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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 19:48

Flora Tristan

Dominique Desanti

FLORA TRISTAN  1972

 

Sur la couverture du livre

Flora Tristan, la femme révoltée.

Elle aura un petit fils : Paul Gauguin

 

En quatrième de couverture : à sa fille Aline

« Je te jure de lutter pour toi, de te faire un monde meilleur. Tu ne seras ni esclave ni paria. Comment ?  On dit : serment d’ivrogne, serment d’amoureuse. Et bien, les serments faits à ce que l’on vient de créer, à ce qui sort de vous, on doit les tenir... »

 

J’ai trois enfants dont deux filles et ces phrases me parlent, griffent mon nombril de femme.

 

J’ai beaucoup aimé ce livre  d’une femme à qui sa simple vie ne suffisait pas, d’une femme qui toute sa vie  a souhaité donner et rayonner sur les autres, d’une femme qui a souhaité influer par son écriture et ses combats sur ses compagnes de misère et de solitude. J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir Flora Tristan, qui comme Hannah Arendt, ayant vécu pile un siècle avant elle, a parlé  des parias, surtout des femmes parias et a lutté pour que cela ne soit pas. Combat mot à mot à mener à travers les siècles, sans relâche. Et puis comme au 21ème siècle elle a crée en précurseur une association pour l’accueil des femmes étrangères. Flora Tristan  une femme passionnante et pionnière, entre Olympe de Gouges et George Sand (bien que différentes de ces dernières) à découvrir sous la plume de Dominique Desanti et qui donne envie comme je l’ai fait d’acheter l’oeuvre monumentale de Flora Tristan : Les Pérégrinations (Gallimard Folio).

 

Mais je vous laisserai découvrir le charme vivant de la plume de Dominique Desanti. Ce jour, je résumerai simplement pour ce dossier d’Empan sur les violences conjugales  quelques pages qui décrivent Flora Tristan, femme harcelée. Etonnant portrait (Pages 142-149) d’une femme poursuivie par son mari qui n’accepte ni la rupture ni le talent intellectuel de sa femme. Hélas, mille fois hélas ce portrait est intemporel même si la loi est plus clémente pour la femme, reste la violence de l’homme qui refuse la séparation .

 

Son mari, il s’appelle Monsieur Chazal. Monsieur Chazal est un homme exalté qui boit et qui crie. C’est par leur fille Aline qu’il cherchera à atteindre sa femme Madame Chazal que tous appellent Flora Tristan. Glissement de l’identité d’une femme en fuite qui n’aime plus son mari depuis des années. Flora Tristan a trente deux ans et nous sommes en 1835.. Le 30 octobre au matin, Monsieur Chazal  se rend au commissariat et se fait confirmer qu’il a la loi pour lui. Fort de cette affirmation, il va brutalement enlever sa fille Aline sur le chemin de l’école. La petite hurle devant ce père qu’elle ne connaît pas. On parle à nouveau de police et de loi. La bonne qui accompagnait la fillette prend peur. Flora est partie pour la journée ; on ne peut la joindre. Quand Flora rentre, elle pense perdre la raison tant sa panique est grande. Elle est désemparée. La pluie tombe et c’est sous un torrent de pluie qu’elle se rend chez son mari. La petite est muette, les paupières baissées. Flora arrache l’enfant et toutes deux s’enfuient du domicile conjugal. La pluie tombe toujours. C’est le déluge. Le mari hurle : « arrêtez la, c’est une voleuse ! » Le commissaire arrive et Flora affirme ne pas connaître Monsieur Chazal. Le commissaire relâche Flora et l’enfant. Mais décide de les abriter à l’hôpital. Le lendemain le mari revient avec le livret de famille. Alors « elle avoue ». Chazal est bien son mari. Le procureur ému lui conseille de rejoindre Paris au plus vite. Son mari la poursuit. Flora donne de l’argent au cocher qui accepte de la prendre seule. Les autres cochers maintiennent de force Chazal à terre.

 

La scène suivante se passe chez Maître Duclos. Il est décidé qu’Aline serait placée en pension et que la séparation des corps serait demandée. Jules Favre avocat de Chazal lui conseille alors la position la plus dure, la plus répressive : la dénégation totale des faits. L’avocat connaît les positions des juges, le consensus qui accompagne toute séparation de couple et de plus est une femme de lettres , une pédante ! Pendant ce temps Aline est toujours en pension. Elle écrit une lettre de révolte à son père et lui dit adieu. Pendant ce temps aussi  Flora termine Les pérégrinations d’une paria livre dans lequel il est question de son mariage. Pendant ce temps encore Flora continue ses manifestations politiques. Chazal se rend au pensionnat et exige qu’on lui remette Aline et la  met dans un autre pensionnat, résidence surveillée. Il veut soustraire Aline à Flora l’intellectuelle, la combative, « la songe-creux ». Au bout de deux mois Aline s’enfuit et se rend chez Flora qui l’expédie chez sa grand-mère. Chazal envoie la police et récupère sa fille.

 

La loi et ses hommes sont là pour défendre le seigneur et maître. Pour le principe une demande de séparation de corps a lieu.

 

Alors Flora s’étourdit dans le travail dans l’écriture et dans la lutte.

 

J’ai eu envie de vous résumer cette histoire là qui se trouve au coeur du livre de Dominique Desanti.

 

Bonne lecture et bonne réflexion (douloureuse),

 

Femmes et hommes  de bonnes volonté, dans la longévité des siècles, unissons-nous ...

 

Note de lecture parue dans le N°73 d’Empan

 

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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