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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 21:54

La Jalousie

Délices et tourments

Marcianne Blévis

Seuil, mars 2006

(206 pages)

 

Chers Inventeurs, pour vous, pour moi, je vais ouvrir un nouveau livre, et chapitre par chapitre, ensemble, nous le découvrirons, voulez-vous ?

Ce livre a une histoire. Notre curieux monde moderne, via Internet, nous offre parfois des surprises heureuses. Ainsi, un jour, au hasard d’un mail, j’ai eu la chance de retrouver, par mon blog interposé, une cousine, du côté de l’errance de ma famille. Je l’ai toute de suite nommée, je ne sais pourquoi, « ma cousine surgit de l’errance. » Nous avons échangé après quelques mails, comme ça, en toute confiance nos livres, ceux que nous avions écrits, l’une et l’autre. Moi, La Femme en retard, elle, La Jalousie. Délices et tourments.

         J’en ai immédiatement aimé le thème : la jalousie, sentiment si humain, si permanent, si latent, à la fois silencieux et bruyant, un sentiment venu de l’enfance et qui roule comme une boule dans nos vies, pas toujours sages et si souvent tourmentées, un sentiment qui trop souvent colle à la semelle de l’amour et le brise mais aussi parfois le pimente, un sentiment couleur d’aiguille, couleur brindille, un sentiment qui se fiche dans le cœur, comme une écharde, un sentiment sombre, un sentiment violent, un sentiment qui se cache, un sentiment qui éclate, qui se déclare comme une passion, qui tue comme une possession. Le verbe « posséder » broie l’amour et son toujours. L’amour doit être fleur et non peur, l’amour doit être duvet et non lourde prison, l’amour doit être soleil et non glaciale déraison. L’amour c’est le souffle de la vie et non haleine de la mort.

J’en ai immédiatement aimé la couverture, toute douce, voire même soyeuse.

J’en ai immédiatement aimé, l’illustration de couverture signé Christian Roux : du rouge et du noir, des lignes brisées, un homme noir, légèrement déstabilisé , regardant de loin, un couple gris, entre deux barres rouges. Une couverture qui dit par son rouge et son noir, la violence et le chagrin de la jalousie. Sa peur aussi.

J’en ai immédiatement aimé, le curieux prénom de l’auteure, celui de ma cousine surgit de l’errance, Marcianne.

J’ai ouvert le livre, j’en ai lu la gentille dédicace à moi adressée. Les dédicaces, c’est quelques chose de gentil que les auteures écrivent à un lecteur en particulier. C’est un souffle amical et j’ai recueilli ce souffle.

L’adresse du livre, c’est important aussi. C’est le manque dans lequel s’engouffre le livre, c’est le manque à partir duquel il a été écrit. Mon autofiction, La femme en retard, je l’ai adressée à Cathy et à Béatrice,  celles qui étaient ma soeur et ma meilleure amie, Cathy et Béatrice qui m’ont été volées dans un même été 2002, qui se sont envolées dans le ciel immense de mon chagrin. Cathy et Béatrice, celles qui viennent habiter mes nuits si souvent, celles qui étaient mes rires et mes longues conversations, celles dont je n’ai jamais fait le deuil ni par l’écriture ni par les mouvements de mes projets, celles qui à tout jamais seront du pur manque dans mon temps troué par leur mort. L’adresse du livre de Marcianne est à Claire, sa mère. Quand la mère fait destin d’écriture. Et puis sous l’adresse « A Claire ma mère », une phrase que je lis et relis et que j’espère, l’auteure me pardonnera de citer. Mais elle si belle cette phrase, que je ne peux y résister :

« Elle avait longtemps cru que les enfants naissaient lorsqu’un rabbin oubliait  un mot dans une prière. Ma vive passion pour les mots et les oublis en est-elle l’écho ? ».

Je lis et relis cette phrase qui m’échappe, m’attire puis s’enfuit,  ne voulant pas me dire son sens que je pressens si important. Oui, les mots venus de la prière du Rabbin, quand elle se fait ferveur, ne sont-ils pas par la brisure de l’oubli ce qui génère la vie, l’enfance ? Je ne sais pas, je chercherai encore, cette phrase qui se ferme à moi et toutefois me tend les bras, cette phrase venue de l’enfance de l’auteure, qui vient là ouvrir son propos de psychanalyste.

Marcianne Blévis est psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne. C’est écrit sur la quatrième de couverture. J’aime les quatrièmes de couverture, fenêtre ouverte sur le livre qui nous attend. En l’occurrence, la jalousie, celle qui nous met dans tous nos états, cette folie qui nous plonge en désarroi, obstacle à l’amour. La quatrième de couverture s’ouvre sur le livre écrit par une psychanalyste qui va « nous proposer d’audacieuses analyses de ces inévitables jalousies qui jalonnent l’existence et celles qui se révèlent les plus cruellement vénéneuse ».

Puis, je me dirige vers l’Avertissement. J’aime quand l’auteur avertit le lecteur du balbutiement dont l’écriture émerge. Marcianne Blévis nous avertit qu’à défaut de nous parler des aventures « d’ une psychanalyse » elle va nous entraîner dans « des psychanalyses » et surtout dans les strates de la jalousie, strates structurée par les chapitres. Oui, le livre ne sera pas une séries de confidences disloquées mais des confidences structurées par le savoir de l’analyse. J’ai toujours aimé ce savoir là, qui habite ma vie depuis des années, qui a structuré ma vie et lui a donné sens. Alors, oui, j’ai envie de lire avec vous ce livre où déjà au hasard des pages tournées, je sais que je vais lire de bien étranges passions d’hommes et de femmes habités par la peur d’être trahis.

Mais assez pour aujourd’hui.

Très prochainement, peut-être demain, nous lirons ensemble, les premières pages intitulées « Jaloux, jalouses ».

A suivre ! MJA

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Published by Marie-José Annenkov - dans Les inventeurs cherchent et trouvent
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