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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 22:12

Vendredi  saint 2 avril 2010


Ce soir,

nous ferons un Cercle,

un cercle d’hommes et de femmes

comme chaque premier vendredi du mois,

sur l’Esplanade des Fontaines à 18H.


Un Cercle de silence,

tourné vers la lumière,

pour d’autres hommes, d’autres femmes

pour des enfants


Ce qui nous rassemble, c’est un texte adopté par les Nations unies, le 10 décembre 1948, la Déclaration Universelle des droits de l’homme, un texte pour que tous les hommes de notre monde aient les mêmes droits :


à un toit

à des ressources

à l’asile

à l’éducation


à ce que sa vie, sa dignité soient respectées en toutes circonstances.


De ces hommes et de ces femmes que je reçois à la Cimade, je vais vous parler.

Je ne citerai pas leurs noms, je ne citerai pas leur pays d’origine

Mais vous marcherez avec eux le temps de ma prise de parole.


Il en marre d’être tabassé parce dénoncer des combattants de la montagne, combattants qu’il ne connaît même pas. Sa femme reçoit des menaces :

« on va s’en prendre à tes enfants ! »


Toi, caucasien, visage noir, si tu veux rester en vie paie ! Trouve-moi 1000 euros et vite !


Il n’y a plus d’eau à la maison ! C’est la fin de l’après-midi, c’est la guerre. Le fils part avec le voisin, son camarade. Ils ne rentrent pas.


Elle est une fidèle de son église chrétienne. On veut qu’elle abjure sa religion. Elle se retrouve en prison, accusée à tort de vol d‘argent par son employeur musulman.


FUIR, échapper à tout cela.

E, file indienne, le passeur leur fait signe de se taire et e se presser. Ils ont quelques effets dans de légers cabas de toile plastifiée. Une femme porte son enfant serré contre elle pour ne pas le perdre. Surtout, qu’il ne crie pas.


En terre étrangère : la police veillait.


Des barrières tombent derrière eux, es barbelés les encerclent, ils sont enfermés dans les camps installés aux portes de l’Europe, juste à l’intérieur, (comme en Pologne, en Grèce, en Italie) ou de l’autre côté de la Méditerranée (comme en Libye, au Maroc).


Fichés, interrogés, suspectés.

Qu’advient-il de leur dignité ?

Abandonnés, humiliés.

Espoirs, désespoirs, attente, ATTENDRE.

Se sauver, survivre. Arriver peut-être à demander l’asile dans le pays de son choix.


Dans la Calaisie, ils veulent aller en Angleterre, ils n’ont même pas de toit. Leur abri de fortune est mis en miettes par la police. Ils sont repoussés, et ceux qui les aident sont inquiétés.


Les demandeurs d’asile en France attendent environ deux ans avant que la décision ne tombe. Négatif ! vous devez quitter le territoire. Partez, sinon je vous expulse !

Mais… mais c’est impossible ! Je vous ai expliqué… mes souffrances, celle de mes enfants.


Alors ! dans l’état de droit, les procédures s’enchaînent, la galère du clandestin commence, l’état peut à tout moment l’arrêter


Et c’est l’enfermement comme un délinquant.


Notre pays se donne les moyens d‘enfermer

Il construit plus de centres, avec plus de places, des lieux pour y enfermer aussi les enfants avec leurs parents


(cette semaine même La Cimade a alerté sur l’ouverture du centre du Mesnil Amelot. On agrandit en faisant des bâtiments dans un espace proche pour détourner la réglementation sur le nombre limite de places)


Au cas par cas, il se trouve des solutions, après trois ou quatre ans de galère sans papiers, sans droit au travail, dans la peur. Des régularisations s’obtiennent. Notre cercle de silence est là  pour ça. Pour appuyer es demandes de régularisations portées par les associations Cimade, Secours Catholique, Emmaüs, Amar et soumises à la décision du Préfet.


Il est aussi le témoignage de vos solidarités, la petite lumière sur le chemin de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants.


Je vis au quotidien cela comme bénévole à la Cimade et je partage ce don.


Christiane Pierdet,


Je suis heureuse, si fière d’être à tes côtés Christiane, dans le fil des heures et des jours, qui inventent nos actions, nos textes, nos photos (comme il est beau notre panneau !!!) et surtout nos permanences  à la Cimade


Chaque  jeudi matin,

23 rue Saint-Jean  (au coin de la rue d’Albert)

de 9H.30 à tard dans la matinée…


Comme tu le sais dire, si bien Christiane, avec le sourire qui est le tien :


« La vraie vie, elle est là, avec eux, à leurs côtés »


Merci Christiane pour ton si beau texte, pour ton action quotidienne où tu mets tant d’amour. Merci pour ce chemin de luttes que tu nous traces, fait de douceur et d’écoute, d’analyse politique aussi.


Oui, vraiment merci !  MJC








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Published by Marie-José Colet - dans La Cimade
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