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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 17:03

Un livre de Jacques Fijalkow 

 Transmettre la Shoah

dans la famille, à l’école, dans la cité

Les éditions de Paris

Max Chaleil 2009


Dans le cadre du colloque Levinas (4-9 juillet 2010 à Toulouse dont le temps venu, je vous parlerai)) Jacques Fijalkow, Professeur émérite d’abord en psychologie puis en sciences de l’éducation, passionné d’histoire, ayant enseigné également en Israël en hébreu, le  mardi 6 juillet a présenté en termes sobres et efficaces, à la Librairie Etudes (Université de Toulouse le Mirail) l’ouvrage collectif, dont dit-il, non sans modestie, qu’il était le « souffleur », ouvrage intitulé : « Transmettre la Shoah dans la famille, à l’école, dans la cité »


Jacques Fijalkow, pour introduire son propos nous dit qu’il veut savoir et comprendre : « Pourquoi la Shoah ? ». Il nous dit aussi, dans le temps de la confidence discrète et de l’éclairage de ses recherches que lui même fut un enfant caché.


A partir de 2001, il fait un retour à Lacaune où il vécut enfant. C’est cette année là que commence l’aventure des colloques de Lacaune qui donnèrent lieu aux ouvrages suivants :


1er colloque : Vichy, les juifs et les justes : l’exemple du Tarn (Privat : juin 2003)

2ème  colloque : Les femmes dans les années quarante : Juives, non-Juives, souffrances et résistances (Les éditions de Paris 2004)

3ème  colloque : Les Enfants de la Shoah (Les éditions de Paris 2006)

4ème colloque : Transmettre la Shoah dans la famille à l’école dans la cité (Les éditions de Paris 2009)

Le 5ème colloque : Le sauvetage des juifs en France est attendu avec impatience par tous les amis de Lacaune, chercheurs et public en mars 2011.


Jacques Fijalkow, ce jour d’été 2010, nous présenta l’ouvrage du 4ème colloque : Transmettre la Shoah.


Il sut nous conter le Tarn qui connut les femmes déportées, le maquis, les familles assignées. Le Tarn, véritable microcosme


Il sut nous dire d’emblée combien cet ouvrage était pluriel, issus de chercheurs de tous horizons du savoir quand il se fait sociologique, historique, littéraire, psychologique. Il sut nous dire combien une telle approche pluridisciplinaire est riche d’enseignement.


Il sut nous dire comment transmettre la Shoah ce n’est pas transmettre de la connaissance ou de la mémoire mais comment transmettre la Shoah, c’est transmettre les deux à la fois dans une ambigüité voulue parce qu’inhérente au sujet traité.


Il sut nous dire combien la question de la transmission de la Shoah, ne se pose pas sous la forme de « comment transmettre » mais sous la forme de « comment la Shoah se transmet-elle ? »


Il sut nous dire comment la transmission de la Shoah a fait sa place petit à petit dans les programmes scolaires et combien cet enseignement là est difficile, chaque jour à créer selon l’unité de lieu et de temps.


Il sut nous dire ce qu’il en était de l’enseignement de cette transmission en Israël, transmission qui fut longtemps difficile dans un contexte qui réclamait de chaque Israélien de construire « un pays nouveau », avec des « hommes nouveaux ». Mais advint alors le tournant avec le procès d’Eichmann et la place des médias dans ces années 60, mais advint alors le processus d’identification individuel aux victimes, mais advint alors le processus d’identifications entre victimes et état victimes.


Il sut nous dire combien existait une histoire de la transmission de la Shoah avec des variations extrêmes.


Il nous conta aussi l’ouvrage, chapitre par chapitre et ce fut passionnant de pressentir tant de recherches si émouvantes, si constructives de non éradication.

Oui, avec les chercheurs réunis par Jacques Fijalkow, à chaque colloque, on peut être certain que l’eradication programmée est à chaque fois vaincue !


Je fais le choix de vous présenter les thèmes bien plus que les chapitres que les lecteurs sauront explorer avec fidélité. Voici mes notes « à l’arrachée » :


1er thème : l’école, les jeunes. Les chercheurs ont interrogé des lycéens d’engeignement général et professionnel sur ce thème de la Shoah. Ils ont interrogé également des étudiants, ils ont appréciés connaissance et réceptivité.

Ils ont enquêté aussi comparitivement selon les sexes, les milieus sociaux. Ils ont recueilli et analysé une masse de données considérables.


2ème thème : les chercheurs ce sont penchés sur ce qui fait autorité didactique dans la Shoah avec comparaison sur l’enseignement de l’esclavage


3ème thème transmission de la Shoah et Israel. (Voir ce qui a été relaté au début de mon commentaire)


4ème thème : élaboration politique  de la transmission de la Shoah (notamment en Israel)


5ème thème :  Marj et le passé nazi. Il est relaté dans un chapitre, sous un angle sociologique, comment une jeune fille iranienne déclassée construit son identité en devenant allemande mais on lui montre alors la difficulté de son désir qui se heurte à ceci : « être allemande, c’est être nazie ». Je pense que ce chapitre de  Alexandra Oeser est important dans sa démarche de transmission du passé Nazi à partir d’une histoire individuelle.


A ce point de son exposé, Jacques Fijalkow nous dit son regret de ne pas avoir pu trouver un chercheur dans une famille juive allemande.


Puis, il reprend, hâtant le pas de son discours, pour des raisons de « cadre de son intervention » (toujours l’obsession de notre civilisation de « faire vite », là où la lenteur serait précieuse) et donc, il hâta le pas à mon grand regret ...


6ème thème : Comment les commémorations officielles sont-elles conçues ; par qui ? pour qui ?


7ème thème : Les groupes de paroles menés par Marcel Frydman. Je renvoie les inventeurs à un de mes articles parlant de ce chapitre (catégorie Shoah)


8ème thème :  Les études de Nicole Lapierre sur le changement de nom. J’avais été émue par la lecture de ce chapitre et j’avais réfléchi, toujours catégorie Shoah, sur le changement de nom de mon ancêtre Ben Youli


9ème thème : la littérature et la transmission de la Shoah (je renvoie également à mon commentaire sur Myriam Ruszniewski- Dahan ; catégorie Shoah)


10ème thème qu’hélas je n’ai pas étudié : La transmission de la Shoah par le droit avec les études de Catherine Grynfogel : comment le droit structure la mémoire. Je le ferai dans un jour à venir


11ème thème  traité par Patrick Cabanel qui étudia le rôle des protestants à Chambon sur Ligneux


12ème thème : Etudes sur la Mémoire dans les actions locales : Lacaune, Saint Affrique, Rivesaltes, Montaigut-Plantaurel, Exposition de la bibliothèque de Toulouse : Les camps d’internement du midi de la France (1939-1944), études de Monique-Lise Cohen, dont j’ai parlé à plusieurs reprises dans mon blog : poèmes et roman Le parchemin du désir)


Ce que Jacques Fijalkow, nous a signifié avec beaucoup de talent, dans sa conférence si vivante, malgré le temps trop bref qui lui était imparti, c’est que la façon dont se constitue la transmission de la Shoah dans une société est un véritable kaléidoscope de savoirs et de recherches.


Recherches et savoir à promouvoir dans la persévérance de tant  de chercheurs aux travail. Merci à eux tous de nous aider à élaborer l’humain quand il se fait indicible, que nous soyons  Juifs ou non-Juifs. La transmission de la Shoah c’est l’affaire de tous.


Merci à Jacques Fijalkow d’avoir su si bien nous transmettre La transmission de la Shoah, par son livre, par sa conférence. MJC





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Published by Marie-José Colet - dans La Shoah
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