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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:42

Marcel Proust

Le  Temps retrouvé

Edition établie par Pierre Clarac et André Ferré

Avec la collaboration d’Yves Sandre

Bibliothèque de la Pléiade

Nrf Gallimard 1914/1954

 

Marcel Proust

Le  Temps retrouvé

Edition établie par Pierre Clarac et André Ferré

Avec la collaboration d’Yves Sandre

Bibliothèque de la Pléiade

Nrf Gallimard 1914/1954

 

Le Nouvel homme islamiste. La prison politique en Iran

Chahla Chafiq

Edition du Félin. 2002

 

J’aime copier, recopier. C’est pour moi, d’une certaine façon, une appropriation infantile de mes lectures.

 

P.1033 « Mais pour en revenir à moi-même, je pensais plus modestement à mon livre,  et ce serait même inexact de dire en pensant à ceux qui le liraient, à mes lecteurs. Car ils ne seraient pas, selon moi,  mes lecteurs, mais les propres lecteurs d’eux-mêmes, mon livre n’étant qu’une sorte de ces verres grossissants comme ceux que tendaient à un acheteur l’opticien de Combray ; mon livre, grâce auquel je leur fournirais le moyen de lire en eux-mêmes. »

 

*******

 

Je ne sais ce qui en moi, ce dimanche après-midi, me presse de recopier cette phrase de Marcel Proust.   Ce matin, l’automne étant beau, je me promenais près du canal que j’aime tant. Mon regard plongeait dans l’eau calme, reflétant les arbres, à peine d’automne, encore feuillus et verts, mes pensées prenaient un chemin insolite et tressé.

 

Je nouais mes préoccupations de thèse, l’appropriation du livre par le jeune enfant, mes lectures de Marcel Proust et l’Iran dont on nous parle tant en ce moment. Ce nœud de pensées divergentes m’habitaient, je ne sais pourquoi, elles se nouaient là, dans mon cœur automnale, mélancolique. Autrefois, dans mon jardin que j’ai dû quitter, j’avais un tilleul que j’aimais et qui abritait mes pensées de femme, noueuse comme lui. Je disais toujours que le jour où je quitterai ce tilleul, je mourrai. Je l’ai quitté, un 21 septembre, sans me retourner, sans un adieu, et je n’en suis pas morte. Il faut croire qu’on dit souvent n’importe quoi.

 

J’aime Proust, parce qu’il ne parle pas. Il écrit le temps dans un curieux paradoxe : dans une absolue nécessité mais sans urgence. Le temps de Marcel Proust est celui de la Narration qui ne se fait jamais urgence, il prend le temps d’écrire plusieurs milliers de pages pour nous confier combien il est important pour lui de retrouver la petite madeleine goûtée précieusement chez sa tante Léonie. Cela lui est immensément nécessaire ; cela lui permet de retrouver le temps de son ipséité, le temps de sa narration qui médiatise son identité si définitivement blessée par l’attente intolérable du baiser de sa mère. Retrouver ce temps, c’est pour lui, se retrouver sujet de son écriture dans le temps géant sur lequel prennent pied les hommes, ce temps géant qui tout à la fois, les traverse et leur colle à la peau. Nécessité absolue d’écrire cela, mais en prenant son temps pour mieux le retrouver, ce temps perdu à ne pas écrire, obsédé par une petite madeleine ou par l’unique perte qui a fait de lui un être inconsolable la mort de sa mère, voire même la mort de grand-mère du narrateur, qui l’entravait dans une vie mondaine pour pallier cette perte et retarder l’écriture du grand écrivain de génie qu’il devait être.

 

Prendre son temps pour dire le nécessaire, pour dire la nécessaire paix. Je ne suis pas Marcel Proust,  je ne possède pas, peu s’en faut, son merveilleux talent d’écriture, mais j’ai en commun avec cet auteur, cette patience à dire ma nécessité si patiemment. Plus de 2000 pages constituent déjà mon blog dont l’unique travail, l’unique quête, est de cueillir des coquelicots du savoir, des coquelicots de paix. Nous ne devons pas parler de paix, au pied des portes de la guerre, comme maintenant en Iran, nous devons en parler dans  le temps de nos engagements et de nos livres, sans jamais cesser, en le faisant chaque jour. C’est pour cela, chers Inventeurs, que je tiens mon blog presque quotidiennement, que je vous parle, rarement dans le mouvement de l’actualité mais dans le mouvement de mon ipséité, celle pour qui la paix dans le monde est une nécessité absolue, parce que ma perte première, n’a pas été le goût d’une petite madeleine, mais le baiser jamais reçu, ni le matin, ni le soir, par une grand-mère, définitivement absente de mon temps, parce que déportée. Parce que ma perte première fut celle de mon enfance que m’a volée la guerre mondiale, dîte seconde, ayant définitivement traumatisée ma mère. Ma perte première, non pas du côté de chez Swann, mais du côté d’Hitler Alors, vous le comprendrez, chers Inventeurs, le temps de la paix, le temps de mes livres, ce temps géant me colle à la peau et me fait écrire, me fait chercher.

 

Chercher du côté des livres d’enfants, ces enfants qu’il nous faut si fort  protéger de la guerre, ces enfants auxquels nous devons demander pardon pour le monde que nous leur offrons aujourd’hui.

Chercher comment ils s’approprient ces livres, avec nous près d’eux, pour leur raconter, pour leur raconter l’humanité, la leur et la nôtre. Raconter dans une longue confidence d’images et de mots, la promesse que nous avons tenue, la promesse de notre naissance et les inciter alors à tenir la leur de promesse, de leur naissance.

 

Cette promesse Arendentienne, qui nous colle aussi fort à la peau, que le temps Proustien.

 

Et que vient faire l’Iran dans mon propos, me direz-vous perplexe. ?

Chers inventeurs, je vous invite, pour mieux comprendre, l’étrange chemin de mes pensées au bord du canal ce matin, à relire dans mon blog, catégorie Empan, mon commentaire ayant trait à un livre de Chala Chafiq Le Nouvel homme islamiste. La prison politique en Iran Edition du Félin. 2002. Mon ami depuis si longtemps, tout autant que mon éditeur, avait invité cette passionnante et courageuse dans ses engagements, Chala Chafiq. La salle était déserte mais le débat lourd de désir de paix et de liberté, malgré différences et parfois incompréhensions flottantes. La paix n’est pas un long fleuve tranquille.

Je remercie très fort Empan, d’avoir publié cet article, cette année là, de ce livre là, du côté de l’Iran.

Chers Inventeurs, c’est par de tels débats citoyens, menés sans relâche, c’est par l’écriture de tels livres et leurs lectures inventées par tous qu’on construit la paix. Ce n’est pas en parlant de nucléaire, maintenant, à tout vent, dans une cacophonie médiatique qu’on bâtit la paix. Non ! Par de tels propos, on fait peur au quidam et on crée la guerre, on l’accélère, cette guerre qui fait feu de tous les bois de peur pour embraser  notre ciel.

Merci à mon si grand ami Jean-Paul Damaggio d’avoir invité, un doux samedi après-midi de paix à Montauban, il y a quelques années déjà, (comme le temps passe) cette écrivaine, venue d’Iran, pour nous informer sur l’Iran, sans les flonflons des médias. Merci à tous ceux qui étaient dans la salle, si peu nombreux mais sachant écrire les lettres de la paix par leur désir de parler et de connaître, l’Iran et ce qui s’y passait. Parler et connaître sont les moteurs de la paix. Se taire et avoir peur sont les moteurs de la guerre.

La paix doit se construire dans une nécessité patiente, de tous. La guerre est toujours aux portes de l’urgence de la folie des hommes.

Je suis contente, parce que mon écriture de cette après-midi, m’a fait dénouer, cet étrange nœud d’une matinée d’automne qui tressait, de façon insolite Marcel Proust, ma thèse et l’Iran. Je le sais maintenant, sur le canal clair de ma ville, se reflétait une fois encore mon désir de paix, au jour le jour.

Merci de votre fidélité à me lire, surtout un jour comme aujourd’hui, où je porte haut et fort, la clamant, cette curieuse pensée, étrangement formulée, et qui je vous l’avoue m’a intriguée vivement  : « Proust, la paix et moi ! »

 MJA

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 20:09


 

Chaleur

 

Sueur

Menteur

Heure

Beurre

Meurt

Fleur

Videur

Marqueur

Teneur

Largeur

Brûleur

Lueur

Peur

Meneur

Frayeur

Tueur

Intérieur

Supérieur

Postérieur

Antérieur

Longueur

Langueur

Ordinateur


Chaleur

 

Fait trop chaud pour écrire ! J’arrête ! MJA

 

 

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 14:01

 Une de mes phrases préférées en littérature est celle d’Italo Calvino dans les Villes invisibles (un de mes livre fétiche). Il écrit, dans son premier chapitre, que ce qui est important c'est de reconnaître ce qui n'est pas l'enfer d'être ensemble et de le faire durer. C'est l'éthique de ma vie, l'éthique de mon blog sans pour autant dénier l'enfer auquel je suis très sensible. Oui, l'important et de faire durer et de transmettre l'humain quand il se fait presque meilleur et de laisser tomber le reste tout en y résistant. Paradoxe d’une pensée pacifiste. Par mon blog, j’essaie de résister à ce qui me paraît être le pire en cherchant, en le faisant durer, en transmettant ce qui, selon moi, décline le presque meilleur. Le mot « presque » est important car il ne clôt ni l’espoir ni le désespoir, caressant le large ciel dans lequel la colombe peut déployer ses ailes. Oui, « presque » est  un mot pour la colombe en résine, sur mon bureau,  compagne de mes lectures, celle que je m’applique à vous raconter dans la douceur de mon temps de lectrice au service de la paix. Presque. Peut-mieux faire... MJA

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 17:49

L’éducation et la paix

Maria Montessori

Desclée de Brouwer

Cultureet paix

1949 Pierson Estates 

1996. D.de Brouwer

(P.61-64)

 

Pour vous, chers inventeurs, je recopie sagement Maria Montessori ; recopier, c’est aussi s’approprier une lecture, pour la transmettre.

J’ai plaisir et honneur à le faire pour moi comme pour vous.

 

Conférence d’ouverture du congrès

Prononcée au Sixième Congrès international Montessori

Copenhague 1937

 

La cérémonie solennelle d’aujourd’hui, en présence de Votre Excellence, Monsieur le ministre de l’Education du Danemark, marque l’ouverture de notre Sixième Congrès international. Ce n’est pas un colloque pédagogique au sens étroit du mot. Le but de nos congrès est de prendre la défense de l’enfant. L’objectif que nous nous sommes fixé est d’aider le monde des adultes à connaître, aimer et mieux servir l’enfant et, par là, d’aider toute l’humanité à progresser dans son développement.

L’enfant ne doit pas être considéré comme un être faible et impuissant dont les seuls besoins seraient d’être protégé et aidé, mais comme un embryon spirituel, possédant une vie psychique active depuis le jour de sa naissance, guidé par des instincts subtils lui permettant de construire activement sa personnalité humaine. Et, du fait que l’enfant deviendra un adulte, nous devons le considérer comme le véritable bâtisseur de l’humanité et le reconnaître comme notre père. Le grand secret de notre origine git secrètement en lui. Les lois qui lui permettent de devenir un homme à part entière se manifestent uniquement en lui. En ce sens, l’enfant est le maître qui nous enseigne. Les adultes doivent, avant tout, être éduqués à reconnaître cette vérité pour pouvoir changer leur comportement vis à vis des générations qui les suivent.

En considérant l’enfant comme une tabula rasa passive, dépourvue d’orientations intérieures, ses parents le contraignent, en fait, à se plier à leur volonté et à s’adapter à l’univers des adultes. L’adulte réprime ainsi les tendances réceptives naturelles de l’enfant et les piétine, suscitant en lui des défenses et des résistances instinctives irréductibles, susceptibles de dégénérer en véritables maladies spirituelles.

La vie de l’homme commence donc par une lutte inconsciente entre l’adulte et l’enfant et, les générations se succédant, l’homme demeure un être mal développé, déformé, une personne éloignée de l’idéal de l’homme normal, qui, lui est doté d’une personnalité équilibré sur les plans affectif et intellectuel.

Notre société doit reconnaître l’importance de l’enfant comme bâtisseur de l’humanité. Elle doit découvrir les soubassements psychiques qui poussent l’adulte à poursuivre des buts soit négatifs soit positifs.

L’enfant, aujourd’hui, est un « citoyen oublié ». La société doit maintenant tourner son attention vers lui et créer un environnement qui puisse répondre à ses besoins vitaux et faciliter sa libération spirituelle.

La grande mission sociale consistant à assurer à l’enfant justice, harmonie et amour reste à accomplir. Cette tâche importante revient à l’éducation. C’est notre seule façon de bâtir un monde nouveau et de construire la paix.

Aborder le sujet de l’éducation pour la paix à un moment aussi critique que celui-ci, où la société est sous une permanente menace de guerre, peut paraître témoigner de l’idéalisme le plus naïf. Je crois pourtant que poser les fondements de la paix pour l’éducation est la façon la plus efficace et la plus constructive de s’opposer à la guerre. En effet, les simples besoins des hommes ne peuvent, en aucun cas justifier aujourd’hui un combat armé et la guerre ne peut leur offrir nul espoir d’aucune sorte d’améliorer leur sort.

L’humanité est tombée dans un tel état de barbarie et de désordre spirituel que l’individu n’est plus qu’un minuscule grain de sable dans un désert aride. Chacun demeure inconscient du vrai visage de son époque et n’a aucune idée des dangers cachés qu’elle recèle jusqu’au jour où il devient la victime impuissante des évènements.

Dans une telle situation, il ne peut y avoir aucun progrès ni aucun espoir de paix tant qu’une action puissante et prompte, orientée vers l’humanité elle-même, n’est pas engagée.

Diriger notre action vers l’humanité signifie d’abord et avant tout, la diriger vers l’enfant. L’enfant, ce « citoyen oublié », doit âtre apprécié à sa juste

Valeur. Ses droits en tant qu’être humain qui façonne l’humanité entière doit devenir sacrés et les lois secrètes de son développement psychique normal doivent éclairer notre route vers la civilisation.

Si toute l’ère de l’histoire humaine caractérisée par des guerres incessantes peut-être qualifiée d’ « Âge de l’Adulte », alors la période dans laquelle nous commencerons à bâtir la paix sera « l’Âge de l’Enfant ».

La loi de la force brute a triomphé dans le passé. Aujourd’hui, les lois de la vie doivent, à leur tout triompher. Cette aspiration très complexe ne peut être mieux résumée que par le mot éducation.

Votre excellence, la généreuse hospitalité offerte à notre Sixième Congrès par le gouvernement du Danemark est un heureux présage de paix pour nous et pour le monde, par votre pays, aujourd’hui comme toujours dans le passé, honore la paix et les trésors de l’intelligence humaine.

Le Danemark est prêt à examiner la question de l’enfant et à promouvoir  l’éducation comme principal moyen de construire la paix.

Puis-je ajouter que notre première conférence sur les problèmes de l’enfant s’est, elle aussi, tenue dans ce pays, il y a huit ans, à Elseneur, près du château dont la légende a inspiré Shakespeare. Dans les années d’après-guerre tous les espoirs de paix étaient permis et nous, les défenseurs de l’enfant, avions choisi de nous réunir dans la patrie de ce génie que fut Hans-Christian Andersen, dont les écrits continuent à enchanter les enfants du monde entier. Hélas, la guerre n’est pas une réalité d’un passé révolu. L’humanité ne cessera  de livrer des batailles que lorsqu’elle aura entrepris une véritable reconstruction spirituelle.

Nous appelons le monde à prendre conscience de l’importance de l’enfant dans le développement spirituel de l’humanité et notre appel s’adresse, comme un reproche, à tous les mouvements intellectuels qui ne s’intéressent qu’aux adultes. Nous sommes donc particulièrement reconnaissants à tous ceux qui sont venus ici nous accorder leur soutien officiel. Nous sommes honorés de voir que beaucoup de personnalités officielles et de gouvernements nous apportent leur collaboration et que des participants venus de vingt-cinq pays se sont rassemblés ici pour ce congrès, pour avoir écouté la voix encore si ténue de l’enfant, qui n’a commencé que depuis peu à se faire entendre dans le monde. Au nom de notre Association internationale, je souhaite adresser tous nos remerciements à notre collègue Wilhelm Ramussen, directeur de l’Institut pour la formation avancée des maîtres de Copenhague, qui a bien voulu assumer la tâche d’organiser ce congrès.

Votre excellence, je souhaite également vous adresser le témoignage de ma chaleureuse reconnaissance pour le soutien officiel que vous nous avez accordé depuis le tout début.

Je voudrais aussi exprimer ma profonde gratitude à leurs Excellences Monsieur Stauning, Premier Ministre des Affaires Sociales, qui ont bien voulu parrainer l’organisation de ce congrès en acceptant le titre  de Président d’honneur, ainsi qu’à son Excellence le Docteur Munch, Ministre des Affaires étrangères, qui a accepter d’honorer ce congrès en y prenant personnellement la parole. M’adressant à vous au nom des enfants de tous les pays, je souhaite vous dire du fond du cœur : « Vive le Danemark !  Qu’il soit loué pour la noble et généreuse hospitalité qu’il offre à la cause de la paix dans le monde ! « 

De nombreux gouvernements ont témoigné de leur soutien à ce congrès dont le sujet est presque un ordre : « Eduquer pour la paix. » La Belgique, la Catalogne, le Chili, la Tchécoslovaquie, la France, la Grèce, Haïti, le Canton de Ticino, la Lettonie, le Mexique, la Roumanie, la Russie, les Etats-Unis d’Amérique et l’Egypte ont envoyé une délégation officielle, ou demandé à leur représentant diplomatique en poste dans cette capitale d’honorer ce congrès en assistant personnellement à sa session d’ouverture.

 

Maria Montessorri, au Danemark en 1937. Elle avait  alors 67 ans.

 

Je vous invite à vous rendre sur le site La défenseure des enfants : Dominique Versini et bien sûr sur le site Maria Montessori.

Et c’est donc, sans hésiter que je pose cette magnifique conférence de Maria Montessori dans ma catégorie : Ethique. MJA

        

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:36

Lettre au Mexique (II)

Victor Hugo écrit à Juárez

 

Présentation par Jean-Paul Damaggio:

Cette lettre fut écrite et envoyée le 20 juin 1867. Au même moment, avait lieu à Paris la première représentation de la reprise d’Hernani. La lettre à Juárez fut publiée le 24 par les journaux anglais et les journaux belges. Une dépêche télégraphique expédiée de Londres par l’ambassade d’Autriche et par ordre spécial du vieil empereur Ferdinand II annonçait à Juárez que Victor Hugo demandait la grâce de Maximilien. Quand cette dépêche arriva, Maximilien venait d’être exécuté. Le combat contre la peine de mort perdit une belle occasion de se distinguer des habitudes de la barbarie !

Rappelons que Napoléon III avait installé Maximilien au pouvoir à Mexico, qu’en conséquence Hugo était un adversaire résolu de ce pouvoir, aussi avait-il soutenu le peuple mexicain contre l’armée de l’Empire français, donc cette lettre est d’autant plus importante.

 

 

Au président de la république mexicaine

 

Juárez, vous avez égalé John Brown. L’Amérique actuelle a deux héros, John Brown et vous. John Brown, par qui est mort l’esclavage ; vous, par qui a vécu la liberté. Le Mexique s’est sauvé par un principe et par un homme. Le principe, c’est la république ; l’homme, c’est vous. C’est, du reste, le sort de tous les attentats monarchiques d’aboutir à l’avortement. Toute usurpation commence par Puebla et finit par Queretaro. L’Europe, en 1863, s’est ruée sur l’Amérique. Deux monarchies ont attaqué votre démocratie ; l’une avec un prince, l’autre avec une armée ; l’armée apportant le prince. Alors le monde a vu ce spectacle : d’un côté, une armée, la plus aguerrie des armées de l’Europe, ayant pour point d’appui une flotte aussi puissante sur mer qu’elle sur terre, ayant pour ravitaillement toutes les finances de la France, recrutée sans cesse, bien commandée, victorieuse en Afrique, en Crimée, en Italie, en Chine, vaillamment fanatique de son drapeau, possédant à profusion chevaux, artillerie, provisions, munitions formidables. De l’autre côté, Juárez. D’un côté, deux empires ; de l’autre, un homme. Un homme avec une poignée d’autres. Un homme chassé de ville en ville, de bourgade en bourgade, de forêt en forêt, visé par l’infâme fusillade des conseils de guerre, traqué, errant, refoulé aux cavernes comme une bête fauve, acculé au désert, mis à prix. Pour généraux quelques désespérés, pour soldats quelques déguenillés. Pas d’argent, pas de pain, pas de poudre, pas de canons. Les buissons pour citadelles. Ici l’usurpation appelée légitimité, là le droit appelé bandit. L’usurpation, casque en tête et le glaive impérial à la main, saluée des évêques, poussant devant elle et traînant derrière elle toutes les légions de la force. Le droit, seul et nu. Vous, le droit, vous avez accepté le combat.

La bataille d’Un contre Tous a duré cinq ans. Manquant d’hommes, vous avez pris pour projectiles les choses. Le climat, terrible, vous a secouru ; vous avez eu pour auxiliaire votre soleil. Vous avez eu pour défenseurs les lacs infranchissables, les torrents pleins de caïmans, les marais pleins de fièvres, les végétations morbides, le vomito prieto des terres chaudes, les solitudes de sel, les vastes sables sans eau et sans herbe où les chevaux meurent de soif et de faim, le grand plateau sévère d’Anahuac qui se garde par sa nudité comme la Castille, les plaines à gouffres, toujours émues du tremblement des volcans, depuis le Colima jusqu’au Nevado de Toluca ; vous avez appelé à votre aide vos barrières naturelles, l’âpreté des Cordillères, les hautes digues basaltiques, les colossales roches de porphyre. Vous avez fait la guerre des géants en combattant à coups de montagnes. Et un jour, après ces cinq années de fumée, de poussière et d’aveuglement, la nuée s’est dissipée, et l’on a vu les deux empires à terre, plus de monarchie, plus d’armée, rien que l’énormité de l’usurpation en ruine, et sur cet écroulement un homme debout, Juárez, et, à côté de cet homme, la Liberté. Vous avez fait cela, Juárez, et c’est grand. Ce qui vous reste à faire est plus grand encore. Écoutez, citoyen président de la république mexicaine. Vous venez de terrasser les monarchies sous la démocratie. Vous leur en avez montré la puissance ; maintenant montrez-leur en la beauté. Après le coup de foudre, montrez l’aurore. Au césarisme qui massacre, montrez la république qui laisse vivre. Aux monarchies qui usurpent et exterminent, montrez le peuple qui règne et se modère. Aux barbares montrez la civilisation. Aux despotes montrez les principes. Donnez aux rois, devant le peuple, l’humiliation de l’éblouissement.

Achevez-les par la pitié. C’est surtout par la protection de notre ennemi que les principes s’affirment. La grandeur des principes, c’est d’ignorer. Les hommes n’ont pas de noms devant les principes ; les hommes sont l’Homme. Les principes ne connaissent qu’eux-mêmes. Dans leur stupidité auguste, ils ne savent que ceci : la vie humaine est inviolable.  Ô vénérable impartialité de la vérité ! le droit sans discernement, occupé seulement d’être le droit, que c’est beau ! C’est devant ceux qui auraient légalement mérité la mort qu’il importe d’abjurer cette voie de fait. Le plus beau renversement de l’échafaud se fait devant le coupable. Que le violateur des principes soit sauvegardé par un principe. Qu’il ait ce bonheur, et cette honte ! Que le persécuteur du droit soit abrité par le droit. En le dépouillant de sa fausse inviolabilité, l'inviolabilité royale, vous mettez à nu la vraie, l’inviolabilité humaine : Qu’il soit stupéfait de voir que le côté par lequel il est sacré, c’est le côté par lequel il n’est pas empereur. Que ce prince, qui ne se savait pas homme, apprenne qu’il y a en lui une misère, le prince, et une majesté, l’homme. Jamais plus magnifique occasion ne s’est offerte. Osera-t-on frapper Berezowski en présence de Maximilien sain et sauf ? L’un a voulu tuer un roi, l’autre a voulu tuer une nation.

Juárez, faites faire à la civilisation ce pas immense. Juárez, abolissez sur toute la terre la peine de mort. Que le monde voie cette chose prodigieuse : la République tient en son pouvoir son assassin, un empereur ; au moment de l’écraser, elle s’aperçoit que c’est un homme, elle le lâche et lui dit : Tu es du peuple comme les autres. Va ! Ce sera là, Juárez, votre deuxième victoire. La première, vaincre l’usurpation, est superbe ; la seconde, épargner l’usurpateur, sera sublime. Oui, à ces rois dont les prisons regorgent, dont les échafauds sont rouillés de meurtres, à ces rois des gibets, des exils, des présides et des Sibéries, à ceux-ci qui ont la Pologne, à ceux-ci qui ont l’Irlande, à ceux-ci qui ont la Havane, à ceux-ci qui ont la Crète, à ces princes obéis par les juges, à ces juges obéis par les bourreaux, à ces bourreaux obéis par la mort, à ces empereurs qui font si aisément couper une tête d’homme, montrez comment on épargne une tête d’empereur ! Au-dessus de tous les codes monarchiques d’où tombent des gouttes de sang, ouvrez la loi de lumière, et, au milieu de la plus sainte page du livre suprême, qu’on voie le doigt de la République posé sur cet ordre de Dieu : Tu ne tueras point. Ces quatre mots contiennent le devoir. Le devoir, vous le ferez. L’usurpateur sera sauvé, et le libérateur n’a pu l’être, hélas ! Il y a huit ans, le 2 décembre 1859, j’ai pris la parole au nom de la démocratie, et j’ai demandé aux États-Unis la vie de John Brown. Je ne l’ai pas obtenue. Aujourd’hui je demande au Mexique la vie de Maximilien. L’obtiendrai-je ? Oui. Et peut-être à cette heure est-ce déjà fait. Maximilien devra la vie à Juárez. Et le châtiment ? dira-t-on. Le châtiment, le voilà. Maximilien vivra « par la grâce de la République ».

Victor Hugo Hauteville-House, 20 juin 1867.

 

J’ai beaucoup aimé le débat qui a suivi. C’est merveilleux quand les citoyens pensent et parlent. C’est la vraie richesse du pays. Un fleuve de cœurs et d’intelligence, un fleuve de pensées qui se donnent et se partagent.

On a  parlé, entre autre chose,  du problème de la peine de mort en cas de crime de guerres et de  graves crimes de psychopathes. Moi, j’étais tremblante. J’ai écouté tout le monde et heureuse, j’ai dit « J’ai progressé ».

 

Merci de tout cœur à Jean-Paul Damaggio, et à Marie-France Durand, sa compagne et  tous deux fondateurs des Editions La Brochure qui vaillamment, sans bénéfice aucun ( !)  ont édité mon autofiction La femme en retard, ont édité aussi tant de livres passionnants et j’invite les Inventeurs à découvrir leur site. Merci aussi pour les débats citoyens qu’ils organisent régulièrement. Nous sommes une poignée à y participer mais moi, je le dis, nous sommes la crème montalbanaise !!! Une crème résistante à tous les courants d’air médiatiques, à tous les lieux communs, à l’ignorance et à  une pensée trop facile amputée des livres et de sources historiques.  A nous tous, donc,  présents, à ces débats, un grand bravo ! et à la prochaine !

 

 Sans plus attendre achetez l’ouvrage :

 

Victor Hugo au Mexique

Jean-Paul Damaggio

Janvier 2011

Editions La Brochure

 

Commander

Editions La Brochure

82210 Angeville

 

Bonne lecture !

Restons tous obstinément contre la peine de mort. Il y va de l’humain. 

MJA

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 18:47

J'en ai terminé.

Les propos que j'ai tenus, les raisons que j'ai avancées, votre cœur, votre conscience vous les avaient déjà dictés aussi bien qu'à moi. Je tenais simplement, à ce moment essentiel de notre histoire judiciaire, à les rappeler, au nom du Gouvernement.

Je sais que dans nos lois, tout dépend de votre volonté et de votre conscience. Je sais que beaucoup d'entre vous, dans la majorité comme dans l'opposition, ont lutté pour l'abolition. Je sais que le Parlement aurait pu aisément, de sa seule initiative, libérer nos lois de la peine de mort. Vous avez accepté que ce soit sur un projet du Gouvernement que soit soumise à vos votes l'abolition, associant ainsi le Gouvernement et moi-même à cette grande mesure. Laissez-moi vous on remercier.

Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.

A cet instant plus qu'à aucun autre, j'ai le sentiment d'assumer mon ministère, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c'est-à-dire au sens de "service". Demain, vous voterez l'abolition de la peine de mort. Législateur français, de tout mon cœur, je vous en remercie. (Applaudissements sur les bancs des socialistes et des communistes et sur quelques bancs du rassemblement pour la République et de l'union pour la démocratie française - Les députés socialistes et quelques députés communistes se lèvent et applaudissent longuement.)

Source : Journal officiel - Débats parlementaires - Assemblée nationale - 1ère séance du jeudi 17 septembre 1981.


J’invite les Inventeurs à écouter la voix profonde de Badinter (moteur de recherche Google) prononçant son discours à l’Assemblée nationale. Une intuition me dit qu’il ne faut pas « oublier » la portée historique de ce discours. Ne laissons pas s’enfuir les acquis de l’histoire. Que nos consciences restent vigilantes. MJA

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 07:08

 

Le mardi 22 mars 18h30 à la Cimade lors de la  réunion de RESF, l'actualité était brûlante : fermeture des hébergements de nuit prévue le jeudi 31 mars.

Les associations la Cimade, le Secours Catholique, Emmaüs, AMAR (de RESF 82) et Passantoit ont décidé de se mobiliser et d’en appeler à la solidarité. Dès lundi matin le 28 mars, elles ont déposé un courrier à Monsieur le Préfet, l’alertant de la situation et demandant d’être reçus. Jeudi 31 mars, elles ont organisé une conférence de presse publique devant les grilles de la préfecture. Une centaine de personnes, contactées par le bouche à oreille, sont venues spontanément y assister. La réponse du Préfet rendue publique à ce moment là ne pouvait nous satisfaire : un centre d’accueil de jour, qui aurait du fermer le 31 mars voit son ouverture prolongée d’un mois. Mais rien pour l’accueil de nuit. Cette maman albanaise, enceinte de 8 mois et mère d’un bébé de 15 mois, passera-t-elle la nuit dehors ? Une assemblée générale improvisée a pris la décision de revenir dès le lendemain matin pour exiger d’être reçue. Et ce sont encore trente personnes qui étaient présentes : le signe que la détermination était la. Il n’en fallait pas plus pour qu’une délégation soit reçue à la direction de la cohésion sociale. Nous avons exprimé que nous ne tolérerions ni femmes, ni hommes, ni enfants sans toit dans la rue. La discussion a été interrompue pour reprendre en fin d’après midi. Entre temps le directeur de la cohésion sociale, en voyage à Paris, était revenu. Pour nous dire que les solutions avaient finalement été trouvées pour les 5 familles concernées.

Ces familles sont dans une situation précaire, la nuit en hébergement d'urgence, la journée en centre d'accueil. Dans un mois, elles seront à nouveau sans toit.....

Nous pouvons être heureux d'avoir pu, ensemble, permettre l'hébergement de ces familles. Mais il va falloir continuer notre aide aux familles et de combat contre la politique actuelle menée contre elles.

 

Prochaine réunion de RESF 82 le mardi 10 mai à 18h30 à la Cimade (23, rue Saint Jean  82000 Montauban : 05.63.03.52.14  ) et cercle de silence  "place des fontaines" à Montauban, chaque premier vendredi du mois à 18 h.

 

Oui, la gauche à Montauban et ailleurs existe, je l’ai rencontrée et avec elle, j’aime marcher et lutter contre l'innaceptable MJA

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 08:42

          Ne changeons pas l’heure de notre montre existentielle. Restons à l’heure de nos Toujours de résistance et d’amour, de ferveur et d’espoir, restons à l’heure de nos livres, continuons de tourner leurs pages du soir au matin, ne les laissons pas couler dans l’océan d’incertitudes que sont nos vies. Nous sommes solidaires les uns des autres. La solidarité est le seul chemin possible, viable, entre les hommes. La solidarité avec tous les exclus. Grâce à nos livres et à l’étude, inventons tous ensemble, pour eux et avec eux, des solutions viables, dans une éthique humaine et non de peur. La peur, c’est la pulsion de mort. La mort de l’humain, la mort de chacun. Oui c’est vrai, elle existe chez nous tous, cette pulsion là, ne la dénions pas. Freud l’a repérée tragiquement mais dieu merci, il a repéré aussi Eros et la culture.  Alors, tentons l’impossible, qui sait, peut-être, le possible qu’est vivre à l’heure de la solidarité, de la paix et de la vie, parce que  cette heure là est la seule qui vaille !!! Conjuguons à plein poumons nos verbes aimer et ses dérivés et continuons nos chemins  dans les méandres du sens et de nos émotions positives conquises sur le difficile verbe exister aux confins de notre solitude mais aussi du partage avec tous. Je sais, on me dira, ce ne sont que des mots de la femme que je suis, que de la lectrice passionnée que je suis, ce ne sont que des bulles de rêves, ce n’est qu’utopie mais gagnons du terrain chaque jour un peu plus sur nos rêves et sur notre utopie, sur nos luttes, toujours pacifiques grâce aux livres mais toujours efficaces, encore grâce à nos livres. L’étude est le chemin royal de l’humanité, les livres sont les étoiles filantes du ciel tourmenté et si incertain de l’humain !

 

Je lis, tu lis, il ou elle lit, nous lisons, vous lisez, ils ou elles lisent : nos livres confondus dans le partage de chaque jour, au jour le jour.

Je résiste tu résistes, il ou elle résiste, nous résistons, vous résistez, ils ou elles résistent

J’étudie, tu étudies, il ou elle étudie, nous étudions, vous étudiez, ils ou elles étudient

Je vis, tu vis, il ou elle vit, nous vivons, vous vivez,  ils ou elles vivent

Je vote, tu votes, il ou elle vote, nous votons, vous votez, ils ou elles votent.

J’espère, tu espères, il ou elle espère, nous espérons, vous espérez, ils ou elles espèrent

 

Dans l’humain. MJA

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:29

le 31 mars ils n'auront plus de toit !

 

Des familles risquent d'être sans hébergement le 31 mars au soir.

En effet le 115 , c'est à dire l'hébergement d'urgence , met fin à son dispositif hivernal et en conséquence ferme les Algecos qui hébergent actuellement 11 personnes. De même , sur un autre site qui accueille 15 personnes, l'accueil de jour est supprimé, les gens sans toit pourront simplement y passer la nuit. Actuellement aucune place n'est disponible dans les centre d'accueil et des familles ont déjà dans la rue .

la Cimade, RESF 82, Pas sans toit, Emmaus , le secours catholique et le centre Amar se rendront à la préfecture lundi matin , pour demander que la fermeture des Algecos n'ait pas lieu tant qu'une solution n'a pas été trouvée pour chaque famille.

Dans une lettre au Préfet que nous déposons lundi,  nous ferons part à Monsieur le Préfet de cette demande et l'informerons que nous organiserons un rassemblement suivi d'une conférence de presse, jeudi 31 mars à 18 heures devant la préfecture . A cette occasion nous rendrons compte de la situation et   des réponses qui nous auront été apportées

 

Dès à présent , nous vous appelons à venir nombreux le 31 mars à 18 heures devant la préfecture . Que ceux et celles qui disposent d'une tente à montage rapide, l'emmènent , cela fera partie du spectaculaire de notre rassemblement.

 

Nous vous demandons de faire circuler cette information , en vous informant que dans de nombreuses villes de France ,  des actions seront menées le 31 mars sur ce même objectif .

 

 Le collectif qui s'est réuni le vendredi 25 mars à la Cimade

 

Je résiste, tu résistes, il ou elle résiste, nous résistons, vous résistez, ils ou elles résistent MJA

 


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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 20:39

A TOUS,

 

 

LE 115 DE MONTAUBAN FERME 40 PLACES LE 30/03/2011.

C'EST DONC 40 ENFANTS FEMMES ET HOMMES QUI SERONT JETES BRUTALEMENT A LA RUE A MONTAUBAN.

POUR TENTER D'EMPECHER  CETTE  IGNOMINIE VENEZ NOMBREUX LE VENDREDI 25/03/2011 A 18H30 A LA CIMADE

EN PRESENCE DES ASSOS ET ORGANISMES EN CHARGE DE L'HEBERGEMENT.

 

       CORDIALEMENT.

 

       RESF  82.

 

J’étais présente. J’ai écouté mes amis qui étaient une quinzaine. Je les ai entendus chercher et trouver des actes résistance, j’ai regardé leur visages volontaires empreints de tristesse et de révolte, j’ai entendu leur voix ferme, j’ai regardé leurs mains qui prenaient des notes, leur dos voûtés, j’ai croisé leur regard décidé et j’ai su que nous gagnerons toujours, que jamais nous ne renoncerons à lutter pour le meilleur, contre l’injustice sociale qui exclue sans pitié des êtres sans défense. J’ai su, une fois de plus de plus que la gauche existait, sans relâche et sans concessions. J’ai su que je faisais partie des gens de gauche. J’ai su que j’en étais fière et traversant la nuit de ma ville, je suis rentrée à petit pas, croisant des gens pressés ; j’ai su que ce combat que je menais auprès de tous, depuis si longtemps ne s’éteindrait jamais même pas à ma mort, car le flambeau des luttes depuis toujours passaient de main en main et je me suis souvenue qu’à 15 ans, passionnément j’avais lu le livre d’Howard Fast « Spartacus »  heureuse, j’ai reconnue ma fidélité à moi-même. Oui, l’humanité est en retard sur son humanitude, mais j’en suis certaine, grâce à des réunions comme celles de ce soir, nous rattraperons ce retard et personne, absolument personne, rien, absolument rien ne pourra nous décourager ! Oui ! La gauche existe, je l’ai rencontrée. MJA

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