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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:01

Job. 14 (7,8,9,0,11,12)

 

Un arbre a de l’espérance :

Quand on le coupe, il repousse,

Il produit encore des rejetons ;

Quand sa racine a vieilli dans la terre,

Quand son tronc meurt dans la poussière,

Il reverdit à l’approche de l’eau,

Il pousse des branches comme une jeune plante,

Mais l’homme meurt, et il perd sa force ;

L’homme expire, et où en est-il ?

Les eaux et les lacs s’évanouissent,

Les fleuves tarissent et se dessèchent ;

Ainsi l’homme se couche et ne se relèvera plus,

Il ne se relèvera plus tant que les cieux subsisteront,

Il ne sortira plus de son sommeil

 

La Sainte Bible  par Louis Segond (docteur en théologie)

Nouvelle édition revue. 1968

 

En ce moment, je lis Job qui dit, redit, insiste : la vie de l’homme est un souffle, qui dit, redit, insiste : l’homme une fois éteint, ne revient plus habiter son souffle. C’est ce que je lis, là où j’en suis mais je n’ai pas fini. Ma lecture se suspend dans mon souffle de vie, celui qui ne m’a pas encore quittée. Je lis ces versets, et dans ma lecture s’esquissent toutes les bibliothèques du monde, les plus grandes aux plus humbles, celles de tous les pays, boisées et dorées, sentant le parchemin bleui par la nuit des temps. C’est parce que l’homme ne se relève jamais de l’extinction de son souffle qu’il a sans doute inventé l’acte de buriner la pierre qui, elle, ne disparaît pas.

 

C’est mon hypothèse !

 

Par nos mots creusés,

par nos mots gravés

par nos mots moulés

par nos mots brûlés

par nos mots dorés

par nos mots en fuite

par nos mots retenus

par nos mots donnés

par nos mots effacés

par nos mots caressés

 

par nos mots conquis sur la rature

par nos mots sacrés de nos écritures

par nos mots séculaires traversant les airs

par nos mots patients devant nos morts impatientes

par nos mots-mémoire d’hommes et de femmes

par nos mots écrits sur nos livres libérés de notre souffle

par nos mots fragiles mais plus fort que la mort

par nos mots dessins d’enfants sur nos destins impatients

par nos mots liés à notre désir d’exister immortels

par nos mots écrits puis lus puis retenus puis transmis

 

Nous sommes comme les arbres, comme les torrents, comme les rochers, comme les mers, comme les Dieux, comme les cieux. Nous sommes immortels, plus fort que le temps. Notre force immense danse sous les cieux éclairés par nos livres qui font de nous des hommes-livres, des hommes libres !

 

Oui, notre vie est un souffle mais jamais nous ne serons au bout ni de nos pages d’écriture, ni de nos pages de lecture. L’histoire dure depuis des millénaires et nos livres la porteront encore des millénaires durant, dans la lumière de tous les temps, dans les étoiles de nos talents à tous, coquelicots du savoir.

 

Et donc,

 

Je burines, tu burines, il ou elle burine, nous burinons, vous burinez, ils ou elles burinent... la pierre.

 

Je lis, tu lis, il ou elle lit, nous lisons, vous lisez, ils ou elles lisent.

 

Tiens bon Job ! MJA

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Published by Marie-José Annenkov - dans Force et vulnérabilité
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