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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 15:21

 Le  « Calendrier lagunaire » de papa Césaire (1913-2008)


J’ai eu l’immense chance de regarder la belle émission de la LCP sur Aimé Césaire. Une heure de perfection. J’aime tant l’intelligence sublime de ce poète, de cet homme de théâtre et surtout de l’homme engagé dans la défense de la négritude.


Cette émission, sur un fond de paysages de cette Martinique que j’aimerai tant connaître, nous parlait d’Aimé Césaire à travers lui et des interviews de ces proches. Comme ça, sur le papier, j’ai jeté quelques notes, comme une carte postale envoyée dans la lumière  de l’être, d’un moment heureux partagé avec Papa Césaire.


Césaire nous confie combien sa poésie est « tellurique » et combien sa poésie est inséparable de la Martinique, de son paysage, de sa mer comme de ses montagnes. Sa poésie, c’est la terre de Martinique même.


Puis, il nous lit, de cette chaude voix qui est la sienne, son si merveilleux poème

Le  « Calendrier lagunaire ». Je vous invite très fort à surfer sur Google pour le découvrir au rythme de votre cœur.


Il nous parle ensuite de son « Cahier d’un retour au pays natal », où nous dit-il,

«  C’est dans ce cahier que j’ai donné le plus de moi-même, sans médiation, sans réflexion et il dit cette phrase si belle, que, d’un coup de plume, j’ai noté

« Les îles sont les cicatrices de la mer ».


Il parle ensuite longuement de son théâtre et de « Christophe » qu’il a écrit au moment de la décolonisation ; cela lui a permis d’évoquer les problèmes inhérents à un pays nouvellement colonisé. Parfois, il est interrompu, par des passages même de sa pièce. C’est magnifique ! Je ne connais pas le théâtre

de Césaire, mais je sais alors, que je vais m’y mettre, à le découvrir. Quelle puissance, quelle lucidité ! quelle intensité ! Sa secrétaire nous confie que le théâtre comptait pour lui mais n’était pas disjoint de la réalité, son théâtre comptait pour lui à la mesure de la réalité et de son approche politique, unique dans son engagement. Encore une fois, je saisis au vol une phrase :


« Seul le politique peut renverser un  monde ancien et jeter les assises d’un monde nouveau de liberté »


Césaire, le chantre et le militant de la liberté, quand elle se fait poésie ou théâtre mais aussi engagement, dénonciation de l’horreur de la colonisation.


Mais, il ne conjugue pas le verbe coloniser au passé, et, c’est cela sa lucidité politique, il le conjugue au présent, dénonçant avec vigueur, l’hypocrisie du mot « département ». Il faut l’entendre, de sa voix chaleureuse et vibrante, dénoncer encore et encore. Alors, un malaise flotte, quand lors de son enterrement, il nous est donné de voir,  Sarkozy, raide comme un piquet, lui rendre hommage. Je ne sais plus ses mots, quelque chose de ma mémoire à résister à leur mémorisation. Par contre combien, j’ai aimé le charme de Badinter, son charme et son intelligence, lorsqu’il assisté à l’hommage de Césaire fait à Condorcet, si engagé dans la lutte contre la colonisation.  Une précieuse traversé du temps fait une naître une complicité unique entre ces trois hommes de paix que sont Condorcet, Badinter, et Césaire. Du pur miel. Soudain, j’ai eu envie de relire le Condorcet de Badinter. Quand les hommes disent la toujours possible lutte contre l’injuste, contre le Mal, contre le noir malheur et le malheur des noirs.


Puis vient, le passage où j’apprend (moi, la toujours ignorante, je ne le savais pas) l’adhésion de Césaire au Parti Communiste martiniquais, suivie de sa démission. Il n’en supportait pas « le caporalisme » dit-il, et cette obligation d’obéir toujours à ce qui venait du haut. Lui, aime partir du bas, nous confie-t-il comme pour la construction d’une cathédrale. Il écrit alors sa « Lettre à Maurice Thorez » et ce fut le scandale de la rupture.


Puis alors, il nous parle longuement de la place de la culture dans la lutte politique. « La culture », dit-il, «  c’est ce qui nous permet d’avancer dans la profondeur des choses, dans la profondeur de la réalité politique. ». Je suis si heureuse de l’entendre et de suivre son chemin de livres et de lutte.


Il parle ensuite longuement de la négritude. Je l’écoute, émue, je l’écoute étreinte de toute la Martinique, quand il oppose le déracinement profond des Martiniquais, à la sérénité des Africains. Les Martiniquais sont, avant tout,  des êtres déracinés, enlevés, arrachés, emportés.


Puis, il parle à nouveau longuement de la négritude qu’il définit non pas comme « une attitude de douleur passive » mais comme une attitude active de l’esprit. Il parle enfin de Maya Angelou, et je sais que j’irai surfer...


J’ai beaucoup aimé cette émission, vibrante de la voix et de l’œuvre de Césaire. J’ai su que j’avais encore beaucoup à travailler. Mais, justement, le festival de la Cimade, portera cette année ses pas, du côté de la colonisation, alors mon engagement présent, et ma soif de marcher dans les pas de « Papa Césaire » vont se rejoindre. Quelle chance ! Je vous raconterai mon chemin, et pour vous, je poserai des petits cailloux blancs... C’est promis ! MJ


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Published by Marie-José Colet - dans La Cimade
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