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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:03


Auteurs de violences conjugales :

Comprendre et agir

Gérard Autret, Marie-Jacques Bidan, Maryse Pervanchon

Pages 98-102


Empan N°73. Mars 2009-08-18

Dossier : Les violences conjugales.

Ce dossier est coordonné par

Chantal Zaouche Gaudron, Alain Jouve, Maïté Debats.


Je présente cet article que bien que bref est très efficace. Il présente certes le rapport à la loi que posent les hommes violents mais aussi le phénomène sociétal qui doit être interrogé pour ne pas déshumaniser, marginaliser, exclure ces hommes violents et cherche avec l’exposé du travail de l’Association AVAC à repérer de nouveaux vecteurs de travail auprès des hommes violents.


Les auteurs de cet article sont :


Gérard Autret, psychologue psychosociologue

Marie-Jacques Bidan, psychothérapeute et psychanalyste

Maryse Pervanchon, psychologue, psychothérapeute.


AVAC : Association Vivre Autrement ses Conflits


En finir d’oublier d’aller aux sources des forces de destruction, de haine et de déshumanisation du lien social


Les auteurs posent  la triple difficulté, clinique, juridique, sociétale que soulève la rencontre des hommes, auteurs de violences conjugales.


- Difficultés cliniques : repérer les forces de destructivité quand elles engendrent la déshumanisation

- Difficultés sociétales : repérer les clichés de « monstruosité » qui excluent et marginalisent , transforment à tort les auteurs de violences conjugales « en paria ».

- Difficultés juridiques : repérer ce qui légalement, de par la loi pose l’inacceptable des violences conjugales et nomme ces violences comme relevant du correctionnel.


  L’ AVAC est un regroupement de personnes constitué fin 1995, à Toulouse, sur l’initiative d’une psychologue clinicienne, thérapeute familiale psychanalytique qui faisait le constat de la lacune quand à la prise en charge des hommes violents. Le Conseil d’administration de l’AVAC est pluridisciplinaire signifiant par-là que la violence conjugale s’inscrit dans divers domaines tant psychothérapeutes que travailleurs sociaux que chercheurs que sociologues, que médecins et même associations humanitaires. La violence conjugale est une tâche d’huile mortifère. Mais tous, hommes et femmes acteurs de ces différents domaines cités précédemment ont la certitude de la nécessité de la prise en charge des hommes violents ; Il est essentiel d’entendre le malaise psychique de ces hommes violents malgré ce qu’ils engendrent de déni, clivage, forclusion, dégoût.. Certes les dénoncer, la justice est là pour ça mais certes savoir les entendre et les aider à se repérer dans ce qui a engendré cette violence là, les aider à reconnaître qu’ils ne se réduisent pas à cette violence et qu’elle s’inscrit dans la totalité de leur personnalité. Il n’est ni un Rambo ni un paria nous disent les auteurs de l’article, il reste dans son appartenance à l’humanité. Il n’est pas en marge et figé, il peut évoluer et devenir attentif à son humanité et à celle de l’autre.


Je trouve ce dernier point très important et novateur.


Que faut-il pour qu’un tel trajet s’effectue ou pour le moins s’initie ?


Pour amorcer son chemin d’humanisation l’auteur de violences conjugales doit :

- comprendre sa destructivité, la reconnaître en sortant du déni et de la forclusion

- Cela signifie le rôle primordial de la justice qui par la loi affirme ce qui n’est pas possible d’être

- Cela signifie aussi l’inscription dans une prise en charge thérapeutique qui permet le cheminement vers l’humanisation

- Cela signifie qu’il trouve dans cette prise en charge un lieu d’accueil pour nommer et placer cette destructivité, pour la repérer ; les auteurs disent que l’homme, auteur de violence dot être écouté, rencontré sans préjugé et sans compassion.

- C’est à ce prix là d’une telle prise en charge humaine qui analyse les violences alliées au juridique qui nomme les violences que la symbolisation des pulsions destructrices pourra avoir lieu.


L’AVAC met en place plusieurs dispositifs dans cette orientation là :

Psychothérapies individuelles, de couple, de Monsieur en présence de Madame, de groupes de paroles d’hommes violents.


A propos de groupes de paroles d’hommes violents :


Plusieurs protocoles selon la variabilité des situations :

- Stages de responsabilisation en lien avec le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation),

- en lien aussi avec le MJD (Médiateur Judiciaire de la justice et du Droit)

Ces groupes sont toujours introduits par un entretien individuel pour repérer et l’élément psychique et la motivation.

Dans ces groupes on peut noter une variation d’analyse et d’engagement par les participants ainsi que l’indice d’authenticité


Qu’attend un participant de tels groupes ?


Il est important que l’obligation de soin soit posé juste au bon moment sinon l’efficacité du soin s’en ressent et le cadre coercitif du soin permet au participant de s’interroger sur des points de leur personnalité ignorés par eux jusque là.

            Les auteurs notent aussi que chez  les migrants primo arrivants les hommes vivent le groupe de parole comme un rite d’initiation, de passage grâce auquel ils vont apprendre à être homme respectueux.

         La plupart des participants sont en attente de faire quelque chose qu’ils n’ont jamais fait avant : parler d’eux.


Ce qui fonctionne dans de tels groupes


- L’entraide entre ceux qui ont plus élaboré les faits, sentiments  que d’autres

- L’évolution vers une identification masculine

- La mise en place d’une réflexion avant l’action

- La possibilité de réagir autrement après verbalisation des affects

- Une renarcissisation en tant qu’homme et père

- Le rôle de la peur et de l’angoisse est repérée comme un élément moteur de la violence et notamment « peur de la femme ».(voir aussi un autre article de ce même N° « La peur des femmes de Francis Ratier, dont je parlerai prochainement)


Qu’est-ce qui est mobilisé chez le psychothérapeute dans un travail thérapeutique avec les auteurs de la violence ?


- Sa capacité à être avec sa propre destructivité et avec ses propres fonctionnements archaïques.

- Cela suppose aussi d’avoir élaboré ses fantasmes d’être bourreau ou victime

- Et d’avoir élaboré ses fantasmes et leurs angoisses dans leurs représentations du masculin et du féminin.

Article très rigoureux qui étudie les arcanes de la violence dans les relations en rapport avec les identifications profondes en non en rapport avec des clichés. Seule la conceptualisation rigoureuse de la violence, un fois posé le juridique, permet les mots et par les mots, comme des cailloux blancs du Petit Poucet, retrouver le chemin de l’humanité.

Un article et des pratiques professionnelles qui écrivent un espoir possible pour les auteurs de violence conjugales. A encourager, à financer, à faire connaître. Merci à Empan de l’avoir  fait et bravo aux auteurs d’avoir approfondi ce sujet difficile, souvent à contre courant de la pensée commune. MJC







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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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