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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 19:43

Prise de parole syndicale de la CGT, FSU solidaires, UNEF. Montpellier, le 1er mai 2013

 

Chers amis, chers camarades,

 

En ce 1er mai 2013, nous tenons tout d’abord à adresser un message de paix et de solidarité à l’égard de tous celles et ceux qui, dans le monde entier, sont victimes des guerres. Nos pensées les plus fraternelles vont aussi à tous les syndicalistes du monde entier qui sont assassinés, emprisonnés ou licenciés pour avoir osé défendre leurs droits à une vie et à un travail décent.

En rejetant la loi d’amnistie sociale et en acceptant la criminalisation des syndicalistes, le gouvernement et l’assemblée envoient un message désastreux au monde du travail et adressent une gifle cinglante à l’ensemble du mouvement social et des salariés.

Ce ne sont pas les syndicalistes qui sont violents mais bel et bien ceux qui pour obtenir des profits toujours plus mirobolants  ferment les usines, licencient en masse et provoquent le suicide de leurs salariés par leurs méthodes de management inhumaines.

Pourquoi ce gouvernement refuse-t-il l’amnistie aux syndicalistes qui ont agit  pour la défense de l’intérêt général alors qu’il protège les directeurs d’établissements publics coupables de discriminations syndicales et de harcèlement envers les salariés ?

Pourquoi ce gouvernement n’a-t-il pas abrogé les lois du précèdent qui ont restreint le droit de grève dans le secteur des Transports et chez les professeurs des écoles du 1er degré ?

La liberté d’expression ne s’arrête par aux portes de l’entreprise. En ces temps où l’on veut enfermer les salariés et les retraités dans une logique d’austérité aussi injuste socialement qu’inefficace économiquement il est plus que nécessaire aujourd’hui d’obtenir pour chaque salarié le droit et la liberté, d’intervenir et de s’exprimer sur tout ce qui concerne l’organisation du travail et les choix stratégiques de l’entreprise.

Les libertés syndicales sont d’autant plus nécessaires que partout en Europe, le monde du travail est confronté aux politiques d’austérité et de dégradation sociale.

La Grèce est le meilleur exemple de l’inefficacité de ces politiques d’austérité : alors qu’une cure d’austérité sans précédent a été imposée à la population, le pays s’est enfoncé dans la récession et la dette a encore augmenté.

Par contre, ceux qui ont pu racheter à prix cassés les ports et aéroports grecs, le réseau de transport, de communication, de gaz …, eux, ont fait de bonnes affaires. La crise, décidemment, ce n’est pas pour tout le monde …

 Les actionnaires continuent d’engranger des profits scandaleux tandis que le chômage de masse bat des records. Il y a maintenant 28 millions de chômeurs en Europe

En France, on dénombre chaque jour plus de 1500 nouveaux chômeurs.

Montpellier et sa région sont impactés fortement par la crise. Le nombre de familles pauvres et le taux de chômage y sont largement supérieurs à la moyenne nationale.

Les femmes et les jeunes sont les premières victimes de la crise. En Espagne, 55% des moins de 25 ans sont au chômage.

Dans ce contexte de crise d’une violence inouïe le gouvernement a fait le choix de la régression sociale en tentant d’imposer par tous les moyens l’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier.

Cet accord est une véritable bombe qui jette aux orties des décennies de conquêtes sociales : il sécurise les licenciements ; il flexibilise davantage les salariés ; il développe le dumping social et les chantages patronaux à l’emploi, il renforce les inégalités femmes hommes au travail ! Il est indigne d’un gouvernement qui se prétend  de gauche.

Contrairement aux tenants de l’idéologie libérale, nous refusons d’admettre que la compétitivité du travail dépende uniquement du coût des salaires. C’est une vision simpliste et réductrice de l’économie. La compétitivité d’une entreprise dépend de la qualification de ses salariés, de la qualité des infrastructures et des services publics, de l’investissement et de la recherche et surtout  du bien-être de ses salariés.

Le travail n’est pas un coût mais au contraire une richesse. Ce sont les salariés qui par leur travail, leur savoir-faire et leur intelligence, créent les richesses de ce pays !

Ce n’est pas le travail qui coûte trop cher, c’est le capital ! Ce ne sont pas les salaires qu’il faut geler en cas de difficultés mais bel et bien les dividendes des actionnaires.

C’est l’insuffisance de rémunération du travail au profit du capital, la baisse du pouvoir d’achat, la remise en cause des droits des salariés qui sont à l’origine de la crise.

Nous ne cachons aujourd’hui pas notre colère et notre amertume face au comportement des 8 députés de la majorité de l’Hérault. Pas un seul n’a eu le courage et la lucidité de s’opposer à l’ANI ce texte socialicide.. Les mêmes qui manifestaient aux côtés des salariés de sanofi pour s’opposer aux licenciements boursiers et financiers ont approuvé un texte qui justement facilite et accélère pour les grandes multinationales la mise en œuvre des plans sociaux. Où est la cohérence ?

Un socialiste du début du XX° siècle, un certain Jean Jaurès, écrivait « quand on ne peut pas changer de politique, on change les noms »

C’est ainsi qu’aujourd’hui on ne dit plus chantage à l’emploi mais flexisécurité.

On ne dit plus  régression sociale mais accords compétitivité

On ne dit plus licenciement mais adaptation à la mondialisation.

Mais les salariés ne sont pas dupes de ce tour de passe-passe sémantique et loin de sombrer dans la désespérance, le fatalisme ou la résignation, les salariés entrent en lutte, se mobilisent.

Ce qu’ont fait les salariés de Sanofi dans l’unité syndicale démontre que lorsque les salariés sont déterminés, unis et rassemblés, la finance n’est ni invisible, ni invincible.

 Si nous nous sommes réjouis de la loi pour le droit au mariage pour tous, premier des 60 engagements du président, nous n’oublions pas qu’il en reste encore 59 à tenir, notamment  ceux sur l’emploi, la ré industrialisation et le pouvoir d’achat. Plus que jamais, les salariés ont besoind’un véritable sursaut social, un sursaut social qui redonne espoir aux millions de familles qui chaque jour sont confrontées à la pauvreté, à la précarité, à l’exclusion.

Pour sortir de la crise, il faut  donc abandonner l’ANI et  prendre des mesures énergiques  qui aillent dans le sens de la relance économique. Pour cela il est indispensable de : 

-          Augmenter les salaires et les pensions et placer le SMIC à 1700 euros

-          Développer les services publics ce qui nécessite aussi une réforme des financements publics et de la fiscalité, au service du progrès social. Le scandale Cahuzac a révélé au grand jour l’ampleur de l’évasion fiscale. 36 milliards d’euros ! De quoi largement combler le soi-disant déficit de la sécurité sociale et des retraites !

-          Défendre l’emploi en contraignant les banques et les financiers à diriger l’argent vers l’investissement productif créateur d’emplois et en interdisant les suppressions d’emplois dans les entreprises qui font des profits.

-          Etendre à tous la protection sociale : la sécurité sociale, les retraites par répartition, les allocations familiales, l’assurance chômage sont le fruit de conquêtes syndicales. Elles doivent être maintenues, défendues et améliorées.

-          Donner plus de droits aux salariés au sein des entreprises en renforçant les inspections du travail.et en accordant un droit de veto  suspensif des représentants du personnel sur les plans de licenciement et les plans de restructuration.

Tout cela ne tombera pas du ciel. Partout dans les grandes comme dans les petites entreprises, dans le privé comme dans le public, les salariés doivent s’organiser collectivement sur leur lieu de travail Si ce n’est pas encore fait, syndiquez-vous, soyez pleinement acteur du mouvement social !

Il est grand temps de réveiller l’espoir chez les salariés, il est grand temps de faire entendre notre voix, il est grand temps de nous unir, de nous rassembler, solidaires, contre l’austérité, l’intolérance, l’insécurité sociale généralisée et surtout de nous rassembler pour autre une répartition des richesses créées par notre travail.

L’austérité nous enfonce dans la crise, le progrès social seul nous en sortira ! 

 


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Published by Marie-José Annenkov - dans Ethique du blog
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