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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 18:41

 

Flix

Tomi Ungerer

L’école des loisirs

1997

 

Bon d’abord les dessins ! Extraordinaires ! Vous n’avez qu’à acheter le  livre, vous verrez vous mêmes !

Bon, je commence...

C’est l’histoire de Théo et Alice Lagriffe, un couple de chats vraiment sympas. Comme la famille Kangourou d’ Adélaïde (voir blog même catégorie d’avant-hier) ils ont un enfant un peu différents d’eux. Adélaïde avait des ailes, leur enfant était incontestablement un chien, probablement une faute d’ancêtre et l’histoire d’un croisement génétique nous explique Ungerer. Bref, il avait une petit visage avec des bajoues et des oreilles qui pendaient. Ses parents, émus mais heureux l’appelèrent Flix ; les médias s’emparèrent de l’affaire quelque temps, puis tout rentra dans l’ordre et tous acceptèrent placidement ce qui fut classé dans « une erreur de la nature ». On lui trouva un parrain le Professeur Médor Klops (j’adore le nom !)  et un ami basset de Clébardville. Je pense que ce fut là une bonne idée des parents de ne pas le laisser seul dans sa différence. Il grandit entre sagesse et gaité et sut donner satisfaction à ses parents aimants. Tandis que le papa se cultivait la maman jouait avec Flix et faisait sa lessive. Flix grimpait aux arbres car il avait malgré tout quelques gènes de ses parents. Le dimanche tous piqueniquaient et se baignaient. Il y avait le problème du langage mais ils y arrivaient. Flix  parlait la langue des chiens, mais avec un accent chat démontrant alors ce point scientifique que les enfants adoptent les sonorités de la langue maternelle dès la vie fœtale. Ils avaient chacun leur langue mais avec beaucoup de maladresses, Flix et ses parents se parlaient. Comme entre parents et enfants entre fusion et ratages ! Toutefois, il faut le dire et Ungerer sait nous le conter avec tendresse : dans cet univers de chats, Flix connaissait ses moments de solitude. Parfois, les autres chats fiers d’être si pareils entre eux, taquins, le maltraitaient. Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, vous savez, Brassens... Pas le chat mais le guitariste de génie. Enfin, heureusement, son parrain Médor s’occupa de son filleul, l’emmena à l’école et comme monsieur Marius avec Adélaïde lui fait découvrir la grande ville et ses monuments  faisant de Flix un chien citadin et citoyen. Puis il fit connaissance des étrangers, les lévriers, les chows-chows et les pékinois. Flix, et c’est tout à son honneur, n’était pas raciste et respectait la différence. Lui-même étant différent, ça le rendait bon. Ainsi, intelligent, il devint bon élève et doué pour la musique. Un dimanche de campagne, il vit un chat tomber à l’eau, comme Adélaïde, n’écoutant que son courage il plongea pour le sauver et on le fêta comme un héros. Les chats l’adoptèrent.

Flix tenait à sa ligne et régulièrement faisait son jogging. Un matin, il aperçut une maison en flammes et là encore comme Adélaïde il sauva une jeune fille Caniche. Je pense que Ungerer à une âme de sauveur. C’est bien, il a raison. Il faut toujours sauver son prochain quand sa maison brûle. La jeune fille caniche s’appelait Mirzah. Ce fut le coup de foudre entre eux et un amour passionné fleurit au clair de lune. Ils s’embrassèrent sur un banc public comme des amoureux qui se bécotent mais Flix respectait Mirzah et la présenta à ses parents. Tous firent un bon repas, avec une bonne bouteille et des bons desserts. Le mariage fut décidé et ce fut un grand mariage. Mirzah était splendide dans sa robe blanche et Flix portait pour l’occasion un beau pantalon à rayures. Dans le public, ces dames portaient toutes un beau chapeau rose et les hommes avaient fait un réel effort d’élégance. Bref, la fête battit son plein ! Puis les jeunes mariés partir en  voyage de noces. Au retour, Flix comprit qu’il était temps de devenir sérieux et de prendre ses responsabilités. Je suis d’accord avec Ungerer. On ne peut pas tout la vie rester un jeune chiot ébouriffé ! Flix prit donc la direction de la succurssale de la grande usine de son père, usine multinationale de pièges à rats à Clébarville et rachetait les souris capturées pour la livraison à Chaville, sublimant ainsi parfaitement sa différence avec sa famille. Puis, il entra en politique, sublimant toujours, il fonda L’Union des Chats et des Chiens qui portaient haut et fort des nobles revendications pour le respect de la différence. Flix et Mirzah furent très heureux et Mirzah fut enceinte, son ventre s’arrondit tendrement, puis vint le temps de la naissance et de cette nouvelle promesse de l’humanité que représente un petit animal nouveau-né mais coup de théâtre, Ungerer l’insolent, nous confie dans un éclat de rire, la répétition de l’histoire familiale : cette fois-ci, Flix et Mirzah, couple de chiens, vraiment sympas ont... un bébé chat ! Valse le monde ! valse le temps, valse la vie !

 

Etreignons-nous dans nos différences et dans nos pareils, sublimons et continuons d’inventer le monde, chiens ou chats. L’important c’est d’aimer et de vivre  en respect mutuel !

J’ai adoré cette histoire ! Aboyez ou miaulez, c’est selon, mais ne manquez pas de la lire et de rire aux éclats. Bonne lecture mais aussi bonne mise au travail en ces temps si cruels aux étrangers et aux différents. MJA

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans Les tout-petits
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