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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 13:48

 

Penser les pratiques sociales

Une utopie utile

Sous la direction de Rémy Puyuelo

Erès. Arséaa. Action solidaire.2001

307 pages

 

J'invite les inventeurs à lire "Les empahisseurs..."(1)

 

DES LIEUX ET DES PRATIQUES.

 

Des lieux et des pratiques pour respirer, écouter bâtir sur une terre brûlée par l’échec, la détresse, par l’impossible, par le malentendu. Par la solitude humaine toujours à l’œuvre.

 

 

Michel Ruel. Introduction

 

Il y a longtemps à Babylone quelqu’un a écrit sur un vase que les jeunes étaient malfaisants, paresseux, que la culture ils ne savaient la transmettre. Les siècles ont passé et le lieu si commun de l’intolérable intolérance demeure. A ce qu’on dit les jeunes ne transmettent pas, ne maintiennent pas la culture. Alors, certains ont bâti des lieux, des lieux en pierres ou en briques roses, mais aussi des lieux « en mots » nichés dans les cœurs des praticiens et dans leur intelligence. Des lieux ouverts, des réseaux, des dispositifs spécialisés, des filières. Des lieux pour des pratiques à inventer puis à imposer.

 

J’aime particulièrement cette phrase, peut-être même est-elle ma préférée du livre :

 

« Empan, mesure de l’humain, point de rencontre optimiste des acteurs, des lieux et des pratiques médico- sociales, espace de questionnement. » (p ;156)

 

 

Claude Bes : l’ordinateur à l’école.

 

Les livres sont le moteur de notre action dit-il.

 

 Il reprend : livres, moteur de mon action. Moteur, on tourne. Tout autour de la terre, tout autour de la mer, dans un grand chemin de fer. Lecture, principe fondateur de mon action, de ma réflexion, de mon travail au jour le jour. Parfois, la nuit. Chercher, rechercher, cacher, voiler, dévoiler, noter, souligner. Griffer le réel. C’est elle qui souligne, moi, je retiens, je mémorise, j’aplanis, je recommence, je continue, je tourne les pages, j’imagine, j’invente. Je lis passionnément, à la folie. Tout.

 

Cet article est une saga du verbe apprendre quand il se fait verbe être. Le conjuguer à tous les temps, décliner à tous les modes  le savoir. Le savoir dans tous ses états.

 

Apprendre, une histoire vieille comme le monde, une histoire de l’autre à informer et puis une histoire toute récente, passionnée et passionnante : l’informatique. L’informatique au service de l’information. Rêver le savoir et l’engendrer. Une jolie quête du Graal. Sur mon écran, je sais Perceval et Lancelot à la recherche du savoir perdu. Divaguer au fil du temps. J’aime ça. J’aime errer.  J’aime apprendre.

 

L’informatique. Histoire d’un processus, Claude Bes cite J.Houssaye, La pédagogie, une encyclopédie pour aujourd’hui, ESF 1999

 

Apprendre donc, est un processus

 

A l’origine des ordinateurs, des hommes qui veulent se souvenir, qui souhaitent la mémoire, qui l’inventent et la captent. Prodigieuse aventure dans le temps, machine à explorer les pulsations géométriques de la solitude. Arpenter et mesurer. Former. Accéder à la vérité. J’aime lire parce que chaque livre empreinte le précèdent et le rectifie, me rectifie. Un livre ne me laisse jamais intacte. Les livres me démultiplient, moi l’erreur faîte femme. Les livres m’apprennent « la bonne nouvelle de l’humanité ». Je ne lis que les livres que j’aime. La mauvaise nouvelle, je la laisse à demain. Elle pourrait me détruire. Ce qui me plaît, c’est de me construire, de bâtir. Avec des mots. Bâtir une utopie utile. Aujourd’hui avec Claude Bes dans les bords de l’erreur et dans les contours de l’invisible iceberg. Apprendre, traquer l’invisible, l’épeler, l’inscrire, le gratter, le découvrir, le malmener, l’aimer, m’y abandonner, l’oublier, s’en souvenir, s’y cogner, attention l’invisible parfois ça fait mal… Apprendre dans la luminosité blanche des écrans, dans le bruit des pages, dans la patience de l’autre qui m’accompagne. Technique et amour… Calculette et ordinateur. Accompagnateur  pour un voyage où il est question de défricher la vie. J’aime cet article qui décrit des aventuriers d’une utopie de tous les temps : les enseignants.

 

 

 

Pierre Lafforgue :  Du conte au psychodrame

 

Un dessin, des flèches qui tracent, relient, sous-tendent une pratique quotidienne du conte au psychodrame. Manque-violence- liquidation du manque via dégradation mais aussi réparation-réponse.

 

Réponse depuis 20 ans aux enfants psychotiques et autistes aux prises avec « un acte de survie ». Un terrain en cheville avec la mort psychique. Une technique – les contes- en cheville avec la vie, l’imagination, la parole. Dire le conte parce que le conte nous offre une configuration potentielle d’identifications. Je ne peux lire cet article sans penser au passionnant ouvrage de Dominique Friard : « Une approche thérapeutique de la psychose. Le groupe de lecture. Editions hospitalières. Collection Souffrance psychique. » Il existe une similitude de pensées entre Dominique et Pierre. Le propos est passionnant. Toux deux nous disent que lire c’est élaborer du désir. C’est comme ça que je le traduis. Du désir et du sens et c’est pour ça que la lecture est un potentiel de réparation. La lecture tisse de l’identité là où il pourrait y avoir une impasse du désir.

 

A la manière de Lacan, lire serait tourner les pages autour du trou, autour de « l’entour » des trous, des blancs. Lire dans le non-dit tout blanc des mots de l’auteur. Il y a le sens des mots, leur orthographe, il y a tout ce qui tient la lecture, qu’on évalue de zéro à vingt, prix d’excellence, prix Goncourt,  zéro pointé je redouble, je suis exclue, je n’ai rien compris ; et puis il y a, simultanément au bâillement de tout cela, le chuchotement du blanc, du non-dit, comme un silence en partance. Chut ! Il était une fois, dans l’eau bleue de la mer, un peuple de Sirènes, il était une fois au pays des enfants un Petit Poucet et au pays des fées, ma marraine, celle que je n’ai jamais eue et que j’attends. Il était une fois aux pays des humains, des hommes qui écrivaient des livres et d’autres qui les lisaient et les lunes succédaient aux soleils et tous arrivaient dans une grande forêt. Alors la page se tournait, je ne voulais plus tourner la page. De tous mes yeux, je retenais les phrases écrites par Pierre qui interrogent :

 

La lecture serait-elle une histoire de syntaxe et de sexualité ? Moi, je crois que oui. La lecture a-t-elle un sexe ? Un même texte peut-il être lu différemment par un homme ou par une femme ? Passionnant !

 

C’est beau ! ça va du conte au psychodrame, c’est pensé, analysé, structuré et en même temps c’est plein de lumière et de nuit.

 

Je lis Pierre Lafforgue  quand il nous dit qu’il y a aussi tout un « je » de, parce que tout cela est vraiment important. Je ne veux pas tourner la page, je veux y rester ma vie durant. Inventer, respecter la lecture, écouter lire c’est si important pour moi. Dominique Friard, Pierre Lafforgue sont des frères. Des compagnons d’âme.

 

Enfin, dans sa conclusion, il introduit splendidement la notion de liberté. Oui, c’est cela, tous libres, égaux et fraternels au cours de la lecture d’un livre ouvert.

 

Pierre Richard : L’intervenant est-il un évaluateur ?

 

Lui, il bâtit pour évaluer la solidité de la maison. Former, informer, transmettre. Du solide, du repérable. Invention dialectique entre les demandeurs et l’intervenant. Des objectifs. Une évaluation d’une évolution.

 

Processus de changement de l’action. Démarche dans le temps par l’implication des acteurs. Dynamisme de l’action avec une description possible de l’intervenant quand il observe, écoute, note, quand il permet à l’autre de prendre une place dans le travail d’apprentissage et il nous rappelle à quel point l’évaluation se place exclusivement dans le symbolique de l’acte d’apprendre.

 

J’ai un peu de mal à intégrer tout ça. Pour moi, c’est difficile. Je résiste beaucoup à l’idée d’une évaluation des ateliers de lecture. Je veux bien confronter mes représentations, les échanger mais de là à les laisser se disloquer !!!  Je vais mûrir cet article pour mieux bâtir par delà le malentendu possible entre une écriture professionnelle et une lecture appliquée mais flottante…

 

 

Kati Varga : Le psychanalyste à l’écoute de la famille toxicomane.

 

Il est question d’une double interrogation :

celle du mère qui s’interroge : comment faire pour que mon fils qui se drogue continue à se soigner, à venir consulter.

Celle de la psychanalyste au travail de la compréhension des propos de la mère.

Interrogation sur la métapsychologie freudienne : peut-on donner sens à un discours quand il vient à la place d’un autre ? Et surtout si cet autre ne demande rien.

Pourquoi pendant si longtemps n’a-t-on pas voulu prendre en compte la famille du toxicomane ? Comme si le toxicomane ne venait de nulle part.

quel est l’impact traumatique des générations précédentes sur le toxicomane ?

Nécessité de travailler la position de prolongement narcissique du toxicomane pour sa mère et de réfléchir sur la place du tiers dans leur relation.. Est-elle possible ? Le cadre de la thérapie, la référence à la psychanalyse peuvent-ils alors occuper cette place de tiers symbolique et permettre ainsi de dire au toxicomane qu’on est là pour lui certes, mais pas comme il le voudrait.

 

Du temps où je travaillais, j’avais commenté ces lignes ainsi

 

« Commenter avec timidité et respect puis m’échapper pour inventer ma lecture. Depuis la création des ateliers de lecture, je suis « travaillée » par cette notion de cadre qui fait tiers symbolique. Et dans la lecture, le tiers symbolique ce n’est pas rien… Je souligne aussi, cette notion de demande démesurée. A mon travail, elle s’exprime ainsi : « madame, je veux faire des progrès en orthographe et bien lire à voix haute. Demande pleinement orchestrée par les institutionnels. Face à cette double demande, et donc à l’immensité de la tâche (la plupart du temps, la notion de mots n’est pas acquise et la lettre reste à créer), parfois, « je stresse » mais alors, pour moi aussi, comme pour mes stagiaires, le cadre de l’atelier fait référence et nous avançons au fil des heures, au cours des passages lus vers un mieux-être dans l’être. »

 

         Kati, je vous ai légèrement quittée pour parler de moi et de ma pratique passionnante mais difficile. Lire, c’est m’appuyer sur l’autre qui écrit des mots souvent indicibles pour moi. Lire, c’est m’exprimer avec les mots de l’autre, au risque du contresens et du malentendu ; le cadre de l’atelier n’est pas un cadre analytique, donc prudence dans la métaphore. Lire, retenir l’écume et respecter la vague, écrire et recopier la conclusion qui m’apprend encore et encore, toujours et toujours :

        

Association d’idées : Je reçois d’autrui. Un autrui pluriel. Tous les écrivains lus et relus, tous les participants entendus et puis bien sûr mes proches (mais c’est là une autre saga bien sûr, une autre Grand ! grand ! grand ! J’ai de la chance…  Sur cette association lecture).Un autrui pluriel, grand comme les alphabets du monde. heureuse, j’achève ma lecture de Kati Varga. Un espace clinique passionnant. Katie,  je vous  lirai encore, là et ailleurs. Vous avez beaucoup écrit,  je le sais. J’ai lu de nombreuses bibliographies cliniques.

 

 Bernard Azema : Un changement de paradigme pour les centres médico-psychologiques : du centre au réseau.

 

Paradigme

En grammaire traditionnelle, ensemble des formes fléchies d’un mot, pris comme modèle. C’est par exemple la déclinaison d’un nom ou la conjugaison d’un verbe.

En linguistique structurale, ensemble des unités qui peuvent commuter dans un conteste donné.

En doctrine économique, choix de problèmes à étudier et des techniques propres à leur étude.

 

Des lieux pour bâtir : les centres médico-psychologiques.

 

- Pour les êtres en « rupture du lien social. » (S.Sassolas)

Mission  impossible ».(Bourdieu)  

Des bâtiments d’envergure se bâtissent au fil du temps dans l’espace de la santé mentale et là peuvent s’inscrire des patients, des « usagers » demandeurs de soins et d’écoute. Apparition du concept de réseau qui peuvent associer des médecins libéraux, des professionnels de santé, des organismes à vocation sanitaire ou sociale.

 

Incitation très forte à la création de réseaux, qui permet de mieux lutter contre « les doublons institutionnels », de décloisonner les dispositifs et surtout de mieux utiliser et de mettre à jour les « ressources inemployées »

.

Bernard Azéma, s’il met à jour la notion clef pour le soin de réseau, interroge aussi l’architecture du bâtiment et leur possible garantie pour les personnes en difficulté. Cela permet-il pour eux une meilleure écoute ? Comment éviter de tomber dans de la productivité ?    Ces questions ont leur pesant de mots, cela est certain… Préoccupation première : écouter ceux qui sont en détresse, ceux qui sont en détresse et  qui sont traversés par diverses oppositions :

 

autour de la chronicité : «  maladie/handicap »

« tout psychique/tout social »et en écho  « tout maladie/tout handicap », avec son corollaire,  « tout soin/tout éducation »(p ;188)

Le réseau. Construire. Décloisonner

 

Des nombreux sous-titres, comme des chemins de recherche à travailler pour bâtir des mots d’accueil, pour élargir la clinique des incapacités. Beaucoup beaucoup de travail et de réflexions sur le terrain, volonté première de reconstruire du lien social.

 

Enfin, Michel rappelle avec intelligence et efficacité que la rupture des liens sociaux est notre pain quotidien à tous  est la terre cassée, craquelée par la sécheresse de la solitude, la terre sur laquelle s’édifient nos bâtiments…

 

 

Gilbert Diatkine : Aspects nouveaux de la psychopathologie de la délinquance.

 

L’objet de l’article : des adolescents si malheureux qu’ils en deviennent violents. Entendre encore et toujours répondre. S’y appliquer. On retrouve le concept de réseau comme un grand bâtiment. Béton, le réseau et pourtant menacé. Diatkine pousse un cri d’alarme : à ne pas reconnaître-malgré ses insuffisances- l’efficacité des dispositifs de soins actuels on risque de les mettre en danger. Il est attentif aux fissures mais ne veut pas détruire. Sauver le bâtiment. A lire attentivement, crayon en main. Je n’aime pas résumer. J’aime lire et inciter mon prochain, si proche, à lire…

 

Bibliographie de B à M. Il y a un titre De Diatkine, R et Avram, C « Pourquoi on m’a né ? » Je trouve ça beau ! Un jour, à la manière de Perec, j’essaierai d’écrire un texte, peut-être court, peut-être long, ce sera selon et je l’appellerai si j’ai le droit « pourquoi on m’a née ? ». J’essaierai d’être lyrique. Un tel pourquoi ne peut-être que lyrique ou colérique. Je ne sais pas encore.

 

Alain Jouve : Travail de nuit et fragilité juridique.

        

Comment évaluer la valeur de l’astreinte ?  Travailler la nuit est-ce éteindre les lumières et rien que cela ? Quel étage de mots du bâtiment se construit-il dans le noir des soirs ? Comment protéger ce travail là de la nuit ? Comment protéger juridiquement ces artisans de la nuit. Cet article se lit dans les confins de la poésie et de la réalité du travail. Il est à lire toutes lumières éteintes avec pour seules bougies celles de l’intelligence et de la générosité.  Lire aussi et mémoriser la précieuse annexe juridique.

 

Rémy Puyuelo. La rencontre, une utopie utile.

 

Rémy est un grand bâtisseur de mots et d’enfances qui deviennent « grandes » comme des personnes. Ce qui est en question, là dans ce chapitre est une éloge des rencontres, une éloge de la rencontre. Il dit la première rencontre avec l’enfant dans « ce moment sacré » (Winnicott) de la création. Le premier souffle, le premier regard, le premier dessin et surtout la première maison. Toute l’utopie du monde se joue dans « elle est-belle ma maison ? » Oui, il est beau ton article Rémy, qui dit l’utopie de tes rencontres quand tu t’es détaché de toi pour inventer un espace de création dans la rencontre avec l’autre, à son encontre, tout contre. Oui, il est beau ton article. Il trace un lieu pour exister, il dit comment « le chemin pour créer » passe par l’utopie de tes rencontres. Ma note de lecture est pleine du mot « rencontre » comme ta vie, j’imagine. Pleine de rencontres au rayon bricolage. Moi, j’adore ce rayon  qui me permet d’être seule avec les autres. Grandir, tous occupés à  bâtir nos légos avec nos mots. Je pense au Docteur Ribstein que j’aimais tant. Nous étions en 1971. Il m’a prise par la main et avec ses mots il m’a appris mon métier de psychologue clinicienne, il m’a fait confiance. Il croyait en mon travail, en mon babillage. Il disait dans un sourire « quand Madame Colet ne parle pas c’est que ça ne va pas ! » J’avais toujours quelque chose à dire, voilà ce que cette rencontre, cet utopie utile avec le Docteur Ribstein m’a fait découvrir dans l’espace de moi… Cette rencontre aussi m’a appris qu’une psychiatrie utile était possible, une psychiatrie comme un bâtiment de mots qui cherchent le cœur de la solitude pour la rendre moins douloureuse. Ma rencontre avec le Docteur Ribstein, une utopie à laquelle je ne renoncerai jamais : la ferveur de ma jeunesse, la ferveur d’un « c’est possible ». Un beau légo en vérité. Merci Rémy, ton article et notre rencontre  aussi, il y a plusieurs années ont éveillé tout cela. Le légo du temps toujours là. Je suis millionnaire ! et toi aussi ! Et tous ceux-là d’Empan aussi, auteurs et lecteurs. Notre richesse, notre fortune, notre magot c’est notre légo ! On dirait du La Fontaine quand il parle d’un paysan qui à un champ à labourer et plusieurs enfants, alors… Mais je le raconterai une autre fois… Maintenant je suis attendue au stade, je me dépêche !

 

Et quand le prénom devient nom, il est temps de lire l’article de Pierre François Rémy. Le coup d’envoi est donné par l’arbitre éditeur !

 

 

Pierre-François Rémy : Rugby, un atelier thérapeutique.

 

                  J’aime bien l’exergue, alors je la recopie :

 

« Cette pierre commémore l’exploit de William Webb Ellis qui, avec un beau mépris des règles du football, tel qu’on le jouait en son temps, prit le ballon dans ses bras et courut avec, donnant ainsi naissance au caractère distinctif du jeu de rugby. »

 

J’ai toujours aimé lire les exergues. Elles disent la lecture flottante de l’auteur d’un autre auteur, elles disent « une vérité » à retenir et que le texte abrite. Ici « le beau mépris » d’une pratique trop traditionnelle et une introduction à du nouveau : un atelier thérapeutique articulé par le rugby. (Exergue : c’est masculin ou féminin ?, si c’est masculin recommencer la phrase !)

 

Ils ont essayé, ils ont joué et gagné ! Le rugby est devenu un outil thérapeutique. Ils ont inventé du possible qui pourtant n’était pas gagné d’avance ! Ils ont bâti avec leurs pieds, avec leurs mots, avec leur ferveur, une fois encore. Avec leur tête, avec leurs mains et surtout avec leur ballon ovale. Une certitude qui va de l’un à l’autre, sur le terrain de leur vie,  une certitude qui se transmet sur les pages jusqu’aux triomphantes lignes de conclusion, jusqu’à l’essai presque final …

 

Pierre François Rémy, il est beau votre dessin. Il y a un grand terrain de sport sur lequel on voit courir des enfants et des adultes –vous, je crois vous êtes  en culotte courte, à droite du terrain, vous avez une dizaine d’années, non, je me trompe, vous êtes un des quatre adultes. De toute façon, ce n’est pas important l’âge réel. Ma sœur, Françoise Dolto, elle disait qu’on avait le même âge de la naissance à la mort. Aussi vrai que j’existe c’est vrai ! Ce qui est important par contre, c’est que sur votre dessin, il y a des filles. En jeu, un ballon et la différence sexuelle ! Quelle partie !  Lacan, aurait introduit du signifiant là dedans, mais je ne sais pas s’il jouait au Rugby Lacan. L’essentiel  c’est que vous, Jean-François vous y jouiez, que vous y soyez.

 

Sur le banc de touche, je reprends mon souffle. Jouer la partie, construire, réunir, bricoler, inventer, lire, écrire, bâtir, passer le ballon, le rattraper, marquer l’essai et continuer jusqu’à la prochaine mêlée. Vivre enfin ! Et toujours dire des mots. J’aime ceux qui sont ronds et blonds. C’est ceux qui pansent le mieux la blessure que d’être, c’est ceux qui cicatrisent, soignent, c’est ceux qui disent la fêlure de l’automne, le froid de l’hiver mais aussi le printemps retrouvé. Ce sont les mots des quatre saisons. Un ballon sur un terrain, c’est comme un mot qui roule sur les pages d’un livre, il abrite la possible consolation. C’est ce qui est important. Dans ce chapitre, je lis de la consolation comme une respiration. Heureuse de cette partie là, de ce souffle là, je tourne la page.  Ainsi commence un autre temps de ma lecture .MJC

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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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