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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 16:14

 

 Epiphanie. Inventer le fœtal. Avancer lentement pour ne pas me heurter aux parois du chagrin. Glisser sur les eaux natales, entendre la note bleue, doucement si doucement, calmer mon cœur en folie de tant de larmes quand le destin écrit de ma vie, le fragile incertain. Le sel ravine mon pauvre visage, la flamme du ciel calcine ma pauvre âme qui devant tant de chaos ne comprend rien. Le sol se dérobe. J’ai perdu mon contraire, dans mes jours, à l’infini j’erre, dans mes nuits je me noie, je me broie Je ne sais plus si je crois, encore moins si je dois. J’ai perdu des hommes, la loi. J’ai perdu ma foi. Mon cœur bat comme dans un tonnerre éteint qui ne roule plus ni dans la foule ni en moi. Je suis surprise par la glaciale bise, mon feu silencieux irise mon néant d’où ne surgit plus le temps. L’ombre ne reflète plus sa lumière. La petite cascade se tait, les fées s’en sont éloignées, l’eau brisée ne rit plus, ne dit plus, ne coule plus. L’eau n’existe plus. Elle a disparu de la terre et même des mers. Mon chagrin m’assèche et se répand dans le noir tunnel de mon existence rompue. Un drame qui se trame dans l’élan oublié de mon espérance disparue. Le vent se lève emportant dans un  désert brûlé ma sève, celle qui autrefois, mes branches irriguait, celle qui autrefois me disait gaie et légère d’être moi. Le malheur m’a frappée. Soudain, douloureusement,  je me souviens.

 

Alors,

 

Je lis le beau texte de Charles Gardou, « Havaiki, de l’autre côté de toi ». J’aime ses mots, sa poésie qui n’en finissent pas de dire le destin d’une enfant incluse dans sa tragédie immobile et secrète, incluse dans l’horizon de ses parents attentifs qui, à la vie chaque jour la font naître, fragile, vulnérable, précieuse, soyeuse, lucide, déchirée, cachée, indéchiffrable, mystérieuse, douloureuse, somnolente, traversant la seconde, la sienne, la tienne, la mienne, la nôtre. Seconde d’une vie qui respire et qui danse dans le temps singulier de tous. Nous sommes égaux devant le temps. Je le sais, parce que j’ai longuement vécu, longuement aimé, longuement dansé sous le ciel de mon étonnante de vie.

 

Ce texte « Havaiki », j’aime à le relire, parce que me semble-t-il, il écrit la césure de ces deux chapitres, « Comprendre l’errance » et « Entendre les non-dits, » chapitres difficiles, essentiels pour ceux et celles qui veulent connaître, se reconnaître dans la naissance d’un enfant pas tout à fait comme les autres. Quand la fragilité du bonheur prend le visage de cet enfant là.

 

Je ne raconterai pas ces deux chapitres. Je vous laisse les découvrir du lieu de votre histoire, de lieu de votre sensibilité, du lieu de votre temps et de votre disponibilité, mais toujours du lieu de l’amour, de la tendresse. La mienne m’a dictée ce court texte que j’ai nommé « La césure ». J’aime ce mot dont les lettres douces disent qu’il est possible de vivre, dans le temps de l’épiphanie et du don, une césure au chagrin.  Peut-être. MJC

 

"Havaiki de l'autre côté de toi" est publié dans le livre de

 

Charles Gardou avec le soutien de Tahar Ben Jelloun

Au nom de la fragilité.

Des Mots d’écrivains.

Editions érès 2009

 

« Comprendre l’errance »

« Entendre les non-dits »

Sont deux chapitres du livre ci-dessous

 

Charles Gardou

Fragments sur le handicap

Pour une révolution de la pensée et de l’action

Editions érès 2005

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Published by Marie-José Colet - dans Force et vulnérabilité
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