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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 14:04


Penser les pratiques sociales

Une utopie utile

Sous la direction de Rémy Puyuelo

Erès. Arséaa. Action solidaire.2001

307 pages

 

J'invite les Inventeurs à lire "Les Empanhisseurs... (1) et (2)"


 

VIE ASSOCIATIVE ET INSTITUTIONS


Louis Marzo. Paule Sanchou : Introduction


Ces deux auteurs présentent la thématique des articles qui suivent :


élaboration du lien social

fonctionnement des structures chargées de l’intervention du lien social

l’association constitue-t-elle un mode privilégié du vivre ensemble ?  Si oui, comment se constitue ce « faire société »


J’aime beaucoup les deux expressions ; « du vivre ensemble » et « faire société ». ça fait travail, amour, lien. C’est bien. Je me sens concernée par cette triple thématique qu’implique l’association.


De 13 à 17 ans, j’ai fréquenté assidûment une Maison pour Tous. C’était l’espace de mon adolescence : ciné-club, j’ai découvert The Servant, M.Maudit, Resnais, La belle vie et L’Algérie, j’ai frémi  à mes premiers bals, j’ai ri à en perdre haleine au cours de fondues savoyardes, j’ai tiré les cartes à mes copines, j’étais très douée ! La vie associative encore : pendant quelques années, l’Association Le Livre ouvert a occupé toutes mes pensées, comme celles pour un enfant qui grandit dans un sens différent de celui souhaité par les parents. Mais parce que cette association disait les vrais liens du livre, malgré un cordon ombilical coupé dans la houle d’un soir, je souhaite à l’enfant une vie heureuse et pleins de livres pour ses soirées. Enfin, de l’association encore, à L’ADIF (Association Départementale d’Insertion et de Formation. J’y suis salariée comme accompagnatrice des publics dits en difficulté et formatrice (animatrice d’ateliers de lecture pour les mêmes publics. )


Louis Marzo et Paule Sanchou recopient une longue citation de J.P Worms (La crise du lien social, le problème du chaînon manquant. Empan N° 32, (décembre 1998). Je ne recopie as, je résume.


Comment relever le défi de notre lien civique et social à instaurer, à inventer dans le fil de nos rencontres associatives ? Il est essentiel de repérer, de nommer les paradoxes de l’homme dans la cité. J’ai beaucoup aimé cette page, je l’ai travaillée. Elle m’aide à lire ce qui parfois me pèse au quotidien : les contradictions de l’éthique de mon travail inscrit dans un milieu associatif, lui-même inscrit dans l’institutionnel, lui-même inscrit dans un espace de citoyenneté ; ça fait poupées russes. Les poupées russes m’ont toujours fascinée. Une taille en cache une autre, une femme abrite d’autres femmes, de la plus visible à la plus cachée, de la plus immédiate à la plus cachée. Le savoir, c’est pareil. Un savoir en abrite un autre, puis un autre, un autre encore. Je pense à l’oignon de Freud. Apprendre, découvrir, lire, c’est éplucher des oignons. Parfois on en pleure mais la vie sera meilleure… Je divague ! Je m’égare, gare aux vagues !!! Je reviens à la l’intelligente syntaxe de Paule et Louis qui souligne que l’intervention sociale est à concevoir dans l’interaction de l’éthique et de la politique et dans des exigences morales incontournables qui découle d’un contrat social initial.


Inventer la citoyenneté dans la solidarité tel est l’enjeu de ces lignes et de cette dernière partie du livre. Bâtir des mots pour redonner à l’association sa pleine valeur dans un espace de démocratie et de lien social. Empan, s’inscrit dans cette construction du bâtiment. Empan écrit et bâtit. Nous lisons et nous bâtissons. Les deux se rencontrent, tour à tour l’un ou l’autre :


« A l’occasion du n° spécial de 1993, Trajectoires du secteur médico-social : cinquantenaire de l’établissement de Toulouse-Saint-Simon-1942-1992 plusieurs auteurs avait tenté de mieux faire comprendre cette spécificité associative dans le champ de l’intervention sociale.


Les associations y sont conduites à devenir responsables d’entreprises sociales, avec tout ce que cela implique de dimensions économique, gestionnaire, juridique, politique. » ( p .228)


         Enfin, je recopie la conclusion de cette introduction car la transmission c’est un jeu de la pensée, (des poupées russes encore…) qui fait aller d’une conclusion à une introduction, elle-même conclusion. Va-et-vient passionnant de la pensée dialectique qui ne pourra jamais dire où et quand elle a commencé, où et quand elle finira.


En lisant cet article si riche de tant de références, de tant d’expériences, je sais maintenant pourquoi, j’ai toujours été attirée par la vie associative : le désir, l’ambition d’améliorer la société, le monde comme il tourne.



Jean-Bernard Paturet. L’intervention sociale :  au nouage de l’éthique et du politique.


Ce texte m’est apparu comme très difficile avec des références qui me sont parfois inconnues et cela a rendu la lecture flottante impossible. Cela m’arrive alors quand je recopie des phrases. Cela fait travailler le langage et le sens. C’est une façon de m’approprier le texte. Les années passent et le hasard d’un rangement me fait retrouver le texte. Parfois, alors quelque chose s’élabore. La lecture ne doit jamais être lieu de violence. Quand on ne comprend pas on passe, on laisse agir le temps, la vie. Et quand ce doit être, c’est. C’est comme en randonnée, quand on rencontre un rocher, on ne se tape pas dedans, on le contourne, au retour, il n’aura peut-être pas la même forme, où la marche nous aura donné confiance et cette fois-ci, on le franchira. J’aime bien la randonnée, cela apprend beaucoup de choses sur la manière de vaincre les obstacles et puis c’est beau ! J’aime bien marcher dans les Cévennes ou « faire » les châteaux cathares, aller de château en château, de gîtes en gîtes . A plusieurs, avec des amis toujours les mêmes, ceux qui, comme mes livres me disent le temps de vivre. Je les ai connus à vingt ans et nous partageons encore le même ciel, les mêmes arbres. En randonnée, j’aime regarder le ciel et la couleur des arbres. C’est beau les arbres ! J’aime parler aussi avec mes amis et rire. On rit beaucoup ! Cela dure une semaine, chaque année. Au retour, je contourne mieux les rochers du quotidien. Je respire mieux ; ça s’appelle les vacances de printemps. J’ai laissé mon livre m’échapper des mains. Je rêve, ça m’arrive de rêver quand je lis, ça me fait du bien. je reprends maintenant.


Jean-Bernard, je recopie des passages de votre chapitre et je vous donne rendez-vous pour une synthèse élaborée dans sept ans. Mes cellules se seront renouvelées…


Je recopie des passages sur mon cahier mais je ne les confie pas à l’ordinateur pour lecture car des citations isolées trahissent souvent le texte. C’est d’ailleurs le risque de ma lecture flottante d’aujourd’hui : trahir les auteurs. L’acrobatie d’une telle lecture flottante c’est dans un même lire, flotter, respecter et ne pas trahir. J’espère être une bonne acrobate et réussir mes sauts dans le plein des textes. Sinon, j’en demande pardon  à leurs auteurs.


Par contre, j’aime bien recopier les introductions et les conclusions. Ce sont les pierres précieuses de la pensée. Je me souviens, à l’école mes premières rédactions, mes premiers plans, mes premières introductions et conclusions. Enfant, adolescente, j’étais bonne en rédaction. En primaire, j’avais 9 sur dix, au lycée, j’avais 15 sur 20. J’aimais beaucoup quand on lisait ma copie à voix haute. J’avais le cœur qui battait de fierté.


Au bac, j’ai eu 17 à un commentaire sur Proust. Cela m’a fait tenir en vie des décennies ! A part ça, j’étais mauvaise élève et j’ai eu mes examens de justesse. En psychologie, j’étais douée et intuitive.  Je dois beaucoup à la littérature et à Marcel Proust.


Vous concluez sur la nécessité de réinventer l’espace de la politique, et vous parlez alors de la création de cafés philosophiques, de créer des lieux d’échanges et de partages sans expertises qui donneront des possibilités à des sujets singuliers de vivre pleinement leur citoyenneté.


Comme je suis d’accord avec vous Jean-Bernard Paturet !


         J’intériorise donc votre conclusion, j’invite les inventeurs à la lire, Jean-Bernard Paturet et je vous dis « à  plus »


Marc de Montalembert : Espace social européen ou Europe sociale ?


Des noms qui écrivent l’histoire d’une géographie à élaborer et à apprendre ensemble. C’est donc écrit Marc de Montalembert


         Une histoire de  notre géographie qui serait à construire ensemble via des traités et des décrets, via des comités et un parlement, via des élus, via nous tous, par étapes. Ce serait une solidarité sociale qui lutterait contre chômage et exclusion. Ce serait un terrain sur lequel nous bâtirions, avec des pierres, avec des mots la maison des citoyens. Je recopie parce que j’espère mais comme cela me paraît difficile à réaliser ! Lire,  écrire,  étudier, communiquer, informer, créer les conditions de la réalisation de cette utopie utile.


         Oui, mais quelque chose me préoccupe. Si les gouvernements européens virent à droite voire même à l’extrême droite, qu’adviendra-t-il ? Aujourd’hui à l’heure zéro de la création européenne, il apparaît une volonté de solidarité sociale mais demain qu’en sera-t-il ? Comme pour répondre à ma question, Marc me lit un passage d’un texte qui l’a passionné : Le rapport du Comité des Sages : Pour une Europe des droits civiques et sociaux. Commission européenne, direction générale emploi, relations industrielles et affaires sociales, 1996. Il explique puis lit. Je l’écoute attentivement car ce propos me passionne, mais c’est difficile pour moi. J’en sais toute l’importance pour ma pratique auprès des exclus. Il y a tant à faire ! Je ne parle plus, j’écoute Marc lire, à vous d’inventer votre réponse avec lui. Le lire, le suivre et continuer nos engagements citoyens

        

Ce qui court dans ce chapitre,  précisément et comme un flot c’est la citoyenneté comme lien social comme contrat social ; ça dit une Europe dont le but serait de réduire l’exclusion sociale. Tout un programme, tout un débat. Un immense champ de réflexion et de travail. Bâtir, une fois encore des mots d’égalité, de protection sociale, de législation de travail. Inventer l’intervention sociale, la solidarité, une fois encore bâtir des mots de justice, de liberté. Aïe ! Aïe ! quel travail !



Joêl Roman : Exclusion et citoyenneté.


L’article commence par le paradoxe suivant :

Constat de la montée des exclusions  et propositions de plus en plus nombreuses d’accès à la citoyenneté et d’issues à ces exclusions qui sont par leurs termes hors de portée des exclus…

        

 Mais de quelles exclusions parle-t-on ?  interroge Joël.


  Entendre ça. Mon travail, au jour le jour. Le défi à relever la citoyenneté. Cela m’aide de lire cela page après page. A la recherche de la citoyenneté perdue. Pas gagné cette recherche. Contraintes institutionnelles…Quelque chose qui vient là du côté de l’inégalité sociale, existentielle, juridique. Du récurrent qui épuise. Trois intégrations à bâtir dit Joël Roman :


Par le travail

Par la vie sociale

Par la politique


         Etre là sur ces trois registres, ces trois contenants.

        

         Redéfinir la citoyenneté. Bâtir le mot avec les chapitres précédents et suivant. Un mot difficile  à écrire. A cause du Y, à cause de l’histoire des hommes. Etudier 1789.  Chercher du côté de la place du travail et de l’économie. Chercher du côté de la différence. Bâtir les mots, avec Alain Touraine et Charles Taylor « démocratie de Reconnaissance ». Chercher, lire, travailler, inventer pour que cède le désastre de l’exclusion. A ce point, je pense au très beau livre de Jean Maisondieu :  La fabrique des exclus Paris, éditions Bayard, 1997. 264 p. « Etre exclu, c’est donc bien ne compter pour rien »  écrit Jean. ( voir ma note de lecture dans EMPAN n° 42, juin 2001). Quand à moi, je vais relire l’Empan n°22 , juin 1996 et notamment l’article écrit par Marie, Manuel, Denise et Roger dont le titre est : « Un endroit où je peux sortir ma rage ». « Agir contre le chômage, » ce n’est pas une finalité, c’est un mouvement » p.45 d’Empan cité). Tout est là, un mouvement de la vie. Bâtir des mots en mouvement, des êtres de mouvement. L’exclusion fige et sépare. Dès que je le peux, je lirai Hannah Arendt, La condition de l’homme moderne cité par l’auteur pour bâtir mieux encore mes mots d’accompagnatrice sociale et mon être au monde. Inventer du lien entre eux et moi, inventer du respect, faire qu’ils existent dans mon regard. Facile à écrire mais tellement difficile à être. Poids de l’environnement institutionnel, poids des habitudes, poids du cadre, poids de l’imaginaire, poids de la fatigue et de la lassitude. Respecter c’est accueillir mais accueillir ce n’est pas simple. Accueillir, c’est travailler, sans relâche, à bâtir un espace ouvert aux mots des autres, à des mots qui incluent ces autres. Si, alors on parlait enfin d’un nouveau concept, si on vivait une nouvelle utopie utile, si enfin on bâtissait tous ensemble le mot  « Inclusion » ? Ce serait le bonheur. 



Michel Chauvière : L’action sociale face aux nouveaux enjeux de la question sociale.


         Dans ce chapitre, Michel Chauvière travaille la question sociale au travers du prisme de l’action sociale. Il interroge travail social et les relations ambiguës du travail social avec l’administratif, il travaille aussi les choix politico-économiques. Il s’agit là d’une approche du travail social par ses bords. Il construit un repérage d’interrogations entre administrations et marchés, il interroge, le pêle-mêle des savoirs sociaux.


         Un article lu, crayon en main ; je le relirai pour mieux l’intérioriser pour, avec son auteur bâtir les mots « politiques », « stratégies et savoirs de l’action sociale ». Des mots pour l’avenir.






         Paule Sanchou : Place et devenir des associations dans le secteur médico-social. Enoncé des problématiques.


         Travail de femme de mise en ordre de rangement du bâtiment. Repérage des missions respectives de l’état et de l’association, repérage des lois de décentralisation qui souvent modifient les rapports entre ces missions, mise en lumière de la dimension politique engendrée par la mise en relation de l’état et de l’association.


         Paule Sanchou désigne aussi les enjeux économiques et théoriques de l’importance de l’économique dans le social  sans faire l’économie malgré tout de la nécessité de trouver encore le temps de réfléchir sur ce qu’on fait et sur la qualité du travail des travailleurs sociaux. C’est le devenir de la vie associative qui est en cause.


         Lecture en diagonale d’une problématique bien passionnante pour tous ceux qui vivent la vie associative de façon bénévole ou salariée. A lire mot à mot et non comme je le fais, « en marchant », en travaillant. Il est essentiel de réfléchir à ce que nous faisons comme le dirait Hannah Arendt, il est essentiel de réfléchir au devenir de la vie associative, garante de la démocratie, de réfléchir ensemble, décideurs, travailleurs sociaux et membres des associations. Il est essentiel d’inventer la vie dans les relations entre responsables associatifs et décideurs.


C’est à ce point que Paule définit une association médico-sociale comme un regroupement de personnes qui défendent un idéal de type humanitaire et qui obligent la société à faire une place aux exclus. Faire partie d’une association médico-sociale, écrit-elle, c’est porter un projet social qui implique des valeurs.


Cet article ne veut pas de « conclusions ». Il s’articule comme amorce, ouverture sur le devenir des associations du Médico-social, sur la nécessité de repérer ses partenaires, de bien connaître leur identité et leurs stratégies. Un travail de repérage à effectuer avec et pour les citoyens.


Un très bel article, d’une grande richesse d’articulation de l’essentiel de la vie associative et de son éthique. Une mise en ordre qui dit la splendeur humaine des associations à toujours défendre dans une conceptualisation exigeante.


Le questionnement de Paule Sanchou articule avec clarté le devenir de la vie associative, son identité, ses stratégies, interroge le rôle, la place des partenaires et de leur mise en relation. Il est aussi question de la vie politique et des bords de tous bords qui bordent nos associations. Un article qui dit la question vitale du jeu multi identitaires du champ de l’insertion et de la citoyenneté. Passionnant de vie. Porteur des paroles de chacun et de tous, partenaires associatifs et institutionnels, en contradiction  parfois, en nécessaire complémentarité toujours. Un travail de mise en mots, de mise en ordre du terrain. Précieux les jours de pagaïe et surtout les jours de conflits, quand on ne s’y repère plus. Une boussole. A lire pour garder le cap, pour mesurer les possibles de chacun.


JeanClaude Lorthe : Concept de pouvoir, concept de direction 


         Une note en bas de page. Une croix fine entre parenthèse. Un symbole qui dit le passé à respecter. Une vie, une trace. Un souvenir. Conjuguer l’article à l’imparfait.


         Je découvre la difficile notion de concept, et leur identification nécessaire,  une nouvelle bordure un peu difficile d’accès.


         Références à Jean Parrain Vial et à Braudel. Organisation rigoureuse de la pensée conceptuelle. Mesurer nous outils de travail , « nos points de vue », resserrer la pensée, les concepts. Direction, pouvoir, puissance. Transversalité des concepts relogés, redéfinis dans le nid  associatif.. Redéfinir l’association munie de ses outils de travail que sont l’approche conceptuelle et la différenciation pouvoir/direction. Travailler. Réinventer le pouvoir, la philosophie, la théorie, l’élaboration, la dialectique. Un article difficile pour les non –initiés mais qui donne le désir « de s’y mettre », qui sème le travail.



Jean-Claude Martin : Les associations : un parti humaniste dispersé


         Une question que j’aime beaucoup dans cet article : c’est la question de l’espoir possible qui naît de la sphère associative.


C’est beau ! ça dit que l’arbre est vivant … ça dit que s’associer, lancer des actions nouvelles, créer du lien, entreprendre, innover c’est politique  et d’ailleurs les dictatures ne s’y trompent pas et savent limiter le droit à se réunir, à s’associer  rappelle efficacement  Jean-Claude Martin.


Très belle conclusion de l’auteur, à apprendre par cœur, pour les jours obscurs de désespoir qui soufflent un pernicieux « A quoi bon ? ». Alors, une fois de plus, dans un battement de lettres, je recopie sagement :


 « Le problème est dans le crédo économiste, celui des grands équilibres économiques qui conditionneraient tout. Il n’est pas à négliger. Mais à voir où nous mène la poursuite de la tendance actuelle, l’empoisonnement de l’homme par l’homme dans les pays riches, la famine et la maladie dans les pays -sous développés, la priorité de renouveau de l’humanisme et d’une mobilisation de la diaspora humaniste de la société civile devient une urgence pragmatique de survie. » (P.293)


CONCLUSION


En guise de conclusion un feu d’artifice, beau comme celui du 14 juillet à Paris ! Beau comme celui de La petite Sirène : « La petite sirène eut peur et s’enfonça dans l’eau, mais bientôt elle reparut, et alors toutes les étoiles du ciel semblèrent pleuvoir sur elle. Jamais elle n’avait vu un pareil feu d’artifice ; de grands soleils tournaient, des poissons de feu fendaient  de l’air, et toute la mer, pure et calme, brillait. » (P.17. Contes d’Andersen. La petite sirène et autres contes. Presse Pocket)


L’article splendide de Michel Serres, s’appelle NOUS. Nous, c’est beau. C’est tout un travail. Un article, des pronoms, une métaphore. Un bain d’intersubjectivité. Là dedans, qui suis-je ? Marie-José, la toute seule, lui l’écrivain, le bâtisseur de mots, toi, lecteur, le faiseur de mots

 


Qui suis-je ?


Lire, comme je l’ai fait, dans une poussière d’erreurs, le cœur battant la merveilleuse réponse de Michel Serres. Je vous en prie, allez le lire. C’est de la pure intelligence quand elle se fait poésie..


Que c’est beau ! Je me régale. Michel, j’intercepte ton texte, j’en suis l’anachorète, j’en invente la diagonale, tu as le statut de Dieu, j’en suis l’ange, j’annonce la bonne nouvelle, un texte est né, il va de je en tu, il trace le nous, invente des ailes, je m’envole, je lis un peu, non beaucoup, passionnément, tout !.Apprendre, un jour tu m’as dis l’errance de ce verbe. Et bien, j’erre dans un fidèle mot à mot, je saute des lignes, je diagonalise, j’harmonise, je vais, je viens, je repars. Nous. Etre ensemble. Je te ressemble. Intellectuelle jusqu’au bout de ta pensée. Nous, ceux là qui ont écrit les pratiques sociales, toi et moi, nous tous nous créons.  Nous inventons la pensée, les pensées comme si Dieu était notre fils écrirait Michel Serres.


Nous sommes ensemble Je lis l’écume d’une vague, ma lecture divague et m’éclabousse, je nage et elle m’enroule. Voilà, j’arrive au bord de la plage, je tourne la page,  et je vois là c’est écrit, en grand

 NOUS, LES BATISSEURS DE MOTS,

 alors, je sais que je peux continuer mon chemin.


Et parce que ça ne veut pas cesser de se dire, je vais le dire encore. A la manière de Marguerite. Je ne saurai jamais quoi, ce n’est pas si simple, ce que j’ai essayé de dire ; ça parlait d’utopie utile, ce que j’ai lu. C’est une folie que j’ai en moi de lire et après de l’écrire pour le dire et pour écouter lire l’autre. Je ne savais pas ce que j’allais écrire sinon je ne l’aurais pas écrit. La bonne nouvelle, je l’ai lue. Il y a avant le livre et après le livre. Entre les deux, un travail de silence de plus de 8ans, de silence et de solitude, un travail de la caresse. J’ai lu le livre d’Empan et après, j’ai su que j’avais vécu. Je l’ai su et je l’ai écrit. La lecture, c’est comme ça. On lit et après on sait. Je suis. Dans le temps du peut-être de nos lettres si éphémères qui sur la mer glisse.


Moi, je dis aussi « La lecture ça arrive comme l’écume, c’est un don de la vague ». (Je ne sais plus si c’est de Marguerite ou de moi. Nos âmes s’emmêlent dans mes mots retrouvés, pour vous, mes amis Empanhisseurs. Moi, j’ai toujours quelque chose à lire, à dire, à écrire. Je suis une agitée de l’écume. Un jour, j’ai écrit un poème. Je le recopie et j’arrête …


                                                                    Un livre

érosion de la seconde

caresse printanière

une page tournée,

une rencontre partagée

des mots envolés,

des mots retrouvés


Un livre

A la recherche

de l'être perdu.


Un livre

des livres



espace fictif

espace invisible

c'est ma ville en papier

ville d’encre

ville d’ancrage

j’épèle

je voyage

j’existe.


femme inachevée

dans mon écriture

imparfaite

dans mon orthographe défaillante

dans une mise en forme si floue


mais j’existe

dans la clarté de vos écrits

mes amis les Empanhisseurs

inventeurs

d’une Utopie utile

si utile !


Allez !

Ensemble, on continue

Toutes imperfections confondues 

Nous les bâtisseurs de mots 

Pour un monde presque meilleur…


Tchao ! Tchao ! Tchao !


Marie-José Colet.

Montauban le 30 juin 2002


MJC.

Montauban le 28 avril 2010










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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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