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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:19

Un livre de Charles Gardou

Et des chercheurs des 5 continents

Le handicap au risque des cultures

Variations anthropologiques

érès. Nov 2010

          (8)

En pays amérindien,

Le handicap comme déséquilibre

Avec David Noël

 

Qui est notre guide ?

 

David Noël rencontre régulièrement, de par ses fonctions au rectorat de Cayenne, les Amérindiens de Guyane. Il a également noué des relations avec des enseignants et des infirmiers installés au cœur de la forêt amazonienne. Très investi dans le domaine du handicap, il s’intéresse aux manières dont les amérindiens conçoivent le handicap et aux réponses qu’ils lui apportent. Il conduit une recherche sur la scolarisation des enfants en situation du handicap en Guyane.

 

Quelques livres cités en bas de page. Je vous les cite en vrac. A vous de lire le chapitre et d’ordonner. Moi, les titres me font rêver et je vous livre des parcelles de mon rêve de l’érudite que je ne suis pas.

 

J-M Hurault : Fet P Grenand Indiens de Guyanne, Wayanas et Wayampis de la forêt (1998)

D. Maurel, E.Navet Contes des Indiens   Emérillons, Ti’ iwan Cou chili (1974)

R.Grébert Regard sur les amérindiens de la Guyane Française et du territoire de l’Inini en 1930 (2001)

J.Chapuis, H.Rivière, Wayanas, eitoponpé (2003)

 

Les bas-de page de David Noël sont aussi l’occasion de définitions et de nominations diverses qui déjà imprègne de saveur amérindienne le chapitre. Saveur et culture.

 

Culture, oui c’est cela. David Noël nous emmène au cœur de la culture amérindienne et c’est à ce prix de la connaissance du pays que nous pouvons rencontrer avec lui le handicap et les contradictions qu’il emporte entre la perception de la culture amérindienne et la perception de la culture occidentale. Perceptions si différentes qu’il nous faut revenir revenir aux sources du « savoir sur le handicap » et partir de l’Amérique précolombienne.

 

« L’harmonie et la solidarité des destins » tel est le premier paragraphe de ce chapitre, titre de paragraphe que je cite mot pour mot car il dit par ses termes la conception du handicap 

 

Les Amérindiens ont un passé mouvementé, traversé de grands explorateurs puis de colons. A propos des colons, de même que Charles Gardou, aux îles Marquises, avait parlé d’ethnocide, lui, David Noël, parle d’holocauste. Des termes forts ;Des termes terribles ; Des termes qui dénoncent un processus d’extinction et de brassages de population. David Noël distingue trois groupes :

 

-         Les Wayanas (1 millier de personnes)) en Guyane française, vivent sur rive guyanaise du haut Maroni et sur la rivière Tampoc. Ils vivent en bonne intelligence avec les Tekos.

-         Les Wayampis sont installés sur le moyen et le haut Oyapock, avec une remontée démographique. Ils sont regroupés au sein de la commune de Camopi, seule commune amérindienne de France Ils vivent en grande harmonie avec la nature avec des valeurs essentielles telle que l’affirmation d’une aura pour tout végétaux ou animaux. Il est important de comprendre l’écosystème de la vie amérindienne pour saisir toutes les nuances de leur culture

-         Les Tekos appelés par les occidentaux Emerillons. Ils sont à peine 300. Ils vivent sur bords d’affluents du Maroni. Comme tous les Amérindiens, ils entretiennent un rapport d’harmonie, d’équilibre et de respect avec leur environnement.

 

Ces trois communautés sont héritières de multiples peuples précolombiens. De ce fait une ont une conscience collective très importante, reposant sur des mythes et sur des savoirs techniques, dont aucun blanc n’est inventeur ! Les premiers explorateurs relatent dans leur carnet de voyage la force de ces peuples, avec malgré tout une forte mortalité, ce qui fait qu’au début, on n’observe pas d’handicapés. Puis, avec le temps, la situation se modifie.

 

Le deuxième sous chapitre se nomme : « Le handicap, une perturbation de l’équilibre » et, nous dit David Noël, c’est plus cette perturbation qui va être prise en compte que le handicap proprement dit car il met en jeu la personne, la communauté, et le respect des règles de vie.

 

David Noël décrit alors avec minutie les codes de vie, les règles de cette société dans laquelle s’inscrit le handicap. Il donne aussi de nombreux exemples, raconte des récits sombres allant du handicap physique, lié souvent aux activités à risque de ce peuple amérindien et aussi au mal-être lié au brassage des cultures qui viennent là altérer l’identité. Le handicap est défini par rapport à la société même et non par rapport à l’individu.

 

Ceci est approfondi dans le sous chapitre « Les activités comme délimitation du handicap ». C’est le rapport au monde qui délimite le handicap, de manière singulière. Rapport au monde et rapport de mise au monde. Etude du fœtus malformé suite à l’absorption par la mère d’eau non-potable ; on retrouve là les conditions de vies physiques qui engendrent les handicaps.

 

Enfin, le dernier sous chapitre est consacré à des récits de témoins de Camopi à Antecumpata. Ces récits racontent l’étroitesse des liens entre la famille et son membre handicapé et donc la dialectique difficile qui naît lors de prises en charges médicales.

 

J’ai trouvé ce chapitre vraiment intéressant parce qu’il associe étroitement handicap et culture amérindienne. Nous découvrons les handicaps dans le même temps que nous découvrons, les paysages, les activités, les chefs charismatiques, les valeurs de la vie amérindiennes et de ce fait nous touchons du doigt la difficulté des prises en charge médicales du handicap

qui souvent coupent les malades de leur famille, créant alors une douleur surajoutée.

 

Du paradoxe, encore, toujours. Du paradoxe à prendre à pleine main, à plein regard, à plein savoir pour continuer ce travail sur le handicap au risque de la culture amérindienne.

 

Merci David Noël, pour votre recherche-voyage (ou le contraire !) qui nous apprend une humanité à découvrir, si différente de la notre et pourtant, il nous faut apprendre à la reconnaître avec vous comme guide, pour retrouver l’harmonie si nécessaire au personnes handicapées, aux autres, à nous, à tous, au bord du Maroni. MJA

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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