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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 18:24

A Montauban, lors du dernier Cercle de silence en faveur des Sans-papiers, j’ai trouvé et emprunté un classeur contenant des textes de Sans-Papiers. Ce classeur était accompagné d’une lettre :

« Alors, voilà. Dans ce CD, un projet mené avec des écrivains ou pas, des psychanalystes ou pas, des philosophes ou pas, etc.… des voix qui se mêlent afin de soutenir, tous, ce que nous sommes avant tout, est des sans papiers.
Ce projet est libre de droit, vous pouvez l’utiliser comme il vous semble : (site net, affiche, marque page, pin’s, livres, revues, journaux, lectures, projections etc.

De notre côté nous essaierons de le diffuser… Voilà… Une toute petite pierre à ajouter à…


Très gentiment,


Et la lettre est signée d’une amie inconnue de moi, mais une amie de partage précieux, partage du même respect de ceux qu’on appelle les Sans-Papiers.


Tous les textes, si plein d’humanité, tous, sont sans signature. Aujourd’hui, je vous propose de lire avec moi :


L’épicier ne s’est aperçu de rien


Ma mère ce jour-là a reçu un courrier lui demandant la justification de sa nationalité.

Elle²a dû se présenter à l’Hôtel de Police avec de nombreux papiers. J’avais environ 10 ans. Il n’y avait personne pour me garder, je l’ai accompagnée. Ma mère a montré sa carte d’identité à l’homme assis derrière le bureau. Alors l’homme a expliqué qu’elle était devenue française en épousant. J-Ch.P. mais qu’elle avait perdu sa nationalité par le fait du divorce prononcé.

Puis, elle avait réintégré la nationalité française en épousant M.G et qu’elle l’avait à nouveau perdue lors du second divorce.

Durant quarante-cinq ans ma mère s’était crue chez elle en France.

Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtées chez l’épicier. Elle y fit les courses tous les autres jours

J’ai bien regardé ma mère pour voir si quelque chose avait changé. Elle semblait être la même qu’hier.

L’épicier ne s’est aperçu de rien.


J’aime beaucoup ce texte qui dit avec une sobriété émouvante le quotidien des sans-papiers au cœur de leur identité : la vraie, pas celle des papiers absents, celle d’une mère prise dans le regard de son enfant. Très beau. MJC

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Published by Marie-José Colet - dans La Cimade
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