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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 11:16

LES VOYAGES DE MEMOIRE DE LA SHOAH

 

Organisé par

Association des amitiés judéo-lacaunaises

 

Soutenu par

Fondation pour la Mémoire de la Shoah

 

Placé sous le parrainage de

 Simone Veil

 

Chers Inventeurs

      Je vous invite à lire ou relire mon commentaire du 11 juin 2011 (catégorie Shoah) dans lequel je vous présentais le 6ème colloque de Lacaune. Il débutait ainsi :

« Mémoriser, transmettre, voyager, parler : symboliser la Shoah sera le thème de ce sixième Colloque de Lacaune , 17-18 septembre 2011

 

Ta hazé ! Viens, écoute ! »

 

J’y suis allée, j’ai écouté.

 

J’ai entendu le pire de l’humain.

J’ai entendu le meilleur des hommes, ceux qui ne renoncent pas à inventer la paix par le souvenir et l’engagement sans faille dans le présent de leur existence présente et si sincère qui résiste au désespoir du pire.

 

Ne pas oublier les Tsiganes

Ne pas oublier les résistants,

Ne pas oublier les homosexuels

Ne pas oublier le peuple yiddish, sa culture, sa langue

Ne pas oublier les enfants cachés.

Ne pas oublier l’enfance assassinée

 

 

Ne pas entrer dans « un conflit de mémoires». Les gérer dans la tendresse du souvenir pour tous.

 

Ne pas entrer dans un mécanisme de peur en Israël en entretenant un trop extrême sentiment d’insécurité, en entretenant le mortifère du pire de l’humain : la guerre.

 

Créer des liens entre le pire de l’humain et les témoignages, les écrits.

 

Faire appel à l’art pour réinventer l’espoir

 

Obstinément inventer du symbolique, le tisser dans le fil de l’intelligence et de l’émotion assumée mais dépassée.

 

Préparer obstinément des projets pédagogiques pour ouvrir les jeunes à cette mémoire mais aussi interroger leur âge pour cette gestion difficile.

 

Se positionner du lieu du savoir mais aussi du lieu de la conscience qui nous fait homme

 

Savoir transmettre des connaissances mais surtout transmettre ce qu’on est.

Introduire à l’authenticité par les lieux du souvenir et par notre engagement d’adulte dans le meilleur.

 

Construire une narrative de la Shoah qui montrerait ce qu’elle fut mais aussi et surtout qu’elle fut générer par des HOMMES. (au sens générique bien sûr).

 

Interpeler sans relâche et sans indulgence compassionnelle le cône mémoire, conscience, responsabilité.

 

Poser un doute exigent sur l’actuel, poser sur cet actuel un regard d’intelligence et de discernement. Actualiser la notion de juste. Rompre le silence devant le pire actuel.

 

Se souvenir que les drames du présent sont toujours existants. Résister, lutter, dire non, ne pas se taire devant le pire qui continue : l’exclusion des hommes par d’autres hommes.

 

Rompre l’enfer du processus si mortifère pour l’humanité : la crise économique, la frustration, la haine, le choix d’une icône, la désignation d’un ennemi, le pire.

 

Préparer des voyagesde mémoire dans une exigence bien plus qualitative que quantitative. Quels beaux projets, j’ai entendus, venant de partout, Italie, Espagne, Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre ! Pardon pour ceux que j’oublie. Oui, la Shoah engageait la responsabilité européenne, oui l’Europe actuelle est au travail intergénérationnel de sa transmission, de son souvenir, de sa symbolisation.

 

Oui, préparer des voyages de mémoire, c’est aussi savoir, écouter, rencontrer, respecter les élèves dans leur diversité psychologique, sociologique, culturelle.

 

Transmettre la Shoah c’est aussi une histoire interculturelle.

 

Transmettre la Shoah, c’est aussi habiter l’histoire de la France ses hontes et ses sauvetages, ses justes. L’histoire des français dans leur pire et dans leur meilleur.

 

Oui, Les voyages de la mémoire, germant, ce dernier de week-end d’été, de la terre de Lacaune, lieu de mémoire par excellence, m’a bouleversée une fois encore, m’a émue, m’a ballottée dans mon chagrin de vivre mais aussi dans mon immense espoir dans les hommes de bonne volonté si nombreux ce samedi là, ce dimanche là.

 

La Shoah a existé. Les souvenirs de Francine Christophe, ancienne déportée,  en ont témoigné. L’humain est capable du pire.

 

Mais nous étions aussi tous là, pour témoigner que nous sommes aussi capables du meilleur, avec nos intelligences multiples, avec nos souvenirs, avec nos différences, avec notre cœur, avec nos questionnements, avec nos balbutiements, avec nos lapsus. Avec notre humanité incertaine.

 

Alors, emportée par l’indicible comme par tout ce qui fut dit de positif, de constructif, de solide, j’ai su qu’une fois encore, je pouvais continuer mon chemin de femme au travail des livres et de la paix.

 

Merci à l’Association Amitiés judéo-lacaunaises (site AJL) pour l’organisation d’un tel travail aussi profond qu’intense, aussi intelligent qu’émouvant. Un travail qui signe une possible conjugaison du verbe continuer. MJA

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Published by Marie-José Annenkov - dans La Shoah
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