Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 18:39

Chers Inventeurs, instituteurs ou parents, je vous invite, en ce jour de rentrée  à lire le l’article suivant :

FIJALKOW J. et FIJALKOW E.

Vignette pédagogique : Enseigner à lire avec le langage entier, Caractères, N°38, 2-21, 2010.

Je vais vous en parler en trois temps :


-          Le contenu,

-          La méthodologie avancée qui soutient ce contenu

-          Je vous présenterai ensuite leur courte et efficace bibliographie

      J’aime ces travaux de Jacques et Eliane Fijalkow sur la lecture et l’enfance parce que, comme moi, ils aiment les enfants, ils aiment la lecture. Ils aiment chercher comment l’enfant découvre la lecture  (ici un texte intitulé Dong !) et apprend à lire en CP.

      Le contenu donc 

Je partirai  de la lecture-découverte telle que la définit Jacques Fijalkow

« La lecture-découverte, c'est la première lecture d'un texte. En classe, il y a lecture-découverte à partir du moment où les élèves sont confrontés à un texte qu'ils n'ont jamais rencontré et où ils sont en devoir d'en découvrir le sens. C'est ainsi qu'ils apprennent à lire. En lisant (avec l’aide de l’adulte)»

 

      Dans la vignette proposée ce jour, cette découverte se fait accompagnée par l’adulte, mais dans d’autres cas, l’enfant pourrait la faire seul.

 

      Ainsi, dans l’acte d’apprendre à lire, présenté dans cette vignette pédagogique, se niche  le triptyque suivant :

 

      1° Les enfants sont confrontés à un texte jamais lu précédemment

      2° Les enfants sont en devoir de découvrir le sens de ce texte

      3° Les enfant sont accompagnés par un adulte en l’occurrence l’enseignante G


      Reprenons le titre : « Enseigner à lire avec le langage entier, »


      Parler de la lecture en termes de « langage entier », c’est en parler comme une activité de communication entre  l’auteur absent et l’élève, dans un langage déjà là, que l’enfant a acquis avant son entrée au CP  et qu’il continuera à enrichir  par la lecture. Cet apprentissage de la lecture est la poursuite de cet apprentissage premier du langage qui précède l’entrée à l’école. L’apprentissage s’inscrit dans une continuité et non dans une rupture.  Dans une continuité de sens signifié par des énoncés. L’apprentissage de la lecture est une histoire de langage et de sens. Les auteurs insistent là-dessus. Sens du texte Dong ! , de ses énoncés par les autres élèves et par l’enseignante G. Oui, ce n’est qu’alors que peut advenir le code. Rien à voir avec de la mémorisation. On ne mémorise pas du sens. On le fouille. On le cherche. On le creuse, on le dévoile, on se l’approprie, seul ou avec les autres, avec ou sans le maître. En CP, on est encore petit, alors ce sens, on le fait sien avec le maître ou la maîtresse, avec les petits camarades dans le contexte de la classe. Que nous disent Eliane et Jacques sur ce contexte de la classe ?


      La séance analysée dans la vignette considérée est « une classe de CP, un 24 novembre, soit trois mois après le début de l’enseignement formel de la lecture. »


      « La classe est organisée en groupes de quatre élèves. Certains travaillent en ateliers autonomes – sans participation de l’enseignante -. C’est dans l’atelier d’accompagnement qu’a lieu la séance de lecture analysée. Cet atelier réunit deux groupes de travail, soit huit élèves. L’analyse est effectuée à partir de l’enregistrement vidéo (deux micros et une caméra) qui en a été effectué. »


      L’enseignante a écrit un texte à partir d’une lecture commune faite avec les enfants et a signé ainsi ce texte : « les CP ». C’est à partir de ce texte que se fera la lecture-découverte, le travail autour du sens, des énoncés de tous, et enfin du code.


      Dans un premier temps, a lieu la mise en place physique des enfants : l’enseignante expérimentée veille à la bonne disposition de tous et au confort de chacun. Il est important que chaque enfant ait une bonne visibilité du texte. Puis vient l’exploration du texte : son identification  (une histoire), son titre (Dong !), son auteur (Les CP). Explorer le texte, c’est être à l’aube de son sens. Puis vient le temps de l’étude du contexte. Puis, du texte on passe aux phrases : sont-elles interrogatives ou négatives ? « On le voit comment ça ? on le voit à quoi ? » Et enfin, on arrivera au mot et tout à la fin, au code. Mais une seule boussole  oriente tout le travail de G : le sens est au départ et non à l’arrivée ! Eliane  et Jacques écrivent et insistent (j’aime cette insistance à l’écrire ) :


      « De façon générale, la démarche consiste à aller du sens vers le code et non l’inverse, et des plus grandes unités vers les plus petites, à nouveau à l’encontre des pratiques ordinaires » (Fijalkow, 2003)


      Le jeu est vivant. Les enfants progressent entre questionnements et devinettes, entre cache-cache et silences, entre rires et savoir. Lisez ce texte dans son intégralité et vous saurez comment l’enseignement peut-être inscrit dans le vivant de l’enfance et non du mortifère, comme ça prend parfois à l’adulte de faire. (Pas toujours heureusement !)


      Je veux maintenant parler de la méthodologie qui charpente ce travail. On peut lire de grands tableaux à deux colonnes. La colonne de gauche accueille les mots de l’enseignante G, la colonne de droite ceux mots des enfants. Ainsi suit-on pas à pas, la pâte à langage si précieuse pour l’appropriation du sens, ainsi suit-on pas à pas l’étonnement des enfants. Sans étonnement, pas de pédagogie !


      Enfin, ce qui à moi, clinicienne, m’a paru le plus précieux, ce sont les commentaires écrits en bas de chaque tableau, commentaires, qui constituent, une véritable clinique pédagogique, qui donne leur sens à toutes les séquences pédagogiques. Etonnant ! Et sans étonnement pas de didactique ! Pas de transmission ! A nous.


            Je ne peux quitter cet article si attachant sans en mentionner ce qui court, comme un murmure qui s’affirme et soudain s’amplifie : l’histoire n’est pas gagnée et va souvent à l’encontre du traditionnel et ancestral b, a, ba, va à l’encontre des programmes et des multiples contraintes sociales. Et si on était là du côté d’une certaine résistance à un enseignement mortifère qui prône du code et du par cœur à la place du cœur de nos enfants et, allez même, à la place du nôtre de cœur, celui qui battait en nous, avant que d’être « grand » et « sérieux » ! Oui de la résistance, qui réinvente l’enfance et son intelligence.


      Enfin, comme un cadeau de chercheurs, une bibliographie, que je vous copie, comme un cadeau de rentrée :


CHETAIL, F. Rôle de la syllabe en lecture chez l’adulte et chez l’enfant, Lyon, Aléas, 2010.

FIJALKOW, E. (2003), L’enseignement de la lecture-écriture au Cours préparatoire, entre tradition et innovation, Paris, L’Harmattan.

FIJALKOW J. (2006), Enseigner et apprendre à lire avec des livres de jeunesse, In PASA L., RAGANO S. et FIJALKOW J. Entrer dans l’écrit avec la littérature de jeunesse, Paris, ESF, 2006.

 GOODMAN, K. (1967).  Reading: A psycholinguistic guess game.  Journal of the Reading Specialist, May, 126-135. 

MARROU,  I. (1948), Histoire de l'éducation dans l'Antiquité, Paris, Le Seuil. 

      Un grand merci Jacques et Eliane Fijalkow pour tant de travail qui disent la classe, et la pédagogie, celle que j’aime !


      Au service des petiots ! Des loupiots ! Des pitchounets ! MJA

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche