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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 16:56

« L’ identité au risque de l’être (6bis)

 

Ma vulnérabilité

 

                     Rimes

 

            Un immense fleuve bleu

            les méandres blancs de son lit blême

            s'étirent et mordent la mer

            Tu dis ta plainte et tes craintes

            tu pleures et tu t'éreintes


            Ta vie d'argile si fragile

            abrite tes pauvres feintes

            dans les noirs corridors de ton âme éteinte.

            En bleu et en blanc

            tu écris des lettres blêmes


            La solitude te traverse

            tout te fait mal et te blesse

            tes blessures s'écaillent

            tu as mal, tu as peur.


            Dans son impossible rime

            en bleu et en blanc

            la vie blême

            te laisse sur la rive

            plus morte que vive

            désespérément seule.


            Une histoire de lune

            une histoire de dune

            de bleu et de blanc

            au creux de la lagune


            Dans une solitude bleue

            dans un désert blême de fleurs bleues.

            Secrète, tu te tais

            rien ne se sait

            ni tes craintes

            ni tes bleus à l'âme

            ni le blanc ni le blême

            ni le désert

            ni les fleurs bleues


            Tu es seule

            tu en meurs

            en bleu, en blanc

            Tout est blême.

            Ici finit la rime

            Ainsi s'achève le poème

            bleu blanc blême.

 

Dans le silence je disparais

 

 

 

 

Je voudrais te dire

 

Je voudrais  te dire

la peur de mon coeur

du silence qui s’avance

dans mon âme qui s’élance

et que rien ne panse

 

Je voudrais te dire

mon impossible

dans ton impossible

je voudrais te dire

mon ciel dans ta nuit


Je voudrais te dire

mes pages blanches

et mes lignes désertes

quand  mon cahier fermé

j’efface mes traces


Je voudrais te dire

de mon jardin les fleurs

et de mon coeur la douleur

dans  mon éternelle peur

devant l’horreur


Je voudrais te dire

l’impossible ronde

de ce grand monde

qui se tait ou gronde

dans paix  ou  guerre


Je voudrais te dire

l’impossible colombe

mon découragement

de femme vivante

entourée par trop de guerres

 

Je voudrais te dire

tant et tant de choses

un rassemblement manqué

une solidarité absente

et le monde qui tourne


Je voudrais te dire

le découragement

l’inutile

l’indifférence

 

Je voudrais te dire


Mais dans le silence je disparais

 

2 avril 2009

 

 

Waterloo

 

Ce serait l’aube de matins

De grands chagrins

Ta terre serait brûlée

De ne plus pouvoir parler

Et dans l’immense plaine

Tes jours immobiles

Se tairaient

 

Ce serait le crépuscules des grands soirs

D’immenses désespoirs

De ton histoire si noire

De tes mots sans gloire

Qui dans le fouillis des phrases

Diraient les nuits qui écrasent tes jours

Maintenant sans toujours

 

Ce serait Waterloo, cette morne plaine

Tous ces rêves morts, jonchant ta mémoire

De femme autrefois si riante

Pleine de si beaux espoirs

Mais tu as vieilli

Et tes espoirs de ton chemin de  vie

Ont disparu comme des étoiles filantes

 

Ce serait la victoire de l’immobile

Et toi, tu écrirais ton poème

Toujours le même

Dans le ciel noir de chaque soir

Tu n’attendrais plus

Tu saurais le silence définitif

D’une plage sans coquillage

 

 

Ce serait ton regard perdu

Dans chaque nuage

Tu aurais froid d’avoir perdu

Tu te tairais

Infiniment triste

Tu quitterais la piste

Ce serait fini.

 

Juillet 2009-

 

Mais aussi ma force

 

Elle serait une virgule de l’impossible puzzle qui l’imprimerait femme ; du linge à étendre, une vaisselle à rincer,  un enfant à consoler, un regard vide devant la télévision, une amie qui parle, une minute de solitude, une larme qui coulerait, un instant de clarté, un ongle cassé, un moment à ne rien faire, le gâteau du dimanche à pétrir, les plantes de la salle à manger à arroser, le livre à feuilleter, la framboise à ramasser, la tendresse à exprimer, l’autre à écouter, la lettre qui n’arriverait pas, la robe neuve à choisir, le baiser du soir aux enfants, l’étreinte dans la nuit, une page blanche à écrire.

 

Elle serait l’épouse, la mère, la fille, la soeur, l’amie, la belle-fille, la belle-soeur, la cousine, la mère, la voisine, la passante.

 

Elle serait la craquelure de ce qui ne cesse de se taire.

 

Elle serait des mots, des mots cannelle, des mots amers, des mots doux, des mots sucrés, des mots cristaux, des mots fleurs, des mots peur, des mots qui mourraient, des mots soufflés, des mots balbutiés, des mots chuchotés, des mots qui blesseraient, des mots qui égratigneraient, des mots qui ratureraient, des mots tonnerre, des mots d’hier, des mots perdus, des mots oubliés, effacés. Des mots refoulés.

 

Elle serait la lassitude dans ce qui se répète et s’use, imparfait des certitudes, bruissement d’ailes, tournoiement de l’être.

 

Après tant d’années de silence, vers vous, elle s’élancerait, elle serait l’écrivaine, la triomphante, la resplendissante, la lumineuse

 

Elle serait femme. 

 

La Multiple.

 

MJC

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Published by Marie-José Colet - dans En route !
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