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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 16:53

Charles Gardou, Sylvie Guillaume, député européenne, adjointe au maire de Lyon et Jean Marc Maillet-Contoz, lui-même-en situation de handicap, créateur lyonnais d’un magazine sur le handicap ont lancé un appel national qui pose ces questions cruciales.

Je cite Charles Gardou :

« Pourquoi avons-nous laissé éteindre le souvenir d’enfants, femmes et hommes, fragilisés par la maladie et le handicap, exterminés par le régime nazi mais aussi condamnés à mourir par celui de Vichy ? Pour quel motif avons-nous refoulé dans une amnésie collective l'histoire de ces humbles victimes de la folie des hommes ?

  Ce projet propose un acte-symbole d’égalité, de fraternité et de solidarité avec les plus fragiles. Un acte pour rétablir l’équité et réparer un déni de reconnaissance, une forme de discrédit des personnes en situation de handicap, qui s’ajoutent à bien d’autres. 

Ce projet  répond à un devoir tant de témoignage et d'humanité que de vérité et de justice »

 

 

Oui, un pourquoi que nous ne pouvons ignorer

  Ne l’ignorons pas ! Lisons, cherchons, interrogeons sans relâche. Le massacre des personnes handicapées par les nazis, on préfère le taire ou en parler peu. Taire la honte d’un tel massacre est inacceptable. Les livres sont aussi là pour parler. Relisons le splendide roman de Charles Juliet  Lambeaux.  Il nous conte l’histoire de sa mère morte dans un hôpital psychiatrique pendant la seconde guerre mondiale. Elle ne fut pas assassinée par les nazis, les français, là encore, ont  su prendre le relai. Charles Juliet écrit :

« Une guerre éclair et la France ne tarde pas à sentir peser sur elle la botte de l’occupant. Très vite celui-ci met en place la politique qui va viser à éliminer ceux qui, selon lui, appartiennent à une sous-humanité.

Dans cet hôpital où tu te trouves, la mortalité augmente.

Chaque matin, en ouvrant les portes les surveillantes ont un mouvement de recul. Les salles sentent le cadavre. Un de ces matins-là, un jour de juillet –tu viens d’avoir trente- huit ans- on constate ton décès. Tu es morte de faim. » (Lambeaux. Charles Juliet (Folio poche. p.88)

 

La littérature, c’est cela aussi, dire l’inacceptable.

 

Lire la littérature, c’est aussi, apprendre, à symboliser ce qui fut le mal absolu, en ne permettant pas de l’oublier.

 

Lire la  littérature, c’est aussi chercher, questionner, dénoncer… pleurer…puis lire encore pour mieux travailler encore. Pour mieux s’engager encore.

 

Lire et travailler sans relâche, chacun du lieu de sa place, de sa vie, de ses engagements, de son âge, de ses choix, de ses balbutiements et de ses certitudes.

 

Lire, écrire, travailler, choisir mais surtout ne pas renoncer. Dire, chaque jour.

 

Mon choix d’aujourd’hui, chers Inventeurs, est celui de penser aux personnes handicapées assassinées par les nazis. Penser est sans doute l’acte le plus noble de l’homme. Celui, si nécessaire, nous a transmis Hannah Arendt pour dire NON au totalitarisme !  Ce totalitarisme qui a assassiné des personnes handicapées.

 

Relisons aussi, les écrits de Bonnafé et d’Oury, l’équipe de Saint Alban. J’avais 20 ans, j’étais étudiante en psychologie clinique. J’étudiais pour un DESS. Je faisais un stage en psychiatrie. Le médecin-chef, le professeur Ribstein me les enseignait.

 

Oui lisons sans relâche, dans le présent du souvenir, dans le souvenir du passé.

 

N’oublions pas et apprenons à commémorer ceux qui ont tant souffert et qui ont été assassinés. MJA

 

.................

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans La Shoah
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