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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 22:42

Travail et handicap psychique

Soizik de Berranger

Empan N°55

Septembre 2004

Dossier Travail et Handicap

Cet article est un point nécessaire sur le handicap psychique confronté à l’espace social du travail.

Ce qui est essentiel c’est que le handicap psychique n’est pas figé et c’est à partir de là que l’on peut poser le travail pour les personnes en situation de handicap psychique. Ces personnes fragilisées par la maladie, sont habituées d’angoisses, de peurs diverses qui freinent leur mise au travail.

Depuis la loi du 10 juillet 1987, l’emploi des personnes handicapées constitue une obligation légale tant dans la fonction publique que dans les entreprises de plus de 20 salariés. Il est proposé des stages rémunérés en entreprise, des contrats de sous-traitances, des prestations de services dans le secteur du travail protégé. Mais la difficulté essentielle c’est que bien souvent les personnes en situation de handicap ne parviennent pas à faire valoir leurs droits. Elles sont trop souvent seules dans leurs recherches d’emploi et se découragent dès les premiers échecs rencontrés : trop de démarches, trop de refus renvoient aux angoisses premières du mal-être provoqué par le handicap.

L’auteure propose avec nuances de permettre à ces personnes de vivre une phase de transition vers le travail ordinaire dans des CAT protégés à condition que cela ne soit pas une voie de garage immobile, à condition que cela ne dure qu’un temps et soit une réelle transition.

Elle insiste aussi sur le rôle d’un dispositif d’accompagnement qui soutient tout autant la personne en situation de handicap que son employeur souvent démuni devant le handicap mental. Le soutien peut aussi être dispensé vers les familles car la mise au travail d’une personne atteinte d’un handicap mental change l’économie de la famille qui souvent s’exprime « à la place de… » Il faut faire tomber la peur sociale engendrée par le handicap quand cette peur touche tour à tour, la personne, sa famille, son employeur. Il est nécessaire de faire tomber cette peur sociale en apprivoisant le handicap et en permettant la reconnaissance de la singularité de chacun.

Reste le problème de dire ou de ne pas dire son handicap à l’employeur :  dire, c’est prendre le risque de laisser s’instaurer une peur primitive du handicap mais ne rien dire cela peut-être vécu comme une tromperie, un renoncement à des relations confiantes.

Un mot encore sur la difficulté que peuvent rencontrer certains à se retrouver en CAT avec un parcours universitaire.

L’auteure conclue sur les difficultés que rencontrent les malades psychiques à trouver du travail m^me quand les troubles sont stabilisés. La stabilisation ne signifie pas la guérison.

L’auteure s’inquiète et mentionne pour finir son article combien les personnes atteintes de troubles psychiques sont trop souvent « les oubliés des oubliés ».

J’ai aimé cet article, certes très court, mais efficace dans la présentation de la loi et des difficultés rencontrées « sur le terrain » tant au niveau de la personne malade que dans sa famille, qu’avec son employeur sans oublier l’image sociale, toujours près de la peur, beaucoup  trop près, du handicap mental. Et on en revient toujours là : des lois certes mais aussi changer les mentalités. Le handicap est une histoire de loi et de cœur. Toujours. MJC

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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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