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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:22

Un livre de Charles Gardou
          Et des chercheurs des 5 continents
          Le handicap au risque des cultures
          Variations anthropologiques
          érès. Nov 2010


         La réalité est, ou ne sera pas, dans le temps de l’évanouissement selon une presque idée de Lévi-Straus.

J’ai lu un mois durant, chapitre par chapitre, pour mon blog « Les Inventeurs de lectures », le splendide livre de Charles Gardou.

J’ai lu sa parfaite construction, j’ai lu son écriture musicale, j’ai lu ses interrogations paradoxales. J’ai lu, de tous, chercheurs des cinq continents leurs recherches passionnées et passionnantes, parlant  de la magie, de la toute puissance des ancêtres, de la froide raison du pouvoir médical, de l’errance et de l’exclusion. J’ai lu, avec eux, la force culpabilisante, de la religion et la force dynamisante des associations, j’ai lu l’éthique si chère à Charles Gardou, de la force et de la vulnérabilité de chaque être, j’ai lu la souffrance et la solitude de tous marqués de la différence, j’ai lu des conceptions divergentes sur le handicap et des conceptions convergentes pour y répondre. J’ai lu des pays inconnus, les îles marquises, le pays Kanak,  La Chine, le Canada, Le Sénégal, je suis allée chez Les Inuits du Grand Nord et en Pays Amérindien. J’ai découvert La Norvège, et le Brésil, les sociétés Noires Maronnes du Surinam et de Guyane, Je me suis arrêtée au Liban et au Congo-Brazaville, en Italie, j’ai parcouru la mappemonde, toute étonnée du monde. je suis revenue dans ces pays que j’aime tant l’Algérie et l’île de la Réunion, j’ai découvert une Allemagne douce, si différente de celle mon histoire, une Allemagne de recherches, j’ai fait la paix avec l’Allemagne, j’ai respiré à plein poumons, les embruns d’une longue et patiente vie professionnelle, j’ai fait la paix avec les hiéroglyphes chinois, mais surtout j’ai fait la paix avec ma vulnérabilité psychique, j’ai accepté ma fragilité parce que j’ai eu le désir et la force de lire ce livre jusqu’au bout de ma solitude et de la solitude des hommes. J’ai fait la paix avec mes forces destructrices et mortifères  parce que j’ai rencontré des recherches humaines et profondes qui disent du handicap tant de représentations de soi et de l’autre, de tous , qui disent du handicap le possible parce que parlé et pensé par des hommes et des femmes de cœur, au travail du meilleur du savoir de l’autre et du savoir des livres.

J’ai lu du différent, j’ai lu du pareil, j’ai lu du connu, j’ai découvert l’inconnu, j’ai lu du singulier, de l’unique, j’ai lu de l’universel.. J’ai pleuré, mais j’ai souri aussi devant la tendresse immense de ces recherches. Puis mon livre à peine lu s’est évanoui . Me voici devant vous, ne pouvant parler de ce livre qui m’a bouleversée de page en page, de ce livre si doux par son intelligence, malgré la violence du sujet qu’il emporte : notre fragilité dont nous ne voulons rien savoir, sur n’importe quel fuseau horaire, invoquant magie ou médecine, convoquant l’impossible à toute heure, l’impossible de notre souffrance devant la différence.

Oui,  mon livre, à peine lu, s’est évanoui mais dans mon âme de femme et de lectrice reste l’empreinte d’un mot : « Merci »

 

  Merci Charles Gardou, merci à vous les chercheurs du monde entier, d’avoir tant travaillé à nous apaiser dans ce qui nous fait si mal.

 Merci dans votre quête de trouver du sens à l’insensé de nos différences qui marquent nos corps et nos âmes.

Merci de toute mon âme pour votre travail de l’âme, la vôtre,  au travail

Merci pour ce temps de vos recherches que vous nous confiez dans un style simple direct, sobre qui court de chapitre en chapitre.

Merci pour vos voyages qui s’enchaînent dans une construction étonnante.

Merci pour votre fresque anthropologique qui dit de l’homme vulnérable son creux, sa détresse, son chagrin

Merci pour vos patientes recherches qui font face au creux, à la détresse, au chagrin de l’homme vulnérable

Merci pour votre travail qui nous confronte à notre ambivalence, au secret et au caché, au dit et au non dit

Merci de nous faire découvrir et aimer notre visage si semblable à celui de Janus, entre douceur et violence, entre cris et chuchotements, entre savoir de l’humain et connaissance de l’esprit.

 

Votre livre est un cri

contre l’injustice des dieux et des ancêtres,

contre l’injustice de nos corps,

contre l’injustice de la fatalité,

contre l’injustice de nos regards

qui détruisent,

qui expulsent,

qui rejettent,

qui piétinent

l’homme atteint d’une différence

 

Votre livre est un cri contre la mort

Votre livre est un cri d’amour.

Votre livre est un cri d’espoir

 

Votre cri a traversé mon cœur de femme, si fort d’exister et si fragile de sa mort toujours en suspens. 

Votre livre s’est évanoui mais je sais pour toujours le talent et la bonté qu’il abrite.

 

A tous, je  vous souhaite une  bonne lecture de ce livre de voyage, d’anthropologie, tellement, tellement, profond, que vous trouverez des forces pour continuer votre chemin d’humain si vulnérable. Je m’en porte garant. MJA

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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