif de l’association.


Les activités de l’association relèvent d’activités citoyennes (informations juridiques, formations Planning familial, cours d’informatiques) mais aussi de loisirs et de cultures ; toutes les activités s’inscrivent dans un rapport au quotidien des adhérents. Elles sont aussi organisées en fonction des horaires de tous.


Cette association a été crée en 1999 et a résulté de la demande des femmes et des mamans qui voulaient comprendre la société dans laquelle elles vivaient. Elles voulaient accompagner leurs enfants qui grandissaient en France. Ainsi se confie Denise Escolano. Elles voulaient aussi rencontrer d’autres femmes.


C’est cela la lutte contre l’illettrisme. C’est créer du lien social dans lequel les lettres peuvent s’inscrire et prendre sens. Lire R-O-T-I c’est peut-être aussi cuisiner et manger du rôti ensemble. J’aime cet exemple de l’article !


Est abordé aussi le rapport à l’écrit et le travail d’Héléna Baumel qui initie à l’informatique, traitement de texte et Internet dans la visée de l’obtention d’un emploi. Mais il est bien préciser que l’action de l’association est bien plus large que cela. Trouver un emploi c’est surtout se situer dans un processus d’intégration.


Orientation plus récente : après les mamans et les enfants viennent les pères et les frères...


J’ai aimé ce long article qui redonne du tonus indispensable pour mener nos actions, pour inventer et trouver des solutions à l’urgence cruciale du problème.. Merci à La Marseillaise : L’Hérault du jour et à ses journalistes de talent


Merci à l’association Tin Hinan et à ses formatrices engagées dans une pratique difficile mais si porteuse de citoyenneté et de démocratie.

 

A suivre ! Toujours passionnément MJC

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Published by Marie-José Colet - dans En route !
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