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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 10:37

Réinventer le Métier d’Apprendre

Hélène Trocmé-Fabre

Illustrations de Thierry Huort

Editions d’organisation 1999

 

6

 

VI Habiter en apprenance

 

Entrer dans nos représentations (conscientiser)

La longue marche de l’évaluation

Accompagner l’émergence

Relier

 

 

8. Entrer en représentations

 

En première ligne...

 

Et donc, pour commencer ce chapitre l’auteure rappelle la force de notre paysage mental et dit combien l’acte d’apprendre n’est pas un cumul de connaissances mais à chaque fois une réorganisation de ce paysage constitué de schèmes de perception, de pensées et d’actions.

 

Nombreux travaux autour des représentations mentales :

 

Les représentations seraient-elles

 

-   Acte de reproduction de nouvelles entités ? (Michel Denis) ?

un acte de conception  d’ensemble d’idées coordonnées pour raisonner et du « construct », élément moteur dans la construction du savoir (André Giordan) ?

-   Représentation « processus » et « produit » (Jean-Claude Sallabery) ?

-   Représentation pragmatique comme l’est la carte géographique et une autre plus ontologique ou épistémologique ; elles sont autant autant « reconstitution » que « recouvrement » (Francisco Varela) ?

-   Le cerveau traite des objets mentaux : Le sujet « saisit le monde » et traite l’information extérieure au sujet (Jean-Didier Vincent) ?

-    Etre incapable de sortir de son système de représentation est une forme de violence  (Boris Cyrulnik) ?

 

Elles trahissent et traduisent :

 

Elles, les représentations sont directement reliées à nos habitudes, à nos expériences, à nos souvenirs, à nos croyances et c’est de tout cela qu’est modelé l’apprenant, dans cet argile de représentations, c’est ce qui le modèle lui-même « apprenant ».

 

Les apprenants peuvent vivre d’autres choses que leurs affects grâce aux représentations  qui leur permettent d’instituer une intelligence résonnante comme raisonnante, qui leur permettent du questionnement ouvrant à un cognitif structuré dans une structure opératoire que on peut repérer grâce à la dénomination, grâce à ses attributs et grâce à ses éléments concrets. Ainsi, nous pouvons conceptualiser le vécu pour mieux le maîtriser et dépasser l’horizon de l’émotionnel.

 

Utiliser les représentations pour encourager le changement conceptuel.

 

Obstacle majeur de la mise en place cognitive « Le prêt à penser », « le prêt à dire »  qui devient alors « Le prêt à faire ».

 

Et donc interroger auprès d’un public concerné, ce que signifier :  comprendre, ,apprendre, animer, évaluer, erreur, autonomie »... Ensuite, élaboration d’une grille.

 

Elaborer l’outil et un nouveau regard montre alors la mise en place d’une stratégie pédagogique qui permet une réelle rencontre entre apprenant et celui qui l’instruit.

 

De nombreux post-scriptum de recherches sous formes de tableaux très approfondis viennent donner une dimension tout aussi théorique que pédagogique que personnellement, j’ai trouvé difficile à lire car très spécialisé.
mais c’est aussi la grand valeur de ce livre : être un outil sérieux de réflexion, loin du « prêt à dire », « prêt à lire » et il demande de l’effort, justement sur notre modèle représentatif, pour être appréhendé.

 

Et donc, j’invite le lecteur à faire cet effort.

 

9

La longue marche de l’évaluation

 

 

Un concept pluriel

 

L’origine du mot « évaluation » est latine et signifie « Valeo » « je vais bien »

 

Une parenthèse avant de continuer : comme je regrette de ne pas avoir appris le latin et le grec ! Ce doit tellement aider à conscientiser le langage !

 

Ce concept pose de l’enseignement prodigué, la nature, la fonction et le statut

 

-   sa nature :  suppose une  démarche qui peut, tour à tour, être, normative, certificative, formative, diagnostique, pronostique, quantitative ou qualitative

-   sa fonction : plurielle. Il s’agit de vérifier, calculer, orienter, analyser, anticiper...

-   Son statut :  indissociable de l’acte d’apprendre et s’inscrit dans les différentes logiques du vivant et peut donner lieu à une matrice d’évalutuation partageable entre divers dpartenaires.

 

Divers étapes :

 

 recueillir les représentations

2)  Deuxième étape : clarifier l’intention d’évaluer

3)  Questionner une situation d’évaluation existante

Se positionner dans la problématique de l’évaluation : mesurer, contrôler, valider

Refonder l’évaluation :

 

Phase 1 : finalité, destination, cadrage,

Phase II : moyens, stratégies, limites

Phase III : réalisation de l’évaluation

 

Puis comme précédemment, des post-scriptum détaillés

 

10.

Accompagner l’émergence

 

L’auteure dans ce sous-chapitre approfondit ce concept, qui souvent revient sous sa plume (clavier). Elle reprend une phrase de Francisco Varela qui insiste pour dire  que l’émergence de la signification est le point essentiel de la  cognition.

 

Ce qui suit est très important :

 

Celui qui apprend est auteur et acteur de son potentiel mais il n’est pas responsable totalement bien sûr de ce qui autorise ou non à révéler ce potentiel et c’est dans ce « pas totalement » que s’inscrit l’ingénierie d’apprendre.

 

Et donc, Hélène Trocmé-Fabre souligne à nouveau l’extrême nécessité d’une « déontologie cognitive » (voir chapitre précédent).

 

Ce que j’aime dans ce livre c’est sa structure fractale qui renvoie les chapitres les uns au autres comme une biographie : « une biographie du savoir » (c’est moi qui invente ce tem) et du coup j’associe : à la biographie de l’apprenant, en appui sur une déontologie cognitive, nous humains, ne devons nous pas mettre en place  une « biographie du savoir » ?

 

Le tiers-cherché : une méthodologie ternaire.

 

Avant tout se libérer du rythme binaire : maître/élève et introduire le tiers, dans une méthodologie d’accompagnement, dans l’acte d’enseigner.

 

Acte d’enseigner qui se vit dans « un avant », « un pendant », « un après ».

Hélène Trocmé-Fabre situe le point d’orgue dans « l’avant », le silence à partir du quel l’enseignement s’exprimera mais on peut aussi imaginer le « point d’orgue » comme après l’enseignement et précédent l’élaboration de l’enseignement.

 

Je verrai ainsi :

 

Point d’orgue.... Enseignement... Point d’orgue.

L’enseignement serai pris entre deux points d’orgues : avant et après...

 

Trois outils indissociables

 

L’outil pédagogique, nous rappelle l’auteure, n’est pas un outil utilitaire mais un outil de transformation, inscrite dans la geste d’une double biographie, celle de l’apprenant et celle du savoir (biographie du savoir est une expression personnelle)

 

1)  Passer de l’implicite à l’explicite.

 

2) Passer au questionnement : Elle le rappelle : avant tout, inscrire, délimiter, énonce, créer : l’espace du questionnement (voir Ouaknin)

espace d’auto-questionnement

espace de liberté

espace pour un système de valeurs

 

3)  Passer à l’auto-évaluation.

 

Puis à nouveau des post-scriptum

 

11.

Relier

 

Une citation en exergue qui me plaît d’Egard Morin quand il nous signifie que le complexe ne vient de la réponse mais de la question.

 

D’ailleurs ce livre Réinventer le métier d’apprendre me donne envie de relire Edgar Morin dont il me semble être le père de cet ouvrage. C’est ça qui est passionnant dans le savoir : comme avec le désir, on en a jamais fini, une porte ouvre toujours sur une autre salle : château labyrinthique sans fin !!!. Et pourtant, il faut savoir trouver le temps de relier...

 

Reliance, une exigence

Se relier à l’activité demandée

Relier le constat et le questionnement

Relier les quatre savoir-faire langagiers que sont, l’objet, le concept, le signe graphique et la représentation phonique

Relier le « je » et le « ça » (IMPOSSIBLE, Hélène !!! ): apprendre à la première personne )

Relier pour faire émerger le parcours

Relier pour explorer, construire, structurer, créer

 

Et puis les post-scriptum

 

 

Je réfléchis sur cette structure de post-scriptum qui est souvent la mienne aussi. Comme si, il y avait toujours quelque chose à dire de plus que le corps de texte, comme si, il était nécessaire de poser l’impossible clôture de la biographie. La mort, c’est peut-être quand de notre vie, nous n’avons plus rien à dire. La mort, c’est peut-être un impossible post-scriptum.

 

Et donc...

 

PS. J’ai lu ce chapitre difficile, avec beaucoup de difficultés ; il n’appartient pas à mes représentations habituelles, mais c’est pour cette raison que je me suis appliquée à le lire et à vous le présenter. Savoir voyager dans d’autres représentations que les siennes est capital pour qui veut interroger et Réinventer le Métier d’apprendre.

 

Mais tout cela, est bien nouveau pour moi. Je plaide non-coupable, auprès de l’auteure, si par maladresse due  à ma biographie toujours tâtonnante, j’ai trahie la sienne, si splendidement intelligente (dans les deux sens du terme : cognitive et relative au sens de l’autre : celui qui apprend).

 

Merci, Hélène Trocmé-Fabre pour votre beau chapitre si difficile, allant d’un point d’orgue à un autre. MJC

 

Point d’orgue :

 

Inventer du savoir la biographie

Créer, semer par l’autre le savoir

Habiter en apprenance

Dans ce pays de pluriels

Longeant le fleuve

De la question de l’être

Qui nous fait naître

A la vie dans un temps

De l’avant, du pendant

Et de l’après, si près,

Si loin, les uns des autres

Créant  dans un même

Mouvement solitude

Et fraternelle liberté

 

Alors, dans ce pays de l’apprenance, main dans la main, un livre dans chaque main, apprenons ensemble, à quitter l’enfance, pour inventer une belle danse,

une belle ronde : celle du monde.

 

Mais parfois, fatigue et tristesse m’envahissent, je me sens sur le point de renoncer, la dure ronde du monde lâche tant de mains, exclue tant de danseurs, brisent tant de cœurs, tuent dans les guerres assassines tant et tant, sur le point de quitter le pays d’apprenance et ses post-scriptum, toutes biographies emmêlées, je sanglote. Mais, curieusement, de mes larmes, jaillissent de nouvelles semences, de nouveaux post-scriptum, et fatiguée mais vivante de mes chagrins et de mes contradictions, je continue dans cet étrange mais si beau pays d’apprenance dont le drapeau aux couleurs sombres et lumineuses de l’humain me souffle :


"Vis et travaille ! Travaille et vis ! ". Dans la splendeur de Vermeer. MJC

 


 

 

 

 

 

 

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