Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:14

Marcel Proust

Jean Santeuil

Précédé de

Les plaisirs et les jours

 

Edition établie par Pierre Clarac

Avec la collaboration d’Yves Sandre

Bibliothèque de la Pléiade

Nrf Gallimard 1971

 

A Illiers

P.319

 

 

« On dit que ce qui a été dans notre vie est irréparable, que rien ne saurait faire que cela n’ait pas été. C’est pour cela que souvent sur notre vie présente le passé pèse d’un poids si inéluctable ; mais aussi pour cela que dans notre souvenir il est si réel, il est impossible qu’il soit autre chose : il est irremplaçable, il est quelque chose d’unique. Et ce que les philosophes disent aussi, que chacune des petites joies, des plus simples évènements de ce passé, les autres ne les ont pas sentis comme nous, que nous n’avons pu entrer dans leur manière de sentir ni eux dans la nôtre, cette idée qui donne parfois un sentiment d’isolement si triste à ceux qui y réfléchissent, n’achève-t-elle pas de donner à notre passé ce caractère unique qui fait pour nous de nos souvenirs une œuvre d’art qu’aucun artiste, si grand qu’il soit, ne saurait imiter et qu’il peut seulement se flatter de nous inciter à contempler en nous ? »

 

J’aime cette idée « de l’irréparable » de ce que nous avons vécu ; c’est ce qui fait la valeur unique de la vie qui ne peut se vivre que dans un seul sens, j’aime cette idée du souvenir comme œuvre d’art. Je souhaite que ma vie soit une œuvre d’art irréparable, mon précieux temps définitivement perdu. Parce que la vie, c'est de la pure perte. MJA

Partager cet article

Repost 0
Published by Marie-José Annenkov
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche