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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 23:42

Entre trauma et protection

Quels devenir pour les enfants juifs

cachés en France (1940-1944) ? (3)


Le sort des enfants juifs : 1940-1945


Comme précédemment, je vous invite à vous reporter à la page 30 de l’ouvrage qui donne sens à l’approche historique, dans une méthode complémentaire à la psychologie clinique interculturelle, telle que la prône Marion Feldman.


Marion Feldman


Rappelle en début de chapitre combien fut longue la reconnaissance des droits des statuts de l’enfant en Occident.

Rappelle que le 28 février 1924 fut signée « La Déclaration des droits de l’enfant par une ONG et qu’elle constitue par excellence le texte de référence.


Dans ce chapitre, nous découvrons


des lois et des dates

des chiffres et des assassinats

des réseaux juifs, chrétiens, laïques

des organisations d’aides aux enfants


I. Des lois :

Entre 1940 et 1944, les lois antisémites pour les adultes sont les mêmes pour les enfants.

- A partir  de 1942, enfants et adultes sont voués à la solution finale

Du 27 septembre 1940 au 20 octobre 1940, une ordonnance allemande exige le recensement de la population juive

- Selon Serge Klarsfeld, 90%  de la population juive obtempère

- 3 octobre 1940, une loi exclue les juifs de la fonction publique

- Loi 1940, va plus loin que la loi de Nuremberg concernant les ascendants juifs comme déclinaison de judéité.

- 24 mars 1941 avec Xavier Vallat, commissaire générale des questions juives exclue les juifs de toutes professions libérales, commerciales

de l’enseignement supérieur

- Juillet 1941 : interdit aux juifs de posséder bicyclette, téléphone, radio

- 7 février 1942 interdit aux juifs de quitter leur domicile entre 20H et 6 h du matin

- 7 juin 1942 : les enfants, à partir de 6 ans révolus doivent porter l’étoile jaune. ( soit 15.322 enfants sur une population juive de 100.455)


II. Des chiffres et des assassinats


- 14 mai 1941 : convocation avec billet vert pour se rendre au commissariat : soucieux de la légalité : 3800sont arrêtés parmi eux, 3430 sont des juifs polonais. Ils sont transférés dans des camps du Loiret de Pithiviers et de Beaune la Rolande ouverts en 1941.

-  Les juifs du 11ème arrondissement de Paris sont pris dans une rafle.

-  Les rafles à partir de 1942

- La rafle du Vel d’Hiv : les 16 et 17 juillet 1942 : 12.884 personnes sont arrêtées : 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants, 4992 juifs sans enfants sont directement conduits à Drancy ; les autres sont parqués au Vélodrome d’Hiver et de tels crimes, l’histoire le dit, les textes aussi ne répondent à aucune loi, à aucun décrit.

- En zone libre : La Rafle du 26 août 1942 : le nombre de juifs arrêtés s’élèvent à 6584 juifs arrêtés

- Le 10 février 1943, la police française arrête des enfants de plus de 12 ans, de parents russes ou polonais, dans les centres de la rue Lamarck, de la rue Guy Patin, à l’orphelinat de Rothschild et à l’école du travail. 42 enfants sont arrêtés et déportés.

Le 6 juillet, 2 semaines avant les rafles de 44, dans les centres de l’UGIF, 44 enfants  de la maison d’enfants d’Izieu sont raflés et déportés à Auschwitz


La déportation des enfants

Selon serge Klarsfeld  (1994)10.147 enfants de moins de 18 ans ont été déportés.

+ les enfants décédés dans les camps d’internement : total : 11.600 enfants

Selon Lazare (1978) parmi les enfants déportés dans le second semestre de l’année 1942, on dénombre 1032 enfants juifs de moins de 6ans, 2.557 enfants de 6 à 1éans, et 2.464 enfants de 13 à 17 ans


MAIS


Ces chiffres comparés à ceux de la Belgique, de l’Italie montre de nombreux sauvetages d’enfants.


III. Des réseaux, juifs, chrétiens, laïques : des réseaux de camouflage d’enfants


A Les réseaux juifs


L’UGIF :

Crée le 29 novembre 1941, l’UGIF, Union Générale des Israélites de France est placée sous la tutelle du Commissariat général aux questions juives. Il est interlocuteur officiel face à la population juive. Il est constitué des notables Israélites, c’est à dire tous de nationalités françaises depuis longtemps. Ils jouent un difficile rôle d’interface aussi bien au Nord, qu’en Zone libre mais des historiens de cette période, nous dit Marion Feldman, posent la question de la responsabilité de l’UGIF dans les arrestations des enfants dans les années 194261944.

Je demande à mes lecteurs de ne pas faire l’économie de la lecture de Marion Feldman, à la fois, précise,  nuancée  et ferme. Mes lignes sont une introduction à son texte, à sa pensée mais ne s’y substitue absolument pas.


L’OSE (Œuvre de secours aux enfants)

a sauvé 5000 enfants en France (Zeitoun, 1989 ; 1990)

a assuré la survie de plus de la moitié des enfants pris en charge par des organisations juives

3000 enfants ont été cachés dans le cadre du circuit Garel

1500 ont été placés à l’abri en Suisse

600 ont été cachés en Zone Nord

Lire de très près et de façon approfondie ce long sous-chapitre que je résume avec grande maladresse et je m’en excuse auprès de Marion Feldman.


Les EI (Eclaireurs israélites) ou « La sixième »

Il rassemble le seul mouvement en France à vocation de rencontres entre Israélites français et Juifs étrangers. Il s’engage dans la résistance juive en 42 puis dans la clandestinité.


Le mouvement de résistance la sixième  est née de L’EI lors du recueillement d’enfants juifs de la région parisienne, travaille avec l’OSE et en 42 bascule dans la clandestinité.


Là encore Marion Feldman décrit avec minutie le travail de l’EI et de La sixième. A lire crayon en main


                         d)  « La mère et l’enfant. » Le comité de la rue Amelot à Paris

Ce comité regroupe différents organismes tournés vers l’assistance aux populations juives.

Sa composition est politique et regroupe la mouvance de gauche non communiste.

Il possède 4 cantines et des dispensaires.

David Rappoport en assume la direction dès septembre 1940 et refuse d’obéir aux exigences de l’occupant et l’organisation ne se déclare pas à la préfecture pour son autonomie d’action.

En 1943, incorporation à l’UGIF suite de la découverte de certaines de ses actions par la Gestapo

De nombreux parents, en dernier recours de l’histoire, de leur histoire dramatique vinrent confier leurs enfants au Comité de la rue Amelot.

C’est la même année que suite à de nombreuses arrestations dans les centres de l’UGIF que le Comité de la rue d’Amelot décide de placer les enfants dans la Nièvre.


Le réseau Marcel : le sauvetage des enfants juifs dans la région de Nice

Réseau Abadi crée en 1942 

Les grands noms en sont : Odette Rosenstock et Moussa Abadi


         B. Les réseaux  chrétiens


L’Amitié chrétienne

Créee  fin 1941

Elle permet de nombreux enfants de survivre.

Elle est multiconfessionnelle

Se joint à l’Amitié chrétienne, La Cimade


Des réseaux se forment autour de personnalités fortes :


Le père Devaux

Après avoir eu une activité à Jérusalem en 1925, il revient à Paris à la Maison des pères de Sion. Il fonde la revue La question d’Israël qui se lance contre l’antisémitisme.

En 1940, il porte secours aux juifs et dirige son aide vers les enfants. Il est aidé par Georgette Schwarcz et Mademoiselle Hue

Il a permis de cacher plus de 443 enfants


Les sœurs de Notre-Dame-de-Sion

 Oeuvrent à Grenoble autour de Germaine Ribière et Denise Paulin


La résistance protestante


d1 Chambon-sur-Lignon.

     -    5000 protestants ont sauvé 5000 juifs.

Deux pasteurs : Trocmé et Théis

La Cimade œuvre dans une pension  « Le Coteau fleuri »

Oscar Rosowski ouvre une fabrique de faux papiers


d2 Dieulefit

3000 habitants dans ce village de la Drôme abritent 1300 hommes, femmes et enfants


C. Des organisations laïques


a) L’entraide temporaire travaille avec le service d’aide aux Emigrants reconnu d’utilité publique. Sauvetage de l’enfance.

Au total, elle a caché plus de 500 enfants


b) MNCR : Mouvement National Contre le Racisme

Œuvre en zone libre comme en zone occupée. Presse et tracts invitent à cacher des juifs et aux concierges écrit « Camouflez par tous les moyens vos locataires juifs. »

Je veux écrire qu’au moment où je saisis cette dernière phrase, je demeure émue. L’humanité peut être belle et ça vaut le coup de continuer nos luttes malgré… Et nous connaissons tous le contenu du point de suspension que je ne peux articuler.

1941, 1942, 1943, le MNCR agit patiemment…


Puis advint le temps de la libération et du bilan.

Marion Feldman reprend avec le sérieux qui est le sien les comptes de tous.

Lazare 1978, p.223 : 72.400 enfants juifs ont survécus

L’OSE estime entre 4500 et 5000  le nombre des enfants qui sont orphelins ou que les familles ne peuvent pas prendre en charge (Hazan, 2000 p.71).


Marion cite à perte de lignes, à perte de noms, à perte de chiffres pour une seule cause : les enfants cachés, les enfants sauvés. A lire et relire, dans le sérieux et dans la hâte, dans le chagrin et dans l’espoir. Un bilan qui dit la possible humanité de tous quand le cœur se met à l’ouvrage pour dire NON à l’horreur de déporter des enfants.


Merci Marion Feldman pour ce long et difficile chapitre d’une histoire si longue et si difficile. Merci pour ce travail d’archives et de recensement.

Merci sans doute, pour ce questionnement de l’histoire au détour de votre clinique qu’à la fin du livre j’interrogerai.


Et donc,  à bientôt pour les prochains chapitre de ce livre qui d’ores et déjà, me paraît incontournable quelle que soient nos orientations de cliniciens et cliniciennes.

Mais déjà, n’attendez pas mon travail laborieux parfois et mettez-vous sans plus attendre à l’invention de votre lecture de Marion Feldman. MJC










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Published by Marie-José Colet - dans La Shoah
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