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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 14:58

Une nouvelle génération de romancières anglophones :

des exilées à l’épreuve de l’ailleurs et de l’autre

 

Denise Coussy :

Denise Coussy, professeur honoraire de l’Université du Mans est spécialiste de « nouvelles littératures anglaises en provenance de l’Afrique anglophone, de l’Australie, de l’Inde. Elle a publié aux éditions Kartala « La littérature africaine au sud du Sahara (2000)et « Le roman indien de langue anglaise (en 2004). En 2007, elle a publié « Littératures de l’Afrique anglophone » chez Edisud. Elle a coordonné les numéros d’Afrique du Sud (N°122, 123 en 1995) et en 2000, les n° 140 et 141 de Littératures du Nigeria et du Ghana et en 2003 le N°152 de littératures anglophones de l’Est de l’Afrique.

Comme le contenu de ces lignes qui disent l’intelligence d’une femme ouverte à tant de littératures inconnues de moi  me fait rêver !!!. Je voudrais tant lire toutes ces revues ! Mais je vais déjà lire humblement son article qui ouvre encore d’autres portes : des portes de femmes pensant leur exil.

 

En introduction Denise Coussy souligne l’apparition  dans le monde littéraire anglophone de romancières d’origine caribéenne, africaine ou indienne qui ont publié des textes à la fois très autobiographiques mais aussi distanciés par rapport à leur expérience d’exil.

 

J’ai souligné pour vous :

 

-   Zadie Smith auteur de White Teeth, Une note indique la traduction : Sourires du loup, Paris, Gallimard 2001. Histoires de déracinés qui affrontent la dualité de leurs origines dans le monde multiculture  de l’Angleterre à la fin du XXème siècle. Les personnages hésitent à être du lieu de leur origine ou de leur appartenance devenue anglaise. Roman de 500 pages qui sous une ironie affichée exprime traumatismes et blessures identitaires : les hommes sont en colère, les femmes essayent de négocier avec un pays qui les a si longtemps ignorées

-   Monica Ali avec en 2003 Brick Lane dont la traduction française est  « Sept ans en 13 rivières, Paris Belfond 2004. C’est l’histoire d’une femme  pakistanaise quand le pakistano devient le symbole du pays humilié. Elle vit à Londres, dans un quartier misérable et peu avec l’aide de ses filles va trouver le chemin de l’émancipation.

-   Bernardine Evaristo de père Nigérian et de mère anglaise qui témoigne de l’exil quand il se fait femme. En 2001 elle publie The Emperor’s Babe, dans son dernier roman en 2008 Blonde Roots elle s’attaque à la situation la plus difficile de l’exil : l’esclavage. Elle propose une fiction où les noirs sont les maîtres et les blancs les esclaves. Ce roman est exemplaire car il témoigne de la souffrance des femmes pendant l’exil et l’esclavage.

-   A Londres, on assiste aux publications très riches de Diana Evans et Helen Ohemi. La première étudie la pauvreté et le racisme aux sont en but les exilés ; la seconde étudie la perte d’elle-même pour une jeune métisse et le développent de l’idée d’un double gémellaire. C’est une histoire, à la recherche de l’identité perdue.

-   Il est cité ensuite des écrivaines venue des Indes : Chitra Banerjee Divakaruni qui a quitté Calcutta pour San Francisco « La Maîtresse des épices, Paris, Picquier 1999. Son deuxième roman Ma sœur, mon amour publié chez Plon en 2000 raconte comment l’exil met à mal un amour fusionnel entre deux sœurs. Une autre écrivaine indienne est citée / Jumpa Lahiri avec son roman « L’interprète des maladies, Paris, Mercure de France, 2000 couronné par le prix Pulitzer et Unaccustomed Earth (2008), best seller au Etats-Unis dès sa sortie et qui raconte sur un mode caustique et tragique  les problèmes de son immigration et de celle des immigrés de la première génération. Elle montre comment les femmes bien qu’en partie émancipées refont le choix de leur mère et comment au quotidien à la lumière de ce paradoxe émancipation et tradition tout fait problème. 

 

Ces écrivaines, intégrant le passé dans un difficile présent d’exil et d’immigration par les exergues divers introduisant leurs romans montrent comme elles sont à la fois contemporaines et modernes mais se référant toujours à leurs sœurs du passé, qui bien  avant elles, ont réussi à transgresser les frontières de l’ordre établi.

 

 

J’ai beaucoup aimé cet article qui donne le goût de lire des écrivaines injustement méconnues du grand public et qui pourtant charrient pleinement une problématique essentielle de notre temps : les femmes confrontées à l’exil inscrivant un nouveau rapport entre leur passé et l’élaboration de leur présent. A lire sans plus attendre. D’ailleurs toute la revue est passionnante et je continuerai pour vous sa lecture très prochainement. MJC

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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