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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:41

Un livre de Charles Gardou

Et des chercheurs des 5 continents

Le handicap au risque des cultures

Variations anthropologiques

                  (1)

érès.Nov 2010

 

Hier, avec Le bateau ivre, je vous ai annoncé un long voyage mais avant de partir, il nous faut faire quelques préparatifs. Camper le cadre de notre voyage.

Je vais vous présenter notre agence de voyage : érès, une édition que j’aime bien, une édition de talent, dynamique, au cœur des connaissances des sciences du social et des sciences humaines, une édition humaniste, crée par Georges Hahn. (allez ! surfez !). Si vous voulez en savoir plus sur cette agence de voyage que j’aime bien, procurez-vous un adorable petit livre bleu : « érès, 20 ans de sciences humaines » : accompagner des chercheurs, proposer des ouvrages de synthèse, apporter des instruments de formation, approfondir les interrogations de notre temps.  Voilà, en quelques mots les perspectives de notre agence de voyage, de plus dans ce petit livre bleu, vous trouverez de jolis textes littéraires qui racontent les livres, les lecteurs, l’écriture, la création, les mythes et bien sûr l’aventure d’érès et de ses auteurs. Oui, un joli petit livre qui fait partie de ma bibliothèque identitaire.

 

De multiples collections aussi y sont présentées. Le handicap au risque des cultures s’intègre dans la collection « Connaissance de la diversité » dirigée par Charles Gardou. La collection, c’est important. C’est le cadre encore. Je ne peux résister au plaisir de vous en parler.

 

Cette collection se donne pour but d’approcher la diversité humaine, à partir d’un travail sur la fragilité et le handicap : réfléchir sur l’enseignement, l’éducation, la norme, le soin, la recherche. Elle contribue à l’enrichissement, par l’échange et le savoir, des pratiques dans toute leur diversité. Elle s‘intéresse aussi à la vie affective, sexuelle, psychique, familiale de ceux qui sont marqués de différences, elle s’intéresse à leur citoyenneté, à leur respect, à leur reconnaissance. Cette collection s’appuie sur une éthique et une réflexion interdisciplinaire. Aujourd’hui, le voyage que nous effectuerons sera un voyage anthropologique. Nos guides, car il est bon d’avoir des guides, pour les contrées lointaines qui nous attendent, seront des chercheurs des 5 continents. C’est marqué sur la couverture. « Chercheurs des 5 continents » ça me fait rêver !

 

Sur la couverture, conçue par Anne Hébert, une belle illustration de Jhy-Cheng Wu, Enfance. Trois lignes précieuses nous apprennent que Jhy-Cheng Wu « travaille la peinture comme un acte de résistance et de joie, où les flous du destin sont attrapés dans des images envolées, à travers le monde. » Ce peintre est originaire de Taiwan ; il est installé en France. (Allez ! surfez !)

 

Quand nous partons en voyage, il est important de donner un sens à ce voyage. Alors, Charles Gardou livre dans une longue dédicace, le sens de ce voyage. Je le remercie de m’avoir autorisée à reproduire ses mots :

 

"Par-delà les continents, ce livre est dédié
à ceux que le handicap relègue à l'orée du monde.

Aux femmes et aux hommes,
De toutes cultures et conditions,
Connaissant cette morsure du destin.
Cette blessure à vif.
L’obscurité d'un futur qui leur échappe.
Les récifs sur lesquels se délitent leurs rêves.
Les espoirs engloutis par des regards mutilants.
La condition humaine humiliée.
L'injustice. La démence de l'injustice.

A tous ceux qui vont, comme ça, au bout de leur vie,
En s'inventant des voyages avec les oiseaux
Qui effleurent leur fenêtre."

Charles Gardou
Entre Aix-en-Provence et Lyon, avril 2010

 

Au passage, j’aime le « entre » deux villes. « Entre » qui dit la fragilité de l’espace, l’éphémère de nos positions dans la géographie. Bon, ça me fait rêver cette façon de se définir, du côté de l’incertitude du lieu... Moi, je me définirai plutôt dans l’incertitude du temps. Je ne sais pas quel âge j’ai...

 

Quand on part en voyage, nous avons parfois en poche un petit dépliant qui nous indique les lieux, les pays, les villes, les déserts, les montagnes, les océans et les brousses où nous nous rendrons. C’est un peu cela l’introduction sage et sobre de Charles Gardou. Il nous rappelle l’incertitude de l’homme qui  n’a de cesse de chercher et de comprendre sa vulnérabilité, sa perte du rêve Prométhéen, son impossible toute puissance. L’homme est une plante fragile. Il doit l’accepter. Mais l’histoire n’est pas simple et les chemins de la connaissance qui mène à la prise en compte de cette vulnérabilité sont multiples. De pays en pays, les chemins n’épousent pas la même géographie de l’âme. Les cultures génèrent des représentations du handicap très différentes. On n’aborde pas de la même façon, partout dans le monde, l’altérité de l’identité que révèle le handicap. Cela peut relever du magique, mais aussi parfois du social et parfois de la transmission ou du médical. La vie ne se laisse pas saisir. La différence encore moins. Alors, vient s’inscrire la connaissance anthropologique qui interroge ces chemins, ces cultures, ces sorciers, ces médecins, bref les hommes.

 

Mais Charles Gardou introduit aussi les propos à venir, certes comme une recherche des différences de la prise en compte du handicap par chaque culture singulière mais il signale aussi la prise en compte de ce qui est semblable d’une culture à l’autre dans l’appréhension du handicap. Nous voilà prévenus, nous avancerons entre similitude et différence, entre particularisme et universalisme et c’est à ce prix, par un parcours exigeant dans « l’univers de sens » que nous serons alors, non seulement des voyageurs, mais des citoyens du monde attentifs à la douleur « des fragiles », à notre douleur. (cet adjectif substantivé « des fragiles » est de moi. J’invente. J’aime bien inventer.)

 

Voilà, nos préparatifs sont faits. Nous pourrons partir prochainement pour la première partie de ce livre : Escales en Océanie, Amérique et Asie. Le premier chapitre de cette partie nous amènera avec notre guide, le chercheur Patrice Godin, en pays Kanak.

 

Enfin, encore un mot avant de vos laisser boucler vos valises, j’attire votre attention sur les pages 421-433 qui nous livrent les noms de nos guides : des chercheurs dont la pluralité extraordinaire des travaux fait rêver.... Que de talents ! que d’intelligences ! Que de portes ouvertes sur la connaissance anthropologique !

 

Et si vous ne savez pas quels livres prendre, allez donc consulter les pages

415-422 ! Que des titres de livres ! ça s’appelle « Bibliographie ». Quand j’ouvre un livre, c’est toujours là que je vais en premier !

 

Reposez-vous bien, faîtes vos vaccins...  (ça ne fait pas mal ), choisissez une belle photo pour votre passeport, n’oubliez pas les visas  et à bientôt ! MJA

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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