Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 12:57

 

Un livre de Charles Gardou

Et des chercheurs des 5 continents

Le handicap au risque des cultures

Variations anthropologiques

érès. Nov 2010

           (19)

 

Au Portugal,

Le handicap comme tragédie

 

Isabel Sanches

 

       Notre guide Isabel Sanches est professeure à l’université Lusofana  de Humanidades e Technologias de Lisbonne. Ses travaux et recherches portant sur les situations de handicap et l’éducation inclusive. Elle collabore activement à la Revista lusofona de éducaçao édité par le CEIEF (Centro de Estudos e intervençao et Formaçao). Parmi ses livres et articles publiés : « Professores de éducaçào especial : da formaçao as praticas éducativas » et « Procurando indicadores de educacao inclusiva : as praticas dos professores de apoio educativo.

       Je prie l’auteure de m’excuser d’avoir écorché sa jolie langue portugaise, faute d’un clavier portugais. Pour ces raisons, je ne recopie pas ces bas de pages, sans aucun doutes très intéressants et j’invite les Inventeurs à s’y reporter.

 

       J’ai beaucoup aimé ce chapitre sobre et bref qui va droit à l’essentiel : les effets du poids de la religion sur le handicap et les conséquences néfastes sur le vécu des personnes handicapés et de leur famille. Mais il faut être précis : l’auteure ne parle pas que des effets de la religion, elle mentionne aussi avec beaucoup de rigueur, les effets de la vie de la vie économique au Portugal.

 

       Quels sont dont les ressorts, les racines, les personnages de cette « tragédie » que signifie être handicapé au Portugal?

 

       Depuis des siècles, c’est l’histoire du Portugal, les institutions sont placées sous la tutelle de l’Eglise, qui de ce fait sont marqués profondément de l’esprit caritatif mais aussi de la notion de péché et de culpabilité. Nous retrouvons là encore des données de certains chapitres précédents. Ce livre avance, il faut le dire, dans une construction cognitive sûre, reprenant chapitre après chapitre ses recherches entre magie, religion, et législation. Mais n’anticipons pas sur la proche synthèse que je vous présenterai de ce livre et revenons à notre voyage portugais, avec notre guide Isabel Sanchez qui nous dit le vécu douloureux des personnés handicapées liée au regard portés sur elle, dans un pays portant encore les stigmates d’une pensée archaique.

       Antonio de Oliveira Salazar, chef du gouvernement  et Fondateur de l’Etat Nouveau (1933-1974), affirmait que le Portugal était devenu le pays le plus sous-développé d’Europe oocidentale ; ce qui signifiait un taux très élévé d’analphabétisme et de tuberculoses, ceci étant lié à des conditions de vie Moyenâgeuses générant pour tous une profonde « peur d’exister. », impliquant du même coup une latente déresponsabilisation. Tout relevait alors du « divin ».

Isabel Sanchez souligne avec clarté, le cortège de préjugés de tous face au handicap et donne des « vignettes » cliniques et sociologiques poignantes. Il faut les lire, les yeux grands ouverts sur les préjugés, nos préjugés, qui ne sont hélas pas l’apanage du Portugal. Elle réfléchit sur les modalités d’exclusion des personnes handicapées lors d’entretiens d’embauche, modalités tragiques qui les amenèrent cacher tragiquement leur handicap. La tragédie, son ressort, c’est la honte de ceux qui vivent leur handicap et la culpabilité de ceux qui les entourent, essentiellement la famille. La tragédie, c’est le repli de tous. Repli qui signe l’exclusion., stigmate effrayant de l’improductivité et de la « crédulité » de tous devant les mesures concernant les personnes handicapées que chacun préfère surprotéger plutôt que reconnaître leur identité profonde d’être au monde, certes différente, mais profondément si pareille à nous, êtres de manque et de faille, êtres à la merci de notre fragilité et de notre  vulnérabilité dirait Charles Gardou. On préfère faire traverser d’office la rue à un aveugle, plutôt que de lui reconnaître la possibilité d’être un humain  de choix : choisir sa direction. C’est tout cela qu’Isabel Sanches nous conte avec délicatesse mais aussi vigueur. Elle sait dénoncer ce qui doit l’être. Elle en a du mérite car le poids des préjugés au Portugal paraît immense, alors ce chapitre un chapitre de résistance, sans violence mais dans la fermeté de ce qui doit être dit et clamé pour inventer du meilleur, du plus humain, pour que les handicapés et leur familles n’aient plus à s’excuser d’exister, pour que des lois puissent enfin être promulguées et surtout être appliquée. Nous retrouvons là encore, la douce lumière des chapitres  précédents

       Merci, vraiment merci Isabel Sanches,  d’avoir su dénoncer les effets de la religion, la culpabilité de ses êtres qui se croient liés au péché d’exister différents, d’avoir su dénoncer la curiosité malsaine qui leur est associée et surtout d’avoir su décrire en termes sobres mais efficaces la double peine que représente pour les handicapés un regard inhumain sur leur handicap, un regard qui dit bien plus des peurs archaïques qu’un amour profond pour ceux qui souffre. La religion donne à voir son pire, péché et culpabilité et non son meilleur : l’amour

       Isabel Sanches, j’ai beaucoup aimé votre chapitre, tremplin de vos recherches qui ne peuvent être que bénéfiques à tous, handicapés ou non, parce qu’elles sont rigoureuses et affectueuses. Tout à la fois.


      Isabel Sanchez, bravo, votre texte de résistance en ce début d'année ne peut nous faire à tous que chaud au coeur ! MJA

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche