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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:56

Le savoir-déporté

Camps, Histoire, Psychanalyse.

Anne-Lise Stern

Précédé de Une vie à l’œuvre

Par Nadine Fresco et Martine Leibovici

La librairie du XXIè siècle

Seuil 2004

Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas des « Textes du Retour » publiés passant outre un avis défavorable de Jacques Lacan : « pas sous cette forme » Mais les trois femmes Martine, Nadine, Anne-Lise que des liens de travail et d’affection unissaient décidèrent de publier cette partie là, comme Anne-Lise l’avait écrit en 1945, dans le sud de la France.

La fin de la première partie dont je vous ai parlé hier, « Une vie à l’œuvre»  finissait par l’évocation d’un souvenir de Anne-Lise Stern qui disait que parfois l’homme était bon, ainsi ce chef de gare allemand qui avait laissé négligemment son sandwich en évidence, puis s’en était allé.

« Les textes de retour » racontent autre chose : de l’inhumain. Le chemin inverse de nombreux autres déportés. Un chemin de retour

« Les textes de retour » racontent un voyage dont le départ est Raguhn et l’arrivée Theresiensdadt. Il y est question de wagon à bestiaux. Jacques Lacan, psychanalyste de Anne-Lise Stern trouvait que la forme produite par l’écriture de Anne-Lise ne convenait pas. Ne convenait pas pour qui ? Pour elle ? Pour les lecteurs ? La forme des récits de La Shoah a toujours été questionnée. Moi, je ne sais pas. C’est tout ce que j’ai à dire. Trois femmes ont fait un choix de mémoire et d’écriture. Les lecteurs quant à eux font leur choix de mémoire et de lecture.

J’ai une amie non juive qui me dit toujours « moi, je ne suis pas prête pour lire la Shoah. »  Je la respecte. Il y a un temps pour lire La Shoah. Pour moi, ce temps a commencé à 50 ans, à la mort de ma mère. Avant, c’était tabou. Il ne fallait ni parler, ni lire, ni écrire. Alors, je me taisais, je ne lisais pas, je n’écrivais pas.

Aujourd’hui, j’ai lu « Textes de retour », la seconde partie du livre de Anne-Lise Stern « Le savoir-déporté. » Elle a écrit et j’ai lu comme j’ai lu tant et tant de livres transmettant la Shoah, dans ce style de récit presque impersonnel, sans distance aucune à ce qui a été vécu, sans élaboration. On n'élabore pas la Shoah. On s’en souvient dans la nuit de l’âme. C’est ce qu’a fait Anne-Lise ; ses compagnes de travail dans le respect de leur affection pour elle et avec son accord ont publié ces textes, malgré l’avis de Jacques Lacan, avis que je respecte aussi. Quant à moi, j’ai lu ces textes poussée par la nécessité de les lire. Mais je n’ai pas la nécessité de vous les raconter car les livres sur la Shoah font toujours silence blanc en moi. Nuit et brouillard me plonge dans le brouillard et dans ma mort psychique.

Merci Martine, Nadine, Anne-Lise de nous avoir transmis  ce qui… Je ne sais pas. Ce qui pour vous, dirons-nous, introduit « au savoir-déporté » dont je parlerai dans les jours qui suivent. MJC

 

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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