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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 15:27

Fragments de Charles Gardou (10 bis) : Enseignement


J’invite le lecteur à lire dans la catégorie Force et vulnérabilité, Fragments 1, 2, 3 (10,11,12 mai 2010 ) et 4 et 5 (samedi 19 juin) et Césure (dimanche 20 juin 2010), Fragments 6 (le 22 juin 2019), Fragment 7 (22 juin 2010), Fragment 8 (23 juin 2010) et suivants : juin 2010


Un livre de Charles Gardou

Fragments sur le handicap et la vulnérabilité

Pour une révolution de la pensée et de l’action

érès 2005 261 pages

Collection  «Connaissances de la diversité.»


Le chapitre étudié  se nomme :


Retrouver l’universel

Se confronter à un miroir troublé

S’ouvrir à l’énigme de l’autre

Garder le souci éthique


Ce chapitre a été écrit en collaboration  avec Alain Kerlan

Une jolie bibliographie nous apprend que Alain Kerlan est l’auteur de l’ouvrage intitulé Philosophie pour l’éducation. Le compagnonnage philosophique en éducation et formation, Paris ESF  (2003)


Je vous invite aussi à surfer, à découvrir son site Art, orthophonie, Aphasie


Dans mon commentaire d’hier « Savoir », qui avait pris l’étonnante forme d’un poème qui emportait en ses vers, l’Aura d’un chapitre qui m’avait transportée dans son univers d’idées qui faisaient débat, inventant de l’universel une difficile et si fragile éthique dans laquelle les humains peuvent écrire la rencontre avec les sujets porteurs de handicap physique ou psychique.


Ce jour, nouveau, chaque jour étant un nouveau jour, j’ai souhaité approfondir ce chapitre dont les idées me semblent essentielles pour comprendre le monde du handicap. L’Aura ne doit pas engloutir le corps et donc timidement, moi la si toujours ignorante, mais passionnée, je vais vous présenter « le corps de chapitre », que j’ai choisi d’appeler « Enseignement ». En effet, chemin lisant, je me suis imaginée, jeune étudiante, dans un Amphi de L’Université Lumière de Lyon 2, université où exercent  Charles Gardou et Alain Kerlan .


Je plaide, non coupable pour les éventuels contresens. Ce chapitre brassent des idées de philosophie difficiles et excepté mon bac philo, passé avec un 4 en philosophie, ( Peut-on à la fois, juger, comprendre et pardonné ?) compensé heureusement par un brillant commentaire de M.Proust, je n’ai vraiment aucune formation ! Mais l’âge aidant, j’ai eu le désir de découvrir la sagesse du monde comme il tourne et je m’y suis mise avec mon doux bagage d’autodidacte obstinée.


Et donc, crayon en main, je souligne, j’entoure, je recopie,  je vous transmets ce que j’ai retenu dans un plan qui devrait nous aider tous à nous repérer dans cet enseignement si essentiel mais si complexe parce que exigeante d’humanité.


1) Reprenons le titre et interrogeons-nous sur le sens d’universalisme :

Le handicap nous questionne tant dans notre identité que dans nos  pratiques, tant dans notre savoir des connaissances que dans nos savoirs de l’humain. De ces questionnements naît un universalisme qui comme Janus, se présentent avec deux visages : celui de la peur et du rejet ou celui de l’incorporation à l’humain par la question qui les recouvre toutes : comment faire advenir aux pulsions de vie le handicap qui prend trop souvent sa sève dans la pulsion de mort.


a)    Le premier universalisme serait donc l’acharnement de tous les êtres humains à donner sens et à s’inscrire entre pulsion de mort et pulsion de vie.

 b) L’universalisme convoque toujours le particulier mais une anthropologique philosophique du handicap nous en révèle les cultures, les résonnances symboliques de chacun. Le deuxième visage de l’universel est donc la prise de conscience que chaque expérience singulière se niche dans du pluriel symbolique.

c)  L’universalisme se constitue dans la notion de « personne » telle

que  la définit la seconde maxime d’universalisme de Kant : chaque personne doit prendre soin d’elle et des autres, traitant ainsi avec soin, l’humanité entière. Il y aurait  une continuité entre la personne, les autres et l’humanité. Voilà la troisième définition de l’universel


2) Quand le miroir se trouble, quand nous voyageons  à travers l’autre  et à travers les autres, à travers l’étude de l’évolution des mentalité


a) Notre voyage à travers l’autre, à travers nous


Tout commence avec le déchirement de la différence, là où nous finissons là où l’autre commence, ou le contraire, un contraire qui écrit notre fêlure, notre blessure, celui de l’autre dont nous nous ne voulons pas plus que la nôtre. Histoire d’un miroir qui dit notre impossible intégrité, notre toujours manque, inachèvement, notre tentative de reconnaître l’autre qui parfois échoue dans ce miroir en miettes, trouble qu’il nous tend. Nous lui en voulons de porter notre perte et de cette culpabilité à ne pouvoir assumer cette perte et à laquelle il nous confronte. Ce qu’il faut bien savoir c’est que ce qui trouble ce miroir existentiel c’est de le double mouvement de la réalité et du fantasme qu’emporte le handicap qui nous mènent aux confins de nous même, voire même au début de nous-mêmes. Un miroir troublé par l’impossible certitude qui nous porte pourtant responsable de nous-mêmes et de l’autre.


Incertitude, réalité, fantasme, responsabilité, inachèvement, fêlure, blessure, différence, culpabilité, souffrance voilà ce qui vient troubler le doux reflex de Narcisse dans son lac limpide, voilà ce qui vient écrit l’humanité de celui qui se mire et qui vient rompre sa divinité.


De cette rupture naît notre colère, notre indifférence, notre rejet ou heureusement parfois notre empathie mais surtout notre reconnaissance. C’est en reconnaissant l’autre douloureux et inachevé que nous pourrons accepté notre douleur et notre inachèvement et donc accepter notre humanité.


Notre voyage au cœur du miroir troublé a pour destination notre humanité.


         b) Voyage à travers le temps


Les auteurs nous convient à une étude de l’histoire du handicap qui n’a pas été toujours vécu de la même façon selon les époques : divins ou diaboliques .


-   Le Premier testament prônent la  charité

-   Edouard premier prône la protection royale

-   Philippe II d’Espagne : les nains divertissent

-   Martin Luther King voudrait les noyer (une analyse psychanalytique de cette position curieuse et cruelle serait intéressante)

-   XIIe siècle : problème social à résoudre

1882 vient le temps du législatif

-   Avec Hannah Arendt s’articule la passion de l’égalité et de la dignité

-  Maintenant, le temps de l’intégration et le problème de la norme se pose



Ainsi, les auteurs nous proposent une étonnante saga de la fêlure humaine à travers les siècles.


        c) la question de la mentalité


Le handicap posé comme une question de nature ou non. Question de l’ontologie et de l’latéralité allant jusqu’à l’inversion de ces deux  facteurs. A lire, crayon en main page 184


3) L’universalisme aux visages de ses éthiques :


-  Ethique du corps et du Gai savoir avec Nietzsche : découvrir le handicap en vivant sa thématique à partir des pulsions corporelles

-   Ethique du dialogue et de la conquête : Marcel Conche

-   Ethique de la morale universelle : Kant

-   Ethique de la responsabilité avec Levinas

-   Ehique de la souffrance refusée par Badiou

-  Et enfin, une éthique de la conjugaison JE TU IL prônée par Ricoeur et qui est celle retenue par les auteurs  qui privilégient cette éthique de la rencontre, qui suppose la reconnaissance de deux sujets : Je et Tu pris dans la praxis  de la loi IL ( Il faut : règles morales et d’obligations qui structurent toutes les pratiques humaines concernant les handicaps ou autres.)


J’ai bien sûr schématiser. Mon propos n’est pas de vous faire un résumé. Lire n’est pas résumer. Transmettre n’est pas résumer. Transmettre, c’est baliser une lecture, vous y introduire, en poème ou en prose, dans le silence  ou dans le bruit des mots mais toujours dans le clair obscur du langage.


Ce que j’ai retenu de ce chapitre difficile mais essentiel peut se dire ainsi,


-  Il est impossible de poser le problème du handicap sans poser le problème de l’universel

-  Il est impossible de poser le problème de l’universel sans poser le problème de l’éthique

-  Il est impossible de poser le problème de l’éthique sans poser le problème de la reconnaissance de la différence entre singularité et altérité.

I- l est impossible de poser le problème de la reconnaissance de la différence entre singularité et altérité sans poser le problème du savoir et de son enseignement.


L’humain en dépend.


J’enseigne, tu enseignes, il ou elle enseigne, nous enseignons, vous enseignez, ils ou elles enseignent 

 

Merci Charles Gardou et Alain Kerlan pour votre enseignement  si vivant et si érudit.  Vraiment merci .MJC







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Published by Marie-José Colet - dans Force et vulnérabilité
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