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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 15:23

Donald W.Winnicott

Agressivité, culpabilité et réparation (V)

Petite bibliothèque Payot N°491

 

La tendance antisociale

 

Dès le début de ce chapitre Winnicott différencie :

 

- Défense antisociale ( délinquance) qui organise des bénéfices secondaires et réactions sociales qui rendent toute investigation difficile.

- Tendance antisociale qui se rattache aux difficultés inhérentes du développement affectif de tout enfant.

C’est cette tendance antisociale que Winnicott étudie dans ce chapitre. Il fait une remarque importante me semble-t-il : en aidant les parents à répondre à leur enfant on les aide eux-m^me à se situer dans leur propre déprivation car l’une fait souvent écho à  l’autre. J’aime cette façon d’articuler  cette dialectique de la déprivation.

 

La nature de la tendance antisociale :

 

W. précise d’emblée que repérer des phénomènes de l’ordre de l’antisocial n’a rien à voir avec poser un diagnostic. On ne peut parler de tendance antisociale comme on parlerait de psychose ou de névrose.

Le comportement antisocial peut apparaître à la maison mais aussi dans une sphère sociale plus étendue et on pourra alors considérer l’enfant comme inadapté socialement et cela peut le mener jusqu’à des foyers éducatifs.

L’hypothèse de Winnicott : la tendance antisociale vient d’une déprivation  de caractères essentiels à la vie familiale, d’une perte de quelque chose de bon mais aussi la tendance antisociale témoigne d’un espoir que l’enfant manifeste, espoir d’une possible réparation. C’est un appel à être pris en main par un management de l’adulte  de tolérance et de compréhension.

 

Il y a toujours deux aspects de la tendance antisociale : le vol et le penchant à détruire. Mais dans les deux cas c’est une perte qui se manifeste : la perte d’un environnement perdu : le corps de la mère, les bras de la mère, la relation parentale, la maison, la famille, l’école, la localité avec ses postes de police et la loi. L’enfant est déprivé de quelque chose qui lui permettait d’élaborer la loi.

 

Le vol :

 

Vol et mensonge sont au centre de la loi antisociale. Il est important de relier ce qui fait vol et mensonge avec ce qui les provoque, de retrouver l’union entre les racines libidinales et les racines destructrices car c’est à partir de cette association que l’on peut comprendre comment la tendance antisociale est une tentative d’auto guérison. Ce qui est important c’est de noter comment l’enfant incommode son entourage et donc de ce fait se signale à lui.

 

Premiers signes de la tendance antisociale :

 

- Gloutonnerie et vols (mouvement centripète)

- Incontinence urinaire

- Vagabondage –mouvement centrifuge)

 

A la gloutonnerie est souvent associée le manque d’appétit, les deux étant la marque d’une déprivation importante. La gloutonnerie n’est pas identique à l’avidité que ressent le nourrisson pour sa maman. La gloutonnerie fait partie du processus qui témoigne comment l’enfant veut se guérir de la mère qui l’a déprivé de l’essentiel. La mère tente de guérir l’enfant par une adaptation thérapeutique mais mentionne Winnicott même si cette « guérison «       a lieu ce n’est pas à confondre avec l’amour maternel initial qui aurait du se mettre en place. La possibilité de thérapie est une seconde chance accordée à la mère.

 

La perte originaire :


Winnicott insiste sur le fait qu’à l’origine de la tendance antisociale se trouve une perte c’est à dire que cela signifie que l’enfant a conscience de ce qui change dans son environnement et que donc il est essentiel d’en parler avec lui

Car dit Winnicott, l’enfant « ameute » ses parents ou son milieu immédiat.


Le traitement :


Le traitement de la tendance antisociale est de permettre à l’enfant de redécouvrir des soins infantiles qu’il pourra mettre à l’épreuve et de lui donner une nouvelle stabilité ainsi que de parler avec lui des changements qui ont eu lieu dans sa vie ou des pertes rencontrées. La psychanalyse dit Winnicott n’est pas nécessaire pour autant mais si l’enfant est déjà en psychanalyse il faut savoir se préparer à une situation d’expression de la tendance antisociale de l’enfant.


J’ai aimé cet article qui, comme toujours, nous montre un Winnicott attentif à l’enfant et qui exprimer avec clarté et exigence sa théorie psychanalytique dans le cadre quotidien de cet étonnant couple de la mère et de son enfant évoluant dans un environnement plus large, qui à chacun des deux procure un cadre de vie pour des affects souvent difficiles. MJC

 

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Published by Marie-José Colet - dans Donald Woods Winnicott
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