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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 16:03

Femme devenue.


Je suis une femme dans la brume


chacun m’attend,

chacun m’appelle

par mes mots

je m’épelle.


Derrière moi une mère qui m’a fait naître à mon destin, devant moi, la plage, celle de mes jours et de mes toujours. Cette plage, mon sol pour femme si peu sage, pour femme navigant aux larges des autres, si sages, si déterminés dans leur force et leur lucidité, dans leur solidité, dans leur identité. Ma vie est un long handicap vaincu dans la persévérance de mes jours et de mes nuits. Une douloureuse espérance apaise mes tourments, de l’autre côté de mon miroir brisé par l’Histoire qui de ma pauvre histoire a fait un champ de bataille, je sais les étoiles.


Chaque matin, je m’éveille, j’attends le soleil, j’attends ses rayons qui viendront réchauffer mon âme si fragile aux confins de tant de  brisures, de tant de cassures.


Ma vie est une longue espérance. Ma vie est une longue chance.


J’irai dans la lune, je traverserai des dunes, j’écrirai mes cernes de femme ensommeillée, j’ensevelirai de sable mon corps quand il dort, je tairai à tout jamais ma désespérance, j’inventerai scrupuleusement mon espoir. Je décrirai mes combats et poserai les armes sur la terre endeuillée par mes chagrins. Je ne me laisserai plus submerger par la peur et j’écouterai le ressac quand il me dira avance ! Je ne me hâterai pas et doucement, je déchiffrerai l’énigme de ceux qui inventent le monde. Je ne répondrai pas par oui ou par non. J’inventerai les points de suspension, j’accrocherai sur le fil de ma vie, le point d’interrogation, je répandrai de multiples virgules et des points virgules.


De mon texte de femme,

j’inventerai la ponctuation

 je trouverai les solutions

 j’écrirai la partition,

je serai heureuse.


Je sourirai aux mots

quand ils se feront miens,

quand ils se feront tiens,

quand ils se feront biens.

Quand ils se feront liens


entre toi et moi


Dans la clarté du ciel,

dans l’azur si pur,

dans le monde clair

de nos âmes enchantées

de nos cœurs bouleversés

 

je me dirai qu’avancer est possible. Je poserai ma valise autrefois si douloureuse, je n’aurai plus peur de la houle ni du monde de l’eau. Je ramasserai des coquillages, à mes oreilles je les porterai, j’entendrai le roulement de la mer, fière, je quitterai ma solitude, pour enfin naviguer au large de moi-même et des autres. Dans le silence de la nuit, perdue et fragile, j’inventerai les océans et doucement, je m’endormirai au seuil de mon existence en balance. J’avancerai en cadence et soudain, pulvérisée par le temps, je m’élancerai. Je  me loverai dans la lumière. Quand elle imprimera avec sa large plume le bleu du monde, j’écrirai un solfège pour  une possible ronde. Je dévorerai les sillons du temps, à pleines dents, je mordrai le firmament.


L’événement de ma vie adviendra.


Ce sera un miracle. Celui des oracles réalisés de toutes les  fées penchées sur mon berceau d’enfant fragile devenue femme d’écriture.


Ainsi, dans le pas à pas de mes livres, j’aurais traversé le miroir, dans l’autre sens, abandonnant le noir de mon désespoir.


Femme, je serais devenue dans le temps advenu, dans les avenues de ma mémoire souvenue, bordées de tilleuls qui dans l’ombre des soirs lentement s’élancent dans le bleu des nuits de ma vie écrivant sur mon sommeil les courbes du possible retrouvé.


Celui de la femme devenue.


MJC

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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