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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 15:27

Carole Bitoun

Préface de Beate Klarsfeld

La révolte au féminin

Portraits de femmes exemplaires

Editons Hugo et Cie,

 

La révolte au féminin (1)

Préface de Béate Klarsfeld

                 et

Avant-propos de Carole Bitoun

 

Le 11 août 2010, je vous présentais, dans cette même catégorie « Femmes » cet ouvrage qui m’avait tant plu. Presque un an après, j’ai eu le désir de relire ce livre et l’idée m’est venue de vous le présenter chapitre par chapitre muée par une limpidité obstinée de ma lecture de ces femmes  révoltées et qui ont fait de leur révolte le meilleur. Non pas le presque meilleur, comme je l'écris parfois, mais le meilleur.

 

La préface est signée Béate Klarsfeld, seule de ses femmes qu’a rencontrée l’auteure (elle nous le confie dans son avant-propos). Quelque chose m’intrigue dans cette préface et je vous en fais part.

 

Généralement, une préface renvoie au sens et au déroulement de l’ouvrage. Beaucoup de personnes, je le sais ne la lisent pas ou la lisent après lecture du livre. Personnellement je la lis en premier, banalement. Je la lis toujours comme une clé, comme une porte ouverte sur l’écriture de l’auteur. Et voilà ce qui m’étonne : cette fois-ci, la préface est une parole inaugurale de femme. Par ses mots qui disent son propre mouvement de femme en révolte, elle introduit au mouvement et à la révolte de ses compagnes, comme si ses propres mots emportaient le sens de toutes celles qui vont suivre. Je trouve ça très beau. Son discours est exemplaire au sens « fait exemple générique », son discours emporte le sens générique des femmes du livre. Quelle charge, quelle responsabilité pour Béate Klarsfeld ! Mais c’est avant tout, comme femme responsable que se définit Béate. Non coupable d’être allemande, mais responsable de l’être, responsable devant l’histoire, responsable dans son engagement auprès de celui qu’elle définit comme son grand amour : Serge Klarsfeld qui lui a permis de dire ses mots de silence qu’elle en avait en elle. Je trouve qu’elle donne ainsi un très beau sens à l’amour. Elle l’a rencontré dans une rame de métro, il la croyait anglaise, elle était allemande, il était juif.  Elle l’épousa le 7 novembre 1963. J’aime son écriture simple qui dit son enfance, sa rapide indépendance, qui dit sa vie simplement, qui dit ses engagements passionnés et sans concession. Ainsi la gifle publique au chancelier Kiesinger dont les sympathies nazies n’étaient un secret en personne. Scandale, arrestation, condamnation, amnistie mais surtout acte libre et responsable. Responsable, encore et toujours,  aux côtés de Serge dans sa poursuite des criminels nazis, en Allemagne, en Argentine, au Chili, en Bolivie. Engagement aussi dans la sécurité d’Israël. Elle eût bien d’autres combats, qu’elle ne raconte pas dans ces pages qui ne sont pas sa biographie (je vous invite à surfer pour la découvrir) mais qui sont ses mots de femme vivante et révoltée, ses mots d’amour pour son mari et pour Raïssa la mère de Serge Klarsfeld, femme qui nous confie-t-elle a donné à sens à son existence de militante contre l’horreur de la Shoah. Pour elle, son combat n’est pas de faire la morale mais de créer un réel changement. Elle nous confie avec humilité qu’il est plus facile d’être une femme révoltée que de créer dans le mouvement d’une élaboration de chercheuse ou d’artiste. Personnellement, je nuancerai car je pense que la révolte résulte aussi d’une patiente élaboration.  Il m’a semblé lire que pour elle, sa révolte de femme se conjugue avec ses verbes respirer et exister et je pense qu’il en de même pour toutes les femmes de cet ouvrage dans lequel Carol Bitoun a voulu saisir la révolte et le mouvement qui traversent patiemment les verbes de la table des matières :

 

Exister, résister, choisir, combattre aujourd’hui. Des femmes, celles choisies par Carole Bitoun, commes des oiseaux en plein vol de leur révolte, viennent se poser sur ces verbes de vie.

 

         Carol Bitoun, dans son avant-propos, nous rappelle que la révolte n’est pas un élixir de jeunesse et que toutes les femmes rebelles qu’elles présentent dans son livre ont vécu âgées, très âgées (exceptée Simone Weil, morte à 34 ans).

 

Carole Bitoun nous confie comment elle s’est laissée emportée dans le tourbillon de ces femmes et de « leur rage », comment elle a tenté de les saisir dans la marche déterminée de leur vie et de leur révolte, qui nous dit-elle, n’est pas un cri de douleur, mais un cri de joie, un cri de vie.

 

Béate Klarsfeld comme Carole Bitoun, nous introduisent toutes les deux, exemplairement, à la vie des femmes révoltées de ce livre que j’ai tant aimé et sagement, obstinément, je vous promets, dans les pas de Carole Bitoun et de Béate Klarsfeld, de vous présenter ces femmes, du lieu de ma propre révolte, qui cela est certain, s’est glissée dans ma lecture.

 

A bientôt mais dès maintenant, conjuguons sans plus attendre,

 

Femme, je me révolte, femme tu te révoltes, femme, elle se révolte, femmes nous nous révoltons, femmes, vous vous révoltez, femmes, elles se révoltent.

 

Bonne rentrée messieurs !!! MJA

 

 

 

 

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans femmes
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