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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 17:52

J’invite le lecteur à lire dans la catégorie Force et vulnérabilité, Fragments 1, 2, 3 (10,11,12 mai 2010 ) et 4 et 5 (samedi 19 juin) et Césure (dimanche 20 juin 2010), Fragments 6 (le 22 juin 2019), Fragment 7 (22 juin 2010), Fragment 8 (23 juin 2010)


 

Fragments (9)

 

Un livre de Charles Gardou

Fragments sur le handicap et la vulnérabilité

Pour une révolution de la pensée et de l’action

érès 2005 261 pages

Collection  «Connaissances de la diversité.»


 

Le chapitre étudié  se nomme :

Refuser les déterminismes

Redécouvrir un trésor patrimonial

Accompagner le dévoilement identitaire

 

Ce chapitre a été écrit en collaboration  avec Michel Develay.

Dans ce chapitre est cité l’ouvrage de Michel Develay : Donner du sens à l’école, Paris ESF, 1996.


 

Combien, j’ai aimé ce fragment qui dit la lumière d’une pédagogie vivante et humaine quand elle surgit de l’ombre.

 

La première partie de ce chapitre est une longue histoire des « travailleurs de l’ombre » Prenez le mot histoire, dans le sens que vous désirez. Moi, je vais le prendre dans le sens « Il était une fois » parce que nous pourrions aussi appelé ce chapitre : « Si la pédagogie nous était contée ». Il était une fois…

 

Il était une fois La France qui possédait dans ses terres profondes ,des hommes et des femmes pas tout à fait comme les autres ,et qui avait une grande soif d’apprendre.

 

Il était une fois, des hommes et des femmes, pas tout à fait comme les autres, qui avait une grande soif d’instruire ces autres là.

 

Tous vivaient dans l’ombre du temps, leur temps, leur siècle mais tous travaillaient à s’instruire ou à instruire avec acharnement, oubliant les déterminismes, les habitudes, les préjugés de leur époque. Et ils gagnèrent, grâce à leur immense souffle de vie, ils inventèrent la pédagogie de l’espérance.

 

Il était une fois le Moyen-âge, l’ordre du Saint-Esprit, qui en réaction au déterminisme  de Saint Augustin, fonda les premiers hospices, les Hôtels de Dieu, destinés aux enfants fous. Commença alors la grande saga du désir d’éduquer les infortunés.

 

Il était une fois la Renaissance et son triumvirat : Jean-Louis Vivès qui représentait le jugement, Erasme, l’esprit et Guillaume Budé l’éloquence. Ce fut l’impulsion d’une nouvelle éducation.

 

Il était une fois Jean-Marc Itard, après de Victor, l’enfant sauvage, il était une fois tant d’autres encore. Désiré-Maglore Borneville, Diderot, Alfred Binet, Ovide Decroly, en 1901, Janusz Korczak, Lev S.Vigotsky, Fernand Oury, Maud Manoni, Celestin Freinet, Charles Michel, abbé de l’épée et d’autres et d’autres encore. Les auteurs de ce chapitre étonnant, nous racontent avec passion et érudition tous ces pédagogues de l’ombre, si vivants, si persévérants, si intelligents. C’est passionnant d’humanité et d’espérance. Notre regard se pose sur les premiers pédagogues du Moyen-âge jusqu’à atteindre les  temps modernes. Tous ont cherché à éradiquer les conséquences d’une injuste pédagogie qui dirait le fatalisme, l’impossibilité, la néantisation d’un savoir qui ne pourrait être transmis aux fragiles, aux sourd-muets, aux aveugles. Tous ont répondu NON ! aux lamentations obscures dangereuses de Jean-Jacques Rousseau et de quelques autres si peureux de la différence.

 

Oui, il était une fois des hommes des femmes qui surent dirent NON ! aux déterminismes de leur temps, qui ont sut dire NON ! à l’immobilisme bien pensant des casseurs de lumières, des briseurs d’espérance, ceux qui pensaient détenir une lumière qui ne viendrait pas de l’ombre, une lumière sans racines humaines. Oui, il y eût de tout temps des hommes qui surent se faire passeurs d’intelligence et de savoir pour tous, oui, il y eût des hommes qui surent deviner, pressentir, apprendre que c’est d’une pédagogie de l’ombre, que c’est d’une pédagogie d’humains abandonnés dans l’ombre de leur malheur que pourrait naître une vraie pédagogie lumineuse d’humanité acceptée dans ses brisures. 

 

C’est à ce point d’ombre et de lumière que s’articule l’anthropologie, chère à Charles Gardou. Il n’est pas question, écrit-il d’opposer la science au symbolique mais ce dont il est question, c’est de s’arrêter sur le palier où sont « bloqués » des êtres humains en souffrance. La question est « Etre ou ne pas être »  dans un monde sans reliance, être ou ne pas être dans un monde sans passerelles entre ceux qui se croient forts parce qu’ils tournent le dos à leur fragilité  et ceux, prisonniers d’une vulnérabilité  qui leur interdit d’entrer dans une communauté humaine possible malgré leur force d’exister avec leur différence.

 

Les auteurs de ce chapitre nous disent l’urgence de refuser les déterminismes qui brisent les ponts, qui inventent un monde sans passerelles. La pédagogie réussie est celle qui impulse le savoir et la vie, loin des lieux communs, loin des portes fermées, des murs de béton et d’intransigeance, voire même d’égoïsme, loin de l’immobilisme mortifère.

 

Il était une fois, un chapitre, celui-là même que nous racontent  avec talent, érudition et obstination Charles Gardou et Michel Develay, chapitre qui déploie le possible d’une éducation de ponts, de passerelles, de seuils franchis, d’impossibles devenus possibles par la lumière retrouvée, par l’ombre acceptée.

 

Quand la pédagogie invente ses toujours en plein vol…

 

Il était une fois, une belle histoire, en vérité. A nous de continuer de l’inventer dans un élan d’adelphité qui refuse les déterminismes.

 

Merci à tous deux pour ce chapitre érudit, généreux et porteur d’espérance. MJC

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Published by Marie-José Colet - dans Force et vulnérabilité
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