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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 19:20

La problématique paternelle

Sous la direction de

Chantal Zaouche-Gaudron

Erès (2001)

 

(1)

 

Introduction de Chantal Zaouche-Gaudron.

 

Et donc, les pères par ordre d’entrée en pages...

 

Serge Lebovici dès les remerciements. De l’émotion, du souvenir. Puis de la structuration reprise page 10 :  Serge Lebovici aura permis l’apport d’une argumentation à partir de sa place de psychanalyste une place « d’initiateur de débat » écrit Chantal Zaouche-Gaudron. Plus loin encore, page 12, l’auteure mentionne comment Serge Lebovici s’est penché sur le « mandat transgénérationnel » puis elle le cite à plusieurs reprises comme point de jonction des diverses présentations, comme l’homme qui avant tout, impulse la recherche de tous.

 

Le deuxième nom propre, celui qui ouvre l’introduction et donc le livre, celui qui se place donc là, comme père théorique premier des textes rassemblés est Henri Wallon, le père inscrit dans une année :  1947 et qui annonce l’alliance, « la combinaison » écrit l’auteure entre  psychologie et sociologie, dans l’approche qu’il a su donner à ses travaux qui situent l’enfant dans ces deux espaces de vie et de recherche que sont la psychologie et la sociologie qui sauront devenir aussi, dans l’aventure des savoirs, la psychanalyse et l’histoire.

 

C’est dit déjà ! Du pluridisciplinaire, ce pluridisciplinaire qui va donc être  l’enjeu de ce livre : étudier le père dans sa dimension transversale. Un pluridisciplinaire qui sera tremplin pour des savoirs de chercheurs en  psychologie du développement, en psychanalyse, en histoire, en sociologie. Des textes présentés au lecteur selon leur date d’arrivée sur le bureau de Chantal Zaouche-Gaudron. Quelque chose du côté du temps, d’un temps possible dirait Hélène-Trocmé-Fabre, un temps crée par les chercheurs eux-mêmes.

 

Qui sont ces chercheurs qui ont contribué à l’ouvrage? Chantal Zaouche-Gaudron nous les  présente : Yvonne Knibiehler (histoire), Colette Chiland et Françoise Hurstel (psychanalyse), Jean Le Camus, Philippe Malrieu et France Frascarolo (psychologie du développement),  Christine Castelain-Meunier (sociologie).

 

L’idée est d’organiser une confrontation des textes, une mise en regard, un multi questionnement.

 

Le troisième nom propre avancé, le troisième père de cette recherche, est Philippe Malrieu que je pressens plus frère d’études que père. L’équipe de chercheurs nommés plus haut seraient frère sœurs de travaux... Bon, c’est moi qui le dit ce n’est pas Chantal Zaouche-Gaudron. Mais vous le savez, j’aime à inventer mes lectures ! Aujourd’hui, j’invente une famille dont la mère suffisamment érudite serait Chantal Zaouche-Gaudron !!!

 

Reprenons l’analyse approfondie des interventions que l’auteure nous présente, avec minutie.

 

Serge Lebovici a fourni des éléments de réflexion sur l’évolution socio-historique de la paternité et donc à partir de là vont s’écrire ou s’articuler les travaux suivant

 

1) La perspective de Yvonne Knibiehler : évolution entre « paternité instituée » et « paternité coutumière » pour aboutir à une paternité privatisée (Temps de la Révolution). Introduction de la notion de Paternité citoyenne. Chaque génération est responsable de la suivante.

 

2) Christine Castelain-Meunier travaille sur la complexité contemporaine de la répartition des places parentales et de la diversification de l’exercice de la paternité. Son travail s’articule sous le jour de la « maltraitance » dont sont victimes certains père et elle parle de l’indissociabilité du père et de la mère. Parler du père, c’est aussi parler de la mère.

 

3) Philippe Malrieu fait écho à cette recherche et nous introduit à la notion de significations : le sujet est perçu comme intégrateur et centre (source) de significations. Chantal Zaouche-Gaudron (ou Philippe Malrieu ?) emploie le joli mot de chorégraphie. Danser la vie, danser nos relations Père/Mère/Enfant (s). Oui, c’est ça le mouvement qui distribue les places des danseurs que nous sommes... Danser avec et par... Mêli mêlo de nos verbes si vivants, transitifs et intransitifs. Histoire d’un legs, d'une dette. Scénario de l’humain, depuis le début des temps et dans toutes les cultures. Anthropologie.

 

4) Jean le Camus ouvre les perspectives de la psychologie du développement et interroge les fonctions du père dans les premières années de la vie de l’enfant. « Thème passerelle » de la fonction du père.

         Les études de Jean Camus se portent sur trois domaines d’intervention  du père      :

- développement du langage et de l’intelligence

- développement socio personnel

- identisation sexuelle

 

5) France Frascarolo réfute l’hypothèse de la dyade primaire : mère enfant

Hypothèse favorisée par certains courants psychanalytique (théorie de l’attachement)).

 

6) Serge Lebovici fait rebondir le débat  sur l’axe  « du père de famille contemporain dans la société postindustrielle » :

-   quels sont les enjeux anthropologiques et subjectifs de la paternité, dans la société post-industrielle ?

-   Quelles sont les conditions spécifiques de l’exercice de la fonction du père ?

 

L’exposé est alors bâti sur la dialectique des deux dimensions sociale et psychique de la problématique paternelle.

 

« Qui est le père ? »  Celui qui engendre ? Celui qui donne son sperme ou celui qui éduque ou qui aime ?

 

Une passionnante exploration de travaux durant ces deux dernières décennies qui débouche sur la question suivante : « qui occupe désormais le sommet de la triangulation familiale ? L’enfant roi ou le père ? Réflexion sur les notion de chef de famille et de père. Mais aussi qui est le père œdipien ?

 

7)   Françoise Hurstel : Chantal Zaouche-Gaudron souligne les ponts tracés par Françoise Hurstel des « incidences subjectives des transformations sociales »

 

8)  Yvonne Knibiehler  pose la question de l’interchangeabilité ou non des fonctions parentales et introduit à la différence des modèles paternel et maternel à partir de laquelle l’enfant peut se construire. Ce point est étudié attentivement par Jean le Camus, Françoise Hurstel et particulièrement par Colette Chiland.

 

9)  Colette Chiland, reprend et approfondit les orientations du débat introduit par Serge Lebovici que nous étudierons dans le commentaire suivant.

 

Chantal Zaouche Gaudron s’attache à nous présenter une synthèse des travaux de tous un à un mais surtout dans la dynamique d’un débat. A lire ces pages, on pressent l’importance d’une « mise » en questions des études des uns et des autres (et non une remise en question : bien conscientiser le langage dirait Hélène Trocmé-Fabre). A lire de très près tout ce qui concerne le rôle différentiel du père et de la mère et la question de l’enfant qui grand devenu s’interrogerait : « moi, qui puis-je être ? »  Il me semble que c’est cela l’enjeu essentiel de se livre : interroger notre identité d’enfant devenu adulte, à partir des travaux transversaux qui vont nous être présentés dans l’ouvrage.  Il me semble que c’est de cela que veut parler Chantal Zaouche-Gaudron. Les travaux sur l’enfant se jettent dans notre questionnement d’adulte. Je la cite, si elle m’y autorise, car cette citation me paraît essentielle à sa présentation :

 

P.15  « Sous cette perspective, l’enfant se saisit de ce que lui offrent père et mère pour construire des liens d’attachement, pour se réaliser en tant que sujet différencié et séparé d’autrui et pour élaborer le sentiment d’être et  d’être sexué. »  (Zaouche-Gaudron. 2000) 

 

Alors, le troisième père, Zazzo, entre en scène ou plutôt on se réfère  à ses écrits qui questionnent l’épistémologie de chaque champ mobilisés. A nouveau, remise au travail sur le métier, le tissage symbolique de tous, et comme un feu d’artifice d’intelligences,  le chapitre,  dans le ciel de notre lecture,  dit les couleurs du savoir de chacun. Il introduit splendidement au livre, que, après une telle introduction, j’ai envie de découvrir chapitre par chapitre...d’autant plus qu’avec Chantal Zaouche-Gaudron, nous allons voir, que « ce père en débat » nous emportera bien plus loin que de la question du père. Il nous emportera vers nos savoirs et nos réflexions, nos certitudes et nos questionnements, vers nos associations les plus simples et nos rapprochements les plus érudits.

 

Alors, si vous le désirez, suivez-moi, vers cette nouvelle lecture chapitre par chapitre, simultanément à celle d’Hélène Trocmé-Fabre qui, elle,  nous révèle patiemment comment « Réinventer le métier d’apprendre ? »

 

Et, je me lance, dans l’ hypothèse de ma vie professionnelle passée qui me soufflait : et s’il y avait un lien entre le métier d’apprendre, entre l’apprenance et la question du père, je dirais plutôt la question des places parentales ? S’il y avait un lien entre exister et savoir apprendre, s’il y avait un lien entre bricolage et apprenance ? Si ce lien trouvait sa métaphore dans un concept qui me taraude : le lecteur vacant ?

 

Allez on y va ! Deux livres pour une hypothèse, deux livres ou sans doute infiniment plus !!!

 

Merci de me suivre dans ce travail d’été où parents, enfants, petits -enfants, dans un même élan d’amour, quand cela se peut, se retrouvent à la mer ou à la montagne. Mais parfois, la précarité et l’être trébuchant sur son identité s’en mêlent aussi comme elles emmêlent les places parentales et le Métier d’apprendre. Ô vivre quand seras-tu un long fleuve tranquille ? Quand cesseras-tu d'être un océan à vider à la petite cuillère ?

 

Passionnant tout ça, qui se mêle et s’emmêle !  On essaie de démêler ? et donc...

 

A suivre !

 

Point d’orgue

 

Dans le temps de l’apprendre

Prendre le temps de créer

Le temps de la question

Du père et de la mère

De l’enfant, du faon

Qui toute sa vie

Cerf ou biche

Cherche

A être

MJC

 

 

 

 

 

 

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