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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 16:48

Un livre de Charles Gardou

Et des chercheurs des 5 continents

Le handicap au risque des cultures

Variations anthropologiques

érès. Nov 2010

                    (23)

Cette conclusion représente la carte de notre voyage du handicap à travers les cultures. Les cartes vous le savez sont toujours colorées différenciant ainsi les divers espaces du voyage possible, ou des représentations qu’elles mesurent. L’échelle de notre carte est celle des chapitres et des travaux de tous, ceux que nous avons ensemble parcourus, un peu plus d’un mois durant, dans un continuum de couleurs et de sens, dans un continuum de douleurs et de temps retrouvé : le temps d’une symbolique possible, pour dire à travers notre savoir de l’humain, nos connaissances cognitives ancestrales et contemporaines. Ceci pourrait être un dédale mais Charles Gardou, classe et ordonne, épelle et traduit, nous dirige dans la riche fresque anthropologique que nous venons de découvrir dans ce beau livre : Le handicap au risque des cultures, variations anthropologiques. Quelles sont donc ces variations ?

 

Poser l’essentiel, l’hypothèse de base, celle qui englobe le chapitre : parler du handicap, c’est parler des représentations imaginaires sur nous-mêmes, sur les autres et sur notre condition humaine commune à tous.

 

Le handicap témoigne-t-il, d’une être anonyme, dans une approche  « ontologique » selon les termes de François Laplantine, en proie à un mal en soi qui le définirait dans un être d’ une altérité radicale, décrivant une entité témoignant d’une impossible guérison, engendrant alors une course effrénée à la recherche du normal et du pathologique ou est-il, toujours dans une description. ?

        Le handicap, toujours, inscrit dans l’anonymat d’un être de souffrance et de différence, témoigne-t-il au contraire d’un déficit fonctionnel. ? Nous  quitterions  alors le registre de l’être pour celui de la relation sociale, inscrivant le sujet handicapé comme une personne dans un milieu, à rééquilibrer

Le handicap témoigne-t-il d’un dedans ou d’un dehors ? qui se traduirait par des conceptions soit exogène (d’ou vient le handicap ?) ou endogène ? : Proviendrait-il d’une mauvaise mère ou d’un sorcier, extérieur à la personne, ou serait-ce une malfaçon anatomique , processus endogène ?

Le handicap serait-il une punition, une faute, un péché ?

Le handicap est-il une perte (perte de la raison, de la marche, de la vue), ou un excès (terme handicap emprunté au monde équestre) ? Est-il une addition (porteur de handicap) ou une soustraction dont il faudrait compenser la perte

Le handicap est-il une calamité ou une expérience féconde ?,une absurdité ou un bénéfice, une possibilité de dépassement de soi ?. Est-il pure vulnérabilité ou pure force ou au carrefour des deux ?

 

Toutes ces questions sont essentielles, des réponses à ces représentations dépendent nos façons diverses de rencontrer les personnes parfois si vulnérables. Durant notre long voyage, nous avons étudié ces nombreuses questions associées à leurs nombreuses réponses. Ceci pour la diversité, pour les singuliers épelés, inventoriés, classés, repérés, découverts, signifiés mais nous dit Charles Gardou, élève de Lévi-Strauss qu’il cite au début de sa conclusion, la réalité ne se donne  toujours que dans le mouvement et le temps de sa dérobade (Lévi-Strauss certes, mais aussi Freud, Lacan et bien d’ autres tisserands du symbolique, ceux qui sont nommés,  psychanalystes, toutes écoles confondues).

Mais, et ce sera les derniers mots de Charles Gardou, qui viendront conclure le livre, certes il y a diversité des êtres, des cultures, mais surtout ne l’oublions jamais, il y a l’universel de notre condition humaine ; c’est dans ce jeu entre le singulier et l’universel que l’homme,  joue à chaque fois sa folie et sa différence,  mais aussi sa nécessité existentielle d’appartenir à la communauté humaine. Laissons toujours la place à ce jeu, au risque, à ne pas le faire, de perdre l’humain.

Charles Gardou termine son livre en donnant la parole à une splendide phrase d’André Malraux, tirée de La Condition humaine. Je ne vous la livre pas, vous quittant sur ce manque. MJA

 

 

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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