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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 15:36

Donald W.Winnicott

La relation- Parent-nourrisson

Petite bibliothèque Payot

N°791

 

Préface de Gisèle Harrus-Révidi :

Soins et amour maternel

 

Préface p.7-27

 

Gisèle Harrus-Révidi souligne dans sa préface, que j’étudie là, combien on se souvient bien sûr de Winnicott psychanalyste mais combien aussi il était pédiatre, attaché au développement de la bonne santé de l’enfant, ce qu’il nommait aussi « le développement affectif primaire » Contrairement à celle de Freud, écrit-elle, son œuvre est basée exclusivement sur son expérience clinique constituée de quelques soixante milles consultations à l’hôpital de Paddington Green Children Hospital où il fut chef de services pendant 40 ans.

 

-         En 1945, le 28 novembre, devant ses collègues de la Société britannique de psychanalyse, il présenta une conférence : « Le développement affectif primaire »

-         En 1952, seconde conférence : Psychoses et soins maternels

-         En  1961, enfin avec « La théorie de la relation parent-nourrisson », conférence prononcée à Edimbourg qui constitue un dialogue avec Freud, mort depuis 21 ans.

 

Du nourrisson freudien au nourrisson winnicottien :

 

La question qui hante Winnicott est celle issue du nourrisson freudien définit comme un petit être seul, objet de luttes pulsionnelles internes et pulsion de vie, luttes qui constituent sa détresse ; ce que Pierre Marty définira en ces termes : « autoconservation sous gérance parentale » (Pierre Marty. Les mouvements individuels de vie et de morts. Payot 1976. Pierre Marty (1918-1993)). Winnicott, va  questionner le rapport avec la mère, objet sexuel de l’enfant, « objet-source » pulsionnel selon Laplanche. Cette question reste toujours ouverte.

 Pour Winnicott, le nourrisson n’existe pas. Le nourrisson est constitué de son rapport à sa mère puis à son environnement. Le nourrisson n’est jamais à rencontrer seul. Le nourrisson ne se conçoit que dans son rapport au Care, aux soins que lui prodigue la mère, l’adulte, l’environnement. C’est à partir du care, du soin qu’il va pouvoir constituer sa propre permanence et la permanence des objets qui constituent le monde qui l’environne. Certes on associe souvent à Winnicott le concept si fondamental d’objet transitionnel mais  le concept clé de ses travaux est sans doute le « CARE ». L’enfant s’approprie les objets parce qu’on prend soin de lui dans du « good enough », du suffisamment bon.

C’est dans un second temps, dans « l’esprit et ses rapports avec le psyché-soma (1949) qu’il va étudier le rapport entre psyché et soma chez l’enfant.

 Enfin, autre point très important à ne pas oublier pour comprendre Winnicott : Winnicott comme pédiatre s’attache « au corps » de l’enfant

 

 

Tous les bébés sont-ils des fous en puissance ?

 

Ce questionnement de Winnicott est associé à son expérience concernant les enfants de la guerre, en proie à une rupture d’un environnement favorable qui n’assure plus du « suffisamment bon » avec hélas trop souvent une brutale séparation si précoce d’avec la mère. Il va alors étudier les troubles de la mise en place de la relation primaire, troubles qui sont exactement que ceux qu’on retrouve chez des schizophrènes adultes. Ce qui l’intéresse de comprendre pour les réparer, ce sont les dysfonctionnements d’origine de l’être de l’enfant qui alors, pour cause de guerre, ne peut plus se vivre « rassemblé » avec sa mère. L’unité de base pour Winnicott est  « l’enfant rassemblé » avec sa mère, l’enfant étant partie constitutive de son environnement.

 C’est à ce point de ses travaux qu’il se situe dans un espace intermédiaire théorique entre Anna Freud et Mélanie Klein et dans ces rapports avec John Bowlby. Tous ces auteurs sont à étudier et à approfondir dans une constellation signifiante  des « soins infantiles et les expériences instinctuelles aigues » du bébé.

 

Bonne mère ou bon environnement ?

 

Un point important souligne l’auteure de l’article est de noter qu’une lecture minutieuse de l’œuvre de Winnicott révèle une alternance entre les mots « mère » et « environnement ». On retrouve le concept cher à Winnicott : « l’individu-environnement. » Cela est très important, si on tient compte de l’expérience des années de guerre que fut celle traversée par les enfants. Toutefois, il semblerait que les soins sont « simplifiés » quand c’est une seule et même personne qui donne les soins à un bébé. L’enjeu fondamental de ces soins est l’adaptation de l’enfant à son environnement, adaptation progressive qui va de la relation primaire subjective  à la reconnaissance objective d’un monde scientifique traversé par la preuve et la démonstration en passant par l’aire intermédiaire qui confère au monde  un statut ni tout à fait subjectif ni tout à fait objectif. Ce qui peut se dire aussi permettre à l’enfant de passer du magique de sa toute-puissance à créer le monde à la rationalité d’un monde crée par tous en passant par le possible art qui relève de l’artiste et de son spectateur (art comme aire intermédiaire ; cf. aussi le rôle des religions et de l’art chez Freud). Ce qui en jeu  ici, c’est l’appropriation du monde des objets tant physiques que psychiques.

 

Un enfant sans soin, ça n’existe pas

 

L’auteur nous livre le fil rouge des trois articles de ce livre : le soin comme essentiel à l’appropriation du monde des objets et à l’intégration des pulsions c’est-à-dire à leur liaison à des conduites sociales non destructrices et créatrices pour l’enfant et pour son environnement.

            Le soin, le « holding » s’appuie sur trois lieux : le corps, la mère et le temps. C’est l’intrication harmonieuse de ces trois dimensions qui permettront à l’enfant d’être « rassemblé » avec son environnement.

 

Winnicott, précurseur du « care » ?

 

Jolie référence à Levinas : « le care », le « soin », le « holding » permettrait de nous inscrire et d’inscrire l’enfant dans une dans  « une société d’attention  aux autres » et j’ajouterai même, poserait les bases d’une citoyenneté transmise dès l’enfance car to care signifie « être attentif aux autres » en même temps que « prendre soin » et n’est-ce pas ainsi  situer l’autre dans le groupe, la cité ?  Ceci est une interprétation personnelle.

 J’ai aimé ce chapitre, dense et qui articule bien entre elles les notions de holding, de care, de bébé-environnement, d’objet, de santé physique et mentale, d’objet transitionnel de relation primaire enfin et donc de ce fait nous introduit avec clarté aux trois articles à venir. 

 Un beau chapitre, dense et complet qui nous introduit toujours et toujours à Winnicott. Du pur bonheur clinique que nous offre Gisèle Harrus-Révidi.

 

Je vous souhaite une bonne lecture de cette introduction et de l’ouvrage entier La relation-parent nourrisson, ouvrage difficile mais tout autant essentiel que passionnant. MJA

 

 

 

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans Donald Woods Winnicott
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