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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 17:55

 

 

Odile Tobner :

Subvertir le discours dominant

Propos recueillis par Ambroise KOM

 

Ambroise Kom est professeur de littérature et titulaire de la Eleanor Howard 0’ Leary chair in French and Francophone Studies au Collège of the Holy Cross a Worcester, Massachusetts (Etats –Unis). Il a enseigné des littératures africaines et dirigé des travaux collectifs et publiés des ouvrages sur la culture post-coloniale.

 

Ambroise Kom introduit l’engagement de Odile Tobner en lui demandant de se situer par rapport à l’engagement Sartrien et par rapport au Philosophe camerounais, dont elle a suivi de très près le travail, mongo Beti

 

Odile Tobner répond que certes, Sartre a influencé une génération entière par ses pensées anti colonialistes (plus concernant l’Indochine et l’Algérie que l’Afrique). Elle mentionne l’idée de la nécessité de son engagement, nécessité de résistance comme seul choix possible. Sartre dit-elle est un grand intellectuel mais il n’a pas pris la mesure des luttes du Tiers-monde et de l’anticolonialisme ; il était trop obsédé par Mai 68

 

Ambroise Kom reprend l’engagement d’Odile Tobner dans sa collaboration avec Mongo Beti : création et animation de la revue Peuples noirs-peuples africains PNPA et également publication du Dictionnaire de la négrétitude (1989). Il l’interroge sur les mobiles de ses activités.

 

Odile Tobner répond que c’est en réaction au silence total des médias français sur les œuvres majeurs  de la création anticoloniale de Césaire, Cheikh, Anta Diop, Fanon, qui ont été entièrement passées sous silence dans les milieux intellectuels français même ceux qui se disent de gauche. Mongo Beti  avait pour objectif de donner aux Africains un espace libre de réflexion. Son travail est devenu maintenant une référence pour les générations actuelles.

 

Ambroise Kom demande à Odile Tobner quel est selon elle, son propre texte fondateur et de préciser les raisons de son choix. Le texte qu’elle choisit de nommer est  le suivant : «  Aux racines de l’oppression » qui examine le discours dominant des blancs contre « les femmes sauvages noires ». Elle cite de nombreux auteurs qui subvertissent ce discours là : Montaigne, Pascal, Spinoza, Baudelaire, Nietzsche, Breton, Deleuze, subversion qu’elle retrouve d’ailleurs chez les grands écrivains de l’émancipation noire : Anténor Firmin, Césaire, Cheikh Anta Diop, Fanon.

 

Ambroise Kom souligne qu’il y a dans l’œuvre de Mongo Beti un engagement indéniable pour la cause féminine.

 

Odile Tobner acquiècse et mentionne l’identification qu’avait Mongo Beti à sa mère et au courage dont elle avait fait preuve pour élever ses enfants seule.

Un peu plus loin, elle dit combien l’espoir est à venir des Africains et elle dénonce avec vigueur  les intellectuels français qu’elle va jusqu’à qualifier pour certains, de bouffons.

 

Ambroise Kom interroge le double engagement d’Odile Tobner : l’écriture et son engagement dans la direction Survie à Paris. Elle dit en effet que c’est lourd mais que l’Association Survie est un fardeau partagé. Qu’elle y respire un air pur et qu’elle puise de l’oxygène pour l’esprit.

 

Après la mort de Mongo Beti, Odile Kobner s’est chargée de l’héritage du travail de la vie de ce dernier.

 

Enfin et surtout , elle insiste en conclusion sur ce que fut la violence coloniale en Afrique, c’est toute une histoire à créer dit-elle pour s’en délivrer et créer à nouveau.

 

Cet article m’a fait mesurer une fois encore mon ignorance du travail intellectuel des Africaines, travail si nécessaire pour résister et inventer du meilleur avec l’Afrique. MJC

 

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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