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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 16:12

Un livre de Charles Gardou

Et des chercheurs des 5 continents

Le handicap au risque des cultures

Variations anthropologiques

érès.Nov 2010

(4)

Chez les Inuit du Grand Nord,

Handicap et performativité

Michèle Therrien et Frédéric Laugrand

 

Qui sont nos guides ? Vous le savez maintenant, pour  je me rends,à chaque fois, à la page 424 du livre ; je lis ligne à ligne et pour vous, je  résume :

 

Michèle Therrien est :

 

-         professeure des Universités à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et membre du Centre d’étude et de recherche sur les littératures et oralités (CERLOM) où elle dirige la série « Paroles en miroir »

-         Directrice de la section langues et cultures des Amériques

-         Responsable du cursus de langue et culture inuit.

-         Elle a publié de nombreux ouvrages que je vous invite à consulter en vous procurant le livre Le handicap au risque des cultures. Quant à moi, les titres déjà me font voyager... Allez ! j’en cite un :  Paroles interdites dont elle est l’éditrice scientifique (Karthala, 2008)

 

Frédéric Laugrand est :

 

-    Docteur en anthropologie

-         Professeur titulaire au département d’anthropologie de l’université Laval (Québec)

-         Directeur du Centre universitaire d’études et de recherches autochtones (CIERA)

 

Il mène des recherches sur Les Inuit du Nunavut et organise des ateliers  avec des jeunes et des aînés sur la transmission des savoirs.

 

Il a publié de nombreux livres : surfez !!! C’est impressionnant...

 

Des bas-de pages nombreux qui disent de tous deux l’érudition et le savoir des recherches, mais la plupart des titres cités sont en anglais, un peu hermétiques à moi. Mais, je dois améliorer mon anglais pour ma propre thèse et...si j’allais les voir ? Chiche !

Bon, soyons sérieux. Je commence le récit de leur époustouflant chapitre : époustouflant dans la rigueur du raisonnement mais aussi par la multiplicité des légendes racontées. Moi, je verrai bien le Téléthon transformé en soirées contes et légendes des pays du monde entier où chacun ferait sa synthèse intelligente sur le Handicap. A mon avis ce serait mieux que l’ exhibition sans cœur et selon moi, plein de reproches avec leur indécent «Vous pouvez faire mieux ! Payez ! Encore un zéro à franchir !» Moi, je n’aime pas le Téléthon. Je suis d’accord pour trouver des fonds pour la recherche mais pas au prix de l’exhibition de ceux qui souffrent. Moi, je suis pour des soirées culturelles, partout dans le pays et toute l’année. Par exemple, on serait tous ensemble, dans une jolie salle et de grands conteurs de talents viendraient nous lire :

 

Il était une fois des légendes racontées par Michèle Thérrien et Frédéric Laugrand... Utopie ? Peut-être. Mais tout combat doit porter en son sein de l’utopie. L’utopie c’est le moteur du changement.

 

Il était une fois un atelier consacré au bien être physique et psychique organisé en 1998 à Iqualit.. Les données sont accessibles sur le site du Nunavut Artic Collège/Nortext (c’est écrit dans le bas de la page 76)et dans cet atelier parleraient Akisu, Aalasi et Jaiku. Tous trois diraient l’importance de l’attitude que les Anuit ont face au handicap. L’attitude est fondamentale dans la rencontre avec les personnes handicapées ; commenter son état, faire une simple remarque est absolument condamnable et enfreindre cette règle provoque un écroulement du futur chez celui qui l’enfreint et qui prend ainsi le risque de devenir lui-même lourdement handicapé, qui prend un risque énorme pour ses descendants. C’est ce qui est arrivé à Palluq quand il s’est moqué de Jaikkupuusi.

 

Ces mises en garde de Akisu, Aalasi et Jaiku nous font souvenir des représentations liées au corps, indissociables des défunts et des noms de naissance. Le handicap et le corps. Le handicap et les morts. Le handicap est les noms. Voilà ce qui est au cœur de la légende des Inuit.

 

Il était une fois la perte d’autonomie à l’époque du nomadisme.

 

Des très belles pages à lire dans la tendresse de la différence qui fait souffrance Nous voilà plongée dans l’histoire dans les deux sens du terme : le conte et l’époque. Nous sommes en 1879, les personnes extrêmement fragiles on les appelle, là-bas chez les Inuit, les attanaqtualuit ; il était difficile de s’occuper d’eux, de leur donner des soins appropriés dans le contexte du nomadisme. Alors on les incitait à mourir et nombre de suicides advenaient. Les auteurs racontent des histoires poignantes dont le récit « en soirées culturelles » pourraient faire réfléchir sur l’abandon des personnes en perte d’autonomie ou ne pouvant advenir à l’autonomie. Je vous laisse seul(e) découvrir ces pages de chagrin qui portent en elle de nombreuses réflexions auxquelles nous devons encore et toujours nous atteler. Rien n’est acquis à l’homme, surtout pas ses progrès... Il est questions d’igloos où on enferme les abandonnés.et de témoignages de grands malheurs comme les témoignages de Lucassie Nutaaruk, originaire du Kinngait (Cape Dorset)

 

Toutefois soulignent les auteurs, le sort tragique réservé aux plus vulnérables présentent de nombreuses exceptions. Oui, il y avait un principe : chacun devait être performant et remplir pleinement ses obligations familiales et sociales ou ... mourait mais... Rasmussen raconte l’histoire de Qaqsauvaq qui se moque d’un infirme qui ne peut se déplacer qu’à quatre pattes et qui en retour reçoit une malédiction de souffrance qui fait effet dans sa vie. Lisez... C’est émouvant. Paradoxe éternel humain de celui qui souffre et dont on se moque malgré l’humanité qui devrait être pour tous, non une histoire de compassion mais une histoire d’amour et de respect. Ce qui vient embrouiller, et les auteurs nous le montrent admirablement , c’est la performance. Ah ! être performant ! Voilà qui vient mettre des bâtons de la roue de la vie de ceux qui souffrent...

 

Et c’est le temps des pages intitulées : Performativité et surcapacités.

 

Il était une fois Anautalik, handicapée, qui douée d’une intelligibilité du réel exceptionnelle voulut avertir ses camarades d’école d’un grave danger. Personne ne la crut. Seule elle survécut aux deux esprits destructeurs. Il était une fois Kaujjarjuk, orphelin aveugle et maltraité, il était une fois Ittijuaq, il était une fois Sigfitusuarsuk, il était une fois bien d’autres malheureux encore qui acquirent de remarquables pouvoirs chamaniques, mais ne l’oublions pas, précisent les auteurs, oui si ces malheureux peuvent accomplir des performances exceptionnelles, c’est parce que certains ont su s’occuper d’eux ; et donc moi, à lire ces pages j’associe sur l’essentiel du lien à créer avec les personnes en situations de handicap. Et si la performance était une histoire de lien, et si la non performance, bien plus que liée au handicap était liée à une tragique exclusion ? Tragique et injuste.

 

Alors, nous arrivons tout naturellement aux dernières pages de ce chapitre si riche en réflexions, si profond par son humanité exemplaire, pages qui s’intitulent

 

Survivre au handicap, détermination et source d’estime :

 

De nouvelles légendes encore, que je vous laisse découvrir et surtout à partir desquelles je vous laisse inventer l’humanité.

Mais ce chapitre, comme d’ailleurs les précédents de ce livre, les dernières pages  affirment haut et fort la nécessité de prises en charge des plus vulnérables par des services spécialisés mais disent les auteurs, il reste bien du travail à accomplir.

 

Oui, que nos réflexions s’enracinent dans les légendes mais que nos réalisations soit contemporaines tant par les moyens alloués que par les formations dispensées ; surtout restons dans la dialectique saine de l’éternel de l’humain (les légendes) alliée à un modernisme sociétal incontournable et à la recherche. La boucle est bouclée. Développer la recherche mais peut-être avec plus de tendresse et de culture que le téléthon ne l’exprime... Chers inventeurs inventons le meilleur, ensemble ... Suivons avec cœur et efficacité l’appel de ces deux chercheurs que sont Michèle Thérien et Frédéric Laugrand :

 

« Le handicap et la souffrance qui l’accompagne appellent la mobilisation de toute la société »

 

Merci à tous deux, d’une telles recherche entre légende et modernisme, entre chamanisme et modernisme qui affirme avec force de conviction que le handicap nous concerne tous, passé et présent confondus, tant par ses souffrances que par leurs résolutions.

 

Je cherche, tu cherches, il ou elle cherche, nous cherchons, vous cherchez, ils ou elles cherchent dans l’histoire et dans le présent non pour eux, les vulnérables qui seraient sans forces mais  avec tous, à la fois forts et vulnérables, cherchons, cherchons, cherchons dans nos vies et dans nos livres.  MJA

 

 

 

 

 

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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