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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 22:46

Cet après-midi, je suis allée à Emmaüs.

 

J’ai embrassé Mohamed, Guido, Brahim, Julietta, Nina, Hubert.

 

Tous compagnons d’Emmaüs. Les mains dans la poussière, le regard plongé dans les nôtres, ils travaillent, solidaires de leur misère et de celles des autres.

 

Des chaises à 1 euro

Des casseroles à 50 centimes

Des poêles à 80 centimes

Des morceaux de tissus chatoyants à 2 euros

De la broderie anglaise,

Des grilles pains et des lampes allogènes

Des tables basses

Des fauteuils et des canapés

Des tableaux

De l’hier et de l’aujourd’hui

Et peut-être un courageux raton laveur

 

Un monde d’échange d’objets quand leur prix n’a rien à voir avec le marché de l’avoir.

 

Les compagnons d’Emmaüs disent la lutte contre la misère et la précarité par le mouvement de leurs bras toujours au travail, par leur regard si humain malgré leur galère, malgré la galère de tous, vendeurs et acheteurs.

 

Je les regarde émue, je les accompagne comme ils m’accompagnent et le possible du jour une fois de plus advient.

 

Dans l’ombre de ma pénombre, je pense à eux. Les objets achetés aujourd’hui, je les garderai ma vie durant comme une dette immense à eux, compagnons de galère, compagnons de vie et de poussière, compagnons de lutte contre l’injustice sociale, contre l’exclusion et la précarité quand elle révèle la force de l’amour et de la chaleur humaine, quand elle révèle l’espoir de la vraie vie pétrie dans la seule argile possible, la seule argile que j’aime, la seule argile qui me chauffe comme un soleil, la seule argile qui m’éclaire : la solidarité.

 

Allez donc surfer sur le Site Emmaüs. Ils ont tant à nous apprendre…MJC

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Adelphité
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commentaires

Georges 28/09/2010 09:46


Non!... Ne regrettez rien Marie Josée...Moi aussi j'ai connu cela et c'est formidable. Et puis les compagnons ne sont pour rien dans les dérives que je dénonce et cela ne change en rien les valeurs
qu'ils portent.


Georges 27/09/2010 12:52


Oui, c'est ce que j'ai voulu vous dire car j'ai un immense respect pour les compagnons d'Emmaüs ( je sais ce que je leur dois ). Ils méritent très largement d'être reconnus comme des travailleurs à
part entière et en plus ils en ont le droit alors qu'attendons-nous pour leur rendre justice.


Marie-José Annenkov 27/09/2010 13:30



Je suis très attentive à ce que vous me dîtes. J'ai peut-être été un peu superficelle tout à l'émotion d'une après-midi émouvante pour moi, vécue avec eux. Amitiés MJA



GEORGES 14/10/2009 00:19


Oui,vous avez beaucoup à apprendre des compagnons et surtout qu'ils sont des travailleurs qui n'ont pas les mêmes droits que tous les autres travailleurs. Demandez leur, par exemple ce que veut
dire "faire le sac" dans le jargon d'Emmaüs.
Et allez voir sur la toile :
lodevemaville.free.fr/spip/article.php3?id_article=869
Ou
http://www.come4news.com/emma-s,-le-piege-a-pauvres-595968


Marie-José Colet 14/10/2009 14:45


Bonjour,
Je vous remercie pour votre réaction sincère à mon émotion du côté de la fraternité, celle que je connais chez les compagnons d'Emmaüs. Je voulais parler de cela car c'est cela que je venais de
vivre ponctuellement ce dimanche.
Mais comme vous faîtes bien de donner par votre commentaire une dimension plus profonde à mon écrit !
Je vous remercie des deux liens que vous indiquez et j'invite mes lecteurs à s'y rendre. La misère demeure scandaleuse et honteuse et le visage de la fraternité ne doit pas la masquer. Je pense que
vous avez voulu me dire ça et je vous en remercie.
Bonne continuation fraternelle et combative mais surtout égalitaire. Marie-José Colet


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