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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 16:50

L'identité au risque de l'être (6)

 

L’identité au risque de sa force et sa vulnérabilité


J’aimerais tant vivre dans un monde où les personnes handicapées ne seraient plus dans la nuit et dans l’angoisse, dans la dépendance et dans la solitude, dans le chagrin et l’immobilité d’une difficile relation avec les autres.

J’aimerais tant vivre dans un monde qui ne passerait plus indifférent, ignorant à ce qui fait la valeur de tous : une lutte au quotidien pour être reconnu et respecter.

J’aimerais tant vivre dans un monde où nous apprendrions tous sur les différents visages des souffrances humaines qui nous sommes.

J’aimerais tant vivre dans un monde où la domination ne serait plus. La domination de ceux qui se croient les plus forts sur ceux qui se savent ne pas être les plus faibles tant leur combat quotidien révèle leur humanité. Souvent, parfois. Ne pas simplifier. Ni le bon, ni le meilleur. Parfois trop méprisés, trop cassés, certains épuisés de souffrance peuvent détruire eux-mêmes ou les autres. Reconnaître la moyenne païenne pour tous..

J’aimerais tant vivre dans un monde dans lequel l’enfer de la discrimination n’existerait plus. Nous serions tous égaux dans une parole construite qui reconstruirait après le néant, les gouffres, les hiatus, les brisures, les schismes, les malentendus, les nuits, les silences sans patiences, les tempêtes, les cyclones, les immobilités roulantes, les ignorances, les indifférences, dans une parole qui reconnaîtrait les différences sans les nier, une parole qui inventerait une humanité qui part en vrille dans la multitude des souffrances qui ravagent les continents, tous les continents géographiques, physiques, psychiques.

J’aimerais tant vivre dans le monde de Jacques DEJANDILE. Dans lequel un animateur en fauteuil roulant présenterait une émission qui parlerait de tout sauf du handicap !

J’aimerais tant vivre dans un monde où chacun aurait des savoirs que tous partageraient dans une mutualisation heureuse, généreuse. Que chacun soit, muet, sourd, aveugle, érudit, paralytique, bavard à tuer son prochain, bègue, silencieux, sombre, clair, coloré, colérique, doux, hurlant, glissant, dérapant, cinglé, posé, raisonnable, imaginatif, créatif, il offrirait aux autres son don que chacun alors recueillerait humblement, étonné, admiratif, enthousiaste, reconnaissant. Ce serait beau ! Ce serait le temps des énumérations vivantes gagnées sur la souffrance et sur le silence de la différence. Ce serait si passionnant la terre !

J’aimerais tant vivre dans un monde où aider son prochain serait un désir, un bénéfice, une chance. Ce serait un partage des âges et des âmes ; ce serait un tendre regard sur les corps différents et souffrants, un regard sans peur qui dirait la possible peur de l’étrange étrangeté vaincue.

J’aimerais tant vivre dans un monde où aider l’autre ce serait se retrouver plus riche du combat de l’autre pour exister. Ce serait se retrouver fier d’exister grâce à son existence différente.

J’aimerais tant vivre dans un monde où la solidarité ne serait pas des décrets boiteux, des lois parfois glacées, des discours parfois sans âmes (vous savez des discours électoraux). Mais la solidarité serait celle d’un monde qui regarderait en face les difficultés, elle s’affirmerait au risque du quotidien, au risque de la maladresse qui blesse, du cauchemar qui remue, du rire qui réchauffe, de la voix qui émeut, du ciel partagé de l’attention porté à l’autre, humain comme moi, indestructible, comme moi jusqu’au jour où la mort imprévisible nous surprendra , lui comme moi.

J’aimerais tant vivre dans un monde où tous nous partagerions égaux la même planète. A corps perdu, à regards troués, avec mon sourire qui affronte le pire, comme Delphine, je suis femme dans cet éternel voyage initiatique qui nous pose dans notre difficulté d’exister femme si différente des hommes, avec tant de droits à conquérir pour inventer la féminitude. Inventer, cette féminitude, ensemble hommes et femmes dans la mutualisation de nos différences. Parce que la féminitude est au coeur de l’humanitude.

J’aimerais tant vivre dans un monde où parleraient sans effet néfaste des lieux communs qui pulvérisent par leur absurde force la bonté inhérente à chacun.

J’aimerais tant vivre un monde où l’humanité serait belle de ses imperfections, visibles ou non mais toujours secrètes nous nous rendons tous fragiles et vulnérables dans le fil difficile des jours à vivre avec les autres. Nos souffrances nous mettent en exil de nous-même, en exil de notre entourage, en exil des humains . Aucun d’entre nous n’est intact ni de lui-même ni des autres et malgré cela il continue son chemin d’humain. Voilà ce qui fait la dignité d’être. Laissons cette dignité fleurir, ne la laissons pas mourir par peur, par inquiétude, par angoisse de la différence

J’aimerais tant vivre dans un monde qui ne serait pas idyllique mais dont de possibles idylles naîtraient ; qui de la différence reconnue et acceptée ferait de chacun une terre de voyage, une terre à explorer, une terre à révéler sous le soleil de l’humain.

Je sais que vivre dans un tel monde est possible parce que j’ai lu ce très beau livre de Charles Gardou si intelligent dans son engagement. Ce très beau livre nous dit comment il est urgent de sans cesse parfaire l’humanitude ensemble, tous ensemble et surtout avec les personnes en situation d’handicap qui ont tant à nous apprendre.

Donnons du sens à nos paroles et à nos actes comme l’écrivait avec ses mots Hannah ARENDT ; ce livre nous aide à cheminer sur notre route, comme le faisait, son bâton à la main, Oedipe.


(NAÎTRE OU DEVENIR HANDICAPE
LE HANDICAP EN VISAGES 1
Erès 1996, )


J’ai lu les livres de Charles Gardou, je suis allée à une journée  d’étude organisée à Montpellier sur son travail si passionnant et si généreux. Alors, j’ai appris, ce qu’une petite voix me soufflait déjà depuis toujours que,  au cœur  de notre force se loge notre vulnérabilité mais aussi que des personnes, en situation de handicap, si vulnérables au regard de tous ont en eux une force exceptionnelle de vie.

Dans mes lectures, je me suis penchée avec tendresse sur ce qui fait chez nous tous et chez moi « Force et vulnérabilité. »


Pour découvrir la pensée de Charles Gardou, je vous propose d’emprunter les chemins suivants. :


Une  dialectique  d’ égalité : Force et vulnérabilité

De l’égalité à la créativité

Ce qui confient du lieu de leur force leur vulnérabilité

Mon chemin, mon intime



Premier chemin : Une  dialectique  d’ égalité : Force et vulnérabilité


 Ce chemin est celui proposé dans une conférence


a) Handicap, force, vulnérabilité (2)

Rencontres, débats avec Charles Gardou

28 mai 2009 (entrée libre)

 

Je  retranscris dans cet article nos « notes d’écoute » de la deuxième conférence de cette journée intitulée Handicap, force et vulnérabilité


 Méthode de travail : j’ai repris mes notes prises dans le fil des phrases et des mots précis  de Charles Gardou  puis j’ai étoffé cette retranscription de sa préface et de certaines de mes associations d’idées venues là au moment de la retranscription. Ce texte est donc une mosaïque de retranscription de mot à mot, de relecture d’un écrit (la préface) et bien sûr de re-création personnelle. Je souhaite ainsi rendre au plus près l’étonnante force de travail, d’intelligence et de profonde sensibilité qui émanaient de cette conférence toute aussi brillante qu’émouvante.

 

Je commence donc, mais que Charles Gardou me pardonne, je commence par une image qui m’est propre, mais qui, j’en suis certaine retiendra son attention.

 

Récemment, j’ai eu la chance de me promener dans les pavillons de la biennale de Venise. Une œuvre d’art m’a profondément émue. Elle était signée du Camerounais Pascal Martine Tayou. Elle représentait le continent africain comme un assemblage de porcelaine brisé. Probablement parce que j’avais déjà entendu Charles Gardou et à ma façon de toujours inventer ce que je perçois, j’imaginais une nouvelle œuvre d’art qui serait une forme humaine constituée de porcelaine brisée. Charles Gardou écrit dès les premières lignes de sa préface que l’humanité fait un «  bruit de porcelaine brisée » alors qu’elle se croit forte. C’est à se croire si forte qu’elle se brise.

 

Cette conférence est à l’écoute du son brisé et cristallin de l’humain.

Cette conférence est ce bras tendu, ces mains tendues quand elles recueillent la fragile porcelaine pour en constituer l’espoir de la solidarité. La fragilité est énoncée dans sa dialectique avec le sentiment de force et non dans sa rupture, et non dans son opposition à la force. C’est la seule attitude humaine possible, constructive, respectueuse. L’être humain EST fort et vulnérable même si cette vulnérabilité et cette force ne sont pas réparties égalitairement. Mais cette inégalité, cela est certain est à tout instant en suspend dans la vie de chacun. Elle est provisoire. Rien n’est jamais acquis à l’homme dit le poète, dit aussi Bouddha. L’homme au cœur de sa force peut rencontrer de façon inattendue sa  vulnérabilité mais  au cœur de sa vulnérabilité il peut rencontrer sa force.

L’espoir peut décupler les forces vitales de tous ceux qui savent emprunter les interstices existant entre les morceaux brisés de la porcelaine. L’être humain est à même de vivre des situations imprévues parce que l’homme construit, supplée, s’adapte. Ainsi une entrave peut devenir motrice d’adaptation.

 

Le handicap incarne cette éclosion de facultés de suppléance et dit Charles Gardou, l’assèchement apparent peut susciter une floraison de la vie.

 

Vous savez, j’ai dans mon jardin, un abricotier tout noué, voire même calciné, qui un jour a été foudroyé. Si vous saviez comme ses branches, la saison venue sont alourdis de fruits ! C’est à mon arbre fruitier que les mots de Charles m’ont fait penser. Mais ajoute-t-il, à contrario, des forces intactes ne garantissent pas le désir de vivre.

 

Vulnérabilité donc inhérente à la blessure d’être humain, à la blessure qu’emporte le handicap physique ou psychique mais chacun, chacune aux prises avec cette blessure la transcende pour continuer d’être et c’est le devoir d’humanité de chacun d’aider son prochain à  situer dans l’ordinaire du quotidien cette faille là et non de la statufier, de la pétrifier par un regard réducteur. Faire vivre par notre pouvoir de reconnaissance de l’être et non du handicap auprès de ceux qui ne se sont jamais résignés, qui se sont rebellés, qui ont refusé le double processus mortifère de la maladie et du regard déshumanisé que parfois pose le passant « sur eux » les évidant de leur force vitale et de leur sublime transcendance.

 

Sublime transcendance parce que si souvent se retourne le handicap pour donner « une nimbe à la clarté », de la vie si quotidienne, à la clarté de l’ordinaire. Charles Gardou, raconte le combat de ceux qui se sont emparés de la vie, de leur vie pour lui redonner sa hauteur.

 

Le devoir d’humanité, c’est dans la solidarité avec celui qui souffre de lui donner la possibilité de le sortir de la détresse engendrée par la dissociation du handicap, c’est reconnaître aux plus inaperçus le droit d’exister et de sublimer leur vie parce que la blessure n’est pas une totale négation. Le handicap provoque à exister. Le handicap impose limites et détresse, il réduit en poussière des projets mais jamais, au grand jamais, il n’empêche d’être. Toute vie dépouillée a son vernis et renvoie à une fragilité d’être, à une fragilité d’identité et la solidarité, la vraie c’est celle qui se niche dans la profonde prise de conscience de cette fragilité qui est la nôtre, inhérente à l’humanité. Chaque homme est un continent de porcelaine brisée. Chaque homme, doit un jour entendre le tintement de sa vaisselle éclatée par la souffrance et le manque et non la loger dans l’autre et non asseoir sa force sur la faiblesse de son prochain. La vraie force est celle qui repose sur la reconnaissance de sa propre vulnérabilité. Nier cela serait pure vanité.

 

La fragilité est à fleur d’épiderme et l’humanité se pervertit dans la célébration excessive de la force. L’humanité ne doit être constituée de faibles et de forts sinon on aboutit à une humanité de battants et de battus, à une humanité vidée de ses valeurs d’amour et de solidarité, à une humanité lamentable, à une humanité présomptueuse, à une humanité de miroirs brisés ne pouvant soutenir le mensonge de l’homme idéalisé.

 

Il est urgent de s’interroger et de proclamer la valeur humaine des plus vulnérables.

 

Il est urgent de reconnaître en soi et en l’autre la faille dans laquelle peut prendre racine notre arbre de vie.

 

Il est urgent de s’assumer fragile.

 

Il est urgent de ne plus ignorer notre destin d’humain fait d’argile et de marbre.

 

Il est urgent de ne plus se mirer dans une image idéalisée de l’homme.

 

Il est urgent de replacer la personne porteuse de handicap dans une vraie chaîne culturelle et de lui donner accès à Venise.

 

Il est urgent de replacer la personne porteuse de handicap dans l’ordinaire de la vie et de la sortir du soi-disant extra-ordinaire de sa condition.

 

Il est urgent d’être avec la personne porteuse de handicap pour lui permettre (et non pour l’aider) de vivre son destin comme nous dont la fragilité est provisoirement moindre.

 

Il est urgent de reconnaître la force des vulnérables, de s’en nourrir et de les remercier pour ce qu’ils sont au lieu de les plaindre pour ce qu’ils n’ont pas.

 

Il est urgent de vivre dans la dimension de l’être et non de l’avoir.

 

Il est urgent de s’y mettre à être.

 

Il est urgent…

 

Ce que je veux dire, c’est que, ce que j’ai passionnément aimé dans cette journée du 28 mai c’est son éclairage intime.

 

Je sais les lois, je sais le matériel, je sais le spécifique, je sais le concret, je sais le faire. Je sais tout cela et cette urgence quotidienne. Je sais le politique et le social, je sais les financements, je sais les élus, je sais les politiques de gauche et de droite, je sais le bon cœur, je sais les bonnes volontés, je sais le singulier et le pluriel. Je sais tout cela.

Mais, je sais maintenant, encore plus qu’avant,  la nécessité de conjuguer ensemble, d’une même voix universelle dans un immense  chœur :

 

Je suis de marbre et d’argile

Tu es de marbre et d’argile

Il ou elle est de marbre et d’argile

Nous sommes de marbre et d’argile

Vous êtes de marbre et d’argile

Ils ou elles sont de marbre et d’argile.

 

 Merci Charles Gardou de donner à la clarté une nimbe.

Merci de votre talent, de votre érudition, de votre travail.

Merci de l’espoir que vous nous faîtes partager,

d’un monde entre marbre et argile.


Je tiens également à signaler les articles publiés dans le blog qui relatent chapitre par chapitre ce livre indispensable qu’est le livre  suivant, dont je présente ici l’introduction :


b) Handicap

Le temps des engagements

Sous la direction de Julia Kristeva-

Charles Gardou

PUF 2006 (355 pages.15 euros) (2)


Introduction de Julia Kristeva et Charles Gardou : Présidents du Conseil National du « Handicap : sensibiliser, informer, former »


20 mai 2005, Maison de l’Unesco : premiers Etats généraux «  Handicap : le temps des engagements »


De nombreux noms qui  s’honorent de leur engagement dans le collectif Reliance sur les situations de handicap, l’éducation et les sociétés fondé et présidé par Charles Gardou. Ils viennent de partout, ils sont 150 personnes du monde des Lettres, des arts, des sports et du spectacle, des chefs d’entreprise, de la MGEN, de CASDEN, d’Air France, des journalistes responsables des grands médias, des chercheurs, des médecins et des psychologues, des responsables associatifs et institutionnels, du CNCPH, de l’APF, de l’APAJH, de l’UNAFAM, de l’UNAPEI. La fondation de la solidarité de la Caisse d’épargne assure la coordination de tous ceux qui composent le collectif Reliance


Le Conseil national « Handicap : sensibilisation, informer, former » qui prend appui sur ce collectif a appelé à la mobilisation citoyens, médias, entreprises, associations, administrations  à créer et participer aux premiers états généraux « Handicap : le temps des engagements à Paris, Maison de l’Unesco, 20 mai 2005.


France Télévisions a appuyé la préparation des Etats Généraux sur les chaînes publiques par la diffusion de sept programmes courts réalisés par Serge Moati


Ces états généraux se sont déployés dans huit dimensions avec les visées suivantes :


Désingulariser le handicap : le replacer dans l’ordinaire de l’existence humaine (rencontres, projets, entrer en complémentarité et synergie avec les associations)


Mobiliser l’ensemble des citoyens avec le soutien de personnalités de tous les secteurs, arts et culture, travail, associatifs pour donner de l’ampleur au message, pour affirmer que l’exclusion générée par le handicap est l’affaire de tous

 Affirmer que l’égalité des droits et des chances se fait dans la tolérance et s’inscrit dans  tous les moments politiques citoyens et républicains. C’est l’affaire de tous


Traduire en acte les principes de la loi adoptée le 11 février 2005 et rejoindre les perspectives ouvertes au niveau européen c’est à dire intervenir dans le cadre législatif en y amenant des améliorations et contribuer à l’amélioration de l’accompagnement des personnes en situation de handicap –quel que soit le handicap à partir des chartes, des dispositions législatives et France et en Europe.


Faire émerger des engagements concrets, constructifs et prospectifs dans tous les domaines de la vie : citoyenneté, santé, éthique, vie affective et familiale et sexuelle, vie professionnelle, scolarité, culture, sports et loisirs, dignité en situation de grande dépendance.


Ces états généraux se déroulent dans un état d’esprit citoyen et républicain et laissent place à la diversité des passions et des débats, des enjeux et des engagements de chacun et de tous, porteurs de handicaps ou non.


Mon commentaire :


Ces états généraux, le collectif Reliance sont des initiatives porteuses d’humanisme et de solidarité. Dans les jours à venir, je vous invite à suivre le résumé des chapitres qui suivront


Ce livre je souhaite le découvrir et vous le faire découvrir à petit pas et dans la lenteur des jours, lenteur qui à mon avis est garante d’une élaboration patiente et respectueuse des propos, garante d’une élaboration constructive dans la douceur et la profondeur du savoir.


A suivre donc…


Combien, j’ai aimé le chemin qui s’avance !


Deuxième chemin :  De l’égalité à la créativité


Un livre de Charles Gardou et Emmanuelle Saucourt :


La création à fleur de peau. Art, culture, handicap.

Erès Collection 2005.

Connaissance de l’éducation (113 pages.)


Un souffle. Le mien. Celui de ma lecture de ce livre étonnant de poésie, d’intelligence, de générosité. Créer dans l’échange et dans la réciprocité. Inventer la singularité. Ils ont parcouru à grands regards d’étranges contrées peuplées d’êtres si vulnérables mais si doués et ce dans tous les domaines : danse, musique, théâtre, peinture, photographie, littérature écrite et orale. Ils disent de l’art la presque finitude, le presque inachèvement, ils disent de tous ceux qui le portent le manque, la béance, le mouvement, la fécondité dans la déchirure. C’est cela, tous créent dans la déchirure de leur clair de lune, dans la vacance de leur terre, dans l’errance de leur corps troué par le handicap, dans leurs trajets bousculés par la souffrance et le creusement de la différence. Regard de l’autre qui parfois n’y comprend rien à  l’art et au handicap, regard de l’autre qui parfois mélange tout : création, handicap, souffrance, différence, marginalité, exclusion. En finir avec le mythe des handicapés géniaux. Admirer leur art pour ce qu’il est de création et de qualité, pour ce qu’il est « d’être » et non parce qu’il prend racine dans la souffrance. En finir avec le regard qui broie, le regard qui noie, le regard qui nie le noyau du fruit, la perle de l’huître, l’étamine de la fleur. En finir avec la rupture du dialogue. Caresser la blessure du handicap avec notre âme attentive, avec notre présence au monde, avec la vérité de l’être. Retrouver, inventer, épeler, nommer, le lien subtil à l’autre, si différent certes mais si semblable. Entre différence et similitude s’incliner devant l’altérité transcendée par  des créations multiples :


La danse qui s’élance, la danse qui absorbe la différence et la douleur de l’immobile. Les formes mobiles s’offrent au public dans le dialogue des corps qui bougent. Ils sont empêchés, peut-être mais dans le peut-être ils épousent la musique, leur corps se ploie, se déploie. Ils gagnent sur la  différence, portés par la musique. Les fauteuils ne roulent plus, ils se soulèvent, caressent les contours de l’air et toi le spectateur, tu es pris, tu oublies le fauteuil et c’est gagné, l’art a gagné ! La différence est vaincue. C’est la fin du spectacle et l’alter est égo. Bravo !  La chorégraphie a tissé ses liens et le partage est là, parfaitement là. Ils ont crée ensemble dans l’ici et maintenant de la musique, du texte et du déplacement. Bravo ! Bravo ! Bravo !


La musique. Dans le silence trahi les cœurs battent, l’air vibre, les percussions résonnent, tout s’enlace indépendamment des handicaps. Le chef d’orchestre passe les sons et là encore ça se tisse le lien entre tous ceux de la déchirure et les autres. Tout est aléatoire mais tout advient. C’est le miracle de l’humain dans le dur labeur de la création. Juste jouer et jouer juste. Oublier la séduction. Laisser Narcisse au vestiaire et créer dans la vérité du son jusqu’au point nodal de l’expression quand elle se fait densité. Miracle de l’oiseau noir du Champ fauve. Quand l’art se fait percussion soutenue d’une splendide photo. Continuer la musique. Continuer la vie.


Théâtre. Mettre en mouvement les corps et les récits. Dé-pétrifier le handicap. Ne pas nier la spécificité et les différences des acteurs, donner les repères, une fois encore créer les liens entre tous constituent l’essentiel du travail de la création dans le mouvement des mots, des corps, dans l’impact des regards, dans la fragilité des sourires. Sur scène, ce n’est pas comme dans la rue, là avec ses tabous, ses regards qui tuent, non sur scène tout est simple. Tabous et inhibitions tombent. Reste la rencontre, la vraie portée par la création qui transcende le handicap. Une seule exigence : la qualité de la prestation théâtrale, générer du vrai, générer une authentique rencontre. Le lien encore par la création. Le rideau tombe. C’est la fin du spectacle mais ce qui s’est joué là de vérité est inscrit pour toujours sur les auteurs et spectateurs. Rien, n’est moins éphémère que la création. La création est indélébile parce qu’elle est dans l’être et non dans le paraître. C’est la qualité, l’authenticité du jeu, des JE qui l’emportent, qui gagnent, qui triomphent et rien d’autre, certainement pas le handicap. Bravo ! Bravo ! Bravo !


Peinture. Ce sont les couleurs qui cette fois révèlent le lien. Ouvrir à la diversité du champ pictural et créer les couleurs, travailler les ronds et les carrés, la matière et la structure. Travailler avec la peinture. S’exprimer. Libérer les perceptions. Refléter l’intime et ses luttes. Ses victoires aussi. Raconter son histoire et créer du lien encore et encore dans le mouvement de l’art, dans le mouvement de l’être, dans le mouvement de la toile. Continuer jusqu’à la presque maîtrise du réel. Maîtrise. Handicap presque vaincu. Bravo ! Bravo ! Bravo !


Image : les yeux écoutent. Photographier sans trahir, photographier avec amour « tout simplement. » Créer ensemble la fluidité de l’image et donc du lien allégé de la déchirure parfois si profonde. Chercher l’invisible et l’offrir au possible regard. Eviter l’intrusion. Abandonner le sensationnel. Trouver l’essentiel parce que l’identité est une somme, une construction entre intérieur et extérieur. L’identité est un entre-deux, une aire intermédiaire. Photographier l’aire intermédiaire dans la tendresse de l’invisible presque à portée du regard mais à l’abri du voyeurisme. Bravo ! Bravo ! Bravo !


Conte : Les mains parlent. Quand le signe se marie au verbe dans la spatialisation des corps  dessinant l’émergence du conte : La belle au bois dormant, le Petit Prince, Œdipe… Magie des mains, magie des mots. Bravo ! Bravo ! Bravo !


Littérature : les mots traduisent.

Comme précédemment les mots traversent le corps, la déchirure, la blessure. L’écriture c’est la présence au monde, la présence aux autres, la présence en mouvement. L’écriture c’est la rencontre. Et pourtant,  ils peuvent à peine tenir leur stylo. Atmosphère si étrange entre lenteur de l’énonciation et richesse de l’imagination. Les aider à accoucher de leurs mots, les aider à vaincre le blanc de leur page, la nuit de leur faille. Les accompagner dans cette solitude de leur main, dans sa lenteur à être. Malgré lenteur et angoisse, écrire, dire, se dire et surtout se risquer. La création est un immense risque. Celui de s’exposer. Bravo ! Bravo ! Bravo !


Art et Culture. Entrée libre. D’abord sortir de l’exceptionnel. Créer dans l’ordinaire de la création. On ne crée pas parce qu’on est handicapé. On crée parce qu’on est homme, parce qu’on est femme. Le sujet du verbe créer n’est jamais,  absolument jamais  le handicap mais le pronom personnel JE. Un JE de culture à toujours développer dans une dialectique de l’accessibilité.

La culture est lieu de rencontre, la culture est lien, comme la création. Lien entre des êtres vivants, remuants, inscrits dans le passé, présent, futur, dans l’intranquillité  chère à Pessoa et dans l’improbable du hasard et de notre destin. L’accès à la culture dans la mixité des publics, dans le décloisonnement des souffrances est le seul chemin possible. Les artistes entrent dans l’hôpital, les patients sortent. Circuler tout est à voir : le spectacle de l’art, le spectacle de la vie, le spectacle du monde qui bouge. « Je sans frontière » sinon « Frontière de l’ennui. » Je pense à la magnifique nouvelle de Noémie Aulombard « La frontière de l’ennui » (voir 20 juin 2009 dans la catégorie Force et vulnérabilité). Je ne sais pas pourquoi, ce prénom de Frontière m’a touchée si fort. JE sans frontière, JE de culture, JE de création. Projets citoyens dans une vraie liberté d’action. Transmettre l’art. Histoire de médiateur et de passeur. Histoire du corps qui touche l’art. Inventer la réciprocité. Retrouver le dialogue d’une pédagogie active qui interroge la réception des sens et qui refuse la passivité du spectateur. Ne plus consommer l’art. Le vivre à corps retrouvé. Ce qui signifie poser la question de la culture en terme politique, en terme de financement. Le lien social ne se paie pas que de mots. Il exige des structures, des cadres, du temps, de l’espace. Le lien social est cher parce que précieux ; le lien social c’est avec la création, l’or de l’humanité. A cet or là tout le monde, handicapé ou non à le droit d’accéder. C’est tout simplement une histoire des droits de l’homme et du citoyen. Ce n’est pas autre chose. Basta !


Conclusion


Créer ensemble dans la reliance de l’humain, dans l’alliance de tous, handicapés où non. De cette reliance, de cette alliance, la fécondité de la création, l’essor de la culture  en dépendent. Liberté, égalité, fraternité. Tous libres et égaux devant la création, tous fraternels. Création histoire de force et de vulnérabilité. Création, histoire d’adelphité. Mais il faut soutenir les mots de leur force oeuvrante, de leur force d’action, de leur force de durabilité en instituant des formations interprofessionnelles et des budgets, en développant toujours plus d’information. Cesser de lier handicap et créativité. La créativité est liée à la puissance créative qui surgit de la faille mais la créativité n’est pas la faille. Un fleuve n’est ni sa source ni son embouchure, un fleuve est son cours de sa source à son embouchure. Un fleuve est un chemin. Une création aussi. Refusons les « pétrificateurs » de toutes sortes et soyons chercheurs d’or, chercheurs d’art mis au monde par des créateurs de qualité venant de tous horizons de l’humain, venant de partout de la planète. Chercheurs d’art, chercheurs d’or. Oui, ça me plaît.


Chercheurs d’être aussi.


J’ai beaucoup aimé ce livre « La création à fleur de peau » qui pose  de l’art ses branches essentielles : l’être, la culture, le social, la politique, le lien citoyen, sans oublier bien sûr la souffrance intranquille et probable de la déchirure que d’être humain.


Enfin, je veux signaler la bibliographie de 8 pages et l’annexe si habitée de tous ces artistes du livre qui « dessinent un monde métis. »


Bravo ! Bravo ! Bravo !


Bravo aussi à ceux qui du lieu de leur force racontent sobrement leur vulnérabilité  dans


Cent mots pour les bébés d’aujourd’hui  (1)

(Réunis par Patrick Ben Soussan)

Erès 2009. 361 pages)


Tomber

(Ode pour les mères empêchées)

Texte de Sarah Rayr- Salomonowicz


Je lis. Je relis ce texte de toute beauté qui dit de la naissance le trou originel, qui dit la mère empêchée dans son amour par une antériorité trop douloureuse, qui dit la mère qui ne peut accueillir son enfant dans ce lien d’amour si précieux à l’enfant pour grandir comme pour être, qui dit le malentendu qui s’instaure entre le bébé et sa maman douloureuse qui ne peut s’appuyer sur son enfant pour retrouver la vie qu’une souffrance lui a volée, qui dit l’enfant qui ne parvient pas à faire sourire sa mère, qui dit son impossible mouvement vers elle, empêché qu’il est de l’empêchement de sa mère, qui dit sa férocité à exister malgré…


Mais soudain l’espoir.

La maman du lieu de son malheur sait dire à l’enfant : « tourne-toi ailleurs, que vers moi la mère douleur, et aime ailleurs, vit leur passion de toi, vit ta passion d’eux car vivre c’est aimer, donner et recevoir. Moi, la maman empêchée, je ne le peux, alourdie par mes peines, mais les autres le peuvent. Invente ton sillon dans le leur.


L’espoir continue parce que l’enfant grandit et qu’il sait du plus profond son être que ni sa mère ni lui ne sont coupables de tant de chagrin, parce qu’il sait du plus profond de son être que ni sa mère ni lui ne sont coupables du malentendu, parce qu’il sait du plus profond de son être que ni si sa mère ni lui ne sont coupables de la disparition de l’être si cher, parce qu’il est convaincu du plus profond de son être que sa mère et lui ont tissé avec amour du presque possible autour de ce trou si originel


Un texte qui dit le désespoir de tomber un jour par naissance, un jour par mort mais entre l’une et l’autre, entre la chute de l’enfant et celle de la mère, entre l’enfant et les autres, s’est joué au-delà de l’empêchement de l’humain  du peut-être lien, du peut-être amour. Entre ce peut-être du lien et de l’amour s’invente obstinément le possible de l’humain et de sa parole.


Ce texte, je l’ai lu du lieu de ma mère empêchée, je l’ai lue du lieu de mon enfance meurtrie, je l’ai lu du possible retrouvé avec les autres, avec tant d’autres vers qui ma mère à su me pousser.



A ma mère, à eux ces autres si précieux je dis merci.



A Sarah Rayr-Salomonowicz, je dis merci pour son texte si beau, si intense, pour ces souvenirs auxquels elle a su redonner sens, du  même coup redonnant sens aux miens dans l’amour retrouvé pour ma mère empêchée.


Et aussi :toujours dans Cents mots pour les bébés, un texte de Rémy Puyuelo : Frère de lait 


Somogoudou. Bonjour.

Rémy est au travail. Il nous raconte un pan de son enfance. Il nous raconte l’Afrique, sa mère malade. Une nourrice, un frère de lait, des jeunes en galère. Il se raconte, ni noir, ni blanc, noir et blanc. Il se raconte au passé. Lui, adorable bébé avec un casque colonial sur la tête. Il est sur les genoux de sa maman qu’on devine souriante, mais le visage maternel est dans l’ombre. J’aime trop cette photo !

Je veux dire au passage, qu’un des charmes de ce livre, Cents mots pour les bébés d’aujourd’hui réside dans les photos des auteurs quand ils sont bébés. Ça me plaît trop ! Je les ai regardés un à un, à chaque fois j’ai souri.

Okakèmé ! ça va je continue !

Rémy raconte. Le voilà adulte, au Burkina Faso dans le petit village agricole de Samandénie, en brousse. Le village accueille des ados venus de France pour effectuer des travaux humanitaires. L’ultime alternative pour ces jeunes au bord de la prison est de travailler là, avec tous. Noirs et blancs. Rémy, transmet à ses jeunes son enfance. Sa dette. Mais n’allons pas trop vite. Donnons au temps le temps. Le temps pour Rémy de rencontrer le chef du village, homme aveugle, assis sur sa natte ;  comme ça, en confiance, il dit sa naissance au Congo, son enfance, les affectations du père, sa vie dans divers lieux d’Afrique, au rythme du père, il dit  sa mère, sa nourrice, son frère de lait. Là, le chef du village l’arrête, lui prend les bras, les pétris,  lentement s’étonne, s’interroge, interroge :  Rémy les a-t-il recherchés l’un et l’autre, la nourrice, le frère de lait. N’a-t-il jamais cherché  à manifester sa reconnaissance et sa dette ? N’a-t-il jamais chercher « à leur faire honneur ? »


Rémy sait alors un peut-être. Peut-être qu’il n’est plus cet enfant unique qu’il a toujours pensé être. Le frère de lait se met à l’accompagner, là dans son silence, il l’accompagne son destin d’homme, comme son ombre. On l’appelle « Rémy le Vieux. Il trouve ainsi sa place dans le village, dans la collectivité. Il n’est ni blanc, ni noir. Il est blanc et noir. Il peut aider les noirs à comprendre les blancs et les blancs à écouter les noirs. Il sent la présence profonde de son frère de lait, là, avec eux, par eux, parmi eux. Il existe pleinement dans un sentiment « étrangement familier », il se sent « vrai et vivant. »


J’ai profondément aimé ce texte qui dit la reconnaissance. On ne peut vivre sans reconnaissance, sans dette, sans gratitude. Je pense que c’est cette vérité là que Rémy a transmis à ces jeunes ados en dérive, au bord de l’exclusion sociale, grave. Insérer, c’est dire « ta place est là parmi nous. Elle est possible. Tu seras reconnu mais reconnais ton antériorité, ta dette. » La dette préexiste à toute existence dans le groupe. Rémy a pu s’insérer dans la collectivité noire par la reconnaissance de la nourrice et du frère de lait, par son récit au chef du village qui a su l’entendre et attiré son attention sur cette fameuse dette, sur cette antériorité là qui faisait partie de son histoire d’homme après avoir fait partie de son histoire d’enfant.


J’ai profondément aimé ce texte dans lequel Rémy Puyuelo dit avec pudeur mais certitude le bébé qu’il a été, l’adulte qu’il est devenu, le bébé splendidement présent dans l’homme, l’un n’abandonnant jamais l’autre, l’un donnant force et vigueur à l’autre. Il nous rappelle une fois de plus que nous sommes tous à la fois fort et vulnérable pour reprendre un terme cher à Charles Gardou. Notre force d’adulte puise ses racines dans le bébé vulnérable que nous avons un jour été. Notre vitalité prend son élan dans la dette que nous avons contractée auprès de ceux qui nous ont précédés.


J’ai profondément aimé ce texte qui dit la chaleur, le choc, « le fracas de l’Afrique » que moi aussi j’ai eu la chance de connaître non dans mes racines de vie mais dans les branches de mon arbre d’identité. Une de ces branches m’a donné mon fruit préféré : mon petit-fils splendidement métissé de noir et de blanc. Lui aussi, j’en suis certaine trouvera sa place  pour aider et des noirs et des blancs à se parler. Moi, l’Ancêtre, je guiderai ses pas et ses mots pour qu’il se reconnaisse homme dans ses deux cultures. Le monde est si beau de son pluriel familier et si étrange, inventant le vrai et le vivant.


Merci Rémy pour votre force et votre tendresse, merci pour votre écriture qui soudain m’a fait souvenir que moi aussi j’avais un frère de lait. Mon histoire, mon enfance, ma mère malade de la guerre.  Mais n’est-ce pas cela le secret d’une belle écriture :  suggérer par les mots, par les monts et par les vaux de nos vies si différentes du pareil qui soudain nous révèlent semblables ?


En guise de conclusion :

J’écris ce texte dans un café toulousain. Je lève les yeux et dans la douceur de ce début de matinée, j’aperçois, là, à une table de moi, une femme qui allaite son bébé. J’en suis profondément émue. Ma vie.

Je me souviens aussi de demain : je vous parlerai de Winnicott quand il raconte La sollicitude, et peut-être d’un autre texte : Allaitement…


Empruntons un nouveau chemin, le mien, l’intime, celui qui dit ma force et ma vulnérabilité, celles grâce auxquelles j’écris et cueille mes coquelicots.


L’identité au risque de l’être. Chez les autres mais aussi chez moi. Ma rencontre avec Charles  Gardou a été déterminante dans l’écriture de ce livre. comme l’a été celle avec Jacques Fijalkow. Le premier, comme un fleuve a drainé mes interrogations sur ma vulnérabilité et ma force, Le second, Jacques Fijalkow par son patient travail sur la transmission de la Shoah m’a donné des repères sur ma judéité. L’un et l’autre, je les remercie vivement ; je ne sais si ce livre aurait vu le jour sans nos rencontres.


Dans le mouvement de ce chapitre, il me paraît intègre de vous confier ces poèmes qui chantent dans la douceur de mes jours et de ma vie, ma  vulnérabilité et ma force.


(voir poèmes dans 6 bis)... et donc ...


A suivre ! MJC







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Published by Marie-José Colet - dans En route !
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