Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 21:23
 

Je suis une fleur de musées et de bibliothèques. J’ai grandi sur des pages, poussée par des phrases. Toute mon élaboration de maintenant je la dois aux mots des autres que j’ai aimés, caressés du regard. J’ai cherché avec eux mon présent, j’ai inventé mon écriture et mon savoir. Non, je ne veux pas me faire une virginité sauvage car je veux être une fleur de transmission. C’est par la transmission que je vis ; quand je renonce à mes espérances, ce sont les livres de tous qui me sauvent. Les livres sont des longs fleuves tranquilles. Ils sont toujours là, prêts à être ouverts, prêt à dire et à redire leurs vérités. Ils ne s’étiolent pas, ne se fanent pas. Les livres, peut-être c’est pour cela, qu’il faut faire tant d’efforts pour les conserver. Ils chantent nos plaintes, nos découvertes, nos engagements, notre humanité. Ils perdurent à nos désespoirs d’hommes si impuissants, parfois, ils écrivent notre humanité. Comme Mowgli, nue et abandonnée j’ai grandi parmi les livres. Les livres m’ont protégée, ont pris soin de moi, ont créé mon intelligence, m’ont appris mon humanité.

 

Je suis une fleur de musées et de bibliothèque, une femme de présent et d’avenir. Une femme d’utopie, une femme de mouvement, une femme en mouvement. Je suis née de mon immobilité devant les livres, de ce calme immense que demande la lecture ; les livres ont inventé ma sérénité de femme qui à tout jamais a perdu sa virginité. Je suis une femme fécondée par les livres, en route vers l’éternelle  création.

 

Je suis une fleur de musées et de bibliothèque. Je suis née à partir de Léonard de Vinci, de Matisse, de Picasso et de tant d’autres. La peinture m’a  appris la douceur et le bonheur. La peinture m’a appris l’Histoire et les livres m’ont conté des histoires. Je suis une femme de récits et le récit c’est la vie. Raconter une histoire, rien n’est plus beau. Nous ne sortons jamais de l’enfance et c’est le seule espoir de l’humanité. Je sais les guerres, je sais que trop souvent je perds mon combat pour la paix. Je sais tout cela. Mais je sais notre  travail à tous, fleurs de bibliothèques et de musées. Nous nous appliquons à tracer nos jardins, à continuer d’écrire nos livres et nos articles, nous nous appliquons à annoter nos textes préférés, à copier nos citations, à tourner nos pages, à conquérir l’immobilité de la lecture et de la peinture, à écouter Mozart et La Callas, à sculpter nos jours.  Nous nous appliquons à sublimer cette terrible pulsion de mort, nous inventons la vie dans nos jours et dans nos nuits. Il n’y a pas d’autres choses que le travail de création face à la destruction. C’est terriblement dur de continuer à affirmer la paix alors que la guerre explose de partout. Mais je sais, j’en ai la certitude, je ne suis pas la seule fleur de musées et de bibliothèque. Cette espèce existe depuis des siècles, depuis Spartacus et même avant. Cette espèce florale ne s’éteindra jamais. Elle dépend de nos livres et de nos arts. Elle dépend de nous. Elle doit être plus forte que les bombes et que la haine.

 

Je suis une fleur de musées et de bibliothèques et grâce à la transmission je ne m’éteindrai jamais. Je le sais.

 

Que le monde malgré la mort et le feu demeure, malgré l’injustice et la misère, continue d’être par la force quotidienne de nos créations. Inventons nos bouquets comme des feux d’artifice dans la nuit de notre désespérance.

 

Tentons l’impossible. MJA

 

 
Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 08:04

Chers Inventeurs,

Je vous souhaite à tous  un heureux automne de lumière.

 Que votre travail et vous lectures passionnées et passionnantes vous portent le bonheur.

Que vos espoirs, malgré le noir de l’actualité, s’inscrivent jour après jours dans vos cœurs parfois attristés.

Que de longues promenades en forêt guident vos pas dans un monde presque meilleur que nous nous appliquons tous à inventer, si patiemment, si tendrement, avec tant de persévérance.

Ensemble !

Et dans l’automne revenu, conjuguons à pleins poumons :

J’invente, tu inventes, il ou elle invente, nous inventons, vous inventez, ils ou elles inventent

le possible doré, le possible mordoré, le possible si ocre et si doux, le possible chatoyant, le possible caressant, le possible attendrissant, le possible de lumière, le possible de sagesse, le possible obstiné… le possible retrouvé dans le bruissement des feuilles et de nos pages tournées avec une sage lenteur, avec une blonde douceur, dans la ronde du monde ! MJA

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 20:51

Je nomme chacune de mes bagues. Je ne sais pas pourquoi je fais cela mais je le fais. Cet été, où je travaille, un peu seulette,  cette thèse si difficile pour moi, dont je suis si peu certaine d’en connaître une issue positive, je porte deux bagues : une à la main gauche, celle que je nomme « Thèse », une à la main droite, celle que je nomme «Ma grand-mère ».

Ma bague «Thèse» symbolise mon espoir dans le savoir des livres, dans l’écriture des chercheurs et des praticiens, symbolise ma confiance dans mon laboratoire et  dans ma directrice de thèse Chantal Zaouche-Gaudron. « Thèse » symbolise ma confiance dans les Inventeurs et dans le presque meilleur de tous malgré tant de malgré.

Ma bague « Ma grand-mère », parce qu’elle est morte en camp de déportation, plus précisément à Sobibor symbolise mon souvenir à elle, mon désespoir lié à la Shoah et au pire de l’homme, celui des  génocides, tous les génocides, des guerres, toutes les guerres, des destructions, toutes les destructions.

Lorsque j’étudie, mon regard va d’une bague à l’autre, de ma longue confiance dans les livres au doute le plus destructeur. Un regard qui ralentit mon travail et sa ferveur, un regard qui donne sens à mes lectures et les porte vers mon écriture.

Dans le silence de ce mois d’août, dans le mouvement des autres mois, je porte mes deux bagues et sagement, lentement, trop lentement,  avec tous, j’étudie.

En ce moment,

Malrieu,P.&Malrieu,S.(1973). La socialisation. In H. Gratiot-Alphandéréry & R.Zazzo (Eds.),Traité de psycholologie de l’enfant (pp.9-234), Paris : PUF

C’est passionnant, et j’en recommande à tous, une studieuse lecture, le temps de la rentrée venu. MJA

 

 

 

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 14:48

Je rentre de vacances ; des vacances heureuses, dans le temps de l’amitié à Nevers et de mes enfants et petits enfants, dans la solide douceur de Lille, sous le merveilleux ciel de Paris que j’aime tant,  ciel de nuages et de tourmente,  lumière unique de ce ciel qui déjà me manque terriblement. Je me suis promenée à perte de rues, plongée dans mes pensées, si secrètes à moi, couleur de ma solitude de femme. J’ai arpenté dans  tous les sens le quartier du Palais Royal et des Tuileries, je suis allée au Mur des noms, je me suis promenée dans le quartier du Marais. Je suis née et j’ai grandi à Paris. Un peu. Je ne suis pas allée au musée, j’étais trop fatiguée par mon année mais je me suis lovée dans la médiathèque du Louvre, bijou de silence et d’art, je suis entrée dans de beaux magasins, j’ai caressé des robes très belles, j’ai essayé des jolies bagues, dans un sourire lucide, j’ai regretté de n’être pas plus riche.

J’ai embrassé mon petit-fils à perte de tendresse, à perte de câlins et d’éclats de rire, de cache-cache et de coucous. Emerveillée, je l’ai observé découvrir ses premiers livres et s’en nourrir. Emerveillée, le cœur battant, je l’ai écouté grandir.

Puis, le temps de quelques heures de train, j’ai retrouvé mon quotidien, mon large appartement, ma colombe en résine posée sur mes livres fétiches, Les fleurs du mal, les enfants de la Shoah, Charlotte Delbo, L’orthographe française, mes livres fétiches écrits par un poète, un ami, une femme qui a su inventer une danse de vie, une cousine. J’ai retrouvé ma musique, mes livres, ma petite télé, mon grand frigo, si souvent vide, ma chambre silencieuse, ses étagères et ses photos, ses grands vases et son vieux tapis.

J’ai retrouvé mon bureau, mon texte de thèse écrit en juin, sa bibliographie qui m’attend patiemment, mes chemises de travail, mon ordinateur et mes grands classeurs.

J’ai retrouvé mon quotidien, mon espace de vie et ses replis, ses coins et recoins, ses portes ouvertes, ses larges fenêtres de lumières. J’ai retrouvé la force de mes Toujours, mon amour des volets ouverts chaque jour sur ma vie, « le vent dans mes cheveux blancs, le soleil à l’horizon, », chanterait Jean Ferrat, j’ai su que ma vie était belle de ma dignité de femme si chèrement acquise, aux confins de la douleur de tant d’heures de chagrin mais aussi d’études balbutiantes mais obstinées.

J’ai retrouvé mon marché du samedi que j’aime tant, j’ai acheté un génèreux bouquet d’œillets de toutes les couleurs pour accueillir ma rentrée, et sereine d'être moi, j’ai écrit ce texte : « J’écris pour passer le temps », dans un gentil clin d’œil à Léo Ferré qui,  lui, chantait pour passer le temps, Léo, disparu aujourd’hui, il y a quelques années.

Oui, j’écris pour passer le temps, à l’ombre de mon quotidien de femme, toujours au travail des livres, au travail de vivre. Être vivante est le plus beau métier du monde, le plus difficile et le plus simple. Se laisser porter par les heures de labeur et de loisirs, par les heures de l’amour et de l’espoir, se laisser porter par nos pages tournées, inventer les possibles de nos livres. En ce moment, j'en lis un très beau : Les Disparus de Daniel Mendelsohn ; je vous en parlerai sans aucun doute. La Shoah, ce n’est pas 6 millions de morts, c’est 6 millions de familles détruites, 6 millions de singuliers qui s’égrènent dans le silence d’un néant qui éclabousse l’histoire et celles des familles frappées de chagrin, notamment celle de Daniel Mendelsohn. Lui, n’écrit pas, comme moi, pour passer le temps, mais pour creuser de son talent et faire vivre,  revivre, retrouver Les disparus de s famille, « le frère de son grand-père, sa femme et ses 4 filles tués par les nazis »

Quant à moi, la presqu’écrivaine, par l’écriture de mon blog, je creuse un peu de l’éternité de nos livres et de nos engagements, d’hommes et de femmes de bonne volonté. Je creuse nos silences et nos absences, nos espoirs et nos talents. Je creuse notre persévérance. Je nous nomme, jour après jour.

J’écris pour passer le temps et nous inscrire dans celui du presque meilleur, dans le temps du symbolique de nos livres écrits et lus, de nos livres partagés, de nos livres caressés, posés sur la toile, là, comme ça, dans la douceur, dans la tendresse de mes heures de femme vivante, dans ma ferveur obstinée dans le meilleur de l'humain malgré tant de ses malgrés. Je crois en nous, voilà tout.

Près de vous, vers vous, pour vous, pour moi, comme ça, pour le plaisir de le faire, dans le lent ressac des saisons, j’écris pour passer le temps.

Merci, chers Inventeurs, de votre fidélité à me lire, pour passer le temps…MJA

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:53

Avec le récit est née la nouvelle science qu’est  la Narratologie   dont les grands noms sont Vladimir Propp (linguiste russe, 1895-1970) dans sa Morphologie du conte (1928) analyse 31 fonctions du conte de fées ; parmi elles la transgression, la médiation, la reconnaissance, la punition, il analyse aussi les rôles des personnages dans des sphères d’action qui se répètent dans la variation qu’est l’histoire, Mikhaïl  Bakhtine (critique littéraire 1895-1975) qui a plus particulièrement étudié la temporalité, Algirdas-Julien Greimas (sémioticien français 1917-1992), Tzvetan Todorov (linguiste et essayiste né en 1939, en Bulgarie) qui s’est attaché à étudié la grammaire universelle du récit, Gérard Genette, qui s’est attaché à la rigueur du texte et enfin Ricoeur, phénoménologue contemporain qui a écrit sur l’herméneutique du récit. Tous se sont attachés, par leurs travaux, à ouvrir les multiples portes du temps  de l’objet « récit ».

 Lire ouvre le temps d’un ordre ou d’un désordre, d’une fréquence, d’une vitesse, d’une expérience fictive ou non, d’un long discours subjectif sur le monde.

 Le temps du livre est le temps de la « coopération  interprétative » dont parlent Umberto Eco et en d’autres termes, Ouaknin, plus récemment Texier et tant d’autres. La liste serait longue. Un livre n’existe pas seul. Il a besoin de son lecteur qui le lit, générant ainsi le temps vivant du récit qui sans lui resterait lettre morte. Le temps du récit est vivant du regard, des affects, de l’histoire des hommes qui l’effeuillent, page à page. Le temps du récit est un temps construit par le lecteur et par nos publics. Le temps du récit est le temps des possibles. Notre travail de professionnel est d’être attentif à cette construction qui toujours varie, et d’être attentif aux possibles générés par chaque lecteur à partir de ses lectures pour pouvoir lui répondre et accorder pleinement au livre son étonnant pouvoir de médiation avec nous, avec le récit, avec la culture dans lequel il s’intègre.

 Le temps du récit, temps qui dit le temps des possibles de tous, écrivains et lecteurs est pour moi le temps pluriel du meilleur de l’humain parce que le temps des pensées à cueillir malgré le froid, parfois, de la solitude. 

J’ai lu pour vous, Soi-même comme un autre de Paul Ricoeur qui nous explique comment on est à la fois soi-même identique (notre « mêmeté ») et toujours différent des autres (notre ipséité).

J’associe librement sur ma lecture : pour qu’un enfant se sente exister comme « même » il doit être reconnu par ce premier autre qu’est la mère (travaux de Winnicott, de Mahler, de Lacan, de Wallon, pour ne citer qu’eux.)

Ce que j’ai appris en lisant ce livre, c’est que nous pouvons nous vivre toujours « même » qu’inscrit dans la permanence du temps, ce même temps qui nous fait vivre aussi différents de chacun. Nous existons, nous dit Ricœur entre « Mêmeté et ipséité » et cela ne peut advenir que par la médiation du temps du récit qui nous ouvre à ces deux dimensions de notre destin d’humain.

 J’ai lu aussi pour vous La bibliothérapie de Ouaknin

 Marc-Alain Ouaknin Lire aux éclats

Edition Lieu commun 1989 

D.W.Winnicott : Jeu et réalité (1)

L’espace potentiel.

D.W.Winnicott 1971

Traduction française 1975

Folio essais

 Le livre entre intérieur et extérieur

Dit du monde le meilleur

Le livre est un objet qui luit

Dans ma nuit dans laquelle je crie

J’aime le monde des mots qui se rient

Du sens ou de leur non-sens.

L’auteur a écrit

Il nous lance un défi

Il nous lance une balle

Si nous avons mal

A nous de la saisir

Et de notre mal nous dessaisir

Reconstruisons le sens perdu

Dans un éclat de rire

Refusons le pire

Inventons l’intermédiaire

Entre  le tout perdu

Et le possible à retrouver

Dans le sens jamais perdu

Du livre que l’auteur a écrit

Se joue dans une aire intermédiaire

Mon rêve en mouvement

Qui jamais ne ment

Dans le mobile du je

Dans mon mobile à jouer de mon je

Mes livres se font Play Mobiles

J’invente les personnages et leurs âges

Dans un mouvement bienfaisant

Dans un essor créatif

Pris sur l’instantané du vif

De mes lectures enthousiastes.

Lire est une merveilleuse illusion

Inscrite dans la désillusion du sens

Qui serait peut-être lui l’auteur

Sans être moi le lecteur peut-être.

Un livre est un sage docteur

Un livre est un profond vecteur

De l’homme quand il fait le dos rond

Devant l’invention de l’autre

Sans toutefois

Chaque fois ployer

A gorges déployées

Depuis toujours la lecture est mienne

Ouaknin et Winnicott

Ces auteurs qui de l’entre-deux

Disent la culture

Qui disent de la lecture

Comme de l’écriture

Le possible rire

Le possible dire

La splendide illusion

Avec d’autres partagées

Qui disent une fois encore

Le possible chemin

Je vous transmets

Ceci  n’est pas un leurre

C’est une possible histoire

Du grand savoir

Qui dans le temps du rire

Fait reculer le pire

Celui des miradors

Par certains déniés

Je vous raconte ce savoir

Qui jamais ne m’endort

A la vie me tient éveillée

Au temps me tient émerveillée

Par mes livres, ivre de vie

J’échappe au non-sens

Je lis, je caresse le sens

J’échappe au non-sens

De ceux qui dans l’ombre

Tuent la si tendre colombe

Entrons dans la danse

Tenons par la main

Ouaknin et Winnicott

Lui le rabbin

L’autre le psychanalyste

Tous deux nous apprennent

Des êtres et des livres

Le précieux entre-deux

Tous deux allument notre feu

D’où jaillit notre flamme

d’être homme ou femme

attentifs au vif

de l’humanité qui dit NON !

Non à la guerre ! non à la déraison !

Non à l’absurde raison !

Quand elle se fait carcan du cœur

Lisons dans un éclat de rire

Entre sens et non sens

Dans le mouvement de la caresse

De l’intermédiaire retrouvé

Lisons ! lisons !

Du sens envolé

Du sens libéré

Du sens travaillé

Du sens élaboré

Du sens cherché

Du sens caché

Du sens secret

Du sens dévoilé

Du sens arrondi

De notre dit

Inventons ! Inventons !

Créons ! créons !

Sauvons la courageuse Antigone

De l’orageux Créon

Que ces frères subversifs

Si créatifs de révolte

Soient  ensevelis par la tendresse

Des caresses des livres

Lire est une patiente histoire

De vie et de mort

Quand les coquelicots s’ouvrent

Au soleil du savoir et de la vie

Le chant du monde se fait possible

Ce chant qui lutte contre nos impossibles

Tu te souviens bébé tu ne comprenais pas

Ta maman était partie

Tu pleurais dans le silence de ta chambre

Puis ton doudou tu as pris

Puis les pages de tes livres tu as tournées

La perte du sein fut alors supportable

Dans ton cartable plein de livres

Tu as découvert le savoir et les autres

Le livre est le sein qu’on peut garder en soi

Les mots des livres, leurs sens tu peux les détruire

Puis les reconstruire

C’est ça créer c’est jardiner

Dans ton jardin tu inventes de l’après avec de l’avant

Dans ton jardin tu retrouves du rire

Par le livre inventé

Par les textes qui comme dans un miroir

Se reflètent se renvoient les uns aux autres

tu crées avec le chagrin de ta solitude

Avec le sein perdu, avec les mots retrouvés

Tu inventes quelque chose qui te ressemble

Peut-être

C’est ça qu’elle a fait ma mère

Sur son banc des Tuileries

Dans son jardin à elle,

Ma mère si triste

A cause de La Shoah

A cause de son frère fusillé à 20 ans

A cause de la guerre

Longtemps du chagrin de ma mère

J’en ai pleuré

Mais comme elle j’ai découvert

Les ailes du savoir

Je me suis envolée

Dans les livres dans mes livres

Puis dans l’éclat de rire des mots

Dans une zone intermédiaire

Entre illusion et désillusion

Dans un jardin où parlaient

Quatre Maîtres et deux hommes

Ouaknin le Rabbin

Winnicott le psychanalyste

J’ai grandi j’ai découvert

Mes livres et une multitude

D’hommes et de femmes

J’ai grandi dans le possible d’eux

Dans mon jardin à moi

Avec tant de coquelicots et de roses

Mes livres.

 J’ai su alors que vivre était possible

 Avec nos livres, tous ensemble, nous construisons les possibles de notre verbes vivre dans nos identités singulière et citoyenne, dans le temps de notre mêmeté et de notre ipséité, dans le temps de tous les récits du monde qui nous essaiment aux quatre coins de la terre.

 Lire est un immense « bâtir ».


 Nous, lecteurs, nous sommes les Inventeurs de mots retrouvés du fond de la nuit de nos solitudes partagées, dépassées.


 Avec nos livres, nous construisons l’humain

Nous construisons nos demains

De nous deux mains


Quand elles tournent les pages de nos livres.

            MJA


 

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 19:49

Marine Le Pen,

Vous arrivez en 3ème position

Je vais essayer de garder mon calme

Devant votre score de femme

Qui trahit les femmes

 

Mais cela me sera  difficile

 

Je  pense

A vous mes amis étrangers

A vous  mes amis de tous les jours

A vous  mes  amis de toujours

A vous  mes  chers  enfants

 

Je vais m’appliquer

A continuer de conjuguer

Les verbes

Lire

Ecrire

 

Chaque jour, je prendrais le train, le plus tôt possible,  pour me rendre à l’Université de Toulouse le Mirail et  continuer de chercher pour ma thèse,  du côté de l’enfance et des livres, du côté de la pensée.  La pensée, et les livres vous vaincront madame Marine Le Pen.

 

La pensée, les livres et nous.

 

Oui, je vais m'appliquer à continuer mon chemin, celui de  mes Toujours, le regard triomphant dans l’horizon de nos  valeurs, à nous tous, « de gauche ».  Sans renoncer. Un seul jour. MJA

 

 

 

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 18:52

Pour ceux qui souffrent

Pour ceux qui renoncent 

Ouvrons les livres

Tournons nos pages de cahiers

Continuons d’inventer le savoir

Seul espoir de dire non au noir

 

Continuons de créer

 

Je souhaite à tous les Inventeurs

Un heureux printemps

Intériorisons le noir du deuil

Partageons le vert de l’espoir

Acceptons ces deux teintes de l’humain

Lisons... Ecrivons....Parlons...

 

Dans le temps de nos créations.

 

MJA

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 11:13

Pour cause de guerres

Pour cause de tueries

Pour cause de pulsion de mort

Pour cause de destruction

 

Partout...Partout....Partout

 

Pensées silencieuses pour ceux qui souffrent

Livres éteints

Cahiers immobiles

 Absente pour cause de deuil

 

Pour un temps indéterminé.

 

Marie-José Annenkov

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 06:56

Bureaux vitrés

Quand je vois vos têtes penchées
Sur le calme de vos papiers,
Sur les remous de vos dossiers,
Quand je vois vos pensées tomber
En pluie d’été
Sur les écrans bleutés,
Je me sens plus près des forêts
Car j’entends vos idées
Gais rossignols, chantez ... !

 

Catherine Lion-Méric



      Rossignols du monde entier, chantez pour Charlotte Delbo et pour tous ceux qui ne sont jamais revenus des camps de la mort.

 

        Chantez ! Chantez ! Chantez !

 

     Merci Soeurette... MJA

 

   


Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:08

 

 

 A tous, chers Inventeurs, je vous souhaite un heureux hiver ! Couvrez-vous bien et prenez soin de vous comme je prends soin de moi pour cueillir encore et encore les coquelicots de nos possibles, les coquelicots de nos engagements pour faire du monde, un presque meilleur !

 

Mais que de travail ! Cet hiver me surprend inquiète...  Trop d’injustices !

 

         Défendons nos idées dans la neige et dans le vent, dans le glacial de l’air qui couvre notre terre, pensons à ceux qui n’ont plus d’abri, à ceux qui n’ont pas de papiers, pensons aux sans, pensons aux exclus victimes de la misère, pensons à ceux qui ont tout perdu, même la vie dans des guerres sans paix et sans trêve. Pensons à ceux qui, été comme hiver, meurent, de famine, pensons à tous les enfants de la terre qui pleurent par notre faute, pensons à eux tous et hiver comme été, aux quatre coins de nos saisons, lisons !!!

 

Lire et lire encore pour ne pas renoncer à l’humain. Lire à en mourir pour continuer la vie.

 

Que vole la colombe !  Que vole l'espoir d'un hiver si menaçant, si menacé, en danger d'humanité brisée.

 

Vaincre nos silences et dans la neige, continuer. MJA

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
commenter cet article

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche