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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 12:16


Entre trauma et protection

Quels devenir pour les enfants juifs

cachés en France (1940-1944) ? (7)

Editions érès. 2009


Le 14.10.2009



                                               Chère Marion Feldman,


Je lis votre livre et depuis plusieurs jours, je le commente, certes avec timidité mais aussi avec grand respect, dans mon blog « Les inventeurs de lectures. »


J’en suis donc au chapitre, « Récits et traumatismes » 


Ce chapitre, contrairement aux autres, j’en livrerai à peine le contenu, laissant aux lecteurs la liberté de le découvrir. Pourquoi ? Parce que c’est un chapitre, je n’en doute pas « thérapeutique » et pour qu’il le demeure, je dois laisser à chacun le soin de le découvrir et de l’inventer du lieu de son identité et de son histoire.


Merci Marion Feldman d’avoir écrit un chapitre si précieux, en tout cas précieux pour moi parce qu’il m’a mise une fois encore au travail de la culpabilité et de sa transmission transgénérationnelle  véhiculée par la Shoah.


J’ai beaucoup aimé aussi dans votre livre tout ce que vous dîtes sur le silence par rapport au traumatisme de l’enfant qui a été si bien étudié par le psychanalyste anglais que j’aime tant, Winnicott (je connais moins Anna Freud mais grâce à vous, j’irai voir) et de ce fait sur le silence des adultes (silence politique, silence des chercheurs) .


J’ai beaucoup aimé votre approche des savoirs relatifs à l’Histoire, à la sociologie et à l’anthropologie dans une complémentarité qui vous a mise au travail de votre profession de clinicienne.


J’ai aussi aimé tout ce que vous dîtes sur le groupe comme nécessaire mais non suffisant pour le petit homme qui deviendra grand.


J’ai admiré votre méthodologie de chercheuse, si grande lectrice d’autres chercheurs si nombreux.


J’ai aimé ce que vous dîtes du contre-transfert des chercheurs à leur objet de recherches ; je dirai, en termes simples la passion identitaire (ou l’indifférence, neutralité etc.) qui relie le chercheur à son étude. Ce concept est essentiel selon moi ; il habite le savoir d’humanité qui parfois peut se faire défaillant. Dieu merci, le savoir n’est pas une science exacte et le chercheur n’est pas un robot programmé. Il ne se réduit pas ainsi à une pensée unique « objectivée et objectivable » (ce qui ne signifie pas pour autant renoncer à la rigueur méthodologique, il faut juste rester humble quant aux résultats : humanité et contre-transfert obligent !)

 

Et c’est à ce point précis, chère Marion Feldman, que j’ai apprécié très vivement, votre définition de votre recherche comme un « ECHANGE »

avec les enfants juifs cachés devenus grands. Cet échange là, authentique, qui naît de votre histoire que vous nous confiez en toute simplicité (infiniment merci de vos confidences si émouvantes et sobres tout à la fois) signe la grande valeur de votre livre et  la grande valeur de la clinicienne-chercheuse que vous êtes.


Chère Marion Feldman, votre livre si courageux, si intelligent, si humain, je l’ai lu, je l’ai souligné, je l’ai mémorisé et par mon blog, je l’ai transmis ; le  scandale de la Shoah, il faut le transmettre, nos vies durant, nos travaux durant, nos recherches durant et principalement quand ce scandale témoigne d’enfants juifs exposés, d’enfants tout court.


Je lirai bientôt, pour le transmettre aux Inventeurs de lectures le livre de Janusz Korzac : Le Droit de l’enfant au respect.


Merci, Marion Feldman, pour votre livre qui m’a tant émue et soignée de ma douleur d’enfance. MJC.



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Published by Marie-José Colet - dans La Shoah
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